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CHAPITRE II

sieurs utilités ne fait cependant pas que l’utilité de chacun des biens simultanément possédés soit d’égale importance.

Il y a au sein de celte utilité combinée des différences d’utilité, comme il y a au sein de la lumière des rayons différemment colorés.

Les différences produisent des comparaisons. Les comparaisons s’expriment par des nombres.

Le nombre qui exprime la comparaison entre l’utilité d’un bien et l’utilité des autres biens, c’est la valeur.

Comment chiffrer la valeur? Que valent les biens existants, que vaut l’inventaire général?

Tant qu’on ne dit pas combien une longueur est multiple ou sous-multiple d’une autre longueur, il est impossible d’énoncer une longueur quelconque. De même, tant qu’on ne dit pas combien une valeur est multiple ou sous-multiple d’une autre valeur, il est impossible d’énoncer une valeur quelconque.

Pour mesurer la plus grande longueur que l’homme puisse parcourir, la circonférence de la terre, on prend un tantième de cette circonférence.

ÉLÉMENTS DE LA VALEUR

puis on énonce qu’elle équivaut à tant de fois la longueur de ce tantième. De même, pour mesurer la valeur de tous les biens existants, la valeur totale de l’inventaire général, il faut en prendre un tantième, puis énoncer qu’elle est égale à tant de fois la valeur de ce tantième.

Le fer, l’or, le sol cultivé et chaque espèce de biens doivent nécessairement valoir chacun un tantième de l’inventaire général, tantième déterminé par l’utilité de chaque espèce de biens comparée à l’utilité de toutes les autres espèces; et tous les tantièmes pris ensemble doivent nécessairement constituer la valeur de l’inventaire général.

Ici, comme en géométrie, on ne peut avoir comme point de départ que des données hypothétiques, mais qui suffisent pour trouver la vérité.

Soit à un moment donné : cinquante millions le poids du fer existant. L’utilité du fer est telle que , comparativement à toutes les autres utilités, le fer vaut un millième de l’inventaire général. L’inventaire général vaut, par conséquent, mille fois la valeur du fer existant, il vaut cinquante mille millions de fer pesant :

CHAI’ITRE II

S(jit, au même moment, vingt-cinq mille la surface du sol cultivé. L’utilité du sol cultivé est telle que, comparativement à toutes les autres utilités, le sol cultivé vaut un quart de l’inventaire général. L’inventaire général vaut, par conséquent, quatre fois la valeur du sol cultivé, il vaut donc cent mille surfaces de sol cultivé :

Soit pareillement : cinq mille le poids de l’or existant. L’utilité de l’or est telle que, comparativement à toutes les autres utilités, l’or vaut un centième de l’inventaire général. L’inventaire général vaut, par conséquent, cent fois la valeur de l’or existant, il vaut cinq cent mille pesant d’or.

Ainsi, voilà trois quantités, l’une de fer, l’une de sol cultivé, l’autre d’or, qui, toutes les trois, expriment la valeur de l’inventaire général, et qui, par conséquent, sont égales de valeur entre elles. Et comme les cinquante mille millions de fer pèsent dix mille fois autant que les cinq cent mille d’or, et que cette masse d'or est égale en nombre à cinq fois les cent mille surfaces de sol cultivé, il s’ensuit (ju’entre dix mille unités de fer, une unité d’or, et le cinquième d’une surface de sol cultivé, il y a parité de valeur.

ÉLÉMENTS DE LA VALEUR

la

La valeur de l’inventaire général est une grande unité dont toutes les unités particulières sont des portions. Toutes ces portions sont donc multiples ou sous-multiples en valeur les unes des autres et peuvent s’évaluer réciproquement. L’unité fer, l’imité sol cultivé, l’unité or, l’unité d’un bien quelconque peut évaluer toutes les autres unités ou se faire évaluer par chacune d’elles.

La valeur de chaque unité particulière est formée par deux éléments : d’abord le tantième, c’est-à-dire la quantité d’utilité qu’on reconnaît au bien dont l’unité fait partie, comparativement à la quantité d’utilité qu’on reconnaît aux autres biens ; ensuite la masse, c’est-à-dire la quantité qui existe de ce même bien. La valeur des biens est, par conséquent, en raison directe des tantièmes et en raison inverse des masses.

Chaque masse vaut un tantième de l’inventaire général, et chaque unité particulière vaut un soustantième de la masse à laquelle elle appartient.

Qu’on prenne une poignée de blé; en la multipliant par la masse du blé existant, on obtiendra un tantième de l’inventaire général, et en réduisant

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