‹ Mécanique de l'échangeChapitre 5 sur 123 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

surtout en un sujet aussi complexe que l’échange.

Le lin valait, par exemple, un cent millième de l’inventaire général; survient le coton. L’utilité du lin diminue, le lin ne vaut plus qu’un demi-cent millième, et le coton entre en possession du demicent millième perdu par le lin. Alors l’unité lin perd une moitié de son ancienne valeur. C’est une variation de valeur produite par une variation de tantième; la masse du lin n’a pas varié. Tout article nouveau forme un nouveau tantième qui prend sur les autres tantièmes. Par contre, tout article abandonné, démodé, est un tantième qui disparaît ou qui décroît au profit des autres tantièmes.

Si le blé vient à abonder, l’unité blé vaut moins qu’auparavant; si le blé devient rare, l’unité blé vaut plus qu’auparavant. C’est une variation de valeur produite par une variation de masse ; le tantième blé n’a pas varié.

Produite par une variation de tantième ou par une variation de masse, toute variation de valeur détermine forcément autour d’elle des variations de valeur en sens opposé, et si bien que les variations

VARIATION DK LA VALKLR

étant exactement inverses les unes des autres, elles se neutralisent réciproquement au sein de la grande unité de valeur, l’inventaire général. En d’autres termes, un bien ne peut valoir davantage sans que tous les autres, sans aucune exception, vaillent moins par rapport à lui ; il ne peut valoir moins sans que fous les autres vaillent davantage. On ne peut augmenter d’un côté sans diminuer de l’autre et réciproquement.

C’est comme pour le partage d’une succession : on peut faire varier le nombre des branches ou les tantièmes dévolus aux différentes branches, ou le nombre des têtes ayant à sous-partager chaque tantième. Mais comme l’addition de toutes les parts quelle que soit la répartition et quelle que soit l’augmentation ou la diminution survenue dans les biens composant la . succession, doit toujours reproduire l’unité de valeur de cette succession, il est de toute certitude qu’on ne peut changer les parts de certaines têtes sans altérer le rapport de valeur entre chacune de ces parts et le tout, entre chacune de ces parts et chacune des autres parts.

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