CHAPITRE XXHl
caisse; mais il brûle, on ne le garde qu’un instant, on rejette au loin ce funeste trésor qui dérobe toutes les jouissances, qui ravit tous les profits qu’on se procure seulement en cessant de le posséder. La possession de l’or est un sacrifice continu.
Mais la monnaie est le bien évaluant, le bien choisissant, le bien roulant, le bien qui forme les capitaux ; elle est aussi utile que la balance, aussi utile (jue l’écriture, aussi utile que la roue, aussi utile que le compas, il faut toujours eu posséder; le moins possible, d’accord; mais n’en pas avoir, c’est intolérable.
Entre la nécessité d’en avoir et le profit qu’il y a à ne pas en détenir, il se fait un compromis ;
Riches ou pauvres, pour les besoins courants, pour les besoins imprévus, tous gardent un fonds de caisse, un fonds de poche.
Fonds de caisse ou fonds de poche, toute la monnaie est là; il n’y en a pas ailleurs.
Chacun vise à avoir un minimum de monnaie :
le nécessaire. Chacun ne garde qu’un maximum de monnaie: seulement le nécessaire. Chacun garde un fonds monétaire qui varie stiivant que varient les