CHAPITRE XXIV
Le tantième monétaire, heureusement réduit par les payements économiques, est encore attaqué par l’augmentation progressive de l’inventaire général.
Le riche a plus de monnaie que le pauvre, mais proportionnellement à leur fortune respective, c’est le pauvre qui a plus de monnaie et le riche qui en a moins. Celui qui possède pour 200,000 dont 1,000 en argent n’a qu’un demi-centième de sa fortune en monnaie, le reste ce sont des propriétés, des titres, des meubles, des biens quelconques. Celui, au contraire, qui a 20 de fortune, 10 en vêtements et 10 en monnaie, se trouve posséder en monnaie la moitié de son avoir. Ce qui est vrai pour chaque individu pris séparément est vrai pour tous les individus pris ensemble. Donc l’augmentation de la fortune générale, c’est-à-dire les champs mieux cultivés, les édifices plus solides et plus nombreux, les instruments plus perfectionnés, les denrées plus abondantes, comportent un besoin proportionnellement moins grand de monnaie, et, par conséquent, si rien n’est changé pour le reste, le tantième monétaire est réduit. Plus la terre s’enrichit, se meuble
VARIATIONS nu TANTIEME MONÉTAIRE
et s’embellit et moins la fraction stérilisée, moné— tisée en est grande.
La répartition des richesses agit en sens contraire, (^u’on suppose des fortunes colossales peu nombreuses, très-peu de fortunes moyennes, un grand nombre de gens tout à fait dans la gêne. Si les riches, les très-riches, venaient à abandonner même les deux tiers de leur fortune, il leur faudrait garder, à peu de chose près, la même quantité de monnaie qu’ils avaient. Mais si des pauvres en grand nombre, succédant aux biens abandonnés par les riches, parvenaient en même temps à posséder des moyennes fortunes, iis augmenteraient nécessairement tous, et d’une manière sensible, leurs fonds de caisse ou de poche. Ainsi, presque aucune diminution de monnaie chez quelques-uns et augmentation indispensable chez un grand nombre. Donc, à tout prendre, augmentation de besoins monétaires. Evidemment l’époque des fortunes moyennes nombreuses exige un tantième monétaire plus élevé que l’époque où les fortunes moyennes sont rares, où les richesses immenses de quelques-uns sont assises au milieu d’une vaste et profonde misère.
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