IV. — RECEPTION
a) Poser des Antérieurs
Le relèvement de l'encolure atteint sa limite au moment où les antérieurs se posent. L'énergie cinétique du geste soulève quelque peu les épauies et adoucit la réaction du poser. Dès ce poser, l'encolure se rabat vers le sol en déchargeant l'avant-main. Ce mouvement purement passif se produit grâce à la force vive emmagasinée par l'encolure.
Les antérieurs au sol stoppent la progression du cheval. L'énergie cinétique cervicale se dévie alors dans le geste d'abaissement de l'encolure. De même, la force vive du tronc force l'oscillation des antérieurs. Ces membres résistent au mouvement par la contraction freinatrice de tous leurs muscles : ils diminuent graduellement l'énergie cinétique.
L'encolure et les antérieurs font donc office de volant.
Par son abaissement l'encolure diffère l'action de son poids sur l'avantmain : les antérieurs ont le temps de se raidir avant de supporter la totalité de la charge cervicale qui pèse progressivement sur eux. Ainsi sont évités claquages et ruptures tendineuses ou musculaires, ;
Le relèvement de l'encolure précédant la réception de l'avant-main traduisait la contraction des muscles cervicaux supérieurs (splénius, complexus, rhomboïde, trapèze).
L'abaissement passif met en tension le rhomboïde et le trapèze qui s'insèrent sur le scapulum. La tension de ces muscles accompagnée de leur contraction freinatrice de l'abaissement fait équilibre à la traction du grand
dentelé, distendu par l'enfoncement du tronc entre les épaules. Ce muscle réagit et tend à plaquer les certilages scapulaires contre le thorax pour amortir la descente du corps,
En définitive l'abaissement de l'encojure aidé par la pression des cartilages scapulaires sur le thorax limite la bascule du scapuium vers l'arrière sous la traction du grand dentelé. La contraction de ce muscle freine Ja
descente du tronc. La fermeture exagérée de l'articulation de l'épaule est.
évitée avec toutes ses conséquences fâcheuses (dilacération des dispositifs musculaires et tendineux qui s'opposent à la flexion outrée scapulo-humérale).
Par ailleurs tous les angles articulaires des membres antérieurs sont bandés par les dispositifs statiques déjà connus.
Les antérieurs se pusent successivement, assez près l'un de l'autre. Lorsque l'obstacle est de taille et la descente verticale, ces deux membres sont très peu écartés. Le deuxième antérieur vient aussitôt à l'appui pour aider son congénère à recevoir le poids du corps. La chute par fléchissement des antérieurs est évitée. Toutefois dans ce cas, les antérieurs sont peu obli-
‘ ques vers l'avant, ils ne s'arc-boutent pas pour s'opposer au renversement de l'arrière-main. Le cheval fait souvent panache. Cette culbute est favorisée par une valeur élevée de l'énergie cinétique s'exerçant sur l'arrière-main (saut en course). :
. La tension du rhomboïde et du trapèze suscite et favorise leur contraction pour provoquer la bascule du scapulum vers l'avant nécessaire à une oscillation rapide des antérieurs et au prompt dégagement de l'avant-main à l'appui.
b) Poser des Postérieurs
Les abdominaux et le grand dorsal se contractent pour vousser le dosrein et l'abaisser.
L'extension des postérieurs en prévision de leur appui, développe en fin du mouvement une force vive qui entraîne l'arrière-main au sol.
L'appui des antérieurs hâte la descente de la croupe. En effet, le tronc étant freiné dans sa progression, l'énergie cinétique conjuguée avec la pesanteur transforme cette avance en une rotation autour des épaules dirigée vers le bas. |
Cependant si, au moment du poser des antérieurs, l'axe du tronc est trop vertical et la force vive de l'arrière-main encore considérable (saut de course), la rotation s'opère vers le haut. Le cheval se renverse et fait panache.
La contraction du grand dentelé peut ralentir la descente de l'arrièremain en retenant le tronc suspendu entre les épaules.
En général les antérieurs sont au soutien avant l'appui des postérieurs qui ainsi s'engagent plus en avant et étayent bien mieux le corps: les abdominaux et les psoas voussent fortement le rein en engageant ces membres.
Avant l'appui des postérieurs, l'avant-main rebondit sur le sol. Le mouvement présente une certaine analogie avec la battue de départ. L'encolure. rapidement élevée (engagement des postérieurs et détente de l'avant-main),
a inversé sa brève ascension en un geste d'abaissement et d'extension, pour
alléger les antérieurs et leur permettre une rapide détente.
ÉApÈTÉ
Les mastoïdo-huméraux, avançant les antérieurs au soutien, accentuent l'abaissement de l'encolure et fixent l'insertion antérieure des muscles cervicaux supérieurs. Ceux-ci peuvent aider les ilio-spinaux à la détente des postérieurs. Les ilio-spinaux contractés maintiennent l'élévation de l'avant-main : ils ont tendance à attirer vers l'arrière leur insertion sur la base d'encolure. L'abaissement cervical s y oppose et fixe ainsi leur attache. La contraction des iliospinaux ne pouvant produire l'élévation de l'encolure est intégralement utilisée au soutien de l'avant-main (processus identique à celui. de la battue). La tige cervicale est fortement convexe dans son profil supérieur (abaissement de sa portion antérieure sous l'action des mastoïido-huméraux : élévation de sa base sous l'action des ilio-spinaux).
Pendant l'appui des postérieurs, les antérieurs reviennent au sol et marquent la succession des appuis d'un nouveau galop.
Au moment de l'appui isolé du bipède postérieur, les angles articuaires sont bandés par les dispositifs statiques déjà connus. Un rôle important échoie aux ischio-tibiaux, Ces muscles tendus par l'engagement des postérieurs abaissent leurs insertions supérieures, font basculer le bassin vers le bas et maintiennent l'avant-main élevée dans un demi-cabrer. Les fessiers aident le mouvement.