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MUSCLES DU MEMBRE POSTERIEUR

Le membre postérieur s'est spécialisé dans la détente, Ses masses musculaires sont volumineuses. Ses angles articulaires plus nombreux qu'au membre antérieur sont disposés en vue du mouvement en avant.

Il en résulte de réelles difficultés dans le reculer. Deux muscles de la jambe se sont changés en tendons réalisant une transmission fidèle du mouvement et un allègement du membre. De ce fait, les muscles se sont reportés vers l'extrémité proximale du postérieur, d'où ils peuvent à la fois agir sur le tronc pour transmettre l'impulsion et produire une détente simultanée des articulations du membre. /

Le membre postérieur possède :

1° Des muscles extrinsèques ;

2° Des muscles intrinsèques.

Les muscles extrinsèques ont un rôle multiple. Ce sont les agents essentiels de la détente et de l'enjambée. En dehors du mouvement en avant, ils interviennent dans le reculer, les allures latérales, les changements de direction et l'élévation du tronc sur les postérieurs.

Les muscles intrinsèques contribuent soit à l'enjambée, soit à la détente du membre.

À) MUSCLES EXTRINSEQUES

Ce sont par ordre d'importance : | Les fessiers, les ischio-tibiaux, les psoas, le tenseur du fascia-lata, les adducteurs, les obturateurs, les jumeaux et le carré crural.

LES FESSIERS

Les fessiers sont au nombre de quatre (nomenclature de Lesbre). Leur masse volumineuse forme l'assise musculaire de la croupe.

Le Fessier Superficiel :

Ce muscle a la forme d’un éventail. Il possède deux chefs supérieurs pointus, séparés par une échancrure. Le chef externe provient de la tubérosité externe de l'ilium et se soude en avant au tenseur du fascia-lata. Le chef externe, plus gros, se détache de la région avoisinant l'angle interne de l'ilium. Il est recouvert par l'aponévrose fessière sur laquelle il s'attache.

Les fibres musculaires des deux chefs descendent et convergent vers un tendon aplati qui s'insère sur le troisième trochanter, en dehors du fémur.

Rôle. — Au soutien, le muscle fléchit l'articulation de la hanche en tirant le fémur en avant. Il aide donc à l'enjambée. C'est aussi un abducteur de la cuisse. Ce muscle, fortement étiré lorsque le fémur s'étend, saille sous la peau.

Le Fessier Moyen : | -

Ce muscle est le plus important des fessiers. Il est couvert par le précédent. Son origine antérieure possède quatre insertions :

1° Sur l'aponévrose du long dorsal, un grand chef triangulaire qui atteint le niveau de la première vertèbre lombaire. Il est logé dans une dépression de ce dernier muscle.

2° Sur la face externe et les deux angles de l'ilium.

3° Sur le sacrum, les ligaments sacro-iliaque et sacro-ischiatique.

4 Sur l'aponévrose fessière qui le recouvre.

Son attache inférieure s'opère sur le trochanter du fémur par un gros tendon. S

Rôle, — C'est un extenseur puissant du fémur. Au soutien, il porte le membre en arrière : il intervient donc dans le reculer et la ruade. A l'appui, le muscle contribue fortement à la propulsion en redressant le fémur.

Avec insertion fixe sur le fémur, le muscle élève l'ilium dans une bascule du coxal sur sa tête articulaire. Par cette action, le rein s'élève et se vousse légèrement. Ce mouvement peut préluder à l'élévation de tout le tronc sur les postérieurs ou l'y maintenir dans le cabrer. Dans cette position, il empêche également la cuisse de se fléchir sous le poids du corps.

Par son insertion sur le long dorsal, le fessier reporte sa contraction sur ce muscle qui, se contractant à son tour, élève le tronc. Inversement, l'extension du dos par le long dorsal entraîne l'action du fessier qui étend le fémur, Cette synergie musculaire est très évidente dans la ruade,

Dans les changements de direction, notamment les voltes rapides sur les postérieurs, le muscle attire la partie antérieure du bassin vers le postérieur correspondant. Ce mouvement entraîne l'incurvation du rein du côté opposé.

Réciproquement, le muscle produit l'abduction du fémur : cet effet est bien mis en évidence dans la ruade où le postérieur s'écarte de la ligne médiane du corps. De même dans les allures latérales, le postéricur à l'appui, préalablement engagé sous le tronc vers la ligne médiane, se redresse et pousse le bassin dans le sens de la marche en se dégageant. Toujours grâce à cet effet d'abduction, le fessier aide au redressement des incurvations du dos-rein : le membre qui se détend repousse le bassin de l’autre côté.

Fess'er Profond :

Ce muscle est court, mais fort, très uni au fessier moyen. Il s'insère en haut sur la partie inféro-externe de la fosse-iliaque et se fixe en bas par un tendon sur la crête du trochanter.

Rôle. — Ce muscle seconde le précédent, produit l'extension, l'abduction

Det la rotation en dedans du fémur.

Accessoire du Fessier Profond :

Les courts faisceaux de ce muscle vont du col de l'ilium à la convexité du trochanteur.

Rôle, — Ce muscle est surtout un abducteur du fémur.

LES ISCHIO-TIBIAUX

Les trois ischio-tibiaux ont déjà été décrits avec leur rôle statique.

Le Long Vaste :

Au soutien, ce muscle tire la jambe en arrière et en dehors en étendant la cuisse. Par le ligament calcanéen, il étend le jarret. C'est un agent essentiel de la ruade. Toutefois, par ses branches moyenne et postérieure qui agissent sur le tibia, il peut fléchir le grasset.

A l'appui, il étend le grasset : il tire le fémur et le tibia vers l'arrière. l'articulation fémoro-tibiale s'ouvre. Son action dans la propulsion peut

‘s'expliquer de cette manière. Elle doit aussi se faire par un jeu de levier. En

effet, les deux insertions du muscle sur l'ischium sont soumises à deux forces à peu près égales et opposées.

L'ischium est poussé vers l'avant. Le mouvement se transmet à la cavité cotyloïde et à la tête du fémur. Cette poussée vers l'avant l'emporte sur la traction de la jambe vers l'arrière puisqu'elle possède le plus long bras de levier. Le membre oscille autour du sabot. Cette action est comparable à l'effet d'une pagaie.

Dans les voltes, le muscle seconde les fess'ers du côté opposé. Son action est très efficace dans les pirouettes. Le postérieur étant engagé sous la masse, le long vaste attire l'ischium vers le membre, Les fessiers cpposés tirant l'ilium en sens inverse, le bassin est soumis à un couple et pivote, entratnant tout le corps.

Il faut remarquer que dans le tourner, le long vaste et l'ilio-spinal d'un. côté: agissent avec les fessiers opposés pour produire la même incurvation du dos-rein : l'incurvation se produit à droite si le long vaste et l'ilio-spinal droits se contractent de pair avec les fessiers gauches.

, Tout comme les fessiers, le long vaste peut être actif dans les allures latérales en repoussant le bassin du côté opposé. À |

Dans le cabrer, le muscle abaisse l'ischium vérs le sol par une bascule du bassin sur la tête du fémur. Ce mouvement existe d'ailleurs dans les allures relevées avec enlever de l'avant-main et dans le saut. Les sauteurs en liberté de l’école de Saumur montrent une hypertrophie des muscles de la croupe due au développement des fessiers et des ischio-tibiaux par la pratique des airs relevés.

Le Demi-Tendineux :

Ce muscle agit comme le précédent. Il n'a pas d'action sur la rotule.

Le Demi-Membraneux :

Son rôle est analogue. Par son insertion sur la face interne du fémur,* ce muscle peut concourir à l'adduction du membre. -

LES"PSOXS

Le petit et le grand psoas ont été décrits avec leur rôle statique. Le petit psoas n'est pas un muscle du membre, mais il seconde l'action du grand psoas.

Il faut adjoindre au grand psoas le muscle iliaque. Celui-ci s'insère en haut par deux branches sur la face et l'angle externe de l'ilium : ses faisceaux se rassemblent sur le tendon du grand psoas pour s'attacher avec lui sur le trochantin du fémur.

Rôle du Petit Psoas. — Le petit psoas attire le bassin en avant en voussant le rein ; il aide ainsi à l'engagement du membre au rassembler ou dans les allures vives. | |

Lorsque le bassin est fixé, le muscle refoule les lombes vers l'arrière et concourt au reculer.

Par action unilatérale, il produit une légère incurvation des lombes.

Rôle du Grand Psoas et de l’Iliaque. — Ces deux muscles peuvent être groupés sous le nom de psoas iliaque. Leur action est commune.

Au soutien, le muscle tire le membre en avant en fléchissant le fémur et l'ilium, en voussant le rein. | | C'est l'agent essentiel de l'engagement du membre. Dans ce mouvement, le grasset est porté en dehors par une rotation du fémur opérée en partie par ce muscle. Le grasset évite ainsi le choc contre l'abdomen.

À l'appui, lorsque le fémur est fixé, le psoas iliaque refoule les lombes vers l'arrière en voussant le rein : ‘il contribue au reculer. Cette action peut s'expliquer par un jeu de levier. L'insertion supérieure du muscle ayant le

bras de levier le plus long (le coxal ajouté au membre) détermine le mouvement vers l'arrière,

LE TENSEUR DU FASCIA-LATÀ

C'est un muscle plat. triangulaire, situé en avant du fessier superficiel. Sa portion charnue flabelliforme s'attache sur l'angle externe de l'ilium. L'aponévrose qui lui fait suite, appelée fascia-lata, se divise en deux feuillets. Le feuillet profond se glisse sous le long vaste et s'insère sur le fémur. Le feuillet superficiel entoure complètement la cuisse en dehors’et en dedans où il se confond avec les aponévroses fessière et fémorale : en bas, il s'attache sur la rotule et les ligaments rotuliens.

Rôle. — Ce muscle fléchit le fémur en tirant la cuisse et tout le membre en avant et en dehors.

LES ADDUCTEURS

Parmi les muscles qui ont un rôle d'adduction, il faut citer : le demimembraneux, le couturier, le droit interne, le pectiné, le petit et le grand adducteur. Tous ces muscles se trouvent à la face-interne de la cuisse. Ils sont très actifs dans les allures latérales, dans le reculer où ils maintiennent le membre dans un plan parallèle au plan médian, en s'opposant à l'action abductrice des fessiers qui portent le postérieur au soutien vers l'arrière.

Le Couturier : 7

| C'est une bande aplatie qui s'insère en haut sur la face inférieure de l'aponévrose lombo-iliaque. Son insertion inférieure se fait par’une aponévrose sur le ligament rotulien interne. -

Rôle. — Le muscle tire la jambe en avant et en dedans en fléchissant Je fémur.

Le Droit Interne :

C'est un muscle quadrilatère formant la base du plat de la cuisse. Son insertion supérieure se fait sur la symphyse pubienne au moyen de la lame tendineuse qui fait suite au tendon prépubien. Son aponévrose inférieure unie à celle du couturier se fixe sur le ligament rotulien interne et sur la face interne du tibia.

Rôle. — Il tire la jambe en dedans en limitant l'abduction du membre. Inversément, lorsque le membre est à l'appui et écarté du tronc, il attire celui-ci vers le postérieur.

Cette action se produit dans l'appuyer. À l'appui, lorsque le membre est engagé et fixé sous la masse, ce muscle aide à propulser le tronc en étendant le fémur ; il peut agir aussi par lé même mécanisme de levier que celui des ischio-tibiaux. Si le membre est dirigé et fixé vers l'arrière, il tire le tronc dans cette direction par le mécanisme inverse.

Ainsi au soutien, il peut tirer la jambe soit en avant, soit en arrière, suivant la position instantanée du membre.

Le Pectiné :

Ce muscle est renflé en haut, rétréci en bas, Son insertion supérieure se fait sur le bord antérieur et la face inférieure du pubis. En bas, il s'attache par un tendon sur la face interne du fémur.

Rôle. — Ce muscle est adducteur et fléchisseur du fémur. I fléchit ce os en portant la cuisse en avant avec une légère rotation du grasset en dehors pour éviter le choc du grasset contre l'abdomen.

= Le Petit Adducteur :

Il se situe sous le droit interne. Il s'attache en haut sur la face inférieur du pubis ; en bas, sur la surface âpre du fémur en commun avec la court: branche du grand adducteur.

Le Grand Adducteur :

Ce muscle se situe également sous le droit interne. Son insertion supé rieure se fait sur la face inférieure de l'ischium et sur la lame tendineuse qu sert d'attache aux droits internes. En bas, il se divise en deux branches qui s fixent :

1° l'externe, la plus courte, sur la surface âpre du fémur ;

2° l'interne, sur le condyle interne du fémur en commun avec le demi membraneux.

Rôle. — Ces deux muscles sont adducteurs, extenseurs ou fléchisseurs rotateurs en dehors du fémur.

Au soutien, ils portent le membre en avant ou en arrière suivant s position instantanée. À l'appui, ils attirent le tronc, sur le membre qui s'en es: écarté. Ils sont donc actifs dans les allures latérales.

Lorsque le postérieur est engagé et fixé en avant, ils poussent le corp dans cette direction par le même mécanisme que les ischio-tibiaux, en étendar le fémur et en tirant sur l'ischium. Lorsque le membre est fixé vers l'arrière le petit adducteur peut aider au reculer.

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