MECANISME PROPULSIF DU TRONC-ENCOLURE
Il n'est que de regarder un cheval au pas, traînant une lourde charge ou d'observer les ondulations vertébrales d'un trotteur attelé, pour se rendre compte de l'importance des mouvement du tronc et de l'encolure dans la propulsion. Ces mouvements plus ou moins rapides et fugitifs suivant l'allure ont été, grâce au cinéma ou à la photographie, fixés par divers auteurs (Marey, de Sévy, Krüger, Licart). : TRES = L'allure du pas est celle qui présente la série complète des ondulations du rachis. :
Ces ondulations sont très accentuées et facilement observables à cette allure pour un œil attentif.
Au risque de nous répéter, nous donnerons la description détaillée des ondulations verticales et horizontales du rachis. Nous choisissons le pas à quatre battues égales et également espacées ou pas normal de Bouley, ceci pour une meilleure compréhension des processus musculaires. Ce pas étant l'intermédiaire entre les pas à tendance latérale et diagonale servira de base à l'étude des ondulations du rachis aux diverses variétés de cette allure.
Nous nous basons sur nos observations faites à cheval pour indiquer les mouvements de la tige vertébrale, très perceptibles pour le cavalier lorsqu le pas est lent. |
: à a) ONDULATIONS VERTICALES
Il est nécessaire de connaître la succession des posers et des levers du pas normal.
(ilio spinaux). Ceux-ci pour ne pas gêner l'engagement du postérieur doivent
La période d'échange d'appui d'un bipède antérieur ou postérieur favo rise l'amplitude des ondulations, dont le rythme est moins précipité.
Pour la clarté de l'exposé, nous n'en tenons pas compte et nous sup posons que l'échange d'appui est instantané,
Dans ces conditions, le poser d'un postérieur est toujours suivi du pose de l'antérieur du même bipède latéral. :
Le poser d'un antérieur est toujours suivi du poser du postérieur d même bipède diagonal. ; E a
Les levers se font dans le même ordre. Pour un pas complet, voici ] succession des levers :
— postérieur droit ; — antérieur droit ; — postérieur gauche :
— antérieur gauche.
Chaque lever d'un membre coïncide avec le milieu de l'appui du mer bre qui le suit.
Chaque poser d'un membre coïncide avec le milieu du soutien d membre qui le suit.
Soit l'instant où le postérieur droit se lève. À ce moment, l'antériet droit est vertical au milieu de son appui. le postérieur gauche se pos Quelques temps après, le postérieur gauche à l'appui pousse le tronc par & détente. L'encolure s'abaisse et s'étend dans un mouvement lent ; le dos re s’allonge et s'étend. Le dos rein et l'encolure concourent à l'extension con plète du rachis. Cette extension dure jusqu'au moment où le postérieur dro au soutien ayant dépassé le postérieur gauche s'engage sous la masse et x se posser. Dès lors et jusqu'au poser du postérieur droit, pendant un bre intervalle de temps, le dos rein se vousse, la croupe s'incline davantag l'encolure se redresse brusquement. La voussure du dos rein et l'élévatic d'encolure font enfoncer la partie antérieure du dos.
Ausitôt le postérieur droit posé, l'encolure s'étend lentement ve l'avant et le bas. le creux du dos disparaît, la voussure du dos rein s'effac le dos entier s'allonge, la croupe s'abaisse graduellement vers l'avant.
On voit donc :
1° L'abaissement-extension de l'encolure, simultané de l'extension « dos rein, s'opère pendant l'appui et la détente propulsive d'un postérieur.
2° Le relèvement brusque de l'encolure, simultané de la flexion du di rein, se produit pendant l'engagement d'un postérieur, juste avant son pose
Ainsi la flexion et l'extension alternatives du rachis tendent à form et à redresser des S renversées et couchées.
La succession de ces mouvements caractérise la courbe ondulatoi verticale du rachis. :
Quels sont les rapports de cette ondulation verticale avec la successi des appuis et des soutiens des antérieurs ? |
Le poser de l'antérieur gauche se produit au moment où le postérie droit au soutien croise l'autre et s'engage. Il coïncide donc avec le relèveme brusque de l'encolure.
Une fois le postérieur droit à terre, l'antérieur droit poursuit au so tien son geste vers l'avant, accompagné de l'allongement lent de l'encolu:
Au moment de son poser, l'antérieur gauche se lève et le postérieur
gauche au milieu de son soutien s'engage: l'encolure se redresse brusquement. 1 |
Il faut donc retenir :
a) Que le relèvement brusque de l'encolure correspond au poser d'un antérieur.
b) Que son abaissement et son allongement s'opèrent pendant l'enjambée de l'antérieur au soutien.
Mouvements de la tête :
Lorsque l'encolure se relève, la tête se fléchit sur l'encolure et l'angle tête-encolure se ferme.
Lorsque l'encolüre s'abaisse et s'allonge, la tête s'étend, ouvrant l'angle
tête-encolure.
B) CNDULATIONS HORIZONTALES
Au moment où le postérieur droit s'engage, l'incurvation du dos rein ‘commence à se produire à droite. À cet instant, l'antérieur droit commence
son soutien; l'incurvation de l'encolure est encore à gauche.
Au poser du postérieur droit, l'incurvation du dos rein à droite est maxima. À partir de ce poser, le dos rein va se redresser.
Au moment où l'antérieur droit au milieu de son soutien croise l'antérieur gauche, l'encolure est droite ; le postérieur gauche se lève.
Au fur et à mesure que l'antérieur droit s'avance vers l'avant, l'encolure s'incurve à droite. Avec le soutien du postérieur gauche, le dos rein se redresse ; il est droit lorsque ce membre est au milieu de son soutien et croise
le postérieur droit au milieu de son appui, À ce même instant, l'antérieur
‘à gauche.
LA
droit se pose et l'incurvation de l'encolure à droite est maxima. Le lever de l'antérieur gauche, coïncidant avec le poser de l'antérieur droit, va attirer l'encolure à gauche et l'incurver de ce côté. : Le postérieur gauche s'engage sous le tronc et le dos rein s'incurve
Au moment du poser du postérieur gauche, l'incurvation dos rein à gauche est maxima ; l'antérieur gauche au milieu du soutien croise l'antérieur droit au milieu de l'appui, l'encolure est redressée.
Lorsque l'antérieur gauche se pose, l'incurvation de l'encolure à gauche est maxima. SA
En résumé :
1° Les incurvations du dos rein se produisent du côté où le postérieur au soutien.s‘engage, Elles se redressent pendant la première moitié de l'appui de ce postérieur : le dos rein est droit lorsqu'un postérieur au scutien croise
J'autre à l'appui.
2° Les incurvations d'encolure se produisent du côté de l'antérieur au soutien. Elles sont maxima lorsque l'antérieur se pose. Elles se redressent avec: le soutien de l'autre antérieur. La tige cervicale est droite lorsqu'un antérieur au soutien-croise l'autre à l'appui. 3° Il existe un décalage entre la formation des incurvations du dos ‘rein et de l'encolure. Ce décalage caractérise l'allure et son type.
Ainsi, au pas normal de Bouley, le décalage est égal à une incurva tion. Lorsque le dos rein est à son maximum d'incurvation à droite (pose du postérieur droit coïncidant avec le milieu du soutien de l'antérieur droit, ja tige cervicale est redressée et va s'incurver à droite.
c) INTERPRETATION DES ONDULATIONS DU RACHIS
L'engagement du postérieur droit est facilité par l'incurvation du de rein à droite, qui porte en avant l'articulation coxo fémorale correspondants Cette incurvation s'opère par la contraction de l'ilio spinal et du grand obl que droits. Ceux-ci, tirant sur l'ilium, abaissent l'articulation coxo fémoral par une rotation du bassin et des lombes, |
La flexion du dos rein qui se produit au même moment augmente l'enge gement. Elle est le résultat de la contraction des abdominaux droits et d grand droit de l'abdomen qui tire le pubis en avant et en bas. La contractio des muscles sous lombaires (psoas) qui fléchissent le fémur contribue à cett voussure du dos rein. =
La flexion du dos rein entraîne l'élongation des extenseurs du dc (ilio-spinaux). Ceux-ci pour ne pas gêner l'engagement du postérieur doivei céder ; le recul de leur insertion antérieure sur la base d'encolure facilite let élongation dans le sens d'avant en arrière, Ce recul opéré passivement pe la tension des extenseurs du dos rein, conditionne le relèvement brusque c l'encolure à chaque poser du postérieur. |
La détente du postérieur droit voit s'opérer le redressement de l'incu vation et l'extension du dos rein. Les muscles précédents (ilio-spinal droi abdominaux droits, grand droit) se relachent. L'ilio-spinal gauche se coi tracte le premier pour opérer à la fois le redressement de l'incurvation : l'extension du dos. Sa contraction aide à la détente du postérieur droit doi certains muscles extrinsèques favorisent également le redressement du de rein. Ainsi les fessiers, abducteurs du membre, ne peuvent déplacer son extr mité inférieure à l'appui et repoussent le bassin vers la gauche. La contractic l'ilio-spinal gauche incline l'ilium en avant, comme en témoignent les chr nophotographies. :
La contraction des abdominaux gauches vient aider l'ilio-spinal incurver le dos rein à gauche au moment de l'engagement du postérieur ga
che. Les psoas qui amènent le fémur en avant, aidés des abdominaux, fléchi
sent à ce moment le dos rein.
L'avance de l'antérieur droit au soutien est sous la dépendance de contraction du mastoïdo-huméral, Cette contraction tire la pointe de l'épau en avant, mais aussi en portant la tête à droite et en bas incurve et flécl l'encolure de ce côté. È
L'abaissement de l'encolure pendant le soutien allonge les muscl cervicaux supérieurs et tire la base d'encolure en avant. Ainsi les extenseu du dos (ilio-spinal) trouvent une insertion fixe à l'encolure et leur contracti est pleinement utilisée à l'extension du dos : ils aident ainsi la détente du pt
VU
térieur. De plus, les muscles cervicaux supérieurs prenant appui à la tête, fixent la région des premières vertèbres dorsales et coopèrent à l'extension. Éeur contribution est plus ou moins importante suivant l'intensité de l'effort fourni par le cheval.
L'abaissement de l'encolure peut être réalisé par l'intervention des muscles cervicaux inférieurs (sterno-céphalique, long du cou). Il est intéressant de constater qu'un cheval qui laboure porte l'encolure basse et rouée, afin de la fixer en avant pour permettre à la fois un bon engagement (encolure rouée, base d'encolure reculée) et une bonne détente (fixité d'encolure) des postérieurs.
De même, l'encolure peut s'incurver d'un côté par la contraction de ses muscles fléchisseurs latéraux ; ainsi la flexion latérale de la tête par l’action des muscles de la petite encolure accentue l'incurvation totale.
à L'incurvation du côté droit produit l'élongation du mastoïdo-huméral gauche dont la contraction ultérieure est ainsi suscitée et renforcée. De même, le rhomboïde et le trapèze gauches se tendent par l'incurvation à droite et tirent plus énergiquement sur le sommet du scapulum, augmentant l'ouverture de l'épaule et la détente de l'antérieur gauche à l'appui.
Le relâchement du mastoïdo-huméral droit au moment du poser de Jantérieur droit permet le relèvement brusque de l'encolure sous l'action des extenseurs du dos qui s'allongent par la voussure du rein, au moment de Tengagement du postérieur gauche. Ce relèvement dure peu puisque le mastoïido-huméral gauche se contracte à son tour pour porter l'antérieur correspondant en avant.
De cette synergie musculaire, il faut retenir :
1° Les incurvations latérales se produisent par le jeu alternatif des ilio-spinaux et des abdominaux. Elles accentuent l'engagement des postérieurs. Leur redressement aide à leur détente.
Les flexions du dos rein augmentent l'engagement des postérieurs ; les extensions favorisent la détente. |
2° Les incurvations latérales de l'encolure favorisent la détente et l'enjambée de l'antérieur opposé. Les relèvements de l'encolure permettent l'engagement des postérieurs.
Les abaissements favorisent la détente des postérieurs.
3° Il existe toujours un certain antagonisme entre l'avant et l'arrière main. En effet, pendant l'engagement d'un postérieur, un antérieur s'avance : la flexion du dos rein et l'abaissement de l'encoiure se contrarient.
Les périodes d'échange d'appui du bipède antérieur permettent une flexion plus accentuée du dos rein. Ainsi, après le poser d'un antérieur, le mastoïdo-huméral correspondant se relâche et le postérieur qui le suit profite du répit accordé par l'inactivité de l'avant main pour s'engager davantage. Cet engagement plus marqué est le résultat d'une meilleure flexion du dos, facilitée par l'élévation cervicale qui se produit avant que l'autre antérieur se lève et que le mastoïdo-huméral correspondant abaisse l'encolure.
Le rapprochement des évolutions des antérieurs et des postérieurs, par diagonalisation ou latéralisation du pas (tendance au trot ou à l'amble) réduit encore le décalage des contractions musculaires qui président à l'avance des
antérieurs ou à l'engagement des postérieurs. L'antagonisme s'accentue, le incurvations sagittales du rachis diminuent d'ampleur. Le cheval, pour main tenir la flexion du dos rein, doit sacrifier l'abaissement de l'encolure ; l'invers est aussi vrai.
enr tenent les périodes d'échange d'appui du bipède postérieu permettent un Lt plus ample entre les élévations et les abaissements de l'er colure.
5° La notion d'engagement des postérieurs par tele et recul d la base d'encolure est capitale : elle permet de comprendre les processus d dressage et l'importance du ramener.
On voit par cet exposé que tout mouvement harmonieux et efficace sur pose le libre jeu musculaire qui conditionne la production des ondulations d rachis. Toute contracture détruit l'équilibre et gêne le mouvement.
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Le SES pour s'arrêter doit cesser de se prepulser en avant et annuler Ja force vive de son corps emmagasinée par le mouvement en cours d'exé- Cution.
Suivant le: mode de progression et sa vitesse, l'arrêt est plus ou moins facile et rapide. Suivant son équilibre et la nécessité du mement, le cheval peut s arrêter en engageant ses postérieurs, en se piquant sur ses antérieurs ou grâce à ces deux moyens.
Nous allons examiner la fonction des muscles qui provoquent ces 3 arrêts.