Chauffage mixte à Veau et à la vapeur. — Un habile
ingénieur, M. Grouvelle, a cherché à donner au chauffage, par la circulation de la vapeur, la stabilité qui lui manque en la faisant passer, au moyen d'un serpentin, à travers des poêles plus ou moins remplis d'eau, dont la densité et la capacité pour la chaleur apportent ainsi un obstacle à des variations trop rapides de la température.
Cette disposition est certainement un perfectionnement des poêles à vapeur proprement dits, mais elle n'a pas empêché certains accidents survenus à l'hôpital Lariboisière et les claquements produits le matin, lors des reprises du feu, se manifestent aussi dans le pavillon de l'hôpital militaire de Vincennes, dont les appareils de chauffage ont été établis par l'auteur même de ce système mixte.
Quant à la rapidité de transmission de la chaleur par ce procédé mixte du chauffage à la vapeur et à l'eau, elle n'est pas aussi grande qu'on paraît le croire généralement. Un expérimentateur a cru pouvoir dire que « si par une cause quelconque, la température extérieure éprouve un abaissement brusque, qui nécessite un surcroît d'action de l'appareil chauffeur, on obtient, avec une rapidité extrême, l'élévation de température d'un ou de plusieurs poêles d'une salle, où le besoin s'en fait sentir. Cette rapidité est ici bien plus grande qu'avec la circulation d'eau dans laquelle la masse à chauffer est bien plus considérable. »
Or, voici ce que M. Grouvelle lui-même a constaté à l'hôpital militaire de Vincennes, sur le service régulier * : « Pendant tout l'hiver, on allume les feux des chaudières à 3 heures du matin, et à 7 heures du matin les salles de malades, qui sont tombées la nuit de 4° à 5°, sont remontées à 15°. Les bureaux, dont le chauffage cesse à 4 heures du soir, sont mis au degré demandé de 14° à 15°**. »
Ainsi, d'après l'auteur même de ce système mixte, il faut
* M. Grassi; page 60 de sa thèse.
** Mémoire de M. Grouvelle, Annales du génie civil, n° 6, 1862.
quatre heures pour faire relever la température de 4° dans cet hôpital. L'on verra aux nos 446 et suivants, par des résultats d'observations directes que j'ai faites récemment, que le transport de la chaleur par la circulation de l'eau chaude se fait avec une rapidité au moins aussi grande, si ce n'est même plus prompte encore.
Le chauffage à la vapeur, de même que le chauffage mixte à la vapeur et à l'eau chaude se prêtent facilement à toutes les dispositions que l'on peut imaginer pour opérer la ventilation par appel ou par insufflation, et si, dans les établissements où l'on a employé ce dernier procédé, l'on n'a pas utilisé la facilité avec laquelle ce mode de chauffage pouvait aussi être appliqué à augmenter les effets des appels, c'est par suite de l'excessive confiance que l'on avait mise dans les appareils mécaniques employés à l'insufflation.
Mais il convient de rappeler que les variations que ce chauffage peut éprouver, par suite de négligences des chauf- Fig. 44. feurs, se reproduiraient d'une manière plus fâcheuse dans sa ventilation. Il faudrait donc une surveillance plus active et des moyens de contrôle plus sûrs encore que dans le syslème du chauffage par circulation d'eau chaude, dont nous allons parler.
459. Chauffage par circulation d'eau chaude. — On sait que ce mode de chauffage, pour lequel Bonnemain* prit en 1777 un brevet d'invention, repose sur la différence de densité qui s'établit promptement entre deux colonnes liquides ab et cd, ou plutôt entre les deux branches ab et cd d'un même circuit continu abcd de liquide, dont l'une ab part du sommet d'une chaudière, tandis que l'autre cd se termine à son fond. La dilatation du liquide de la chaudière et l'élévation contiuue des bulles de vapeur dans la
* L'on trouve, dans le registre des procès-verbaux des membres du Con-
colonne ab, la rendent plus légère que la colonne cd, et dès lors celle-ci s'abaisse vers la chaudière, et toute la colonne cd descend pour remplacer la colonne ab.
L'application de ce système de chauffage a reçu bien des modifications, pour le détail desquels je me bornerai à renvoyer à l'ouvrage de M. Péclet, en me contentant de décrire les deux principales qui sont actuellement en usage dans plusieurs grands établissements.
440. Dispositif adopté par M. L. Duvoir- Leblanc. — Cet artiste doué d'une remarquable sagacité, de beaucoup d'esprit d'invention, et auquel il n'a manqué qu'une instruction première pour devenir un ingénieur distingué, a exécuté un grand nombre d'appareils de chauffage à l'eau chaude, dont la disposition générale est la suivante :
Une chaudière AABB (pi. XIII), entièrement remplie d'eau et placée à la partie inférieure du bâtiment à chauffer, communique par un tube CG, partant de son sommet, avec un récipient clos, ou réservoir distributeur D, à peu près plein, établi à la partie supérieure de l'édifice et au fond duquel ce tube débouche. De ce même fond part un autre tuyau MM qui, en redescendant, peut conduire l'eau de la même manière dans un premier cylindre GG plein d'eau, faisant fonction de poêle et qui par un tuyau M' est pareillement mis en communication avec un second poêle ou cylindre G'G' et ainsi de suite, jusqu'au dernier poêle, qui communique avec le fond de la chaudière par un dernier tube N, appelé tuyau de retour.
On conçoit facilement, à l'aide de cette description sommaire, que, dès qu'on chauffe la chaudière, l'équilibre qui
servatoire des arts et métiers, séance du 24 nivôse an VIII, la mention suivante :
«Le citoyen Bonnemain, désirant exécuter au local du Conservatoire son appareil, qui régularise le feu et fait circuler l'eau bouillante en rappliquant à divers usages, entre autres à la fusion du suif, le Conservatoire se transportera septidi prochain, à onze heures, dans ce local, pour s'y concerter avec lu sur cet objet. »
existait dans toute la masse liquide contenue dans l'appareil, ne tarde pas à se rompre. L'eau de la chaudière, devenue plus légère, à mesure qu'elle s'échauffe, communique de proche en proche sa chaleur au liquide contenu dans le tuyau ascendant, qui, moins dense alors que celui des tuyaux de retour, cède à la pression de celui-ci. L'eau de ce dernier tuyau entre alors dans la chaudière, et est successivement remplacée de poêle en poêle par le liquide venant du réservoir supérieur. Il s'établit ainsi, en peu de temps, une circulation, qui va en s'accélérant jusqu'à ce que le mouvement soit parvenu à l'état de régime permanent. L'eau de la chaudière passant successivement par tous les tuyaux et par les poêles, échauffe celle qu'ils contiennent et ceux-ci, par la conductibilité de la matière dont ils sont formés, transmettent la chaleur aux salles où ils sont placés.
Les poêles à eau peuvent être et sont ordinairement traversés de part en part, par un certain nombre de tuyaux vides, qui sont entourés d'eau et dans lesquels passe et s'échauffe l'air des salles, ou mieux, l'air pur qui peut y affluer par des ouvertures spéciales. Cette disposition, en augmentant la surface de chauffage des poêles, permet donc en même temps l'introduction de l'air pur.
Telle est, réduite à sa plus simple expression, la disposition générale des appareils de chauffage par circulation d'eau chaude de M. L. Duvoir-Leblanc.
Dans les applications et selon les besoins, on emploie plusieurs tuyaux de retour indépendants, pour se ménager le moyen d'établir, d'interrompre, ou de modérer la circulation d'eau et de chaleur dans les différents étages d'un même bâtiment, et s'il le faut, dans les divers poêles d'une même salle. Des soupapes coniques f que l'on peut manœuvrer à l'extérieur des appareils, permettent de faire varier la circulation à volonté.
Les tuyaux de circulation présentent souvent dans les conduits qu'ils parcourent des parties renflées de diverses for-
mes appelées bouteilles, auxquelles on donne une plus grande surface, afin d'obtenir un développement de chaleur jugé nécessaire en certains points.
441. dispositif employé par M. cïHamelincourt. — Dans les appareils, dont nous venons de donner une description générale sommaire, la circulation de l'eau chaude s'établit d'abord de la chaudière vers un récipient supérieur unique, d'où partent un ou plusieurs tuyaux de retour.
M. d'Hamelincourt a appliqué d'une manière différente le principe de la circulation de l'eau et dans les appareils de cet ingénieur, la disposition générale est la suivante (pi. XIII) :
Au sommet de la chaudière placée à la partie inférieure du bâtiment et entièrement pleine d'eau, se trouve une sorte de dôme appelé vase de distribution d'où partent un ou plusieurs tuyaux. L'un de ces tuyaux sert à établir une communication aussi directe que possible entre la chaudière et un récipient supérieur situé dans les combles, avec tuyau de retour vers la chaudière, comme dans le système de M. L. Duvoir. Mais avec cette différence que ce récipient supérieur n'a ici pour objet que de servir d'appareil de sûreté, en facilitant l'échappement de la vapeur qui pourrait se dégager, et en limitant nécessairement, par sa communication à l'air libre, la pression dans l'ensemble delà circulation.
C'est par suite de cette destination spéciale que le récipient supérieur s'appelle dans ce dispositif vase d'expansion.
Les autres tuyaux, qui partent du dôme de distribution, sont en réalité les seuls qui servent à la circulation de l'eau chaude à partir de la chaudière. Ils sont disposés horizontalement, ou à peu près, et de distance en distance communiquent avec des groupes de tuyaux verticaux qui régnent dans toute la hauteur du bâtiment et sont placés dans des conduits réservés dans les trumeaux ou dans les épaisseurs des murs. L'un de ces tuyaux, en communication avec la chaudière et servant à amener l'eau chaude, débouche dans un tuyau horizontal supérieur, appelé aussi vase d'expansion et
dans lequel sont assemblés deux ou trois autres tuyaux descendant dans le même conduit et qui sont réunis à leur partie inférieure avec un autre tuyau horizontal, du dessous duquel part un petit tuyau qui les met en communication avec le grand conduit de retour ; ce dernier ramène l'eau au fond de la chaudière. Le nombre de ces tuyaux descendants dépend de la surface de chauffe jugée nécessaire.
Dans ce dispositif la circulation de l'eau s'établit ainsi qu'il suit. L'eau échauffée dans la chaudière et les bulles de vapeur qui s'élèvent et se condensent incessamment dans la masse liquide, transportent la chaleur dans le conduit horizontal supérieur de circulation. A partir de ces premiers effets l'équilibre qui existait dans la masse liquide est déjà rompu et la circulation de l'eau commence. A la rencontre du premier tube vertical d'ascension, un courant montant d'eau chaude s'établit d'abord, il s'élève au vase d'expansion et dans le groupe partiel, que forment ce tuyau et les tuyaux verticaux de retour avec lesquels il est mis en communication, il se produit une circulation par l'effet de laquelle l'eau, qui a parcouru ce système, gagne le tuyau principal de retour et rentre à la chaudière.
Peu de temps après, des effets analogues ont lieu dans le groupe suivant de tuyaux composé, comme le premier, d'un tuyau partiel d'ascension et d'un ou plusieurs tuyaux de retour descendants.
De proche en proche la circulation s'établit dans tous les groupes embranchés sur un même conduit principal de distribution et en communication avec un même conduit de retour.
Au premier abord il paraît difficile de se rendre compte de la rapidité avec laquelle cette circulation s'établit, mais les expériences rapportées au n° 445 montrent qu'elle a lieu bien plus promplement qu'on ne serait tenté de le croire, et surtout qu'elle répartit la chaleur dans tout l'ensemble d'un bâtiment avec l'uniformité désirable.
Les conduits ménagés dans les trumeaux, et dans lesquels
sont logés les tuyaux de circulation d'eau, servent à admettre et à échauffer l'air extérieur et le versent dans les salles. Pour faire la répartition de cet air entre les différents étages, ces conduits sont fermés à hauteur „ et un peu au-dessus du plancher de chaque étage par un diaphragme en maçonnerie et immédiatement au-dessus de ce diaphragme ils ont une ouverture d'admission pour l'air extérieur qui, ainsi appelé et échauffé, s'élève dans le conduit jusqu'au diaphragme supérieur au-dessous duquel se trouve une ouverture ménagée près du plancher de l'étage à chauffer, par laquelle s'introduit cet air chaud.
Telle est la disposition générale et normale des appareils de M. d'Hamelincourt, mais elle n'exclut nullement l'emploi de poêles ou de récipients particuliers, dans lesquels on peut aussi faire circuler l'eau pour porter la chaleur en des points déterminés. De même que cette circulation d'eau sert à échauffer l'air introduit dans les salles, elle peut être, et est effectivement employée à échauffer l'air vicié qu'il convient d'appeler et à donner à l'appel l'énergie nécessaire, au moyen de proportions convenables.
Les deux dispositifs, que je viens de décrire en termes généraux, ont des propriétés semblables, et, sauf quelques différences, ils présentent les mêmes avantages et les mêmes inconvénients.
44^. Avantages du chauffage par circulation (Veau chaude. — L'eau contenue dans la chaudière et dans l'ensemble de tous les récipients et de tous les poêles, y est maintenue à une température modérée, qui ne peut dépasser 100°, attendu que le récipient supérieur est en communication avec l'air,
soit directement, soit par lin tube d'échappement toujours ouvert. Dans les premiers appareils, une soupape de sûreté chargée d'un certain poids, permettait dans le récipient supérieur une élévation de pression qui pouvait aller à deux ou même à trois atmosphères; mais on y a renoncé et les appareils actuels fonctionnent à basse pression. Cependant, ceux des parties inférieures des bâtiments et en particulier les chaudières, n'en sont pas moins soumis à une pression supérieure à celle de l'atmosphère, et mesurée par la hauteur de la colonne d'eau qui existe jusqu'au récipient supérieur.
Il résulte de cette disposition, que l'air échauffé parle contact des surfaces des poêles et des tuyaux, n'éprouve aucune altération sensible; que sa température, au moment de l'introduction dans les salles, est toujours limitée à 45 ou 50 degrés au plus, et que, par conséquent, en se mêlant à celui des salles, il y produit un mélange salubre.
L'air neuf et chaud fourni par les poêlés ou par les conduits de circulation d'eau, est directement appelé par le seul effet de leur échauffement; il pourrait aussi y être insufflé par des moyens mécaniques, si cela était nécessaire.
La grande densité de l'eau et sa capacité pour la chaleur plus que quadruple de celle de l'air, et plus que double de celle de la vapeur d'eau, en font un réservoir de chaleur dont la température n'éprouve que de très-faibles et trèslentes variations, par suite de changements ou de négligences accidentelles dans la conduite du feu. Il y a plus, tant que la chaudière et son fourneau conservent une température supérieure à celle des récipients, la circulation de l'eau et ses effets calorifiques se continuent longtemps encore après que le feu a été complètement éteint.
Cette propriété, et la modération forcée de la température des conduites et des poêles, rendent ce mode de chauffage précieux dans la plupart des cas, mais en particulier pour les serres, dont il permet de maintenir, pendant les nuits d'hiver, la température à un degré suffisant pour éviter les effets d'un trop grand refroidissement.
445. Inconvénients reprochés au chauffage par circulation d'eau chaude. — On peut reprocher avec raison à ce système de chauffage, tel qu'il a été appliqué le plus souvent, la complication de la circulation des tuyaux sous les planchers, dans les épaisseurs des murs, etc. Mais cette complication est en réalité moindre que celle du chauffage à la vapeur et la difficulté du règlement des pentes à donner à ces tuyaux, si grande pour la vapeur, est à peu près nulle pour l'eau. Elle est d'ailleurs considérablement atténuée quand les tuyaux de circulation de l'eau pour le chauffage, comme pour l'appel, sont placés dans des gaines verticales ménagées dans les épaisseurs des murs.
Il en est de même des fuites qui, bien que moins nombreuses que celles de la vapeur, ont leurs dangers, et la rupture d'un poêle peut amener des accidents graves et une sorte d'inondation d'eau chaude, sous la pression considérable provenant de la hauteur à laquelle le récipient supérieur ou les vases d'expansion se trouvent placés. Un accident survenu à Saint-Sulpice a inspiré des craintes exagérées à ce sujet; mais il est, pensons-nous, le seul de ce genre qui se soit produit, et encore peut-il être attribué à la forme irrationnelle qui avait été donné au poêle dans lequel il s'est manifesté. L'on a vu d'ailleurs que le chauffage à la vapeur avec ou sans poêles à eau présente des inconvénients analogues.
La bonne construction des appareils et les épreuves qu'on leur fait subir, avant de les mettre en service, suffisent pour écarter toute crainte fondée, et le grand nombre d'édifices publics ou privés auxquels ce système de chauffage a été appliqué, sans qu'il s'y soit produit d'accidents, montre qu'il y a bien peu de chances d'en voir apparaître.
Sans recourir à tous les certificats donnés à l'un des ingénieurs qui construisent des appareils de chauffage à l'eau chaude, je me bornerai à citer quelques-uns de ceux qui parlent expressément de l'absence des fuites. Ils sont relatifs
Dates. Signatures.
1° Au conseil d'État 23 mars 1843 MM. Prosper Hecker.
2° A l'Ecole des ponts et chaussées 27 mai 1849 Bommard , ingén.
en chef.
3° A l'École des mines 27 mai 1849 Dufresnoy, del'Inst.
4° Institut normal des aveugles. . . 24 sept. 1851 Guadet.
5e Institut des jeunes aveugles
(Paris) 27 — 1851 \
6° Hospice des aliénés de Neuf- i Philippon.
châtel (Suisse) 27 — 1851 '
7° École normale supérieure
(Paris) 24 — 1851 Michelle.
A ces attestations je puis joindre la notoriété qui établit qu'au Conservatoire des arts et métiers où des appareils de ce genre sont établis depuis plus de 12 ans, il ne s'en est manifesté aucune.
Le plus grand inconvénient de ces appareils pleins d'eau serait celui de la rupture de quelque poêle ou tuyau par l'effet de la gelée, si on les laissait remplis l'hiver sans les faire fonctionner : ce qui ne pourrait se produire que par l'effet d'une négligence bien grande et bien prolongée.
Quelques personnes croient que le chauffage par l'eau chaude communique à l'air un certain degré d'humidité ; c'est une grave erreur, car aucune évaporation ne se produit clans la partie de ces appareils qui est située à l'intérieur des salles.
L'on a enfin reproché aux poêles à eau chaude placés à l'intérieur des bâtiments, de produire sur les planchers une charge compromettante pour la solidité des constructions. Si l'on s'était donné la peine de comparer le poids de ces poêles aux dimensions ordinairement données aux poutres et aux solives, l'on aurait reconnu que. ce reproche n'a rien de fondé. Il est d'ailleurs toujours facile aujourd'hui, surtout par l'emploi des poutres en fer, d'obtenir pour les planchers toute la solidité et toute l'inaltérabilité désirables.
Lorsque l'on utilise la chaleur des appareils de circulation d'eau chaude pour produire l'appel de l'air extérieur, et pour l'introduction dans des locaux que l'on veut à la fois chauffer et ventiler, il convient de donner à ces appareils la
plus grande hauteur possible, puisqu'ils forment alors une véritable cheminée d'appel. Sous ce rapport, les poêles des dimensions ordinaires employés par M. Duvoir-Leblanc ne sont pas dans des conditions aussi favorables que les conduits verticaux placés dans l'épaisseur des murs, et auxquels on peut donner toute la hauteur de l'étage à chauffer, ainsi que le fait M. d'Hamelincourt.
Je crois devoir faire remarquer que c'est à tort que, dans Fig. 46. ce dernier dispositif, l'on fait affluer l'air
ainsi chauffé au niveau du plancher au lieu de l'y introduire à hauteur du plafond, où il arrive d'ailleurs out naturellement pour redescendre vers les orifices d'appel. Il résulte de cette arrivée de l'air chaud à fleur du sol, qu'il est fort incommode pour les personnes placées dans le voisinage de la bouche. L'on trouverait d'ailleurs plus de facilité pour réchauffement de l'air en l'introduisant du dehors à hauteur du plancher de l'étage à chauffer, en lui faisant parcourir dans la gaîne toute la hauteur de cet étage, et en l'introduisant au plafond, comme l'indique la figure ci-contre.
444. Prix du chauffage à l'eau chaude. — Les pavillons de l'hôpital Lariboisière ont chacun trois salles et leurs dépendances, et une grande salle servant de réfectoire qui doit être chauffée. La capacité de tous ces locaux, non compris le corridor de promenade, est d'environ 23 000 mètres cubes. M. L. Duvoir a soumissionné le chauffage et la ventilation pour la saison d'hiver à raison de 17f,90 par jour et par pavillon, et la ventilation de nuit pendant l'été à raison de 6f,70. Le prix qu'on lui paye l'hiver pour le chauffage est donc au plus de
13f,90— 6f,70 = 7f,20, VENT. II. 6
et encore dans ce chiffre est comprise une partie de la ventilation de jour. De ce chiffre il faut retrancher le salaire du chauffeur, qui est au moins de 4f,50 par jour ou de lf,50 par pavillon. Il reste à l'entrepreneur 5f,70, sur lesquels il doit avoir au moins 10 pour 100 de bénéfices. Sa dépense ne doit donc être que de 5f,23 en charbon, dont le prix en gros étant estimé 4f,30 les 100 kilogr., pour rester dans les termes des comparaisons précédentes, conduit à une quantité de charbon dépensée pour le chauffage seul égale,
5f 23 au plus à rrô?)— lquîn\22 ou 122 kilogrammes pour chauffer
une capacité totale de 23000 mètres cubes, ce qui correspond à
kil == 5kil,30 par 1000 mètres cubes de capacité, chauffés
à 15 ou 16°. Bien que ce calcul ne repose que sur des évaluations dont quelques-unes sont un peu incertaines, il montre cependant que le chauffage à l'eau chaude est économique, surtout lorsqu'il doit être continu.
445. Résumé. — L'examen précédent que je viens de faire sommairement des trois systèmes de chauffage généraux suffira, je pense, pour permettre d'apprécier leur rôle et leurs effets dans les rapports qu'ils ont avec la ventilation. Quant au choix à faire entre eux, les inconvénients graves et pour ainsi dire journaliers de l'emploi de la vapeur me paraissent devoir en restreindre l'emploi aux cas où l'on peut utiliser la vapeur perdue d'appareils nécessaires pour d'autres usages.
Les calorifères à air chaud ne suffisent pas pour assurer une ventilation énergique, et si leur installation n'est pas très-dispendieuse, ils consomment en service courant au moins autant et peut-être plus de combustible que les appareils de chauffage par circulation d'eau chaude, qui peuvent à la fois produire l'arrivée de l'air nouveau et l'extraction de l'air vicié. C'est donc à ces derniers qu'il y a, je crois, dans la plupart des cas, lieu d'accorder la préférence.
446. Observations sur la vitesse de circulation de la chaleur
Fig. kl.
EMPLOYES DANS LES APPAREILS DE VENTILATION. 83 dans les chauffages à Veau chaude. — La plupart des auteurs qui se sont occupés de la question du chauffage ont reproché à ce mode de chauffage « la lenteur avec laquelle on rétablit à un degré convenable une température devenue trop basse. » Pour m'assurer si ce reproche était aussi fondé qu'on le croyait, j'ai profité de l'établissement d'un système complet de circulation d'eau chaude, exécuté par M. d'Hamelincourt dans le nouveau bâtiment d'administration du chemin du Nord, pour faire des expériences directes sur la circulation de la chaleur dans ces appareils, dont j'ai donné une idée au n° 459.
A cet effet, des thermomètres ont été placés au sommet de plusieurs des groupes partiels de circulation qui s'élèvent de la partie inférieure du bâtiment jusqu'au quatrième étage.
L'ensemble des groupes chauffés par le calorifère G (pi. XIII) du plan est au nombre de 19, dont 14 dans l'aile Nord et 5 dans l'aile Est. Ceux sur lesquels ont porté ces expériences forment ensemble un circuit de 862 mètres, composé de tuyaux horizontaux et de tuyaux verticaux d'ascension et de retour de l'eau chaude. Des thermomètres ont été mis en communication avec le tuyau de départ de l'eau chaude, près de la chaudière, et avec les vases d'expansion situés au sommet de chaque groupe, et l'on a d'abord éprouvé pour cette installation quelques difficultés qu'il est bon de faire connaître, pour le cas où l'on voudrait répéter ces expériences.
La position des vases d'expansion dans l'intérieur des murs ne permettant pas, sans des travaux que l'on désirait éviter, d'y introduire directement des thermomètres, l'on y avait d'abord ajusté des tuyaux de plomb, dans lesquels l'eau s'élevait à une cer'aine hauteur, par suite
de celle du niveau entretenu exprès dans le vase principal d'expansion du système, et en plongeant un thermomètre dans ces tuyaux, l'on a voulu observer la température de l'eau en circulation; mais l'on a reconnu de suite que cette circulation se faisait sans que l'eau du tuyau y participât : il arrivait que celle-ci ne se mettait pas, à beaucoup près, en équilibre de température avec la masse d'eau mobile. L'on a essayé alors, mais dans le seul but d'obtenir des indications relatives, mais non absolues, de placer les thermomètres sur la surface extérieure des vases d'expansion , ce qui a fourni effectivement des résultats comparatifs. Enfin, l'on a coupé les tubes de plomb à peu près au ras de la cuvette qui existe au-dessus des vases d'expansion, et l'on a pu ainsi introduire les thermomètres au milieu du petit jet d'eau chaude qui se produisait, et que l'on parvenait à modérer de manière qu'il ne présentât pas d'inconvénients, ce qui a donné alors des résultats très-suffisamment précis.
Malgré l'incertitude des premières observations, je crois qu'il ne sera pas inutile de les rapporter avant les secondes.
Les observations ont été faites dans l'aile Nord sur les groupes marqués 1, 2, 3, 4, 5, et dans l'aile Est sur les groupes 1' 2' 3' 4' 5', ainsi que sur le groupe 11 (pi. X1I1).
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