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L'on voit par ce résumé que, tandis qu'à l'extérieur les températures ont varié pendant Ja durée du spectacle de 4° à 7°, celles de la scène, toujours renfermées entre des limites convenables, n'ont varié dans le même intervalle que de 2°, 5 au plus, et le jour le plus chaud. Il faut remarquer que ce même jour, où la température extérieure était au commencement du spectacle de 23° et à la fin de 19°, ou en moyenne de 21°, la température moyenne sur la scène a été de 22°,8l, c'est-à-dire supérieure seulement de l°,81 à la température extérieure moyenne et inférieure à celle de l'air extérieur au commencement du spectacle.
En présence de tous ces résultats d'observations, recueillis en grand nombre en divers endroits de la scène, et dont chacun pouvait vérifier l'exactitude, puisqu'ils ont été en partie relevés sur les thermomètres placés à demeure en certains endroits par la direction du théâtre, et en se rappelant que des observations bien antérieures, faites à l'Opéra, ont constaté que la température s'élevait parfois à 25° et à 26°, alors que la température extérieure n'était que de 17° (observations faites en 1862 à l'Opéra par M. Martin, secrétaire général), l'on a peine à comprendre que des personnes qui ont l'habitude de la scène et des artistes de talent se laissent, par des préventions irré ■ fléchies, aller à formuler des plaintes comme celles qui ont été exprimées le 28 mai, où le directeur trouvait une température de 21°, trop basse à dix heures vingt minutes et le 30 mai, où la première cantatrice se disait incommodée par celle de 23°, alors qu'à la même heure celle de l'air extérieur était de 21° à 22°.
Les préventions, les jugements irréfléchis, les oppositions intéressées, dont nous venons de citer des exemples, se rencontrent malheureusement partout et sont la difficulté la plus réelle, on pourrait même dire la seule qui s'oppose au succès complet et permanent des tentatives faites pour assurer l'assainissement des lieux de réunion de quelque genre qu'ils soient. Le seul moyen de surmonter ces obstacles réside dans
une volonté ferme el dans la stricte observation de règlements bien faits. C'est à l'Administration qu'il appartient d'y pourvoir.
Expériences d'été exécutées en juin -1863, au théâtre de la Gaité.
Si le directeur de ce théâtre n'a pas établi le service des appareils de ventilation mis à sa disposition de manière à faire jouir le public des avantages qu'ils peuvent lui procurer, il ne se refuse pas à l'améliorer, et il s'est prêté de bonne grâce aux expériences que nous avons voulu faire pour constater les résultats que l'on peut obtenir, en faisant fonctionner convenablement ces appareils.
Dans l'état habituel du service, les orifices de prise d'air nouveau, établis au nombre de douze sur les deux murs longitudinaux qui limitent le théâtre, sont fermés l'été, comme l'hiver, et l'air ne peut affluer dans les conduits qui doivent le diriger vers les entrevoux des divers étages de loges que par les grilles qui recouvrent les trottoirs du passage des voitures de l'Empereur. Il en résulte qu'il n'arrive point d'air par les gaines verticales que l'architecte avait eu la précaution d'établir à cet effet ; ce qui est encore plus fâcheux l'été que l'hiver, par suite de l'élévation de la température extérieure.
Quant à l'évacuation de l'air vicié, elle est réduite à celle que produit la chaleur des appareils d'éclairage dans la coupole, el l'appel de l'air à extraire de l'orchestre et du parterre est à peu près annulé par l'entrepreneur du chauffage, qui se dispense d'allumer les foyers d'appel, quoiqu'il en ait contracté l'obligation vis à vis du directeur.
Le service de la ventilation n'étant pas non plus surveillé avec le soin convenable dans ce théâtre, une partie considérable des effets que la chaleur des appareils d'éclairage pourrait produire y est perdue. Des fenêtres ouvrant à l'extérieur,
des portes donnant sur les ponts de la scène, laissent affluer sur les conduits d'évacuation, en tôle mince, non recouverts, des courants d'air froid, dont une partie est même appelée à l'intérieur de la coupole par les portes, qui sont constamment ouvertes, au lieu d'être fermées.
Pour constater les conséquences de toutes ces causes et de ces défauts de surveillance, j'ai commencé par faire déterminer les effets de ventilation obtenus dans l'état habituel du service le 16 et le 17 juin ; puis nous avons fait des observations analogues le 18 et le 19 juin, après avoir fait ouvrir toutes les prises d'air nouveau et allumer les foyers d'appel de l'air vicié de l'orchestre et du parterre.
Je reproduirai séparément les résultats de ces deux séries d'observations.
Répartition des places au théâtre de la Gaîté. — Cette répartition, avec laquelle les dispositions prises pour la ventilation doivent être mises en rapport, est faite de la manière suivante :
/ Loges d'avant-scène 20 places \
l Baignoires 57 I
Rez-de-chaussée. / Fauteuils d'orchestre 172 > 541 places.
! Stalles d'orchestre 162 l
V Parterre , 130 )
Loges d'avant-scène 20 1
1er étage lre galerie 166 J 259
Loges de lre 73 )
i Loges d'avant-scène 24 j
Fauteuils de la 2e galerie 168 J 218
Amphithéâtre des 2des. 26 )
i Stalles de la 3e galerie . . 140 j
3e étage | Loges d'avant-scène 24 > 224
( Amphithéâtre 60 )
t. .. t Stalles du 4e 156 # rnh
4 etage j Amphithéâtre du 4= 350 i 5°6
Total 1748 places.
au lieu du nombre de 1800 que l'on avait primitivement indiqué.
Les loges dites baignoires et les loges d'avant-scène du
rez-de-chaussée n'ayant pas de communication directe avec les conduits d'évacuation du rez-de-chaussée, ces conduits ne desservent en réalité que 464 places.
Insuffisance des prises d'air nouveau pour la saison d'élé. — Au théâtre de la Gaîté, comme au Théâtre-Lyrique, on ne s'est pas ménagé, pour l'été, le secours de prîmes d'air auxiliaires, de sorte que, par suite de l'élévation de la température extérieure, dans cette saison, le volume d'air qui afflue par les entrevoux et qui, après avoir parcouru les gaines descendantes, doit remonter dans de longs conduits verticaux, devient très-faible.
De plus, les orifices libres au débouché de ces entrevoux, ainsi que ceux qui sont pratiqués dans le cadre du rideau, sont beaucoup trop petits et restreignent le passage. Ici encore la décoration l'a emporté sur les besoins du service.
Il convient même d'ajouter que, contrairement au conseil que nous avons donné de faire affluer l'air nouveau dans des directions où les courants fluides ne puissent rencontrer les spectateurs, une partie des orifices des entrevoux débouchent au-dessus de la tête des personnes placées aux premiers rangs de certaines loges, ce qui peut devenir gênant, si l'air est trop frais.
Il serait donc nécessaire d'améliorer l'introduction de l'air dans cette salle, principalement pour le service d'été :
1° En ouvrant des prises d'air extérieur pour l'amener directement dans les entrevoux.
2n En disposant au-dessus du tympan du cadre du rideau une chambre à air qui serait alimentée l'été par des prises directes et pourrait l'être l'hiver par les chambres de mélange des calorifères.
3° D'augmenter le nombre ou la superficie des orifices des grillages placés au débouché des entrevoux des différents étages de loges.
VOLUMES D'AIR VICIE EXTRAITS DE LA SALLE DU THEATRE DE LA GA'.TE PENDANT LES 16, 17, 18 ET 19 JUIN 1863.
DÉSIGNATION
des places et des étages.
Ie'', 2s 3' et 4e..
Rez-de-chaussée
1er, 2e, 3e et 4e.
Rez-de- chaussée
% 3e et 4e.
'( Rez-de chaussée
■ Ie-', 2°, 3e et 4e.
\ Rez-de-chaussée
VOLUMES EVACUES PAR HEUCE
Par
icure.
Par
spectateur présent.
spectateurs
spectateurs
spectateurs
spectateurs,
68ra-°,53
Conséquences des expériences du 16 et du 17 juin. — Les résultais consignés dans le tableau qui précède montrent que si la chaleur développée dans la coupole par les appareils d'éclairage, suffit pour déterminer des 1er, 2e, 3e et 4e étages de places de volumes d'air vicié qui se sont élevés le 16 juin à 40 306 mètres cubes, et le 17 juin à 40 736 mètres cubes par heure, ou en moyenne à 40 521 mètres cubes, ce qui correspond à 33mc,57 par heure et par place de ces étages, la ventilation des places durez-de-chaussée comprenant l'orchestre, les baignoires, les loges inférieures d'avant-scène et le parterre, est tout à fait insuffisante, puisque le volume d'air vicié évacué par les conduits correspondants, ne s'est élevé qu'à 5481 mètres cubes le 16 juin et à 6560 mètres cubes le 17, soit en moyenne 6020 mètres cubes par heure, ou à llmc,12 par heure et par place, pour les 541 places de cet étage, ou à 12m-c,98 par place, en ne comptant que sur 464 places. Enfin le volume total d'air vicié extrait, ayant été en
moyenne de 46 541 mètres cubes par heure, il ne correspond qu'à un renouvellement de 27,n-c,05 par heure et par place, au lieu de 30 mètres cubes qui élait le minimum fixé par le marché.
On voit par ces résultats que le service n'est pas fait conformément aux traités passés avec le directeur, et qu'il y a lieu d'exiger l'exécution de ces traités.
Expériences exécutées en ouvrant tous les orifices de prise d'air cl en allumant les foyers inférieurs d'appel. — Après ces expériences préliminaires, faites pour constater l'étal habituel du service d'été, nous avons procédé à des observations sur les résultats qu'on peut obtenir, en faisant fonctionner régulièrement les appareils, tels qu'ils ont été établis.
Pour l'exécution de ces expériences nous n'avons modifié en rien la marche de l'éclairage et nous nous sommes contenté de faire noter les volumes de gaz consommés pendant un temps donné, mais nous avons fait allumer lesdeux foyers d'appel de l'air vicié du rez-de-chaussée et on a tenu compte des quantités de charbon consommé.
Les expériences ont été faites le 1S et le 19 juin, et les résultats obtenus sont aussi consignés à leur date dans le tableau précédent.
Conséquences des expériences du 18 et du 19 Juin. — On voit d'abord par les nombres consignés dans le tableau que les volumes d'air extraits des 1er, 2e, 3e et 4e étages de places ont été trouvés
Le 18 juin de 49939m-c par heure ou 41mc,3T par heure et par place. Le 19 — 51077 — 42 ,32 —
Moyenne de 50508m'c par heure ou 41m,c,84 par heure et par place.
Ce qui excède de llm c,8 en moyenne ou de 39 pour cent le volume exigé, et de 9987 mètres cubes ou de 25 pour cent le volume évacué le 16 et le 17 du même mois avec les consommations de gaz à peu près identiques.
Cette différence tient d'une part et principalement à ce
que le 18 et le 19 la température extérieure ayant été assez élevée, l'on n'a pas craint d'ouvrir les fenêtres placées dans le fond de la scène, ce qui, sans occasionner de courants d'air gênants pour les acteurs, parce que cet air affluait de loin et de haut, a facilité l'alimentation d'air nouveau et, par suite, l'extraction de l'air vicié.
Une seconde cause, moins influente/mais cependant sensible, de l'augmentation du volume d'air évacué aux 1er, 2e, 3e et 4e élages provient de l'allumage des foyers d'appel du rez-de chaussée, qui faisait affluer dans la coupole de l'air à 40° et à 44°, en quantité plus que double de celle qui n'y arrivait le 16 et le 17 juin qu'à 33° ou 35°; ce qui contribuait à élever la température générale dans cette coupole, et par conséquent à en activer l'appel.
En résumé, par l'effet de ces deux causes réunies, le volume d'air extrait des lcr,2«, 3e et 4e étages de places a atteint en moyenne, pour chacun d'eux, des valeurs qui ont dépassé celui de 30 mètres cubes qui était exigé de llmc,8 ou de 39 pour cent.
Quant à la ventilation du "rez-de-chaussée elle s'est élevée
Le 18 juin à 13765m-c par heure ou à 29mc,66 par heure et par place. Le 19 — 14577 — 31 .41 —
Moyenne à 14161m-c par heure ou à 30rac,52 par heure et par place.
Ce volume est trop faible, surtout si l'on comptait l'ensemble des places du rez-de-chaussée au nombre de 541 , ce qui ne donnerait plus que 26m-°,l8 par heure et par place; mais il convient d'ajouter que l'appel s'exerçant directement par les grilles placées sur les ouvertures ménagées dans le plancher, il agit bien plus efficacement sur les places de l'orchestre et du parterre que sur les loges de baignoires et d'avant-scène.
Quoiqu'il en soit de la répartition plus ou moins régulière de l'appel entre les diverses places du rez-de-chaussée, il me semble qu'il y aurait lieu d'une part d'assurer la libre communication du sol de toutes ces places avec les conduits d'ap-
pel inférieurs et de l'autre àe remplacer les grilles, qui obstruent beaucoup trop les passages, par d'autres offrant moins de pleins et plus de vides. L'on a vu, par les expériences faites à l'amphithéâtre du Théâtre-Lyrique, combien la présence des grilles apporte d'obstacles à l'écoulement de l'air.
Répartition de l'évacuation d'air vicié entre les différents étages. — Si nous reprenons dans le tableau général des résultats des expériences les éléments d'une comparaison analogue à la précédente pour les différents autres étages de places, nous pouvons en déduire les chiffres suivants :
DÉSIGNATION
DATES