‹ Mécanique pratiqueChapitre 101 sur 127 · GALERIE SAINTE-CECILE · texte numérisé non relu

GALERIE SAINTE-CECILE

!«'■ étage.

GALEIUE SAINTE-MARTHE

2« étage.

5a0, Conséquences de ces résultats. — L'examen de ce résumé, ainsi que celui des résultats comparatifs des salles d'un môme étage, montrent que la ventilation n'est pas régulière par salle et surtout par lit, puisque la moyenne pour un même étage varie de 45°'-%71 par heure et par lit jusqu'à 78"-%63, et que d'une salle à l'autre d'un même étage, elle varie aussi beaucoup.

Malgré leur irrégularité ces volumes d'air évacués seraient en moyenne suffisants si les conditions du marché, que je ne connais pas, avaient fixé les volumes d'air à extraire des salles à 30'"-<= par heure et par lit.

5S1. Instabilité de la ventilation. — Les circonstances que nous avons signalées plus haut montrent que la ventilation dans les différentes salles est loin d'êlre régulière, mais elle a en outre le défaut très-grave d'être très-peu stable et sou-

mise à l'action perturbatrice des vents. L'isolement des cheminées, qui débouchent toutes séparément dans les greniers à hauteur de leur sol, est la cause de ces deux inconvénients, que j'ai déjà signalés tant pour l'asile du Vésinet que pour riiôpital Necker.

Il résulte, en effet, de la faiblesse et de l'irrégularité du tirage de ces cheminées, où la vitesse n'est en moyenne que de 0'",60 à 0'",70 ou 1 mètre, et descend souvent bien audessous de ces valeurs, que, par les vents violents d'ouest et du sud-ouest, l'air est refoulé dans les salles. Je l'avais constaté antérieurement par les renseignements pris auprès des femmes convalescentes, et le fait m'a été de nouveau confirmé, le 31 octobre 1860, par M. le docteur Guionis, médecin de l'hospice, par les sœurs et par les aides du médecin, qui m'ont unanimement déclaré que ces rentrées d'air étaient parfois assez fortes pour qu'on fût obligé de faire changer de lit les malades, qui étaient placées près des bouches d'appel de l'air vicié.

Ce défaut, qui tient, ainsi que je l'ai dit, à la faiblesse de l'aspiration, pourrait être corrigé en réunissant, comme je l'ai indiqué, tous les débouchés des cheminées dans des conduits qui mèneraient l'air dans une cheminée générale d'appel convenablement construite et qui devrait être chautîce, l'hiver, au moins par les tuyaux de fumée des calorifères, s'il est encore possible de modifier les dispositions existantes. Mais pour la ventilation de nuit, si nécessaire l'été, il serait indispensable de recourir à des dispositions spéciales, telles qu'un foyer ou des becs de gaz auxiliaires.

332. Conclusions générales. — En résumé, toutes les expériences dont je viens de faire connaître les résultats, et qui ont été exécutées avec le concours de M. Tresca, en présence de M. Laval, architecte de l'établissement, et de M. le docteur Van-Hecke (pour la première série), prouvent d'une manière que je regarde comme incontestable :

1° Que l'usage d'un ventilateur pour l'introduction et l'é-

vacuation de l'air dans les salles est complètement inutile pendant la saison d'hiver, alors que l'on peut utiliser les effets d'aspiration que produit la dilatation de l'air;

2° Que dans l'état actuel des dispositions locales, cet appareil n'exerce qu'une très-faible influence sur l'arrivée de l'air dans la chambre des calorifères, et que l'aspiration, favorisée par de bonnes dispositions , y ferait seule arriver autant d'air ;

3° Que la ventilation est irrégulière, et n'a pas la stabilité suffisante, par suite de l'absence d'une cheminée générale d'évacuation convenablement construite et chauffée;

4° Que la température, bien qu'uniformément répartie lorsque celle de l'air extérieur est modérée, n'est pas suffisante en temps d'hiver, et que, dans cette saison, l'air affluent dans certaines salles est souvent beaucoup trop chaud;

5° Que le volume d'air fourni et évacué n'est pas assez également réparti, et que parfois la ventilation de certaines salles est tout à fait nulle, ce qui tient aux communications directes établies à tort entre les salles contiguës.

D'une autre part, les expériences de MM. Leblanc et Ser, exécutées aux mois d'avril et de mai 1861 à l'hôpital Necker, alors que la température extérieure n'avarié que de 8" à 15*', ont montré que, quand on ne chauffe pas les calorifères ^ les volumes d'air introduits dans les salles, ainsi que ceux d'air vicié qui en sont évacués, ne s'élèvent qu'à 36 ou 40'"-^ par heure et par lit, et que le ventilateur ne contribue dans ce dernier volume que pour 780 mètres cubes par heure ou par Ut

—— = 4"'%40 par heure et par lit; ce qui fait voir que dans

les saisons de printemps et d'automne l'effet de cet appareil est à peu près insignifiant.

Dans ces saisons et dans l'été l'évacuation de l'air vicié ne saurait d'ailleurs être assurée par ces appareils qui, par conséquent, sont loin de satisfaire au but principal de toute ventilation hygiénique.

5d5. Comparaison des dépenses annuelles occasionnées par les divers appareils. — Après avoir cherché à détermhier, aussi exactement que possible, à l'aide des documents fournis par différents observateurs, les volumes d'air réellement obtenus pour la ventilation par les trois systèmes d'appareils que nous venons d'examiner, il importe de se rendre compte du prix de revient de ces volumes d'air. Mais, attendu que les effets ne sont pas les mêmes, et que, par conséquent, il ne suffît pas de comparer la dépense par lit pour ces ventilations inégales, il faut rapporter la dépense annuelle au mètre cube d'air de ventilation.

Par cette expression nous entendrons, dans ce qui va suivre, la dépense faite pour obtenir régulièrement l'évacuation, et par conséquent, l'entrée d'un volume d'air d'un mètre cube par heure pendant toute l'année et pour chaque ht. C'est ce que nous allons tâcher de faire, à l'aide des éléments suivants, et en rappelant que les dépenses de premier établissement se sont élevées pour les appareils de :

M. Thomas et Laurens à.. 808 fr. par ht *.

M. L. Duvoir à 480 id.

M. Van-Hecke à 236 id.

f' ESTIMATION.

534. Prix du chauffage par les appareils de ventilation par insufflation à riiopitcU Lariboisière. — La dépense totale de l'année 1855 a été de. . 46 590 fr. 61

M. Grassi pense que, pour apprécier la dépense réelle du chauffage et de la ventilation, il y a lieu de déduire de cette

A reporter 46 590 fr. 6 1

* L'on a prétendu que ces appareils auraient pu servir et avaient été faits pour les deux parties de l'hôpital, mais cette assertion ne pourrait s'appliquer qu'aux machines à vapeur et aux ventilateurs, pour lesquels elle ne serait pas même exacte.

Report 46 590 fr. 61

somme * les dépenses des services auxiliaires suivants :

1°"' Chauffage de la communauté 1336fr. 50

2° Service des bains 2 500 »

3° Service de la buanderie** 13 003 »

4° Économie à faire sur le salaire des mécaniciens et

chauffeurs *** 6 827

Report des sommes à déduire. . . 23 566 fr. 50

Il resterait donc pour les dépenses annuelles 22 924 fr. 1 1

Mais, dans cette première estimation, M. Grassi a négligé de tenir compte de l'intérêt du capital employé à l'établissement des appareils, et qui s'est élevé à 247 360 fr., dont l'intérêt et l'amortissement réunis ne peuvent être comptés à moins de 10 p. 100: il y a donc lieu d'ajouter à la dépense annuelle ci-dessus 24 736 j>

Dépense totale annuelle 47 660 fr. 10

Le nombre total des lits étant de 306, la dépense annuelle par lit serait donc, d'après cette estimation :

Si l'on fait abstraction des intérêts, de. . 74 fr. 91

Si l'on tient compte des intérêts, de 155 78

* Annales d'hygiène, tomes V et VI, page 245,

** Cette évaluation paraît exagérée, et la dépense ne semble pas dépasser 4000 fr.

*** Cette autre réduction paraît aussi trop forte, puisque actuellement le salaire de ces ouvriers s'élève à 4000 fr.

Dans une autre appréciation qu'il a faite plus tard, en se basant sur des données relatives à l'année 1859, et qu'il a empruntées à M. Trélat, M. Grassi estime les dépenses des mêmes appareils comme il suit :

512 112 kilog. de houille à 43 fr. le 1000. Un mécanicien

22 020 fr. 82

Un chauffeur

Entretien des appareils

Total des dépenses annuelles. . . .

Intérêt et amortissement du capital

Dépense totale annuelle

55 156 fr. 82

D'où il résulterait que la dépense annuelle, par lit, serait :

En faisant abstraction des intérêts, de.. 99 fr. 40

En tenant compte des intérêts, de 180 24

Cette estimation nous semble exagérée.

D'après un état qui nous a été fourni par la direction de l'hôpital Lariboisière, la dépense, pour les trois pavillons qui nous occupent, a été, en 1858, savoir :

Personnel 5 775 fr. »

653 990 kilog. de houille, à 43 fr. les 1000 28 121 57

Réparations et entrelien,. . . 1501 »

A reporter 35 397 fr. 57 35 397 fr. 57

Report 35 397 fi\ 57

Mais il y a lieu d'en retrancher, pour les services auxiliaires suivants :

1° Ghauffiïge de la communauté 1 336 fr. 50

2° Service des bains 2 500 »

3° Buanderie * 4 000 »

7 836 fr. 50 7 836 50

Dépense annuelle 27 561 07

A quoi il convient d'ajouter pour intérêts. 24 736 »

Dépense annuelle totale 52 297 fr. 07

D'où il résulterait que la dépense annuelle, par lit, à raison de 306 lits, serait : En faisant aBstraction des intérêts, de.. . 90 fr. 07

En tenant compte des intérêts, de 170 90

L'administration de l'Assistance publique, dans un rapport adressé à M. le préfet de la Seine, à la date du 3 février 1860, estime la dépense annuelle de fonctionnement et d'entretien, par lit, à 101 fr. 90

Mais il ne paraît pas que dans cette évaluation elle ait fait entrer en lignede compte les intérêtsetl'amortissementdii capital, qui s'élèvent à 80 fr. 83 c. par lit, à raison de

A reporter 101 fr. 90

* En (854, la buanderie, dont le service se faisait à part, n'étant pas desservie par l'appareil de MM. Thomas et Laurens, on a consommé, pour 10 mois, 511 190 kilog. de houille, soit pour 12 mois 561 190 kil.

Par conséquent, le service de la buanderie ne doit entrer dans la consommation totale de 613 990

que pour 92 800 kil.

qui, à 43 fr. le mille, ne coûtent que 3990 fr.

Report 101fr.90

24 736 fr. pour 306 lits. En tenant compte

de ces intérêts 80 83

La dépense totale annuelle, par lit, serait de 182fr. 73

Cette dernière estimation est presque exactement celle à laquelle l'administration de l'Assistance publique paraît s'être arrêtée, dans le travail qu'elle vient de publier sous le titre d'Études sitr les hôpitaux, page 352, et qui monte à 185 fr. 28 c.

En résumé, les estimations que nous venons de détailler s'élèvent, par lit et par an, aux chiffres suivants :

Estimation de M. Grassi

Estimation du même auteur

Résultats des comptes de 1858

Estimation de l'Administration de l'Assistance publique

Moyennes

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