II AVANT-PROPOS
séré dans deux rapports sur les appareils de chauffage et de ventilation proposés pour le Palais de Justice et pour les nouveaux théâtres de la place du Châtelet, une partie des expériences que j'ai eu l'occasion de faire exécuter, et je me propose de compléter, autant qu'il dépendra de moi, cette partie importante de ces études, tant à l'aide de nouvelles observations laites par mes soins, qu'avec le secours de celles que je pourrai emprunter à d'autres expérimentateurs.
De semblables recherches sont longues et laborieuses; elles exigent de la persévérance et souvent le concours de plusieurs personnes, et ne pourront peut-être se compléter que dans un intervalle de plusieurs années. Aussi aurais-je différé encore la pubhcation de celles que j'ai entreprises sans discontinuité depuis 1860, si la question delà ventilation ne se trouvait en quelque sorte mise à l'ordre du jour par les nombreuses constructions d'édifices publics, d'hôpitaux, de Ihécàlres, où l'on se propose de satisfaire à ce besoin hygiénique, trop négligé et trop mal satisfait jusqu'à ces d;>rniers teuips.
J'aurai souvent le regret de me trouver en contradiction avec des auteurs d'ouvrages estimés, avec des ingénieurs habiles, avec des observateurs consciencieux. Je tâcherai d'apporter dans la discussion les égards dus à l'étude et au travail; je ne saurais, toutefois, leur sacrifier ce que je crois être la vérité.
Mais si je diffère d'opinion sur cette matière avec quelques-uns de mes compatriotes, il n'en est pas de même avec les étrangers et, en particulier, avec les auteurs et les ingénieurs anglais qui se sont le plus occupés de la question. Dans le séjour que l'Exposition universelle de 1862 m'a conduit à faire récemment en Angleterre, j'ai eu occasion de voir et d'étudier les travaux exécutés, et les ouvrages ainsi que les rapports pubhés par diverses commissions, de lire des enquêtes où les avis d'un grand nombre de personnes ont été exprimés, et, dans l'ensemble de ces recherches, j'ai retrouvé, comme opinions, pour ainsi dire, unanimes, non-
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seulement quant aux principes généraux, mais encore quant à la plupart des moyens d'application, les idées, les dispositions auxquelles l'étude et l'expérience m'avaient successivement amené.
Il ne sera pas inutile sans doute de faire connaître, au moins par des extraits, quelles sont les études, les expériences, les idées qui, chez nos voisins, ont guidé les ingénieurs dans les tentatives, couronnées d'un succès plus ou moins complet, qu'ils ont faites pour assurer la ventilation des lieux habités.
Outre les emprunts que j'ai faits aux travaux des ingénieurs anglais, j'ai puisé de très-utiles documents dans ceux de plusieurs observateurs français, et en particulier dans divers rapports adressés au ministre de la guerre par MM. les officiers du génie militaire, et qui m'ont été libéralement communiqués.
Do cet ensemble de recherches provenant de sources variées et indépendantes les unes des autres, je crois avoir déduit des conséquences et des règles utiles pour l'art de la ventilation; mais ces règles fussent-elles encore plus exactes, comme on ne peut produire les résultats qu'on en attend qu'au moyen d'une certaine dépense, ils ne seront obtenus régulièrement qu'autant que la direction des appareils sera confiée à des agents qui nauront pas intérêt à restreindre cette dépense au-dessous de ce qui est convenable, et qu'un contrôle indépendant sera exercé sur leur marche.
Toutes les fois qu'on n'aura pas satisfait à ces conditions, l'on ne devra pas s'étonner si la ventilation obtenue est insuffisante et même parfois plus nuisible qu'utile, ainsi que j'en montrerai des exemples.