CHAPITRE I
1. Les moyens d'assainir et de chauffer les lieux habités de tous genres ont, depuis un certain nombre d'années, appelé l'attention des savants et des ingénieurs anglais. Leurs plus grands établissements, les chambres du parlement, l'hôtel des postes, plusieurs hôpitaux, les salles de réunion, quelques habitations particulières, d'immenses locaux, comme le palais de Sydenham, ont été l'objet de tentatives plus ou moins heureuses, dont l'examen ne peut que profiter aux progrès de l'art, si simple en apparence et cependant si difficile, de la ventilation.
L'Exposition universelle de 1862, en m'appelant à Londres, m'a fourni l'occasion de visiter quelques établissements, sur lesquels j'ai pu me procurer des renseignements, dont les uns officiels, les autres officieux, sont de nature à faire connaître les opinions des hommes qui se sont le plus occupés de la question, les dispositions diverses adoptées, ainsi que les résultats obtenus et les inconvénients signalés.
Je donnerai donc, dans celte introduction, une analyse des
documents officiels et une description succincte des dispositions que j'ai visitées ou sur lesquelles il m'a été fourni des renseignements, en suivant à peu près l'ordre des dates et en me réservant de compléter plus tard, s'il m'est possible, les données que j'ai recueillies.
2. Théorie pratique de la ventilation, par M. le docteur Reid. — L'un des documents les plus anciens et les plus complets est l'ouvrage que le docteur Reid a publié en 1844 sous le titre de Illustrations of the theory and practice of ventilation. Cet ouvrage, qui contient une foule d'observations et de remarques très-justes sur les effets si variés de la circulation de l'air, met en évidence les difficultés de la question en même temps qu'il en établit assez bien la solution.
Malheureusement l'auteur, appelé, par suite de ses travaux et d'une enquête au Parlement, à modifier les dispositions et les appareils déjà adoptés, ne fut pas libre de suivre complètement ses idées et se laissa aller à recourir à des moyens à peu près inverses. De là résulta un insuccès, si ce n'est complet, au moins assez grand pour que la direction du service lui fût retirée.
Mais son ouvrage n'en a pas moins le mérite réel d'élucider la question, et c'est ce qui m'a engagé à en donner l'extrait
M. Reid, qui était à Edimbourg chargé d'un cours de chimie, avait utilisé de diverses manières la puissance de l'appel pour obtenir des effets de ventilation, auxquels il attribuait des résultats probablement un peu exagérés, mais qui, jusqu'à un certain point, peuvent être au moins fort voisins de la vérité. Il en cite quelques-uns que je crois devoir reproduire, malgré la couleur, tant soit peu britannique, de ces exemples et de leur appréciation.
5, Exemples des avantages d'une ventilation convenable cités par le docteur Reid. — « Il y a quelques années, dit-il, environ cinquante membres d'un des clubs de la Société royale à Edimbourg dînèrent dans un appartement que j'avais fait
construire et d'où les produits de la combustion des becs de gaz étaient exclus à l'aide d'un tuyau fixé aux appareils et caché dans le pendentif gothique auquel ils étaient suspendus. Une abondante quantité d'air à une douce température circulait dans l'appartement pendant toute la soirée , et son effet était varié de temps à autre en y mêlant des substances odoriférantes, de manière à pouvoir produire successivement les parfums d'un champ de lavande ou d'un bosquet d'orangers.
a Pendant tout le temps du dîner, les convives ne firent aucune remarque spéciale ; mais le maître d'hôtel qui avait fourni le repas et qui était familier avec leurs habitudes, parce qu'il les traitait ordinairement, fit remarquer aux commissaires que l'on avait consommé trois fois plus de vin que ne le faisait ordinairement la même société, dans la même salle éclairée au gaz et non ventilée. Il ajouta qu'il avait été surpris de voir des convives, qui ne buvaient habituellement que deux petits verres de vin, consommer, sans hésiter, plus d'une demi-bouteille ; que d'autres, dont l'usage était de boire une demi-bouteille, en avaient pris une et demie, et qu'en définitive, à la fin du repas, il avait été obligé de faire chercher beaucoup plus de voitures qu'à l'ordinaire pour reconduire les convives chez eux. »
Le docteur Reid a soin d'ajouter que des informations ultérieures, prises sur la santé de ces convives, lui avaient appris qu'il n'était résulté pour aucun d'eux de conséquence fâcheuse de ce festin, et qu'ils ne s'étaient pas même aperçus de l'excès de leur consommation.
A l'inverse, et comme effet moins avantageux d'une abondante ventilation, le docteur cite l'exemple de certaines manufactures, où le grand renouvellement de l'air avait déveveloppé chez les ouvriers un tel surcroît d'appétit, que la paye, qui leur suffisait auparavant, était devenue trop faible pour safisfaire leur faim. Il ajoute enfin que, dans toute maison bien ventilée, la dépense en vins et en nournture est plus considérable que dans celles qui le sont mal, et qu'une fête
donnée clans des salons où l'on éiouffe et où l'air est saturé de vapeurs est beaucoup plus économique que si elle avait lieu à l'air libre.
Malgré l'apparence un peu excentrique de ces réflexions, on ne peut s'empêcher de reconnaître que les conséquences en sont justes, et qu'une ventilation convenable ne peut que contribuer à entretenir toutes les fonctions dans un état satisfaisant, en même temps qu'elle laisse plus de lucidité à l'intelligence.
4, Di/ficuUé s 'provenant de la divergence des opinions et des sensations. — Le docteur Reid énumère longuement les diftîcultés et les tribulations qu'éprouve tout ingénieur qui s'occupe de ventilation, par suite de la différence des appréciations personnelles. Tandis qu'un membre du parlement se plaignait de l'excès de la chaleur, un autre venait déclarer qu'il soufTrait du froid ; l'un demandait une température de II à 12% un autre celle de 21 à 22», etc. En présence de pareilles divergences d'appréciation, et dans l'impossibilité d'y satisfaire, il faut établir des prescriptions générales, des moyens d'en constater l'exécution et des agents responsables.
Il y a aussi, pour les lieux de réunions nombreuses, à tenir compte de certaines circonstances.
A la Chambre des communes, on élevait la température à 16 ou 17" avant l'ouverture, et pendant la séance elle variait de 17 à 21", selon l'activité de la ventilation, qui doit ellemême être réglée d'après le nombre des membres présents, la température à laquelle on peut abaisser l'air quand il fait chaud, et son degré d'hygromélricité.
Le docteur assure que, dans des séances de nuit, où les débats avaient duré longtemps, il lui est arrivé quelquefois de faire modifier plus de cinquante fois la marche des appareils.
Gomme fait général, il a remarqué qu'avant l'heure du dîner on peut, avec avantage, diminuer l'activité de la ven-
lilalion et élever la température. A l'inverse, après dîner, les autres circonstances restant les mêmes, la température doit être abaissée, la ventilation activée et le degré d'hygrométricité diminué.
Vers la fin des longues séances, il convient d'élever un peu la température.
Il insiste ensuite sur les inconvénients particuliers que présente l'emplacement actuel du parlement : la fumée des bateaux à vapeur, celle des maisons voisines, l'odeur des cuisines, les huiles empyreumatiques des usines à gaz qui nagent sur les eaux de la Tamise, les exhalaisons du cimetière de Westminster, celles des rues, et jusqu'à la fumée de tabac, etc. Le pauvre docteur voyait alors partout des ennemis de la ventilation. Qu'eût-il dit en 1862?
3. Influence de Vétat Injgrométrique de Vair sur les effets de la ventilation. — Le docteur Reid* fait observer avec raison que l'air froid contient peu d'eau à l'état de vapeur dissoute, et que quand, après avoir été échauffé, il arrive au contact du corps, il lui enlève rapidement de l'humidité. La peau devient alors sèche et dure, les narines et les organes respiratoires sont affectés, et une disposition à la toux se manifeste. ■Il faut donc, en hiver, pour éviter ces effets, donner à l'air , chauffé artificiellement le degré d'humidité correspondant à / la température à laquelle on l'élève.
L'été, l'air est naturellement à peu près saturé de vapeur, et il faut chercher à le rafraîchir avant qu'il ne pénètre dans les lieux à ventiler, afin d'abaisser de quelques degrés seulement sa température.
6. Électrisation de l'air. — Le développement de la vapeur étant toujours accompagné d'un dégagement d'électricité, c'est à cette circonstance que l'on attribue la formation de l'ozone, et il n'est pas improbable que la saturation hygro-
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métrique de l'air artificiellement obtenu puisse avoir en outre l'avantage d'augmenter la proportion d'ozone qui existe naturellement dans l'air. C'est une expérience à faire.
7. Purification de l'air . — Le docteur Reid' recommande : 1° D'empêcher l'introduction de la suie, que répand dans
l'atmosphère des villes anglaises l'usage du charbon de terre, en obligeant l'air à traverser des toiles à larges mailles ou un canevas ;
2° De mouiller l'air, en le forçant à passer dans une sorte de poussière d'e£iu.
Ces deux conditions sont encore remplies au parlement, comme je l'indiquerai plus loin.
8. Volume d'air extrait. — Suivantle docteur Reid, le volume d'air qu'il convient d'admettre varie non-seulement avec le nombre des personnes, avec les saisons, avec l'état de l'atmosphère, mais encore avec les heures de la journée. Dans les séances avant les repas, il faut moins d'air que pour celles qui ont heu après le dîner.
Le plus grand volume nécessaire à la GJiambre des communes correspondrait, à Londres, à la saison d'automme, où l'air est chaud et humide, le vent peu sensible, venant généralement de l'est, le baromètre bas, le sol humide et la mai ée élevée. A ce moment, 50 000 pieds cubes par minute, ce qui revient à peu près à 84 000 mètres cubes à l'heure, sont à peine suffisants si la Chambre des communes est pleine.
Or, d'après des relevés rapportés par le docteur Reid, le nombre des personnes présentes s'est élevé au plus à 800. Le volume ci-dessus correspondrait donc à 105 mètres cubes' par heure et par individu, ce qui excède les évaluations que i'ai données dans un travail précédent, et que quelques personnes sont tentées de trouver exagérées.
Malgré ce chiffre élevé, la ventilation, même avec les amé-
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liorations qu'elle a reçues, De paraît pas satisfaisante. Le mode d'introduclion à travers des tapis que l'on a adopté et que j'indiquerai plus loin, doit apporter très-probablement, à l'arrivée de l'air nouveau par les orifices disposés à cet effet, un obstacle qui empêche son volume d'atteindre celui de l'évacuation et déterminer, comme j'ai eu l'occasion de le constater, des courants d'air très-considérables, entrant par les portes et par les ouvertures accidentelles.
9. Dispositions proposées pour la Chambre des communes. — M. le docteur Reid* donne la description d'un projet qu'il avait proposé pour la ventilation de la Chambre des communes et dans lequel l'admission de l'air devait avoir lieu par le plafond et l'extraction par le plancher. Les dispositions déjà
Fie. !.•
existantes et que l'on ne voulut ou que l'on ne put sans doute pas changer, dans un bâtiment construit, empêchèrent l'adoption de ce système rationnel et obligèrent l'auteur à laisser produire à l'inverse l'entrée par le sol et l'échappement par le haut, ce qui ne lui a pas réussi, non plus qu'à ses successeurs. A l'appui de la disposition qu'il proposait, le docteur Reid
N" 682, page 302.
a fourni l'exemple d'une grande salle de réunion qu'il avait fait construire à Edimbourg et dont il donne la coupe que nous reproduisons dans la figure 1.
L'on voit de suite le mode d'introduction et de sortie proposé par l'auteur et qui consistait dans l'évacuation et l'introduction de l'air par appel.
10. Disposition pour éviter les inconvénients de l'emploi du gaz d'éclairage à l'intérieur. — Une autre question, qui lui était aussi soumise, était celle de l'emploi du gaz d'éclairage à l'intérieur des salles et des moyens à employer pour en éviter les inconvénients.
Il en indique les solutions suivantes que l'on comprendra
Fig. 3,
de suite à l'examen des figures. Pour le cas d'un éclairage à
l'aide de lustres placés au-dessous d'un pendentif, il propose ou de conduire les gaz brûlés par un tuyau traversant le pendentif et les évacuant directement à l'extérieur {fig. 2), ou de les verser dans des conduits, qui, après avoir longé les longs pans de la toiture, redescendraient aux conduits inférieurs généraux de l'appel {fig. 3). Dans ce dernier cas, la chaleur résultant de la combustion du gaz pourrait être en partie utilisée pour élever l'hiver la température des locaux éclairés. Il indique que la même disposition peut être appli-
Fig. 4.
quée au cas où il y a des lustres ou un éclairage à travers des panneaux horizontaux ou inclinés. La figure 4 fait comprendre la disposition exécutée pour éclairer tout le pourtour d'un plafond par une corniche en panneaux transparents.
Le gaz afflue par deux tubes, l'un c destiné à alimenter les becs permanents, l'autre h qui ne sert qu'à l'allumage. Le premier porte environ 60 becs et le second est percé d'une infinité de trous. En allumant celui-ci en un seul point, la flamme se communique, de proche en proche, sur toute sa longueur et allume tous les becs permanents du tuyau c. Gela fait, on ferme le robinet du tuyau d'allumage h et les becs permanents restent seuls lumineux.
Par ce dispositif, une seule ouverture est nécessaire pour l'allumage général, et le léger échappement de gaz qui se produit ne présente pas d'inconvénients, parce que la cor-
niche creuse est toujours soumise à l'action de l'appel général de ventilation.
L'auteur indique enfin, par une sorte de pian général qu'il est inutile de reproduire, que, pour la Chambre des communes, les lustres principaux placés au plafond devaient avoir leurs conduits spéciaux d'évacuation des gaz brûlés, et que ces conduits recevaient par des branchements particuliers les gaz de tous les autres appareils. Des vannes régulatrices étaient d'ailleurs disposées de manière à modérer le tirage particulier de chacun des appareils.
11. Enquête de 1854. — En 1854, la Chambre des lords a fait une enquête très- détaillée sur les résultats obtenus avec les différents appareils de chauffage, de ventilation et d'éclairage employés ou à employer dans le nouveau palais du parlement. Les questions relatives à ces parties du service sont traitées et décidées séparément par chacune des deux Chambres, quoique les lieux de leurs séances et toutes leurs dépendances soient situés dans le même bâtiment et trèsrapprochés les uns des autres.
Déjà, à cette époque, la salle de la Chambre des communes était chauffée et ventilée par les appareils que nous décrirons plus loin, mais la Chambre des lords l'était encore au moyen de ceux que le docteur Reid avait étabhs, et au nombre desquels étaient des ventilateurs.
Dans cette enquête, M. Goldsworthy Gurney, à qui la Chambre des lords a définitivement confié la direction des travaux et du service du chauffage et de la ventilation des parties du palais qui lui sont affectées et qui avaient déjà reçu les mêmes attributions de la Chambre des communes, a exprimé des opinions que nous allons chercher à résumer ainsi qu'il suit :
Les émanations de la transpiration cutanée altèrent davantage la pureté de l'air que les effets de la respiration.
L'extraction de ces émanations au niveau et au travers du plancher les entraîne avant qu'elles n'aient pu s'élever et se
mêler à l'air qui doit être respiré, et plus tôt elles peuvent être enlevées mieux cela vaut. Il insiste pour montrer qu'une grande partie de l'air vicié tend naturellement à se maintenir près du sol, tandis que l'air provenant de la respiration et de la chaleur développée par le contact des corps tendrait à faire monter l'azote, à moins qu'une cause contraire ne s'y opposât.
Son opinion définitive est qu'il est désirable que Vaîr nouveau arrive par le haut et que Vair vicié soit extrait par le bas *.
Il ajoute ** que, dans les lieux où il a établi une ventilation, l'air entre par le plafond et sort par le plancher, mais que dans certains cas on peut renverser le mouvement avec une grande facihté, par l'action d'un petit foyer, tandis que l'emploi d'une machine de vingt chevaux, alors en usage au par-, lement, cause une sujétion dont on peut se dispenser.
n assure que les courants descendants ont été trouvés plus agréables et plus efficaces que les courants ascendants.
Relativement à l'influence relative de la température, de la vitesse et du degré d'hygrométricité de l'air, il s'exprime en ces termes *** :
a Des courants partiels à la surface du corps sont incommodes, parce qu'ils lui enlèvent la chaleur par l'effet de l'évaporation. Il y a en outre une autre cause de la sensation du froid, c'est l'état hygrométrique de l'atmosphère. J'ai entendu, dit-il, des personnes se plaindre du froid dans des heux où le thermomètre marquait 21 degrés, et j'en ai également vu d'autres qui avaient trop chaud, quand la température n'était que de 15°, 5. La cause n'était pas, dans le premier cas, l'évaporation produite par les courants d'air, mais l'état de sécheresse de l'air qui produit exactement le même effet. Lorsque l'hygromètre marque 8 à 9 degrés (mesure anglaise), l'air est sec, il dessèche la peau comme un courant et produit la
* N° 432, page 41 de l'enquête de la Chambre des lords. ** N'"469, 470, 471, 472.
*** N°694, page 67.
même sensation. Le terme le plus convenable d'iiygromôtricité est à 4 ou 5 degrés. »
M. Cil. Barry, architecte du palais, déclare qu'il est tout à fait impossible d'éviter le désagrément de courants partiels, quand l'air est admis par Je plancher et près des personnes *.
M. Ed.Pleydell Beuverie, membre du parlement, interrogé dans l'enquête, dit ** que le projet de M, G. Gurney, dans sa perfection, était de faire arriver l'air par le haut, mais qu'il n'a eu ni le temps, ni les moyens de le faire à la Chambre des communes et qu'il a été obligé de le faire affluer par le bas.
Lord Ch. Fox Russell*** déclare que la ventilation a été très-améliorée par M. G. Gurney, et il pense que sous ce rapport le plus grand perfectionnement consiste en ce que l'on a obtenu l'effet si désirable de la fraîcheur de l'air chaud, ce qui n'avait jamais existé dans cette Chambre. L'air chaud semblait toujours auparavant torride, brûlé, tandis que maintenant l'on a de l'air chaud ei; en même temps rafraîchissant. (Cela tient évidemment au procédé employé pour donner en tout temps à l'air le degré d'humidité convenable.)
A côté de ces déclarations favorables aux dispositions que M. G. Gurney a été obhgé d'adopter, contrairement à son opinion, il y a certaines objections assez graves contre l'introduction de l'air parle plancher, et qu'il importe de prendre en considération.
M. R. Vernon-Smith, membre de la Chambre des communes, reconnaît que les dispositions adoptées par M. G. Gurney ont apporté un grand perfectionnement au systèrne précédent, que l'on n'éprouve plus dans la chambre cette sensation oppressive que l'on ressentait toujours avec le précédent dispositif, et qu'il est sensible pour chacun que l'air paraît plus frais et plus léger.
Mais qu'il s'élève beaucoup de poussière au-dessous des
* N° 505 , page 47 de l'enquête de la Chambre des lords, ** N° 766. page 75.
*** N" 839, page 83.
personnes ; que quand on arrive dans la chambre, quoique les tapis posés sur le grillage en fonte soient, à ce que l'on assure, battus tous les matins, l'on aperçoit encore une grande quantité de poussière qui s'élève ; quand on frappe quelque peu avec les pieds, il s'en dégage encore davantage.
Cet inconvénient existait avec l'ancien dispositif, et il n'a pas disparu avec le nouveau, oii l'on a été obligé de conserver l'admission de l'air par le plancher.
M. Ed. Slilling-Flut-Gayley, membre du parlement, reproche à l'introduction de l'air par le plancher, que cet air est souvent trop froid, ce qu'il attribue à l'emploi de la fonte, malgré la double épaisseur du tapis. Cette explication est probablement erronée, et la sensation éprouvée tient uniquement à ce que l'air affluent est toujours un peu plus frais que l'air intérieur, et surtout à une température inférieure à celle du corps.
De ce résumé de l'enquête de la Chambre des lords l'on peut conclure que les opinions ont été unanimes pour reconnaître la supériorité des dispositions adoptées par M. G. Gurney, qui a procédé par aspiration, sur celles de M. Reid, mais que M. G. Gurney, s'il avait été complètement libre, aurait préféré, comme M. Reid lui-même, l'introduction de l'air par le haut et l'appel par le plancher, à la disposition contraire qu'il a dû conserver, et que, malgré les précautions qu'il a prises, il n'a pu éviter les inconvénients de l'élévation de la poussière et du refroidissement des pieds par l'effet de l'air affluent à travers le plancher.
D'une autre part, les effets favorables des moyens employés pour conserver à l'air le degré convenable d'hygrométricité et pour le rafraîchir en été, paraissent avoir eu l'approbation générale et mériter une sérieuse attention.
12. Chauffage et ventilation des salles des séances du parlement. — D'après ce qui précède, on voit que l'on a essayé, pour assurer le chauffage et la ventilation de ces salles et des bureaux qui en dépendent, divers procédés avant d'arriver à
celui qui est aujourd'hui en usage depuis trois ans et dont on se dit satisfait.
Vers 1845 à 1847, on a essayé le système de l'insufflation à l'aide de deux ventilateurs qui existent encore, mais qui ne fonctionnent plus depuis longtemps. L'un se composait de deux roues à aubes planes, de 6 mètres de diamètre sur 1 mètre environ de largeur chacune ; l'autre de 6 mètres de diamètre, à aubes courbes, entourés de deux enveloppes tronconiques, offrant à la circonférence extérieure une largeur de 0"\75. L'air que ces ventilateurs devaient refouler était, au préalable, chauffé par des jeux de tuyaux à vapeur verticaux en très-grand nombre et de 0"',10 à 0"\12 de diamètre.
Tous ces appareils sont complètement abandonnés. On a également renoncé à l'emploi de l'eau chaude, auquel on reprochait, dit-on, la lenteur de réchauffement.
Le système qui fonctionne aujourd'hui d'une manière qui paraît assez satisfaisante, au moins quant à la température, est uniquement basé sur l'aspiration.
Sous chacune des salles d'assemblée des lords ou des communes se trouve, au rez-de-chaussée, une salle de même dimension et d'environ 5°\50 de hauteur, partagée par un
plancher intermédiaire, dont la plus grande partie est formée par des grilles. Sur le sol inférieur régnent quatre rangées
parallèles de tuyaux chauffés à la sapeur et qui n'ont que 0°s025 diamètre intérieur. Ces tuyaux sont, de distance en distance, renflés et entourés de plaques de tôle carrées destinées à absorber par conductibilité {fig. 5) et à transmettre à l'air la chaleur abandonnée par la vapeur condensée, que des tuyaux de retour ramènent aux chaudières.
Les tuyaux principaux d'arrivée de la vapeur ont environ 0'",025 de diamètre intérieur. Ils sont soigneusement enveloppés. Ceux de retour d'eau ont à peu près 0™,014 de diamètre.
L'air nouveau, que l'on veut faire pénétrer dans les salles, entre dans ces chambres inférieures par de très-larges ou- V'Crtures, égales en surface au moins à la moitié de chacun des grands côtés, et devant lesquelles sont étendues verticalement des espèces de rideaux en canevas à grandes' mailles, que l'air est obhgé de traverser avant d'entrer dans les salles et contre lesquelles il se débarrasse de la poussière. Cet air est pris au rez-de-chaussée et au niveau des cours.
Afin qu'il ne devienne pas trop sec, même l'hiver, par suite de réchauffement qu'il éprouve, on a placé les tuyaux de retour de vapeur dans une auge où il y a de l'eau, qui, échauffée par celle qui provient de la condensation, se transforme en partie en vapeur. L'été, pour rafraîchir l'air, on a disposé devant chaque orifice d'entrée de l'air un petit tuyau percé d'un orifice capillaire et qui, au moyen d'un robinet, permet de répandre en avant du canevas et en dehors de la salle une sorte de poussière aqueuse qui, en se vaporisant, refroidit très-notablement cet air au moment où il arrive.
Cette évaporation de l'eau produit un effet très-remarquable ; car, d'après ce que l'on m'a assuré, quand la température extérieure était de 26° environ, l'on a pu abaisser celle de l'air dans les chambres à air à 18" et même à 12°. Si ce résultat, que je chercherai à faire constater, est exact, il y aurait là un moyen assuré de rafraîchir l'air à introduire pendant l'été dans les lieux à ventiler. Il convient d'ailleurs de remarquer que le volume d'eau ainsi répandu dans l'air
est excessivement faible, qu'il est divisé en poussière aqueuse à peine perceptible, et qu'il en arrive très-peu sur le sol, qui est dallé et pourrait être bitumé.
L'air qui est entré ainsi par appel dans la chambre inférieure pénètre dans la salle d'assemblée, située immédiatement au-dessus, à travers des grillages en fonte qui régnent sur toute son étendue et qui laissent libre pour son passage au moins le tiers de leur surface totale. Cet air débouche sous tous les gradins latéraux et sous tous les bancs et passages. Sur les marches et dans une partie des couloirs, les grilles sont simplement recouvertes d'une sorte de filet ou tapis de sparterie à larges mailles, laissant des ouvertures à peu près égales en surface à celles des orifices des grilles. Mais, aux places des membres des assemblées, il y a sur les grilles un premier tapis aussi en sparterie, à tissu très-ouvert, que l'on recouvre d'un vrai tapis, assez mince et perméable à l'air.
Cette disposition, qui a pour but d'éviter aux personnes l'inconvénient de l'arrivée de l'air frais vers les jambes, apporte un obstacle sensible à l'introduction de l'air, et il paraît même que, pour certaines personnes, elle n'est pas encore suffisante, attendu que j'ai vu, à quelques places, qu'entre les deux tapis on en a inséré un troisième en toile peinte et tout à fait imperméable.
Un autre inconvénient du passage de l'air à travers les tapis, c'est de donner lieu à l'élévafion d'une grande quantité de poussière dès qu'on marche dessus. C'est ce qui a été déclaré dans l'enquête de 1854, comme on l'a dit plus haut.
Outre ces orifices d'accès de l'air, on en a ménagé d'autres plus libres dans certains endroits, soit par des conduits verticaux, qui débouchent à 2 mètres environ au-dessus du sol, soit dans quelques parois verticales des passages de circulation.
D'une autre part, la température à laquelle on élève l'air dans la chambre à air est, à très-peu près, celle que l'on veut conserver dans la salle pendant l'hiver. Ainsi, quand l'air est
à zéro à l'extérieur, on peut l'échauffer dans la chambre à * air à 16 ou 17°, et la température de la salle ne dépasse pas, assure-t-on, 18 à 20". On a vu que l'été, par l'évaporation de l'eau, on peut aussi ramener l'air extérieur à 18° environ.
Il résulte de là que, dans toutes les saisons, l'air introduit est à une température très-peu différente de celle que l'on veut maintenir dans les salles d'assemblée. Ce résultat mérite confirmation; mais on comprend de suite qu'il ne peut être obtenu que par l'admission et par l'extraction d'une quantité d'air assez considérable, à moins que l'étendue des surfaces refroidissantes des murs et des fenêtres ne compense l'effet de réchauffement produit par la présence des membres et du public.
L'extraction de l'air vicié se fait par l'aspiration énergique que produit une cheminée qui est ménagée dans une des hautes tours du palais. Cette cheminée a environ 1 15 mètres de hauteur sur 1"',80 de diamètre intérieur à la base ; on la chauffe à l'aide du coke.
L'air vicié sort des salles de deux façons différentes. Dans la partie assez restreinte qui est occupée par le public, il est appelé à travers les grilles qui ne sont recouvertes d'aucun tapis et à travers les contre-marches de quelques gradins voisins. Dans les autres parties de la salle, l'air nouveau arrivant au contraire par les planchers, l'air vicié s'échappe par les caissons du plafond, dans lesquels de nombreux passages sont ouverts. Dans les deux cas, cet air vicié descend vers des conduits inférieurs, qui le mènent à la base de la grande cheminée d'appel.
Ainsi l'évacuation se fait par appel par en bas, comme dans les anciennes chambres du parlement.
En résumé, le système de la ventilation par insufflation a été abandonné, après des essais infructueux, et remplacé par l'introduction et l'extraction par appel.
La Chambre des communes a 22'°,27 de longueur, 13^,72 de largeur, et 12"»,50 de hauteur au centre du plafond, ce qui correspond à une capacité de 33 819 mètres cubes environ.
La chambre à air ayant 5"\50 de hauteur et la même superficie, on voit que la capacité de cette chambre est d'environ
' = — - de celle de la salle d'assemblée. Cette large pro-
portion facilite beaucoup l'arrivée de l'air et l'uniformité de sa température.
Le nombre des membres de cette Chambre est de 373. En tenant compte des absents et de la présence du public, il n'y a au plus que 800 personnes dans la salle, et le rapport de sa capacité à celui des personnes présentes est d'environ 70 à 80 mètres cubes par personne.
Aucune expérience n'a été faite pour déterminer les volumes d'air entrés, et je n'ai pu me procurer d'autres résultats que ceux que j'ai rapportés précédemment. Quelques pairs que j'ai consultés se plaignent que l'air intérieur des salles est lourd et porte au sommeil. Ils assurent qu'ils sont parfois obligés de réclamer l'ouverture des fenêtres ; mais il faut observer que les séances ont lieu le soir, après le dîner, et se prolongent souvent assez tard.
15. Salle des ingc7iieurs civils à Londres, — Cette salle peut contenir 200 personnes. Elle est éclairée par deux lustres relevés à fleur du plafond et presque logés dans sa surface, qui est, à cet endroit, garnie d'une plaque de fonte percée d'un grand nombre de trous et communiquant avec un tuyau d'échappement de l'air. C'est par ces deux tuyaux que se fait l'évacuation de l'air vicié fortement échauffé et appelé par les lustres.
L'air nouveau arrive par un grand nombre de trous de 1 pouce ou 0"',025 environ de diamètre, percés sous les bancs, presque en arrière et le plus loin possible des jambes des assistants. L'arrivée de cet air est très-sensible.
Le dessous de l'amphithéâtre peut communiquer avec l'air extérieur, qui n'est pas chauffé.
Le 13 mai 1862, à la séance à laquelle nous avons assisté, il faisait très-chaud dans cette salle, et il y avait une certaine
odeur de gaz. Il nous a été assuré que l'été il y faisait excessivement chaud.
Le nombre d'orifices percés dans le plancher, quoique déjà considérable et pouvant, dans certain cas, donner lieu à une introduction d'air assez gênante, n'est cependant pas suffisant pour alimenter l'appel que détermine la chaleur développée par la combustion du gaz. Il en résulte qu'il s'établit par la porte supérieure d'admission, dans l'amphithéâtre, un courant d'air rapide et incommode.
14, Maison particulière à Londres. — L'intérieur de cette maison est éclairé au gaz. Il y a au rez-de-chaussée, dans la salle à manger, deux lustres de trois becs chacun, et autant au premier étage, dans les deux salons. Au-dessus de chaque lustre, au plafond, est une rosace offrant à l'air chaud et aux produits de la combustion des passages d'évacuation. . Dans l'épaisseur du plafond on a ménagé un canal de 0'",20 environ de hauteur sur 0"\30 de large, qui conduit l'air vicié dans une cheminée située dans le mur mitoyen et qui contient un poêle annulaire à eau chaude, destiné à activer l'appel.
Dans la salle à manger, où le buffet est placé dans une sorte d'alcôve, il y a en outre, à l'un des angles, vers le plafond, une large ouverture, tout à fait libre, de 0"\30 de diamètre environ, formant l'origine d'un tuyau qui se rend dans la cheminée de l'usine contiguë. Enfin la cheminée, chauffée au charbon, contribue aussi à l'évacuation. On obtient ainsi l'évacuation de l'air vicié par un appel activé par la chaleur.
L'introduction de l'air nouveau est déterminée à l'aide d'un ventilateur dont la vitesse est réglée par divers appareils ingénieux qu'il est inutile de décrire. Elle se fait 1° par les joints du plancher, qui est composé de madriers d'environ O^jlS à O-^jIB de largeur, laissant entre eux des ouvertures de 0"',006 à 0",008 à peu près ; 2° par un intervalle de même dimension qui règne à peu près tout autour des pièces, sous la plinthe, qui est au bas du lambris. Les planchers sont, à
cet effet, établis à une distance convenable du plafond de l'étage inférieur.
Mais, comme cette introduction d'air, relativement frais, serait parfois très-gênante, le plancher est", selon l'usage anglais, recouvert d'un tapis qui repose sur une sorte de thibaude végétale. C'est à travers ces deux tissus, dont le supérieur est en moquette assez épaisse, que l'air doit passer pour entrer dans les appartements. On conçoit facilement qu'il éprouve au passage une résistance très-sensible, qui, pour être vaincue, exige que l'air acquière, par l'action du ventilateur, une certaine pression. Cet effet se manifeste d'une manière très-notable dès que l'on ouvre la communication, qui permet à l'air d'affluer sous le plancher. Le tapis se soulève alors sur la plus grande partie de son étendue et jusque vers les extrémités de la pièce, en se bombant de 0"^10 à G"", 12 au moins dans les endroits où il n'y a ni meubles ni personnes. Le passage de l'air à travers ces tapis est cependant assez sensible, car en posant une bougie allumée à sa surface, la flamme de cette bougie est légèrement agitée. Quant aux oriflces ménagés sous la plinthe du lambris, on y sent très-bien à la main l'arrivée de l'air, et elle doit y être naturellement d'autant plus rapide, qu'il y a sur le tapis plus de meubles et de personnes qui gênent l'arrivée de l'air à travers son tissu. Cette dernièrç circonstance doit avoir pour 'résultat de restreindre d'autant plus l'arrivée de l'air à travers le tapis, qu'il y a plus de monde dans les appartements, ce qui montre l'un des inconvénients d'une semblable disposition pour des appartements de réception.
Des ventelles mobiles, de l'intérieur de l'appartement permettent de régler, de modérer ou de suspendre , à volonté et selon les circonstances, l'arrivée et l'évacuation de l'air.
Cette maison renferme une foule de dispositions ingénieuses pour assurer l'ouverture et la fermeture des portes dès qu'on s'en approche, pour éclairer l'intérieur par des becs de gaz placés au dehors, pour fermer les volets sans y toucher, etc^
16. Palais de Sydenham. — Ce bâtiment est établi sur un terrain en pente assez prononcée pour que d'un côté l'on arrive de plain-piedau rez-de-chaussée, tandis que de l'autre cet étage est à plus de 4 mètres au-dessus du sol. Cette circonstance a permis de réserver sous toute l'étendue du rezde-chaussée un vaste espace vide, dont on a tiré parti pour la ventilation et pour le chauffage.
La température qu'il est nécessaire d'entretenir dans l'espace destiné aux plantes tropicales, que l'on nomme le Tropical departmenî, étant bien supérieure à celle dont on peut se contenter pour le reste de l'édifice, on a été obligé d'établir une séparation à peu près complète dans toute la hauteur du bâtiment. Elle est formée par un immense panneau vitré, qui, par l'effet de sa transparence, interrompt le moins possible la continuité de l'aspect général. Dans le même but, on a placé sous cette partie un nombre proportionnellement beaucoup plus considérable de chaudières et de tuyaux de chauffage.
Le plancher du rez-de-chaussée est formé de madriers de 0",22 de largeur moyenne, séparés les uns des autres à peu près uniformément de 0™,015 à Û"\018, de sorte que l'espace vide qui permet, comme on va le voir, le passage de l'air, est d'environ 1/12 de la surface totale, ou de 1/15 en tenant compte des parties recouvertes par différents objets.
C'est sous ce plancher, et du côté de la pente générale du terrain, que sont établies les chaudières, au nombre de vingtcinq, destinées à procurer partout la température convenable, qui est d'environ 16 à 18 degrés dans l'ensemble, et de 30 à 35 degrés pour la partie réservée aux plantes tropicales.
Toutes ces chaudières sont semblables, et ont la forme d'un demi-cyhndre annulaire de 1"\30 environ de diamètre intérieur, de 0"\45 d'épaisseur, et de 5"^,50 de longueur. Au sommet de ce cylindre s'élèvent deux tuyaux de départ de l'eau chaude, de 0"^,20 de diamètre, et vers le fond pénètrent deux tuyaux de retour du même diamètre, qui sont en com-
munication avec les précédents, comme dans le chauffage par circulation d'eau par les tuyaux généraux d'aller et de retour. Dans ce système, analogue à celui des serres, il n'y a pas de récipient supérieur, et les chaudières étant d'ailleurs à basse pression, cela a permis d'employer des tuyaux de fonte d'assez grands diamètres, que l'on s'est contenté de réunir par un emboîtement, comme les conduites d'eau ordinaires. Tout le système des tuyaux d'aller et de retour étant sous le plancher du rez-de-chaussée et au-dessus d'un sol non utilisé, les fuites d'eau, assez faibles d'ailleurs, qui se produisent, n'ont pas d'inconvénient, mais il n'en serait pas de même dans d'autres conditions.
Chaque chaudière alimente à peu près en moyenne 3200 mètres de tuyaux de circulation (aller et retour compris), et la totalité du développement de tous ces tuyaux est d'environ 75 à 80 kilomètres, c'est-à-dire à peu près la distance de Londres à Douvres.
L'air nouveau qui doit être admis dans l'intérieur est introduit sous les planchers par de larges et nombreuses ouvertures ménagées dans les soubassements du bâtiment. Il s'y trouve en contact avec les tuyaux de circulation de l'eau, et est ainsi naturellement appelé dans l'intérieur. Si l'on se rappelle que l'espace libre laissé dans le plancher est d'environ 1/15 de sa surface, et par conséquent de O^'fjOee par mètre carré, l'on voit qu'en supposant seulement à l'air une vitesse d'admission de 0'",20 par seconde, à peine sensible aux organes les plus délicats, l'on peut, par ce dispositif, introduire, par heure et par mètre carré de plancher, 0'"S066 X0"\20 X 3600 = 47""=,52 d'air; et comme il n'y a jamais une personne par mètre carré de superficie du plancher, il s'ensuit que, par ces dispositions très-simples, l'on obtient une ventilation très-abondante et en même temps très-peu sensible.
Il est cependant probable que, dans les emplacements destinés au public qui assiste à des concerts, à des lectures, la chaleur développée par les personnes venant en aide à
l'élévation de la température inférieure, la vitesse de l'air doit être plus grande que nous ne l'avons supposé; mais elle ne doit sans doute jamais atteindre une intensité gênante.
Quant au département tropical, oh l'on ne fait que circuler, et où la température est élevée, la vitesse d'arrivée de l'air est insensible pour les promeneurs.
Ce système d'admission de l'air conviendrait parfaitement aux édifices qui ont une destination analogue, tels que les musées, les lieux d'exposition, de promenade, etc. Nous l'avions indiqué en 1855 pour l'Exposition universelle; et pour n'avoir pas voulu l'adopter et avoir eu recours à une simple et unique galerie souterraine, on a éprouvé de graves inconvénients et des difficultés que l'on n'a pu surmonter.
Une disposition analogue, mais que je crois incomplète faute d'espace et surtout d'orifices suffisants d'admission de l'air, existait à l'Exposition universelle de 1862 à Londres.
Au palais de Sydenham l'évacuation de l'air est assurée à l'étage des galeries au moyen d'ouvertures garnies de persiennes mobiles à volonté, et dans les parties supérieures par des moyens analogues. Les joints nombreux et inévitables qu'offrent toujours les panneaux vitrés assurent d'ailleurs des surfaces d'écoulement plus que suffisantes. En été, réchauffement des vitrages par le soleil est encore un auxiliaire puissant pour cette ventilation, qui se fait ainsi exclusivement par voie d'appel naturel, dû aux seules différences de température et sans moyens auxiliaires d'échaufîement.
16. Ventilation des vaisseaux. — Le docteur Reid, après avoir cité l'exemple d'un accident très-grave arrivé au vaisseau de la marine royale le Minden, en 1819-20, dans lequel un maître d'équipage et cinq hommes furent presque complètement asphyxiés en descendant dans la cale, indique diverses dispositions propres à assurer la ventilation de toutes les parties d'un navire.
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La i)lus générale est représentée dans la figure 6 ci-contre. L'air nouvean entrerait par deux conduits adaptés aux écoutilles a a, qui , par des ouvertures convenablement réglées, le répartiraient à tous les étages supérieurs à la cale. Des conduits verticaux ayant leurs bouches supérieures près du plafond et distribués sur toute la longueur du bâtiment à tribord et à bâbord^ conduiraient, séparément et sans communication entre eux, l'air vicié des entreponts dans la cale, au milieu de laquelle un conduit d'évacuation vertical, placé au-dessous de l'écoutille centrale, déterminerait l'appel général de l'air vicié. Des registres convenablement placés permettraient de régler l'évacuation selon les besoins particuliers des diverses parties du bâtiment.
L'appel d'air vicié pourrait être, selon les cas, activé par un foyer spécial, par la chaleur surabondante des fourneaux de cuisine ou de distillation de l'eau, et enfin par des ventilateurs aspirants.
Les cheminées d'introduction
et d'évacuation pourraient être terminées par des chapeaux mobiles qui permettraient de profiter de l'action du vent ou de la vitesse de marche du navire, pour activer l'entrée et la sortie de l'air.
Sur les bateaux à vapeur, l'action centrifuge des roues pourrait être mise directement à profit, ou bien l'on pourrait 5 avoir recours à la puissance motrice de la machine pour faire agir des ventilateurs, ou à cefie d'une petite machine auxiliaire en tours de stationnement.
Les dispositions peuvent être très-variées, selon la nature de la construction et la destination des bâtiments, mais on conçoit qu'il n'y a pas de difficulté sérieuse qui s'oppose à l'introduction d'une améUoration si importante pour l'état sanitaire des marins.
17. Échappement des gaz brûlés de V éclairage à V extérieur. — L'usage de l'éclairage au gaz dans l'intérieur des heux publics, des magasins, et même des appartements privés, a, depuis plusieurs années, conduit en Angleterre à adopter des moyens d'assurer l'évacuation des produits de la combustion à l'extérieur, pour éviter ou atténuer les inconvénients de leur odeur et de la chaleur qu'ils développent.
On en a vu un exemple ingénieux dans ce que nous avons dit de la ventilation d'une maison particulière, où le courant déterminé par la chaleur de ces gaz, aidé par un appareil de chauffage, servait à la ventilation. La salle des séances de la Société des Ingénieurs civils nous en a offert un autre ; mais en dehors de la question de ventilafion, on rencontre fréquemment en Angleterre des dispositions ayant simplement pour objet l'évacuation des gaz chauds produits par la combusfion. Le restaurant français établi dans Regent's street offre une disposition analogue à ceUe que nous avons essayée au Conservatoire. Le lustre à gaz est recouvert par un chapeau formant réflecteur, et prolongé par un tuyau vertical de peUt diamètre, qui conduit les gaz à l'extérieur de la salle.
On voit dans la salle des Pas-Perdus du Parlement des
candélabres à gaz disposés de manière que les produits de la combustion sont renfermés en vase clos et s'échappent vers les galeries souterraines d'appel par l'intérieur du candélabre, qu'ils transforment ainsi en sorte de poêle en lui abandonnant une partie de leur chaleur.
La figure 7 donne une idée de la disposition de ces appareils.
AB est le candélabre qui supporte le bec a alimenté par un petit tuyau coudé hb, et surmonté d'un verre ordinaire dd.
En dehors de ce verre et sur la partie supérieure AA du candélabre, repose un autre verre cylindrique ce, recouvert par une dou ble plaque D en mica, qui s'oppose à l'échappement des gaz brûlés parla partie supérieure deCG. Le fond du cylindre CG est formé aussi par une plaque de mica ee qui est percée en son milieu pour laisser arriver au bas l'air extérieur et qui reçoit le verre intérieur dd.
Outre celte ouverture
centrale la -plaque ee en porte quatre autres disposées sur deux rayons perpendiculaires et qui reçoivent les extrémités de quatre tuyaux ff, lesquels, en se recourbant vers l'axe du candélabre, viennent déboucher inférieurement dans un tuyau central hh, communiquant avec les galeries souterraines d'appel.
On conçoit facilement, à l'aide de la figure 7 et de la description précédente, que le gaz afflue par le tuyau bb, alimente le bec, qui reçoit par-dessous la plaque de mica ee l'air nécessaire. Les produits de la combustion ne pouvant s'échapper par la partie supérieure du cylindre CC, obéissent à l'appel inférieur, descendent par les tuyaux ff et gagnent le tuyau central hh, et de là les galeries d'appel, en abandonnant une portion assez notable de leur chaleur.
On comprend que de semblables appareils peuvent permettre l'emploi du gaz dans l'intérieur des lieux habités, en évitant les inconvénients de l'odeur et du mélange des produits de la combustion avec l'air intérieur, mais c'est à la condition que les tuyaux d'échappement seront mis en communication avec des conduits d'appel suffisamment énergiques.
Des dispositions analogues à celles que nous venons de décrire devraient être employées dans les magasins, dans les atehers et dans tous les locaux où l'on emploie un grand nombre de becs de gaz, et, en les combinant convenablement on pourrait utiliser une portion assez considérable de la chaleur développée par tous les appareils d'éclairage , pour assurer l'évacuation de l'air vicié et l'arrivée de l'air nouveau. Cela serait surtout facile dans les restaurants et dans les cafés, où la chaleur perdue des foyers, toujours allumés pour leur service, pourrait être ainsi mise à profit.
Chauffage et ventilation de quelques hôpitaux en Angleterre.
18. De la ventilation de quelques hôpitaux anglais. — M. le docteur Lefort, dans sa Note sur l'hygiène hospitalière en
France et en Angleterre, a donné sur les moyens de chauffage et de ventilation usités dans quelques hôpitaux anglais des renseignements intéressants, dont je reproduirai ici une partie.
Les dispositions adoptées en Angleterre pour le chauffage et la ventilation sont souvent les conséquences de la préférence très-prononcée que nos voisins ont généralement pour le chauffage à feu découvert avec des cheminées à la houille et pour la ventilation par l'introduction plus ou moins directe de l'air extérieur, sans chauffage préalahle. Le bas prix de la houille et les conditions financières de l'administration des hôpitaux, presque toujours soutenus par des contributions volontaires, sont aussi pour beaucoup dans l'adoption de ces dispositions.
D'une autre part, la grandeur des salles de malades dans les hôpitaux anglais, étant généralement moindre que dans les nôtres, l'action aspiratrice des cheminées, que l'on allume même l'été, peut parfaitement siiftlre pour produire le renouvehement de l'air et assurer la salubrité.
Ainsi, par exemple, à l'hôpital de King's-Collége, à Londres, une salle de 25 mètres de longueur, de 7 mètres de largeur et de 4"',50 de hauteur est destinée à 14 malades qui ont ainsi chacun 12™ ^,50 de superficie et 56"-%25 d'espace. Dans cette salle, il y a trois cheminées chauffées à la houille, dont une centrale très-grande, et les deux autres plus petites. Or, des expériences directes, dont je ferai connaître les résultats au chapitre v, ayant montré que la cheminée du cabinet de la direction du Conservatoire, des dimensions ordinaires des cheminées d'appartements, modérément chauffée à la houille, pouvait produire l'évacuation de 1000 à 1200 mètres cubes d'air par heure, il n'y aurait certainement pas d'exagération à admettre que chacune des deux petites cheminées de la salle de l'hôpital du King's-Collége évacue aussi 1000 mètres cubes d'air par heure, et la grande 1500 mètres cubes , ce qui assurerait ainsi 3500 mètres cubes par heure pour 14 malades, ou l'énorme quantité de 250 mètres cube
par heure et par malade. Cette salle a d'ailleurs neuf fenêtres et deux portes, sans compter celles qui communiquent à deux pièces voisines. Les fenêtres à coulisses en usage en Angleterre, fermant, comme on le sait, toujours assez mal et étant en outre souvent, dans les hôpitaux , rendues mobiles, pour démasquer des orifices de pi'ise d'air extérieur, garnis de persiennes, l'on voit facilement, qu'avec un pareil moyen de chauffage, l'on n'a pas à s'occuper d'installer des appareils de ventilation. La seule précaution à prendre c'est d'éviter que les arrivées d'air ne soient incommodes.
Dans le même hôpital, deux autres salles de six lits ont chacune une cheminée qui assure l'évacuation de 1000 mètres cubes d'air au moins par heure ou de 167 mètres cubes par heure et par lit. Elles ont chacune trois fenêtres et deux portes, ce qui est plus que suffisant pour les rentrées d'air.
19. Hôpital de Glascow. — Dans cet établissement dont M. L. Lefort a bien voulu me communiquer les plans, la ventilation s'opère aussi par l'action directe de la chaleur développée par la combustion de la houille dans des cheminées. L'on y a joint l'aspiration produite par la chaleur des parois des conduits de fumée. J'emprunte à la note de M. Lefort, la description suivante que l'examen des figures rendra encore plus claire.
« La façade (pi. I, fig. 1) est en ligne droite; mais en arrière, un prolongement de forme quadrilatère renferme les salles destinées aux internes et aux surveillantes. L'escaUer est placé au centre de l'édifice, les salles, au nombre de huit, deux pour chaque étage ^ s'ouvrent à droite et à gauche.
a Elles occupent toute la largeur du bâtiment ; chacune est éclairée par quatorze fenêtres, sept de chaque côté : ces fenêtres montent jusqu'au niveau du plafond ; leur base est placée à 1«^,20 au-dessus du sol de la chambre. L'espace qu'elles occupent est au moins les deux tiers de la Ion-
gueur des murs de façade : un lit correspond à chaque fenêtre*.
« La longueur de la salle est de 18'".24,salargeurde8'",56, sa hauteur de 4™, 25. Sa capacité est par conséquent de 663'"-%57, et comme elle renferme 19 lits, dont 3 d'enfants, il en résulte que chaque malade a en partage 34"'-%92 d'espace, et 8"'"i,22 de superficie. Mais cette quantité déjà suffisante, grâce à la ventilation, est encore considérablement augmentée, comme on va le voir.
A l'extrémité de la salle opposée à la porte d'entrée, s'ouvre un corridor dont la longueur égale les deux tiers de la salle principale. A gauche de ce corridor, se trouvent deux chambres destinées à un malade grave ou à un opéré. Chacune d'elles a sa cheminée particulière. La troisième donne accès dans une salle très-grande, éclairée par deux larges fenêtres, chauffée par une grande cheminée. Cette salle, sert dans la journée de bibliothèque ou d'ouvroir; c'est le salon de conversation des malades de la grande salle, et tous ceux qui ne sont pas retenus au lit doivent s'y tenir pendant le jour; c'est là également et sur la table qui en occupe le centre, que les repas sont servis à l'heure réglementaire. A droite du corridor s'ouvrent successivement : 1° la chambre de la surveillante ; 2° l'office ou lavoir ; 3" une salle de bains renfermant de plus les cuvettes, les serviettes et tout ce qui est nécessaire pour la toilette; des lieux à l'anglaise, tenus dans un remarqnable état de propreté, s'ouvrent, non sur le corridor, mais dans la salle de bain. Enfin, au fond du corridor, on trouve la cage de l'escalier mobile , dont la plate-forme s'élève et s'abaisse pour faciliter le transport à tous les étages des malades invalides, des aliments, du charbon, etc.
« Le chauffage est effectué par des foyers ouverts, alimentés au charbon de terre et placés au centre de la salle, à chaque extrémité d'une cheminée quadrangulaire, à laquelle
* Les trumeaux sont beaucoup trop étroits' et les lits sont en partie devant les fenêtres.
ses dimensions permettent de contenir dans son épaisseur tous les tuyaux des autres étages (pi. I, fig. 2 et 3 ) et un espace de 1 mètre sur 1^,20 réservé au centre, est séparé en tubes d'aspiration destinés à enlever des salles l'air vicié par la respiration.
c< Sur deux côtés du corps de celte cheminée centrale et près du plafond de la salle, existe une ouverture qui conduit cet air dans le tuyau à fumée; sur les deux autres côtés, et au même niveau, deux autres ouvertures l'amènent dans les tubes d'aspiration. Si l'on ajoute à ces quatre ouvertures celles des deux cheminées, on aura six orifices pour l'écoulement de l'air vicié de la grande salle, écoulement qui se fait naturellement ; la chaleur du foyer suffisant pour échauffer les tubes aspirateurs et déterminer le tirage.
a L'air frais entre dans la salle par trente-cinq ouvertures sans compter les portes. Six orifices, trois de chaque côté, placés dans le plafond, communiquent par un canal placé entre deux planchers contigus avec une ouverture ménagée dans la façade.
a Les murs (pi. I, fig. 4) sont en quelque façon dédoublés et interceptent dans leur épaisseur une sorte de canal interpariétal, qui s'ouvre au niveau de la partie supérieure et de le partie inférieure des quatorze fenêtres. L'air pénètre ainsi entre les murs et arrive dans la salle par vingt-huit ouvertures placées dans les angles que forment les murs latéraux avec le plafond et avec le plancher. Il suffit de lever de 0'",05 la moitié supérieure ou de baisser de la même quantité la moitié inférieure de chaque fenêtre pour intercepter en grande parfie l'entrée de l'air par cette voie indirecte. Enfin au-dessus de la porte, se trouve une large ouverture à clairevoie qu'on ouvre et ferme à volonté. Ces moyens permettent une ventilation graduée de la salle, parfaite, alors même que les fenêtres restent fermées, car l'on peut ventiler les angles supérieurs et inférieurs où l'air a de la tendance à séjourner. Le chauffage et la ventilation sont complètement indépendants. Les petites salles, la bibliothèque, la chambre de la
32 liNTRODUCTlON.
surveillante, ont chacune leur cheminée et leur fenêtre. L'office, la salle de bain, le 'watercloset ont une ventilation séparée.
« Les murs des salles sont recouverts d'une couche de ciment analogue au stuc. »
Telle est la description que M. L. Lefort donne du système de chauffage et de ventilation adopté dans l'hôpital royal de Glasvow. L'on voit encore ici l'usage des cheminées à feu apparent pour le chauffage et leur utilisation directe et indirecte pour la ventilation, qui ne peut manquer d'être trèsénergique ; car en admettant que chacune des deux cheminées ne détermine que l'évacuation de 1 000 mètres
2 000 mètres cubes par heure, cela correspondrait à — = 105
mètres cubes par heure et par ht dans les grandes saUes. Les ouvertures pratiquées dans le tuyau de fumée directement au-dessus du manteau de la cheminée ne doivent pas contribuer à augmenter ce volume, ainsi que le font voir les expériences directes qui seront rapportées au chap. vu, mais elles servent au moins à diminuer près du foyer le tirage inférieur, qui pourrait être gênant pour les malades assis à proximité.
L'échauffement graduel et continu du massif de maçonnerie, compris entre les deux cheminées, est une bonne disposition, qui permet d'utihser pour la ventilation une autre partie de la chaleur développée par le combustible. Mais je ne trouve pas l'on ait tiré parti de cette chaleur le mieux possible. Elle ne fait en effet ici qu'accroître l'évacuation déjà suffisante de l'air vicié, tandis qu'elle aurait pu être utilisée l'hiver pour chauffer une partie de l'air neuf introduit dans les salles, d'une manière analogue à ce qui a été pratiqué par la commission anglaise chargée de l'amélioration des casernes, chap. i, n<' 24 et suiv.
Il faut en effet remarquer que si les disposifions adoptées assurent une rentrée abondante et facile de l'air neuf, rien ne paraît avoir été prévu pour que cet air arrive l'hiver dans
les salles à une température convenable, et dans cette saison le grand nombre d'ouvertures, de fenêtres plus ou moins mal closes, doit donner lieu à des rentrées d'air d'autant plus incommodes que les lits sont presque tous en partie directement devant les fenêtres.
En faisant arriver l'air neuf introduit par une partie des ouvertures (pi. I, fig. 4, 5) et par les conduits qui passent sous les planchers, dans les tubes qui sont établis dans le massif échauffé de la cheminée et en le conduisant par ces tubes au plafond supérieur, au lieu de le verser froid au plafond inférieur, on pourrait l'hiver fournir aux salles une partie de l'air neuf à une température modérée; ce qui d'ailleurs n'empêcherait pas que l'été l'introduction ne pût être rétablie telle qu'elle existe actuehement.
Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que si les cheminées à feu apparent sont d'un usage agréable et salubre, elles ne sont en réalité qu'un moyen très-peu économique et fort peu efficace de chauffage et il me paraît douteux que l'hiver à Glascow, les salles de fhôpital royal soient suffisamment chauffées, malgré une grande consommation de combustible. S'il est vrai, comme on le dit, que cet hôpital, placé au milieu d'un riche bassin houiller, ait reçu de quelqu'un de ses fondateurs une dotation considérable en charbon, qui doit être consommé en nature. Ton comprend que la question d'économie du combustible ait pour cet étabhssement peu d'importance, mais il n'en saurait être de même ailleurs et surtout en France. D'une autre part, il convient de remarquer que produire la plus grande partie de l'appel de l'air vicié par fàtre même de la cheminée , ne serait pas tout à fait sans inconvénient, si le volume d'air introduit n'était pas très-abondant et si les malades se tenaient dans le jour près de la cheminée. C'est par ce motif que les ouvertures d'évacuation disposées près du plafond dans le tuyau de fumée, me semblent, pour ce cas particuher, fort convenables.
Il faut d'ailleurs ajouter que l'habitude très-rationnelle d'obliger les malades, qui peuvent se lever, à se réunir dans
une salle particulière, outre qu'elle présente pour leur rétablissement plus d'un avantage, a celui de les éloigner des salles où sont réunis leurs compagnons de souffrance.
Je reviendrai d'ailleurs plus tard sur la question économique de ce système, qui pourrait être notablement modifié.
En résumé, le système de chauffage et de ventilation adopté pour l'hôpital royal de Glascow est remarquable aux points de vue suivants :
1° Il assure par heure et par lit une évacuation d'air vicié qui ne doit pas s'élever à moins de 100 mètres par heure et par ht;
2° L'introduction de l'air se fait par des prises ouvertes à l'extrémité des murs de façade à tous les étages et il afflue principalement par le plafond ;
3° D'autres introductions nombreuses et en partie facultatives sont ménagées par le déplacement des châssis mobiles des fenêtres ;
k° L'évacuation se fait par l'appel direct et indirect des cheminées.
20. Hôpital de Guy à Londres. — Les bâtiments élevés sur les plans de M. Rhode Hawkins se composent de deux ailes principales réunies par un pavillon central, contenant un vestibule et de vastes escahers qui conduisent aux deux ailes, dont chacune a cinq étages, parmi lesquels trois sont destinés à recevoir les malades.
La façade antérieure du pavillon central pi. II, est flanquéede deux tours carrées AA, surmontées par des tourelles octogonales, qui servent de cheminées d'appel de haut en bas, pour l'air nouveau à introduire dans les salles des deux ailes. Cet air est ainsi puisé dans l'atmosphère à une hauteur d'environ 29 mètres au-dessus du sol extérieur (fig. 1 et 2).
Au milieu de la façade postérieure du même paviUon s'élève une tour carrée B, surmontée par une lanterne octogonale ei un clocheton en fonte à jour. Cette tour, dont la
RENSEIGNEMENTS SUR Là VENTILATION. 35
hauteur au-dessus du sous-sol, sur lequel sont établis les foyers, est de 5.9™, 50, sert de cheminée unique d'évacuation de l'air vicié dans les salles, ainsi que delà fumée des fourneaux et de tous les foyers qui existent dans le bâtiment, comme on le verra plus loin.
L'édifice a cinq étages ; au rez-de-chaussée sont les salles DD de réception pour les malades extérieurs venant en consultation, les salles de toilette correspondantes pour les hommes et les femmes, les salles de bains, les cabinets de consultation du médecin et du chirurgien, la pharmacie, les laboratoires, les cabinets particuhers du médecin et du chirurgien, le cabinet du dentiste, les logements des gens de service, des laboratoires, etc.
Le premier, le deuxième et le troisième étage forment trois divisions, disposées sur un plan uniforme et comprenant chacune quatre grandes salles EE de 70 pieds anglais ou 21™, 35 de longueur, 21 pieds anglais ou 6™, 40 de largeur, 14 pieds anglais ou 4™,27 de hauteur, et une grande salle de réunion F pour la journée, ayant 48 pieds anglais ou 14™, 64, sur 38 pieds anglais ou 9™, 15, située à la rencontre des salles, avec des chambres pour les sœurs, des lavoirs, une chambre de bains, un cabinet d'aisances et une étuve qui s'ouvre au dehors. Chaque salle particulière a, en outre, ses heux d'aisances ; ces derniers étant, dans tous les cas, en dehors des saUes.
Le nombre des malades admis dans chaque aile est de 150, dont 50 dans chaque division du premier, du deuxième et du troisième étage. Les salles de subdivisions EE contiennent de 12 à 13 hts. Il y a six personnes attachées à chaque division, savoir : deux sœurs et quatre gardes pour les 50 malades.
Le volume d'espace alloué pour chaque lit, dans les salles, est de 1600 à 1700 pieds cubes ou de 44™"=,8 à 47™-=,6.
A l'étage supérieur sont les dortoirs des gardes et des autres personnes du service.
La totalité du bâtiment, à l'exception du vestibule central, du grand escalier et de quelques-uns des logements des em-
ployés au rez de-chaussée, est chauffée et ventilée artificiellement par appel. L'espace ainsi chauffé et ventilé est d'environ 500 000 pieds cubes anglais ou 14 000 mètres cubes, dont pour :
Pieds anglais. Mètres cubes.
Les différents logements 110 000 ou 3080
Les trois divisions 315 000 ou 8820
Les dortoirs. 75 000 ou 2100
500 000 pieds. 14000
Le système de chauffage et d9 ventilation adopté pour l'hôpital de Guy est celui de feu M. John Sylvester et il a été établi par M. Egan Rosser, ingénieur, auquel je dois les renseignements et les résultats d'expériences que je vais faire connaître.
Dans ce système, l'air nouveau, pris à une grande hauteur afin d'assurer sa plus grande pureté, descend par la cheminée d'appel jusqu'au bas de l'édifice, où il débouche dans de vastes galeries GG (pi. II, fig.l et 2), appelées chambres d'air, qui régnent sous toute l'étendue du bâtiment. De ces chambres il se rend dans des conduits verticaux établis dans l'épaisseur des murs, mais après avoir passé entre des groupes de tuyaux horizontaux de circulation d'eau chaude pour le service d'hiver.
L'air nouveau ainsi échauffé vient déboucher dans chacune des salles à chauffer ou à ventiler par des orifices ménagés près des plafonds.
Le long du mur de face antérieur et à sa base il n'y a que deux rangées de tuyaux horizontaux aa, l'une pour le départ, l'autre pour le retour de l'eau, parce qu'ils ne sont destinés qu'au chauffage du rang de pièces simples placées de ce côté au rez-de-chaussée.
En avant et dans toute la longueur du mur de refend, il y a sept rangées de tuyaux horizontaux b, b, b, pour le départ, et autant pour le retour de l'eau. Ils sont destinés à chauffer, l'hiver, l'air nouveau qui doit ventiler les trois étages des salles de malades.
En avant et dans toute la longueur du mur de face postérieur, il y a trois rangées de tuyaux horizontaux ce, pour le départ et autant pour le retour de l'eau chaude. Ils sont destinés à chauffer, l'hiver, l'air d'ahmentation des pièces habitées du rez-de-chaussée correspondantes, et qui sont plus nombreuses que de l'autre côté.
Les tuyaux de circulation d'eau chaude sont à section triangulaire et disposés comme l'indique le croquis ci-dessus.
Cette forme a pour objet d'obliger l'air à passer le long de surfaces de chauffe plus grandes que celles qu'offriraient des tuyaux horizontaux cylindriques.
L'air qui a circulé entre les tuyaux gagne ensuite, comme on l'a dit, des conduits verticaux ciel ménagés dans l'épaisseur des murs.
La coupe transversale du bâtiment (fig. 1) fait voir qu'à tous les étages l'air arrive près des plafonds dcl au rez-dechaussée; il est fourni, comme on l'a dit, par les tuyaux dd placés le long des façades, et aux autres étages par ceux du miheu.
Des conduits verticaux e, e, e, établis dans l'épaisseur des murs de face et ouverts à fleur du plancher, dirigent séparément l'air vicié de chaque étage, au moyen d'autres con-
duits horizontaux //", dans un grand conduit principal gg placé dans le comble, et qui se termine à la tour d'évacuation établie au pavillon central, laquelle reçoit aussi la fumée des fourneaux d'eau chaude et des chaudières.
Il y a dans chaque division 79 conduits d'introduction d'air dans les salles, et 63 conduits d'évacuation pour 150 lits, sans compter ceux de la salle de réunion de jour et des différents cabinets. On a eu soin de ne placer dans les heux d'aisances que des cheminées d'évacuation, afin que l'appel de l'air s'y fasse toujours de l'extérieur vers l'intérieur de ces cabinets. En dedans du grand conduit gg d'air vicié, qui a environ l'",80 de largeur, passe un tuyau principal de fumée hh en fonte, de 0"%90 à peu près de diamètre, dans lequel viennent déboucher tous les conduits de fumée ii des foyers des appartements particuliers et des salles. Un tuyau de circulation d'eau chaude parcourt aussi ce grand conduit et assure la ventilation d'été.
Ce conduit principal aboutit à un autre lik, vertical, qui verse dans la grande cheminée d'évacuation B tous les produits de la combustion de ces foyers et l'air vicié qu'ils ont contribué à aspirer.
On voit que ces tuyaux de fumée, outre l'effet direct de ventilation qu'ils produisent dans les salles, peuvent aussi, par la chaleur de leurs parois métalliques, contribuer à activer l'appel de l'air vicié qui les entoure dans le canal gg.
Enfin, au centre et dans l'axe de la cheminée générale B, s'élève le tuyau de fumée des calorifères, qui y verse ses produits à une hauteur supérieure à celle du comble. Il résulte de cette disposition, dans la saison du chauffage, un appel énergique et une élévation notable de la température de l'air vicié, dès qu'il a atteint les conduits supérieurs, ce qui donne l'hiver une grande activité à cet appel.
Il y a lieu de remarquer que la circulation d'eau chaude se fait, principalement dans les appareils employés, dans le sens horizontal, et que la distance verticale des tuyaux de départ et des tuyaux de retour n'excède guère 0",50. Cette disposi-
tion n'est peut-être pas la plus favorable pour obtenir d'une surface donnée de tuyaux réchauffement du plus grand volume d'air possible ; mais d'un autre côté l'établissement au rez-de-chaussée, dans des galeries closes et non habitées, de ces tuyaux, dont le développement est de plus de 550 mètres pour chaque aile, diminue beaucoup l'inconvénient des fuites d'eau. Aussi est-ce le mode le plus généralement employé en Angleterre pour les chauffages par circulation d'eau chaude. La forme de prismes triangulaires donnée aux tuyaux et les dispositions prises pour assurer réchauffement de l'air sont d'ailleurs favorables, et les tuyaux n'étant soumis à aucune pression, cette forme n'a pas d'inconvénient.
Dans cet édifice on paraît avoir réalisé avec succès le problème pour lequel M. Reid avait échoué au parlement, et qui consiste à n'avoir qu'une seule cheminée générale d'évacuation, non-seulement pour l'air vicié, mais encore pour la fumée de tous les feux d'un même bâtiment.
Nous ferons cependant connaître plus loin quelques inconvénients qui ont été observés quand les feux ne sont pas également activés, ou quand les cheminées où il n'y en a pas sont imparfaitement fermées, ce qui paraît difficile à éviter.
Le système de ventilation ainsi établi est tout à fait indépendant des moyens accidentels de ventilation des salles, auxquels on peut recourir qnand le temps permet d'ouvrir les fenêtres. Dans la distribution des grandes divisions l'on a porté une attention particuhère à obtenir tous les avantages possibles de ce que l'on nomme la ventilation naturelle. Les salles particulières de chaque division sont placées deux a deux l'une à côté de l'autre, de manière qu'un mur de refend allant jusqu'au centre de l'édifice les sépare. Chaque salle n'a de fenêtre que d'un côté, mais il y a dans le mur de refend de larges arcades ouvertes, par lesquelles il peut s'établir un courant d'air au travers des deux salles contiguës, quand les fenêtres sont ouvertes, à peu près comme si chacune de ces salles avait des fenêtres des deux côtés. Les fenêtres sont fermées par des châssis ordinaires à couhsses
•verticales, et leur ouverture ne trouble en rien le système de l'appel général.
La ventilation constante d'été du bâtiment est calculée pour fom^nir en l',70 pieds cubes (1,96 mètres cubes) ou ll7'"-%60 par heure et au delà à chaque malade. Dans l'hiver, le volume d'air nouveau à fournir est calculé de manière à concilier le maintien d'une ventilation efficace avec la conduite économique de l'appareil de chauffage. Pendant le froid trèsrude qui a eu lieu en février et mars (1862) l'on a fait une série d'expériences pour déterminer la ventilation effective, et la comparer à la consommation de combustible nécessaire pour chauffer cet air.
Le volume d'air introduit dans la cheminée d'appel a été mesuré à diverses reprises à l'aide de l'anémomètre. L'ouverture par laquelle l'air passe de cette cheminée dans les conduits d'air froid est munie d'une ventelle à coulisse, au moyen de laquelle l'aire de l'orifice d'introduction peut être agrandie ou diminuée à volonté; à chaque observation l'on mesurait celte ouverture. Pendant la première partie de la période sur laquelle les expériences s'étendent, l'alimentation d'air neuf fut entièrement supprimée durant la nuit, ainsi que le chauffage des appareils. Cette marche avait été suivie dans l'hôpital pendant les deux derniers hivers, et semble avoir eu pour origine la tendance à donner plus d'importance aux considérations d'économie qu'à celles qui sont relatives à la salubrité, tendance qui se manifeste souvent là où l'on devait le moins s'attendre à la rencontrer. Ainsi qu'on pouvait le prévoir, la suspension de la ventilation pendant la nuit avait déterminé dans les sahes une odeur désagréable, particulièrement sensible le matin.
Ce système ayant été abandonné, l'air nouveau fut aussi introduit pendant la nuit, le volume admis étant toutefois proportionné à la puissance caloritlque conservée par l'appareil de chauffage, dont le feu n'était pas alimenté pendant la nuit, mais simplement remué.
Le volume d'air nouveau admis pendant la nuit, en opé-
rant ainsi, n'ayant été qu'une seule fois égal à 25 pieds cubes' en 1 minute (42™-'',00 en 1 heure) seulement par lit, et ayant été souvent le double, on peut en conclure que la ventilation de nuit n'a jamais été trop insuffisante.
La ventilation de jour des salles s'est élevée en moyenne à 67 pieds cubes par minute (108'"-<=,96 parheure) et par lit; et dans une seule occasion elle n'a été que de 37 pieds cubes anglais (62™-% 16 par heure).
Les pièces du rez-de-chaussée ne sont pas constamment occupées, mais dans les salles d'attente pour consultations il y a souvent un très-grand nombre de personnes réunies pour un temps assez court; pendant environ 2 heures. Ces salles contiennent quelquefois 300 personnes, et la ventilation est donnée à raison de 3300 pieds cubes en une minute, ou 5544 mètres en une heure, soit 1 1 pieds cubes par minute pour chaque individu (18"*'=,4 par personne et par heure). Même avec ce volume de ventilation, l'atmosphère est altérée par les émanations des vêtements de ce grand nombre d'individus serrés les uns contre les autros, qui appartiennent principalement aux classes les plus pauvres, et cet effet est principalement sensible quand le temps est humide. La continuité de la ventilation dissipe cependant promptement toute trace de mauvaise odeur, quand les malades sont sortis.
Les lieux d'aisances ne donnent aucune mauvaise odeur ; ceux qui dépendent des salles sont, comme on l'a dit, placés à l'extérieur de la partie principale du bâtiment et sont, ainsi que les autres, ventilés séparément, au moyen d'un conduit d'extraction.
La température des salles en hiver est maintenue entre 60" F. et 62° F. (15°%5 et 16»'=,6); pendant le temps très-froid qui a régné en février et mars 1862, la- température des salles s'est élevée en moyenne à 61" (16"<=), et n'a jamais été au-dessous de 57<* 03"<=,8), tandis que la température moyenne de jour et de nuit, pendant la même période, était de 34*^ F.
La température des salles d'attente et des autres locaux du rez-de-chaussée peut varier selon la nature du service auquel elles sont destinées.
Il y a un foyer découvert dans chaque salle des divisions, et un petit fourneau fermé dans les salles de jour. Il n'existe de foyer au rez-de-chaussée que dans les cabinets particuliers des médecins , auxquels l'on n'envoie pas d'air chaud.
L'appareil de chauffage a une surface de chauffe effective de 3400 pieds carrés (316'^'i, 2) chauffée par circulation d*eau chaude. La distance que parcourt l'eau avant de retourner à la chaudière est de 200 pieds (ei^jO).
Le volume d'air qui passe dans les salles de malades et dans les salles d'attente s'est élevé, d'après la moyenne de plusieurs observations, à 13 400 pieds cubes par minute (22 512"-'=en V\).
La température extérieure étant à ce moment de 33" F. ou (O^^jbb), et celle de l'air chaud à son admission dans les salles,
de 66» (18%9), on a eu ainsi ]!,^^ =130?-^ d'air
élevé de P par minute pour chaque pied carré de surface de
chauffe, ou -— —^ — = l30°^-=,6 dau^ élevé de 1" cen-
tigrade par heure et par mètre carré de surface de chauffe.
Le résultat ci -dessus n'exprime pas la totalité de l'effet de l'appareil de chauffage, attendu qu'une quantité considérable de chaleur est nécessairement absorbée par les parois des conduits et transmise parla maçonnerie. Si nous admettons qu'il y ait ainsi 20 pour 100 de chaleur perdue, la puissance calorifique de l'appareil serait exprimée par 156 pieds cubes d'air élevé de 1" par pied carré de surface de tuyaux chauffés à une température moyenne de 110" au-dessus de celle de l'air extérieur 1" F. (O^bb) ou 156P'=X 0,028 x0"%55 = 3'"-'=,40 élevés de 1"% l'excès moyen de la température de la surface des tuyaux sur la température extérieure étant de 43*%33.
Les parties du bâtiment chauffées par l'appareil ont une
étendue de surface refroidissante en murs extérieurs, de 26 000P-'i = 24l8"-i et environ 35 000p"! = 325™'',5 de surface de verre. L'épaisseur des murs est de 2p = 0'",6I . Ils sont en briques et enduits de ciment de Parian.
La température moyenne à laquelle l'air entre dans les salles est de 66" (18"8), et celle des conduits d'extraction de 58° (14", 4). D'où il paraît résulter que l'étendue précédente totale de la surface refroidissante produit sur 13 400P"= d'air par minute un abaissement de température de 8" F. (ou celui de STô^-^de 4^44, ou 1665'"-'=, 59 de !*•=), et l'excès moyen de la température intérieure sur la température extérieure pour la période qui correspond à ces observations étant de 28" (10^5); nous avons ainsi 3828p-<= d'air refroidis d'autant de degrés qu'en exprime l'excès de la température intérieure sur celle de l'air extérieur (3828 X 0™-'=,028 x 0\55) = 58°' '',98 refroidis de 1" centigrade par degré de différence entre la température intérieure et la température extérieure.
11 y a lieu de remarquer que dans un système de chauffage constant comme celui de l'hôpital de Guy, le pouvoir absorbant des parois du bâtiment et des conduits a une influence considérable sur le maintien d'une température uniforme.
Les observations sur la température de l'air admis dans les salles ne signalent, en effet, qu'une diminution de 8" (4°, 44) dans la température de l'air pendant une interruption de chauffage de 36 heures. L'excès de la température de l'air à son entrée dans les salles étant encore de 25" (14" F.) sur la température extérieure, cette chaleur ne peut être empruntée qu'aux murs en briques qui entourent les conduits des tuyaux et aux surfaces des canaux à travers lesquels cet air circule. La quantité de chaleur ainsi restituée par les murs est si constante qu'elle a engagé à ne pas entretenir le feu, depuis le samedi soir jusqu'au lundi matin, en abandonnant réchauffement de l'air nouveau à la seule action de la chaleur qu'il peut emprunter aux murs dans son passage à travers les conduits.
Extrait du rapport de M. Égan Rosser, ingénieur, à MM. les présidents directeurs de Guy' s hospital, Lond., 17 mars 1858. — a L'attention publique ayant été récemment appelée sur les conditions de salubrité des hôpitaux, il m'a paru désirable de réunir quelques séries d'observations pour établir l'efficacité du système de chauffage et de ventilation introduit dans les nouveaux bâtiments de votre hôpital.
« En vue de cet examen, j'ai obtenu des rapports journaliers pendant les quatre semaines comprises entre le 16 février et le 16 mars, et contenant un relevé journalier de la consommation de combustible, des quantités d'air chauffé et des résultats de la ventilation, ainsi que les températures extérieures et celles des salles pendant le jour et la nuit.
« En faisant ces observations, j'ai eu soin d'éviter tout ce qui aurait pu donner un caractère exceptionnel aux résultats, en me conformant exactement aux instructions données à l'ingénieur, par M. le docteur Steels, en ce qui concerne la conduite des appareils de chauffage et de ventilation ; à l'exception de deux ou trois circonstances où M. le docteur Steels a eu l'obligeance d'autoriser la modification de la marche ordinaire, afin de me procurer la facilité d'obtenir des données plus exactes.
« Pour causer le moins de dérangement possible aux infirmiers et aux malades, je fus conduit à borner mes observations sur les points que j'avais à examiner dans les salles mêmes, à une division, celle qui est désignée sous le nom de Philip's. Mais je pense que l'état des choses dans cette division peut être regardé comme un terme moyen exact de ce qui a lieu dans les autres, et que les calculs basés sur les données qui y ont été recueiUies sont également applicables au reste de l'hôpital.
« Sous un rapport, je regrette de le dire, mes observations sont incomplètes; je désirais beaucoup déterminer l'efficacité de l'économie des foyers découverts comparativement avec celle de l'appareil de chauffage. Mais comme le temps était extraordinairement froid pendant la plus grande partie des
expériences, je ne voulus pas contrarier l'opinion des infirmiers, qui pensaient que, sans le secours des foyers découverts, les malades auraient lieu de faire entendre des plaintes fondées. En conséquence, pendant toute la durée des expériences, les foyers découverts furent maintenus en activité en même temps que l'appareil de chauffage. Des observations collatérales m'ont cependant conduit à penser que, si la comparaison pouvait être complètement établie, tout le mérite des foyers découverts au point de vue du chauffage se réduirait à leur aspect agréable.
a Les tableaux joints à ce mémoire indiquent, à diverses reprises, la consommation de combustible, la température extérieure et intérieure et le volume d'air de ventilation.
K Le relevé de la consommation de combustible donne seulement la quantité consommée dans le fourneau des chaudières de l'appareil de chauffage, et ne comprend pas celle des chaudières à vapeur et de l'appareil à eau chaude ; ce dernier, qui est un des agents essentiels de la ventilation , a pour premier objet de chauffer l'eau des bains et consomme réguhèrement par semaine une tonne de charbon.
« Pendant le mois de février, le feu de l'appareil de chauffage fut cessé et l'introduction de l'air frais interrompue durant la nuit.
a Depuis le 1"" mars le feu fut allumé le soir, de manière à le tenir en activité toute la nuit, et l'air nouveau fut admis dans les salles ; c'est ce qui explique l'accroissement de consommation de combustible pendant cette période.
« La dépense totale du charbon pour l'appareil de chauffage pendant les quatre semaines a été de 1 1 tonnes et 15 quintaux (11932 kilog.).
Œ La température moyenne des quatre salles de la division, pendant l'année, a été de 61» F. (16"% 2), celle de l'air extérieur pendant la môme période étant de 34" F. ou -\-V,l, ce qui correspond à un excès de 15°<=,1 de la température intérieure sur la température extérieure.
oc En portant les yeux sur le relevé des températures, l'on ne peut manquer de remarquer la singulière égalité des températures de jour et de nuit dans les salles, même par des variations considérables du thermomètre extérieur.
K Dans une seule circonstance, la température des salles a dépassé 66" F. (19'"=), et elle n'est jamais tombée au-dessous de 57" F. (14«'=), Ce minimum n'a été atteint que dans deux cas, alors que Fair extérieur était à 27" F, ( — 2"=, 8) et à 29" F. ( — 1"%2). Je n'ai jamais observé, dans aucun bâtiment, une semblable constance, et quoique ce résultat puisse être en partie attribué à l'emploi de l'eau chaude comme moyen d'échauffer l'air, il est cependant dû en grande partie aussi à la disposition des conduits d'air chaud placés à l'intérieur des murs qui séparent les salles; ce qui transforme la masse totale du mur en une sorte de grand poêle russe, qui peut continuer à communiquer de la chaleur à l'air pendant plusieurs heures encore après que les tuyaux d'eau chaude se sont refroidis.
('. L'on voit aussi dans cette constance de la température de nuit un motif de n'attribuer qu'une très-légère influence calorifique aux foyers découverts; car bien que les feux fussent éteints la nuit, il ne s'ensuivait aucune réduction de la température des salles, et, d'une autre part, le thermomètre n'accusait aucune élévation de cette température par suite de leur allumage du matin.
« L'effet de la chaleur absorbée par les conduits est en outre mis en évidence par la marche de la température du dimanche 28 février au lundi 1" mars. L'appareil de chauffage avait cessé d'être alimenté le samedi au soir, la température des salles étant de 62" F. (16**%7), et celle de l'air extérieur de 28" F. (—2"'=). Le dimanche matin, la température intérieure était tombée à 58", 5 F. (14*''=,7), celle de l'air extérieur étant de 29° F. (— V%7). Le samedi 6 mars, le feu de l'appareil avait été suspendu à cinq heures, la température moyenne des salles étant de 63" F. (n^^S). Le dimanche ma-
tin la température extérieure étant de 28" F. ( — 2''%2), celle des salles était de 60" F. (15*^,6), et le lundi la température intérieure était tombée à 58" F. (14"°, 5), celle de l'air extérieur étant de 35« F. (-]- 1"%7).
a L'égalité de température dans les difïérentes parties du pavillon est digne de remarque. La différence entre celles des salles d'une même division surpasse rarement PF. (0"S5), et ne s'est élevée qu'une fois à 3" F. (1"'',5) ; ce qui est certainement très-satisfaisant pour un bâtiment dont l'extrémité est à 180 pieds (55 mètres) du fourneau.
« Afin de mesurer l'effet de la ventilation, l'on a fréquemment déterminé, au moyen de l'anémomètre, le volume d'air nouveau introduit par les conduits. L'ouverture par laquelle l'air passe de la tour d'introduction de l'air nouveau dans les chambres à air froid, est munie d'une porte à coulisses, au moyen de laquelle l'aire de ce passage peut être augmentée ou diminuée à volonté. A chaque observation l'on notait la grandeur de cette ouverture. Pendant la première période à laquelle se rapportent les expériences, l'alimentation d'air frais était complètement interrompue pendant la nuit, le feu de l'appareil de chauffage étant également éteint.
« Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, la suspension de la ventilation pendant la nuit rendait l'air impur dans les salles, et occasionna les plaintes des infirmières.
« Après le 1" mars, l'air frais fut introduit pendant la nuit, et la grandeur de l'ouverture est indiquée dans les tableaux.
« Le motif de la réduction de l'introduction de l'air pendant la nuit était que, le feu étant seulement remué et non en état de combustion active, la quantité d'air affluent était aussi diminuée proportionnellement au pouvoir calorique de l'appareil.
« Ce qui montre que, dans ce système, la ventilation de nuit n'a jamais été trop faible, c'est ce fait que le volume d'air frais admis n'a jamais été inférieur à 15 pieds cubes par minute (20™-<=, par heure) et par malade, et qu'elle a été généralement double même pendant la nuit.
« La ventilation de jour s'est élevée enmoyenne à 1 3 400pieds cubes en une minute, ou 22 512 mètres cubes par heure, dont 3360 pieds cubes en une minute, ou 5628 mètres cubes par heure et par division, ce qui revient à 66 pieds cubes en une minute, ou 118™%4 par heure et par malade. La plus faible alimentation d'air a été de 37 pieds cubes en une minute, ou ee'^-^^e par heure et par malade; elle ne s'est produite qu'une fois.
« Quant à la valeur économique du système dç chauffage employé pour les bâtiments, nous avons, dans les données contenues aux tableaux ci-joints, un moyen de la résoudre.
« Prenons pour exemple la quantilé d'air introduite par jour et par nuit pendant les 10, 11 et 12 mars, et qui fut de 42 365 800 pieds cubes *, ou 1 200 226 mètres cubes, élevés de la température moyenne de l'air extérieur à la température moyenne de l'air échauffé à son entrée dans les salles, c'est-à-dire de 96« F. — 33» P. = 33° F., ou 18"%4.
« La consommation de charbon et de coke a été, pendant cette période, de 3584 livres, dont les 0,80 peuvent être supposés avoir été employés à échauffer cette quantité d'air, le reste, 0,20, ayant servi pour un appareil qui chauffait une autre partie du bâtiment.
« Le volume d'air échauffé par une livre de charbon serait ainsi de
42 865 200 X 33" X 5 ,^ooni • i v. -i - j ,n t.
— — ■ = 493 391 pieds cubes élevés de 1° F.,
ou un pied cube d'air, élevé de 1" F. par O',000002 de charbon, soit les 0,75 de la valeur calorifique absolue de charbon. ( Le résultat de l'auteur revient à
1 200226•"^X1^30X18^4X0. 237 = 6802881 calories
utilisées pour une consommation de
0, 8X3, 584'xO, 453=1299'' de charbon.
* En faisant la somme des nombres indiqués dans le tableau par ces trois jours et ces trois nuits, et en la rauUipliant par 720', on trouve 50 065 920 pieds cubes d'air entré au lieu de 42 365 800 pieds cubes.
OU a — = 5 237 calories
utilisées par kilogramme de charbon brûlé, soit 0,73 de sa chaleur totale développée.)
oc Ce résultat économique, comparativement à ceux qu'on obtient des divers modes de chauffage, ne reproduit pas tout l'effet de cet appareil, parce que l'on ne peut douter qu'une certaine portion de la chaleur n'ait été enlevée à l'air pendant son passage par les conduits qu'il a parcourus, s'élevant depuis les fondations et le sol.
a Les foyers découverts des salles et les cabinets de lecture pour le jour ont consommé, pendant ces quatre semaines, 17 tonnes et 6 quintaux de charbon, ce qui excède de 5 ton. 14 q. la consommation de l'appareil de chauffage.
a Des résultats précédents l'on peut conclure avec sûreté :
a 1° Que le système de chauffage étabh à l'hôpital de Guy est réellement efficace ;
o- 2° Que le volume d'air de ventilation fourni est supérieur à celui qui a été obtenu dans tout autre édifice sur lequel des résultats aient été pubhés;
« 3° Que l'économie de combustible est plus grande que dans tout autre bâtiment chauffé à l'eau chaude.
« Les exemples de la prison Mazas de France, dont les résultats ont été donnés par M. Péclet, dans ses nouveaux documents relatifs au chauffage et à la ventilation, approchent à peine d'un effet égal aux 4/7 et 5/7 de la valeur absolue du combustible.
« Il y a deux^points sur lesquels, en concluant, je voudrais particulièrement insister :
« 1° La proportion comparativement très-grande de la quantité totale de combustible fournie au nouveau bâtiment, et qui est dépensée par les foyers découverts sans aucun avantage sous le rapport de la température ou de la ventilation*;
1. L'auteur n'attribue pas, à beaucoup près, une efficacité suffisante à l'action des cheminées comme moyen de ventilation.
a 2° La grande importance qu'il y a à maintenir dans toutes les circonstances une ventilation constante, quelque basse que puisse être la température extérieure, afin de conserver une température agréable en même temps qu'un renouvellement efficace de l'air, ce qui exige que la nuit les feux de l'appareil de chauffage ne soient jamais éteints pendant l'hiver. »
Le tableau suivant contient les résultats des expériences de l'auteur sur les volumes d'air nouveau fourni par la cheminée d'introduction, soit pendant le jour, soit pendant la nuit.