‹ Mécanique pratiqueChapitre 63 sur 127 · M. THOMAS · texte numérisé non relu

M. THOMAS

TEMPERA TIRE

Nota. M. Grassi avait fait bouc'her les bouches du poêle de la chambre à deux lits.

M. Trélat a tenu compte du volume d'air. passant par le poêle de la chambre à deux lit.-;.

370 EXAMEN COMPABATIF

Les résultats consignés dans le tableau précédent, et qui sont dus à trois expérimentateurs opérant isolément, présentent, quant aux volumes d'air totaux, des différences qui tiennent à ce qu'ils n'ont pas fait leurs observations dans des circonstances identiques, mais ils sont tous d'accord pour montrer que le volume d'air qui passe par les poêles est de beaucoup inférieure celui qui est insufflé dans chaque branchement.

Au lieu d'attribuer cet effet aux pertes qui peuvent se produire par les joints des tuyaux, par les maçonneries, etc., l'on a admis, comme incontestable, que tout ou presque tout l'air introduit dans l'artère principale et dans les branchements devait nécessairement arriver dans les salles, et que par conséquent tout ce qui ne passait pas à travers les poêles devait entrer dans ces salles par ce qu'on a nommé ouvertures accidentelles; et, pour qu'il ne reste pas de doute sur le sens que l'on a attaché à ces mots, nous devons citer textuellement la définition qu'en donne l'un des expérimentateurs, M. Grassi * :

« Par ouvertures accessoires, il faut entendre les joints des plaques de fonte placées sur le conduit longitudinal, et les ouvertures destinées à passer les clefs qui permettent d'ouvrir et de fermer les robinets placés sur les conduits qui amènent la vapeur d'eau aux poêles. »

. Cette explication de la différence observée entre le volume d'air passant par les poêles et celui qui avait été refoulé dans les conduites nous a, dès l'abord, paru bien difficile à admettre, et, pour nous assurer de la vérité, nous avons visité à deux reprises plusieurs salles de ces pavillons, d'abord avec M. Tresca, sous-directeur du Conservatoire impérial des arts et métiers, et plus tard avec M. E. Trélat, professeur de constructions civiles au même établissement, et avec M. Henri Péligot. Nous avons examiné avec soin, dans toute leur étendue, les joints que présentent les plaques de fonte

* Annales d'hygiène.

recouvrant le caniveau central des salles. Nulle part il ne nous a été possible d'apercevoir la moindre introduction de vent sensible à la main, et encore moins à un anémomètre tournant sous Faction d'un courant animé d'une vitesse de 0°', 10 à 0",12 par seconde. Il est dès lors devenu complètement évident pour nous que cette entrée d'air par les joints des plaques était inadmissible.

Cependant, pour nous rendre compte par un calcul direct, exempt de toute appréciation, de ce qui était réellement possible , nous nous sommes proposé le problème trèssimple de rechercher quelle devrait être la largeur moyenne, libre pour le passage de l'air, que ces joints devraient offrir pour permettre l'introduction des volumes d'air qui constituent la différence observée.

A cet effet, admettant que l'air passât par ces joints avec une vitesse moyenne de 0^^,10 en V\ qui certainement eût été sensible à la main, et même à l'anémomètre; sachant que les salles ont intérieurement environ 40 mètres de longueur, ce qui fournit 80 mètres de développement de joints par salle, et 240 mètres pour les trois salles d'un même pavillon; puis, faisant le produit de ces deux quantités et de la largeur inconnue ou nécessaire du joint, nous av«ns égalé le produit au volume d'air donné, ce qui nous a conduit aux résultats suivants.

Expérience de M. Grassi. — Pavillon n° 2. — Volume d'air perdu, par heure, 5583'"-% ou par seconde, l'^^-^ôô; d'où la relation :

240" X 0°, 10 X a; = l^.^ôô ; d'où x = 0"%064.

Pavillon n° 4. — Volume d'air perdu, par heure, 7079"-% ou par seconde, l'"-%97 ; d'où la relation :

240"^ X 0-^,10 X a? == r"-%97 ; d'où x = 0™,082.

Pavillon n" 6. — Volume d'air perdu, par heure, 2695™-'=, ou par seconde, 0""',75 ; d'où la relation :

240"' XO", 10X^ = 0""=, 75,; d'où a; — 0"',031,

Expérience de M. Trélat. — Pavillon n" 4. — Volume d'air perdu, par heure, 2720'"-<=, ou par seconde, 0"%75; d'où la relation :

240'"X0"',10 Xx = 0"'-%lb; d'où a? = 0"^- =,031.

Tous ces résultats sont donc d'accord avec l'observation directe pour prouver que les joints de ces plaques, fixées à vis sur les bords du conduit d'arrivée de l'air, lesquels sont incessamment remplis par la poussière et même par la cire du frottage, ne peuvent laisser passer des volumes d'air aussi considérables. Il faut donc, de toute nécessité, se résoudre à admettre que les seuls volumes d'air introduits par les conduits dans les salles sont à très-peu près ceux qui passent par les poêles et que fournissent les expériences, et à reconnaître que le reste s'échappe par des ouvertures inconnues.

Cette conséquence n'a d'ailleurs rien qui doive surprendre, d'après les exemples de faits analogues que nous avons cités précédemment et les considérations que nous avons exposées ; mais il était important de la mettre en évidence et hors de doute, parce que l'hypothèse de l'admission d'une quantité considérable d'air par ces orifices accessoires ou accidentels a conduit à estimer beaucoup au delà de leur valeur réelle les effets de la ventilation par insufflation, et qu'il est nécessaire de rectifier les opinions qui ont pu se former en conséquence de ces appréciations erronées. On verra d'ailleurs les mômes faits et les mêmes conclusions se reproduire, quand nous parlerons de l'appareil d'insufflation employé par M. Yan Hecke.

Ajoutons enfin que ces mêmes appareils ont fourni une autre preuve qu'il ne suffit pas de faire marcher rapidement un ventilateur insufflant pour obtenir dans la conduite, où il refoule l'air, un volume de fluide correspondant à sa vitesse et à la force motrice que l'on dépense. Lorsqu'on a voulu expérimenter directement l'effet que l'on pouvait se promettre de l'action simultanée des deux ventilateurs de l'hôpital Lariboisièrcj la pression de l'air à Forigirie de la conduite prin-

cipale n'a pu dépasser la limite de 24 à 25 millimètres d'eau, et le volume d'air refoulé n'a pas été accru en raison de la puissance dépensée.

Si donc l'on ne peut admettre que tout le volume de l'air, dont l'introduction dans les divers branchements a été constatée, soit, comme on l'a supposé jusqu'ici, parvenu dans les salles, et si l'on est amené à ne compter en réalité que sur celui qui passe par les poêles, il ne s'ensuit pas cependant que la ventilation soit insuffisante quant à l'introduction de l'air nouveau, ou au moins inférieure à ce qui avait été exigé par les marchés. En effet, les expériences déjà citées nous donnent, pour les volumes d'air introduits dans les salles par les poêles, les chiffres inscrits dans le tableau précédent.

245. Différences entre les volumes d'air fournis par les poêles cVune même salle. — Outre les différences observées dans les volumes d'air fournis par les poêles des différentes salles, et que l'on peut parvenir à atténuer, les mêmes observateurs en ont constaté d'autres sur le débit des poêles d'une même salle *. Généralement le premier et le dernier poêle de chaque salle fournissent plus d'air que les deux poêles intermédiaires dans une proportion qui dépasse souvent celle du double; et comme l'appel à la sortie se fait presque directement visà-vis des poêles, sur les faces longitudinales du bâtiment, il s'ensuit que l'air affluent n'est pas également réparti dans la longueur des salles.

244. Expériences de MM. Trélat et Peligot et de M. Thomas, — MM. Trélat et Peligot ont constaté des différences trèsconsidérables , le 5 avril 1856, entre le débit des différents poêles des trois salles du pavillon n° 4. Voici les chiffres qu'ils ont observés :

VOLUMES d'air INTRODUITS PAR LES DIFFÉRENTS POÊLES

d'une Même salle.

Page 1