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Ce volume d'espace paraît être une des premières conditions de la salubrité des hôpitaux, et les médecins anglais semblent unanimes sur ce point.
C'est d'après cette opinion générale que la commission a fixé à 1200P'= ou 33™,". 60 pour les pays tempérés, et à 1500?-= ou 42™"= pour les pays chauds le minimum d'espace à allouer par lit dans les hôpitaux militaires. La distance entre deux lits voisins, qui ne devrait jamais être moindre de 1"\30 à 1"',50, s'élève, dans quelques hôpitaux civils d'Angleterre, bien au delà de cette limite, et celle qui sépare les pieds des lits dépasse souvent k"\
45. Ventilation. — Le grand nombre d'hôpitaux militaires qu'entraîne l'usage d'en faire une annexe presque obligée des casernes a paru à la coriimission un obstacle à l'adoption d'aucun des systèmes mis en usage en France pour chauffer et ventiler quelques-uns de nos hôpitaux miUtaires ou civils, et elle a préféré appliquer séparément à chacune des salles d'hôpital, en même temps qu'aux autres locaux qui en dépendent, le système de ventilateurs qu'elle a adopté pour les
chambres de caserne. L'usage, à peu près impossible à faire abandonner en Angleterre, des foyers découverts où l'on brûle de la houille, est une autre cause de la préférence accordée aux dispositions proposées.
L'expérience montrant qu'avec un feu modéré une cheminée de dimension ordinaire peut produire facilement l'évacuation de 1000 à 1200™-'= d'air par heure, l'on comprend en effet qu'en établissant des orifices d'air suffisants et amenant de l'air à une température convenable, il est facile par les dispositions admises par la commission de renouveler l'air d'une chambre contenant une douzaine de lits.
L'on peut cependant reprocher à ce système d'appeler vers la cheminée où se réunissent les convalescents la plus grande partie de l'air vicié de la salle, tandis que l'évacuation du reste par le conduit placé dans un angle du plafond n'est pas toujours suffisamment à l'abri des coups de vent qui peuvent refouler l'air vicié à l'intérieur, ainsi que cela a été constalé en France pour des dispositifs analogues.
Enfin l'usage des foyers découverts, qui chauffent fort peu, est certainement beaucoup plus dispendieux que celui des divers appareils de chauffage par l'air chaud, par la vapeur ou par l'eau chaude. Cette considération qui, par suite du bas prix du charbon, a en Angleterre moins d'importance qu'en France, ce qui peut expfiquer en partie la persistance que mettent nos voisins à recourir toujours aux foyers découverts.
44. Volume d'air à admettre et à extraire par lit et chauffage. — La commission, sans s'expliquer aussi .neltement que pour les casernes sur le volume d'air nouveau qu'elle regarde comme nécessaire par lit, donne les règles suivantes :
a Une salle bien disposée peut toujours être bien ventilée par un emploi convenable des fenêtres ; mais quand la hauteur, qui est un élément important de la ventilation, est restreinte, il faut ménager dans les murs des conduits d'évacuation et d'admission;
« Le nombre de ces passages doit être réglé d'après celui des lits. Un conduit d'évacuation et un orifice d'admission pour quatre ou cinq lits suffiront. La meilleure disposition serait peut-être de disposer dans le mur un conduit d'évacuation au plafond, au-dessus du milieu de chaque trumeau, et un orifice d'admission au milieu du trumeau opposé, de façon qu'il y ait un orifice d'évacuation et un orifice d'introduction vis-à-vis l'un de l'autre, entre chaque paire de lits opposés. Cela fournirait un orifice d'évacuation et un orifice d'admission pour quatre hts. Il ne devrait y avoir aucun orifice dans les murs au-dessus du foyer.
« L'aire totale des conduits d'évacuation doit être au moins égale à ISP*"! par lit pour les salles de l'étage supérieur, et à 16P°'ï partit pour celles de l'étage inférieur. L'aire totale des orifices d'admission doit être au moins de I2p°i par lit.
a La construction de ces orifices doit être conforme à ce qui a été dit précédemment pour les casernes. »
Si l'on se rappelle que, pour ces derniers édifices, les proporfions indiquées par la commission revenaient à I0i""f ou 63'"i. par homme, auquel on pensait ainsi assurer un volume d'air de 33™-%60 par heure, il suit des proportions précédentes que, pour les salles des hôpitaux, la superficie des
orifices d'admission devrait être -— = 1.20 fois celle que l'on
a adoptée pour les casernes, et le volume d'air introduit par
lit égal à 33'^^•^6X 1.2 = 40™-=,32 par heure.
La surface des orifices d'évacuation des salles d'hôpital se-
raient à l'étage supérieur — = 1.8 fois, et au rez-de-chaussée
— ^1.6 fois, celle qui est allouée pour les casernes; ce qui
semblerait indiquer que l'on voulait obtenir une évacuation de 33""-%6xi.8 = 60'" =,48 par heure et par lit.
Il est à regretter que ces proportions ne soient pas déterminées plus nettement, et cette incertitude provient sans doute de la préférence que les Anglais accordent à la ventilation
par les fenêtres, plus souvent praticable sous leur climat humide, mais rarement très-froid, que sous le nôtre.
Des foyers découverts, analogues à ceux des casernes et disposés de même pour l'introduction de l'air nouveau, seraient placés sur les côtés des salles, devant les fenêtres, entre deux lits et le conduit enfermé dans le trumeau voisin, ainsi sans doute que le conduit d'air chaud, quoiqu'on ne le dise pas.
Dans un plan général d'hôpital donné pour modèle, on suppose deux cheminées par salle de 28 lits. L'emplacement de ces cheminées entre deux lits ne serait pas sans inconvénient pour les malades, et il vaudrait mieux, pour conserver l'usage des foyers découverts, établir les cheminées dans l'axe des salles, en les disposant de manière » chauffer à la fois par rayonnement direct , par leur surface et par l'introduction d'un courant d'air qui déboucherait près du plafond.
43. Résumé. — L'on voit, par l'extrait précédent du travail fort consciencieux de la commission nommée pour l'améhoration de l'état sanitaire des casernes et des hôpitaux mihtaires de la Grande-Bretagne, que les moyens qu'elle a proposés et mis en pratique pour la ventilation reposent tous sur les effets de l'appel que produit la différence de température intérieure et extérieure. Elle n'a eu recours à un échauffement artificiel de l'air que pour tirer un meilleur parti de la chaleur développée dans les foyers découverts ordinaires qu'elle a un peu modifiés , et pour ne pas s'exposer l'hiver à introduire de l'air trop froid dans les salles ou dans les chambres.
Elle a reconnu et signalé les inconvénients des orifices placés au niveau ou près du sol, et avec juste raison elle a fixé leur emplacement près du plafond, à travers des fragments de corniche, offrant un grand nombre de petits orifices, qui divisent le courant et le dirigent de bas en haut vers le plafond.
Elle a même placé l'origine du conduit d'évacuation au plafond, en adoptant une opinion toute différente de celle de M. Reid et de M. G. Gurney.
Si ces dispositions peuvent, dans des temps calmes et par certaines différences de température, fonctionner comme on l'espère, il en est tout autrement quand ces différences changent de sens, et la marche de l'air affluent et de l'air vicié ne me semble pas en général être assez énergiquement assurée par les moyens proposés, pour qu'on puisse compter sur des effets stables et permanents. Cet inconvénient, qui ne serait qu'accidentel et peu grave pour les casernes où les hommes ne séjournent qu'une partie du jour, est plus sérieux pour les salles d'un hôpital, dans lesquelles les malades sont confinés pendant longtemps.
Aussi, tout en reconnaissant que les moyens proposés peuvent convenir pour les casernes , ne suis-je pas du même avis pour les hôpitaux; surtout quand, comme ceux de la France, leur importance permet d'y établir des systèmes de ventilation d'autant moins coiàteux d'installation et de surveillance qu'ils assurent le service d'un plus grand nombre de lits.