CONCLUSIONS
Nous rassemblerons, sous la forme des propositions suivantes, les principales conclusions de notre travail :
1° Les individualités du système nerveux, correspondant à des impressions périphériques locales distinctes, sont constituées par les individualités des cellules épithéliales périphériques fusionnées avec les individualités des cellules épithéliales sous-jacentes et contiguës, et prolongées sous le nom de nerfs sensibles, jusqu'au canal vertébral.
2 Comme les premiers développements embryonnaires le font prévoir, ces individualités épithéliales prolongées traversent le canal vertébral pour retourner à la périphérie sous le nom de nerfs moteurs.
3° Leur partie intra-vertébrale constitue, avec un système spécial de fibres d’association, les centres nerveux. Les modifications de forme et de volume des centres et du canal vertébral sont dues au développement exagéré de cette partie intravertébrale qui affecte la forme d'un croissant.
4° Les individualités épithéliales, retournées à la périphérie sous le nom de nerfs moteurs, constituent les muscles en s’enroulant sur elles-mêmes sous forme de fuseaux massés les uns contre les autres. Cette disposition est démontrée par le partage anatomique et physiologique des fibrilles musculaires
entre les individualités nerveuses, et par la structure et le fonc-
RON ONR
tionnement semblables des fibrilles musculaires et nerveuses. Les muscles sont donc simplement des multiplicateurs organiques et physiologiques des individualités nerveuses ou des individualités épithéliales périphériques prolongées.
5° La continuité du mouvement parcourant l’individualité épithéliale prolongée, avec le mouvement extérieur qui établit du reste cette individualité elle-même ; Ja limitation du mouvement dans l’individualité nerveuse, produite par la rupture de cette continuité, grâce à l'intensité que le mouvement acquiert, à un moment donné, au moyen dé l’enroulement musculaire; la variété des individualités nérveuses suivant celles des mouvements extérieurs, indiquent que les individualités nerveuses sont des mouvements extérieurs enregistrés. Cette proposition d’ailleurs est confirmée par ses corollaires.
6° Le mouvement extérieur, qui s'enregistre dans le protoplasma, acquiert, grâce à l’enroulement musculaire, une intensité telle qu’il déplace la surface sur laquelle il agit et qu'il se trouve ainsi transporté sur un autre point de cette surface. A priort donc le mouvement extérieur enregistré, ou l’individualité nerveuse ou sensible, doit revenir à la surface pour se continuer au nouveau point périphérique d'application du mouvement extérieur. Ce retour de l’individualité sensible est nécessaire physiologiquement, car les individualités qui se succèdent ne sauraient le faire qu'au niveau où elles commencent; or toutes les individualités commencent à la surface. Enfin ce retour est prouvé expérimentalement par la physiologie (compas de Weber, « angle tactile ») et par l'anatomie (structure de l'être monocellulaire).
Les individualités sensibles constituent donc des anses réflexes physio-psychiques, ce dernier terme indiquant leur objectivité (physique) et leur subjectivité (psychique).
7° Plusieurs anses réflexes à la suite les unes des autres, et
correspondant à un même mouvement extérieur, à la même sensibilité, forment un tout sans dimension subjective. Pour constituer des individualités, c'est-à-dire des parties distinctes, il faut que ces anses réflexes affectent entre elles des rapports de continuité différents, il faut, en somme, que le mouvement enregistré se fragmente en parties ayant des rapports différents. Ainsi, suivant six rapports différents, le mouvement physio-psychique, mouvement extérieur enregistré, constitue l'espace et le temps. Une surface tactile est ainsi constituée par un «quadrillé tactile » dont les petits côtés sont égaux subjectivement à l'unité et sont mesurés objectivement par un angle qui marque le point initial et le point terminal de lindividualité physio-psychique et qu'on peut appeler « angle tactile » (1). |
Cet angle tactile peut correspondre à un certain nombre d’anses réflexes fonctionnant parallèlement ou ayant les mêmes rapports, ou se succédant suivant un seul rapport : il est donc essentiellement variable, et plus la portion de surface qui touche à un même moment est petite, plus l’angle tactile de cette surface est petit. On peut dire encore que la richesse d’une surface tactile est en raison inverse de la grandeur de l’angle tactile de cette surface.
8 Les petits côtés du quadrillé tactile, représentant des directions primitives, par point du quadrillé tactile il doit y avoir au moins huit fibrilles correspondant à huit moitiés d’anses réflexes (4 antagonistes) qui constituent quatre muscles au moins affectés aux directions primitives.
9% Le quadrillé tactile ne peut être parcouru, à un même
moment, que par un mouvement physio-psychique unique et
PE
(1) Voir pour la profondeur, p. 104 ets.
résultante partant du point central de la surface et s’irradiant dans les directions primitives de cette surface. Les quadrillés tactiles associés donnent lieu également à un mouvement physio-psychique composé, unique et résultante. -
10° Les différents mouvements physio-psychiques qui entrent dans la constitution de cette résultante peuvent induire les autres ou prendre la direction du processus général, ou, au contraire, être induits par les autres. Ils constituent l'attention ou la volonté. Ils peuvent se réduire dans différents points de la longueur de l’anse réflexe; aussi les mouvements induits sont-ils toujours plus ou moins réduits; ils le sont toujours, car ils ne sont pas alors en continuité avec les mouvements extérieurs. Les mouvements réduits constituent les pensées. Mais il ne faut pas voir derrière ce terme « pensée » une nature différente de celle de sensation puisqu'il s’agit toujours de mêmes mouvements physio-psychiques. La distinction entre pensée et sensation résidant, uniquement, au point de vue subjectif, dans un simple rapport de succession n'est pas fixe, et les pensées ou les mouvements réduits peuvent devenir sensations. Objectivement, cette distinction est précise; la sensation est le mouvement non réduit, la pensée, le mouvement réduit. t
11° Les mouvements physio-psychiques étant des mouvements extérieurs enregistrés, ceux-ci ont, comme ceux-là, autant d'éléments spéciaux qu'ils sont eux-même spéciaux, et ces éléments sont de nature psychique. Les choses sont donc constituées par des éléments de même nature, psychiques, associés.
12° Les mouvements étant constitués par les éléments en action, c'est-à-dire passant d’une association dans une autre, traduisent les associations des éléments psychiques ou sont les
agents de ces associations.