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J'ai construit (fig. 562) un totalisateur de travail analogue pour le travail des bras. Deux balanciers indépendants sont terminés par des poignées auxquelles on se suspend par les mains; des contrepoids convenables équilibrent presque le poids du corps. Quand tout le poids porte sur une seule main, le système bascule et le poids s'élève, la même chose se passe pour le second balancier; le mouvement de bascule est enregistré par un compteur; avec ces instruments il est facile de comparer le travail exécuté avec les bras ou avec les jambes en faisant agir le poids du corps sur les chevilles du treuil des carriers, tantôt par l'intermédiaire des jambes, tantôt par l'intermédiaire des bras. On fera faire à la roue de nombreux tours dans le premier cas; avec les bras on aura peine à la faire avancer de 10 échelons. Tous les appareils à contrepoids et à ressorts peuvent être transformés en totalisateurs de travail, il n'y a pas grand'chose à faire pour cela.
Les freins sont aussi des totalisateurs de travail. Un disque de bois serré par une corde ou un ruban métallique peut donner par les tours de manivelle qu'on lui fait faire et l'inscription de l'effort sur cette manivelle la valeur du travail effectué au bout d'un temps donné (fig. 563).
L'inscription de l'effort dans la traction d'une voiture sur un papier qui avance en fonction du chemin parcouru donne le travail par la valeur de l'aire comprise entre la courbe et l'axe des abscisses (fig. 553).
Il suffit de découper et de peser ces surfaces pour les mesurer comparativement.
Fig. 563. — Manivelle dynanométrique donnant l'indication de la force motrice nécessaire à vaincre le frottement sous la tension du ressort ÏR agissant sur un tambour. Un compteur G donne la mesure du chemin parcouru par la manivelle ce qui permet d'évaluer le travail produit.
Rythme optimum et rythme régulier dans la dépense de tra-
Demsny. — Mec. et éduc. 33
vail. — Tout ce qui précède est de nature à nous bien convaincre de la nécessité et de l'importance du rythme pour obtenir un régime régulier de travail, nous l'avons recherché pour les allures marchées et courues, nous l'avons montré à. propos de la fatigue et des expériences faites à l'ergographe ; il
Fig. 564. — Manières différentes d'accomplir un même travail comme monter à une hauteur H par le chemin AB.
1, d'une- façon uniforme ; — 2, avec un effort croissant ; — 3, avec un effort considérable au début et décroissant ensuite.
faut le déterminer dans chaque cas au moyen des totalisateurs de travail.
.C'est la où l'homme diffère essentiellement des machines, parce qu'il possède un élément fondamental et individuel, la faculté de produire du travail physiologique et de réparer la dépense au fur et à mesure de la production.
Différentes manières d'accomplir une certaine quantité de travail. — Ainsi on peut accomplir un travail donné, par exemple élever un poids à une hauteur II par un effort continu ininterrompu, en montant le long d'un plan incliné sous un angle favorable, ou en s'y rendant par une courbe où l'effort varie, où il décroît vers la fin (fig. 564, 1 et 3) ou au contraire s'accroît sans cesse (fig. 564).
Dans la plupart des cas l'effort continu est impossible, le
UTILISATION DE LA FORCE MUSCULAIRE 815
travail est alors exécuté en plusieurs reprises, il sera ainsi plus avantageux de monter en deux fois en mettant entre les deux ascensions une période de repos (fig. 565) ; l'inclinaison des chemins pourrail être plus grande, l'effet utile persisterait. On peut diviser encore le travail en petites fractions et s'élever
Fig. 565. — Manière d'effectuer un même travail en faisant des reprises
espacées par des repos.
I, deux reprises de travail séparées par une période de repos ; — 2, plusieurs reprises de petits travaux h,, hs, h3 séparées par de petits repos 6,, 6S, ba; — 3, suite de travaux .:i efforts décroissants ; — b, suite de travaux à efforts croissants.
par degrés comme dans l'escalier (fig. 565,2), c'est-à-dire exécuter des fractions du travail suivies de petits repos ; cette succession des reprises constitue le rythme.
Enfin on peut opérer le travail par fractions et exécuter chaque fraction suivant une loi de croissance ou de décroissance d'effort (fig. 565, 3 et 4), le travail total restant le même, la facilité avec laquelle on l'aura exécuté donnera un rendement meilleur en effet utile, car on se trouvera après le travail dans un état de fatigue plus ou moins considérable.
Ces considérations générales sur le rythme et l'effort sont applicables à tout travail; il est une manière optimum de procéder dans chaque cas particulier. Nous en avons vu la réalisation à propos de l'économie dans la marche et dans l'avantage qu'il y a à mélanger les courses, les marches et le repos, c'est-à-
dire à progresser non pas uniformément mais avec différentes vitesses. Les figures ci-contre peuvent représenter la loi de variation du travail en fonction du temps et non seulement des hauteurs d'élévation et les lignes de niveau pour y parvenir.
Le régime de travail compatible avec la réparation intégrale des fonctions est comparable au maintien du niveau dans un réservoir A qui reçoit
du liquide par un robinet R et en perd par un autre robinet R'.
Si R' débite autant que R, le niveau reste constant, c'est la réparation toujours égale à la dépense.
Si R' débite plus que R, le niveau NN' baisse, c'est la dépense plus grande que la réparation.
Pour ramener le niveau normal, il faut fermer R' un certain temps, arrêter la dépense pendant que la réparation continue Fig. 566. de se faire.
Après chaque excès de débit de R', il faut un certain temps pour que le niveau remonte à sa hauteur primitive : c'est le temps de repos nécessaire à la réparation.
L'ouverture et la fermeture du robinet d'écoulement R' représente le rythme du travail. Ce rythme réglé de façon à maintenir le niveau constant, c'est justement le rythme favorable à la continuation du travail dans un moteur animé.
L'expérience seule en permettra la détermination dans chaque cas particulier.