RÉPONSE DE M. PASTEUR
« Mon cher Maître, il y a quarante ans, en effet, que j’ai le bonheur de vous connaître et que vous m avez appris à aimer la Science et la gloire.
» J’arrivais de la province. Après chacune de vos leçons, je sortais de la Sorbonne transporté, et souvent ému jusqu’aux larmes. Dès ce moment, votre talent de
professeur, vos immortels travaux, votre noble caractère, m ont inspiré une admiration qui n’a fait que grandir avec la maturité de mon esprit.
» Vous avez du deviner mes sentiments, mon cher Maître. Il n’est pas une seule circonstance importante de ma vie ou de celle de ma famille, circonstance heureuse ou pénible, qui vous ait trouvé absent et que vous n’ayez en quelque sorte bénie.
» Voilà qu’aujourd'hui encore vous ôtes au premier rang dans l’expression de ces témoignages, bien excessifs suivant moi, de l’estime de mes Maîtres, devenus mes amis.
» Et ce que vous avez fait pour moi, vous l’avez fait pour tous vos élèves. C’est là un des traits distinctifs de votre nature. Derrière les individus, vous avez toujours envisagé la France et sa grandeur.
» Comment vais-je faire désormais? Jusqu’à présent les grands éloges avaient enflammé mon ardeur et ne
m’avaient inspiré que l’idée de m’en rendre digne par de nouveaux efforts; mais ceux que vous venez de m’adresser, au nom de l’Académie et des Sociétés savantes, sont en vérité au-dessus de mon courage. »
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