‹ Médailles Grecques (volume 2)Chapitre 9 sur 15 · Les lettres AE · texte numérisé non relu

Les lettres AE

Une croix placée sur trois gradins.

dans le champ.

aux deux côtés , un globe.

La plus ancienne médaille connue, portant le nom de la ville de Cherson , est celle avec le portrait de l’Empereur Justinien I , qui a régné depuis l’an 5a? jusqu'à l'an 565 de notre ère, (pl. 11. m. la). Le monogramme du revers est si clair , qu’il est impossible de lire autrement que XEPC^NOC. Mais ce même monogramme ne se rencontre point sur d'autres monnoies postérieures de Cherson et appartient uniquement à celles qui ont la" tête de Justinien pour avers. Un autre exemplaire de cette médaille se trouve dans la belle collection de médaillés grecques de S. E. Mr. le Maréchal de la Cour Cyrille de Narichkin.

Les médailles des Empereurs Byzantins ayant toujours, à peu d’exceptions près , les portraits des Empereurs sur leur avers, il me paroit plus que probable, que la médaille portant le nom de Justinien dans un monogramme (pl. II. m. 1 3), 1 a été frappée aussi à Cherson. Car je doute qu’on ait osé dans le sixième siècle , à Constantinople , remplacer l'effigie du Souverain par son chiffre ; et l’exemple d’une médaille de l’Impératrice Marie, épouse de Michel VII. Ducas, dont l’avers présente le portrait de

Marie, et le revers le monogramme dn prince ", quoique postérieure de 5oo ans à l'âge de Justinien , doit être comptée pour une exception très -rare.

Dans les. teins de sa splendeur, cette ville s'appelle constamment Chersonésus, et ce n’est que long-tems après le commencement de notre ere qu'elle fut nommée Cherson. Au nombre des écrivains qui les premiers l’ont appellée ainsi, se trouve l’auteur anonyme du périple de la mer noire “, celui des Actes du Pape Clément, Procope ", et Jordanes ,J .

Postérieures de peu de tems aux précédentes , mais plus remarquables, sont les deux médailles (pl. II. m. i4< 1 5), qui s’annoncent comme étant de la ville de Chersotr, Xfc/PCoNUC. Ces médailles n'ayant point d'autres légendes , nous serions dans l'incertitude sur les personnages qui y sont représentées , sans une médaille très rare en bronze On voit sur l'avers et sur le revers de celle-ci absolument les mêmes ligures qui sont représentées sur celles de Cherson , et l’avers porte le nom de l'Empereur, D N MAVRIC P P AVG AVG. Le revers est sans légende, mais à côté de Théodosius, nommé Augustus par son père à l’âge de cinq ans , se trouve , de même que sur la plus grande des deux médailles de Cherson , la lettre II. La médaille Byzantine de Mauricius, Empereur depuis 58a jusqu'à 6oa de notre ere , a été publiée pour la première fois par du Cange 14 , daprès un exemplaire médiocrement conservé. Bauduri l’a reproduite ** sans répéter la gravure. Mr. Sestini en a donné ‘ 6 un dessin exact , d'après un bel exemplaire de la collection d’Ainsleyr , et sa description a été copiée par Tanini et Eckhel

Ces médailles de Cherson étant scrupuleusement copiées d’après celles de Mauricius, il est sûr qu'on a frappé autrefois à Constantinople des médailles de cet empereur portant au revers la lettre A que nous avons observée sur Une de Cherson. Quoique les médailles de cette ville frappées sous le règne de Mauricius , ne soient postérieures que de quelques années à celle qui porte le portrait de Justinien , cependant la légende de la dernière

— ai —

est plu» correcte que celle de* première» 'qui portent XEPC'NOC, au lieu de XEPONOC.

Toute» les médailles de Cherson qui suivent, sont postérieures aux précédentes. Sur Pane (pl. 11. m. 16.) le» lettre» qui composent le nom de la ville de Cherson , sont attachées à une croix , et il est possible que l'idée de donner à son bras perpendiculaire la Forme d'une ancre, a rétabli P* dans le nom de la ville. Cherson, pour marquer sa dépendance et son respect pour la capitale de l’empire grec , a placé sur le revers un monogramme, aussi en forme de croix, A laquelle sont appliquées les lettres P '.-MA, Rome, signifiant alors la ville de Constantinople. C'étoit dans cette période que l'on affecta ce qu’on ne pouvoit plus être ; la cour Byzantine se nommoit Romaine } les Grecs de naissance, Romains, les Romains , Latins , et on tâcha d’exiler la langue grecque , pour la faire remplacer par la latine.

La maladresse avec laquelle on a formé le monogramme de la monnoie suivante pl. II. m. 17,) et dans lequel PO remplace l'« , prouve qu’elle est postérieure à la précédente, et qu’elle appartient, ainsi que les médailles des nos. 21 — 36 , aux derniers teins de la ville de Cherson. Le monogramme du revers est composé des lettres ETCA , et se rapporte de même à une quatrième année , que nous indique un monogramme autrement formé sur les deux médailles des nos. ai et 32. Sur les monumens de ces tenu, la lettre A a la même forme que nous voyons sur ces trois médailles , et qui parolt ajouter A la partie inférieure la lettre II.

L’identité de la fabrique que l'on remarque entre les vingt médailles des nos. 7 — a6, et celles des nos 5 et 6. qui portent le monogramme de la ville de Cherson ; et la ressemblance des types de plusieurs des premières avec les deux médailles que je viens de citer, nous prouvent que toutes , sans exception , apartiennent à la ville de Cherson. Ce qui confirme, au surplus, cette opinion, c'est que ces médailles ne ee rencontrent qu’A l'endroit ofi se trouvent les ruine» de l’ancienne Cherson et dans ses environs.

— au —

La médaille qui a le monogramme P»MA sur son avers (pl. II. m. 18) , porte un revers qui a été très souvent reproduit sur la monnoie de cette ville. Dans cette médaille , ainsi que dans toutes les suivantes , le monogramme de la ville a disparu, mais les liabitans de Cherson ont continué , au moins dans la plupart , de reconnoitre leur dépendance de la capitale de l’empire de l'orient, par le chiffre que forment les lettres P»MA.

Le même chiffre simplifié et réduit aux deux lettres P» , qui ont la forme d’une ancre , s'offre sur plusieurs monnoies de différens modules; no. 8 — 13. (pl. 11 . m. * 8 — a*). Toutes ont une croix sur trois gradins pour revers, excepté une seule, qui porte la lettre A (pl. 11 . m. 20).

Au lieu de l'ancre , une classe de monnoies que l'on trouve très fréquemment dans les ruines de l’ancieune ville de Cherson, offre sur l’avers la lettre B tantôt seule (pl. II. m. a 5 . 26) , tantôt ayant des deux côtés, comme accessoires, les lettres K» (pl. II. m. a 3 . a4 , indiquant la capitale de l'empire Byzantin , Constantinople. Leur revers est la croix placée sur trois gradins. 11 me paroît vraisemblable que la lettre B que l'on voit sur plusieurs de nos médailles (pl. II. m. a 3 — 3 o), est l'iuitiale du nom du Protevon , ou chef de la ville de Cherson. Quelques unes n'ont que cette lettre (pl. 11 . m. 25 . 26); d’autres (pl. II. m. 37.) présentent sur le revers les lettres oïl, que j'explique , à Ilpxrsvjtv ^ d’autres très petites encore (pl. 1 1. m. 29. 3 o) , portent , d'un côté , MB , initiales du nom de ce magistrat, dont la première est celle de son nom, la seconde, celle du nom de son père, ou de son surnom; de l'autre côté les lettres «IIX, que l'on doit lire : 0 Tsvaw XepTwyci *». Une des médailles de Cherson (pl. II. m. 28. ) n'a, pour avers, que la lettre ü, au haut de laquelle est une croix ; son revers porte une grande croix.

Je vois de même sur les trois médailles qui suivent, uo. ai. 32. 23 . et que j'attribue à la ville de Cherson (pl. 11 . m. 3 i. 3 a), sur les deux premières (pl. U. m. 3 i.J le nom d’un chef ou Préteur Ioannes ; sur la troisième (pl. H. m. 3 a.) celui de Basilius ; les deux noms sont écrits au génitif. Les lettres du monogramme du revers

de ces trois médailles donnent ETOTC A , légende dont il a été question plus haut , au sujet d’un revers (pi: II. m. 17.) dont le chiffre, autrement disposé, renferme les mêmes lettres.

Enfin on ne peut pas hésiter à regarder les médailles des nos. a4. a 5 . et 26. dont je ne donne pas le dessin , comme appartenantes & la ville de Cherson, Leur fabrique est absolument la même que celle de toutes ‘les autres de cette ville. C’est encore le même type de la croix placée sur trois gradins , dessiné et fini comme celui de la monnoie Chersonite ; et , au surplus, elles ne se trouvent que dans le sol qu'occupoit autrefois cette ville ruinée. Elles sont de cette ville , de même que celles qui portent le nom de loannes et de Basilius. Les lettres AA et AE sont les initiales des premiers magistrats ou Préteurs , qui I’oht gouvernée après les Protevontes.

Le Protevon et le séuat de Clierson , quoiqu'ils se reconnussent sous la dépendance de Constantinople , ainsi que l’attestent les médailles de Cherson frappées sous Justinien et Mauricius , et plusieurs faits historiques qu'il seroit inutile de citer, gouvemoient la ville d’après ses propres loix, et affectoient peut-être une soumission qu’ils qp trouvoient pas toujours nécessaire d’observer. Au reste, quelles qu'aient été les relations de Cherson avec la capitale, celleci crut à la fin qu’elle feroit mieux, pour renforcer son pouvoir dans cette contrée, de supprimer la dignité du Protevon , et, de lui substituer un Préteur envoyé de Constantinople. Ce changement eût lieu pendant le règne de l'Empereur Théophile 3 “, qui occupa le trêne depuis 839 jusqu'à 84 » de notre ere. Par conséquent les médailles que j’ai attribuées aux Protevontes doivent avoir été frappées avant le milieu du neuvième siècle. 11 est probable que ces médailles dont j'ai donné les dessins, ne l'ont été que peu de tems avant la suppression de la dignité des Protevontes, et que ces chefs ne se prévalurent pas longtems du privilège de marquer des initiales de leurs noms la monnoie de Cherson , puisque les médailles des nos. 5 — ta, qui me paroissent antérieures à celles-là, quoique frappées de même sous l'autorité des Protevontes , ne

porteut point ces initiales. Quant à celles qui offrent les noms de Ioanues , de Basilius , et les lettres AA et AE, je crois quelles doiveut être attribuées à l’administration des Préteurs qui ont succédé aux Protevontes.

Médailles Byzantines.

Pour remplir l'espace au bas de la planche II. j'ai fait dessiner deux médailles en argent, l'une de Jean II. Comnène qui régnoit depuis 1118 jusqu’à u 43 de notre ere j l'autre de son fils. Manuel 1 . Comnène qui succéda à son père et régna jusqu’à l'an 1180. La médaille de Jean II. Comnène étoit inédite jusqu'à présent. Tanini 1 et , après lui , Eckliel ‘ , avoient publié la description de celle de Manuel 1 . Comnène, mais sans ajouter le dessin. Je donne ici la description de ces deux médailles d'après plusieurs exemplaires , qui se distinguent par différons accessoires. La dernière de Manuel manque d’avers , et le revers s’y trouve double. Les deux médailles d'Alexius 11 . Comnène, fils de Manuel I. Comnène , Empereur depuis 1180 jusqu'à Ii83, sont inédites et très intéressantes sous plusieurs rapports ; elles se trouvent au cabinet d'un connoisseur très distingué de la numismatique ancienne On ne connoissoit jusqu'à présent aucunes médailles que l’on put attribuer, avec certitude, à cet Empereur, et Eckhel convient que celles qui portent le nom d’Alexius Comnène ne présentent aucune marque caractéristique qui pourvoit servir à distinguer celles d’Alexius I. de celles d’Alexius II. Eckhel renvoie son lecteur aux monnoies d’Alexius 1 . pour y chercher celles qui pourvoient avoir été frappées sous le règne d’Alexius II ‘ 3 . Mais les deux médailles dont je donne ici la description , appartiennent sans aucun doute à Alexius H. C’est le type du revers, le Saint Eugène, qui , sur .la monnoie Byzantine , paroit pour la première fois placé sur l’avers des médailles de son grand - père , type qui ne peut appartenir qu’à son petit-fils. C’est encore la manière dont est écrite la légende de ces deux médailles, ressemblante en tout à celle des médailles de Manuel et de Jean Conmènes , qui prouve qu'elles sont du même teins. Je me réserve de donner la figure des

médailles d'Alexins II , dans une autre Occasion. Je remarque encore qu’Alexius II. s’étant fait représenter â

cheval, ne pouvoit pas se dispenser de figurer son saint protecteur dans la même attitude.

i. 1» O KMNOC . L’Empereur Jean II. Comnène, debout , vêtu d’un habit orné de perles ; tenant de la droite le labarum , et supportant de la gauche un globe surmonté d’une croix.

O A EVrENIOC. Figure de S. Eugène nimbé et debout , tcnaut de la droite un bâton surmonté d’une croix, et retenant de la gauche sâ draperie ; dans le champ , au bas , à droite , quatre petits globes. AR. 6 .

Au cabine- in» l al de Rmir,

*. lw O KOMNNOC. Même figure de Jean II. Comnène.

O A EVTENIOC . Même type de S. Eugène ; au bas , un trait transversal qui passe le bâton surmonté d’une croix, que tient S. Eugène. AR. 6 .

Au mémo cabinet.

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