‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 110 sur 217 · MAL SACRÉ, HAUT MAL, MAL CADUC · texte numérisé non relu

MAL SACRÉ, HAUT MAL, MAL CADUC

Affection apyérique, chronique et intermittente de Tencéphale, qui se manifeste par accès.

Ces accès ou attaques, quand la maladie a atteint un certain degré, sont caractérisés par des convulsions générales ou partielles, la perte de l'intelligence, l'insensibilité de toutes les parties du corps, mais sans paralysie consécutive du mouvement ou du sentiment.

Dans rimmense majorité des cas, les attaques d'épilepsie ne sont point précédées de symptômes précurseurs. En général, au moment où le malade s'y attend le moins, il perd connaissance et tombe ; les yeux s'ouvrent largement, les pupilles restent immobiles, la direction des yeux est changée, la face tirée d'un côté, la bouche portée vers l'oreille, et les dents sont resserrées ; puis, après quelques minutes, les muscles du cou deviennent raides, la tête se contourne, les jugulaires se gonflent, la face est dans un état de turgescence violacée; les muscles du visage sont pris alors de contractions spasmodiques fréquemment répétées ; une écume couvre la bouche : les membres supérieurs et inférieurs et surtout les premiers sont agités de secousses convulsives ; les pouces s'enfoncent dans la paume des mains. Cependant le thorax reste ferme et immobile : la respiration est haute et entrecoupée, et la suffocation paraît imminente.

A cet état, qui dure de deux à huit minutes ordinairement, mais qui peut aussi se prolonger beaucoup plus

longtemps et se répéter à des intervalles très rapprochés, succèdent un relâchement général du système musculaire, la pâleur de la face et le retour gradué de la liberté de la respiration; le faciès conserve quelque temps encore un air d'hébétement : les facultés intellectuelles et sensitives, plongées dans la stupeur, reprennent peu à peu leur activité, et le patient commence à sentir un brisement dans le corps. Mais les attaques d'épilepsie ne sont pas toujours aussi violentes ; quelquefois elles ne consistent qu'en une perte de connaissance momentanée avec des convulsions légères et partielles des yeux, de la bouche, d'un bras ou d'un doigt, pouvant s'accompagner ou non de chute. Quelquefois aussi, l'accès se borne à une simple sensation de vertige, et le malade ne perd pas connaissance. Enfin, dans quelques cas, l'attaque est précédée d'une sensation variable de fraîcheur, de frisson, d'engourdissement, de chatouillement ou même de douleur, dans une partie plus ou moins éloignée du cerveau, comme au cou, au sein, au bras, au pied, etc.; et de cet endroit part une sensation singulière, comme d'une vapeur qui se dirige vers le cerveau et provoque alors les phénomènes que nous avons décrits. Le retour des attaques est plus ou moins éloigné.

Quelques épileptiques en ont plusieurs par jour ; d'autres n'en ont qu'une seule. Chez un grand nombre, elles n'ont lieu qu'à des intervalles plus longs et tout à fait irréguliers. Lorsque la maladie dure depuis un certain temps, on observe, dans l'intervalle des accès, certains désordres qui indiquent une lésion plus ou moins profonde du centre encéphalique. Les épileptiques ont

généralement le caractère difficile, inégal ; ils ont des absences, un affaiblissement plus ou moins considérable de la mémoire et même des facultés effectives ; de rinaptitude au travail soutenu, etc. Voilà pour les plus favorisés. D'autres deviennent idiots ; presque tous finissent, s'ils vivent assez longtemps, par tomber dans un état de manie ou même de démence incurable. La mémoire est la faculté qui s'altère le plus promptement. Les mouvements volontaires présentent aussi des désordres permanents : strabisme, tics convulsifs, contractions, atrophie musculaire, contorsions de la tête, déformation du visage. D'ailleurs, et cela fait un contraste frappant avec l'état du cerveau, les fonctions des organes de la vie végétative s'accomplissent ordinairement avec régularité.

L'épilepsie survient beaucoup plus souvent avant qu'après la puberté. On l'a observée dans les premiers jours de la vie ; elle est très rare chez les vieillards, et deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle est aussi plus commune dans les pays froids que dans les pays chauds. Enfin elle est quelque fois héréditaire. Parmi les causes déterminantes de l'épilepsie la frayeur est de beaucoup la plus fréquente. Elle est surtout puissante chez les femmes, lorsqu'elles se trouvent dans la période menstruelle. Après la frayeur, ce sont les passions vives, comme la colère, la jalousie, les chagrins, qui produisent le plus souvent cette névrose. Enfin, elle accompagne assez fréquemment l'idiotisme, car on compte un épileptique sur huit idiots.

Il y a peu de maladies aussi graves que l'épilepsie ;

et la maladie est d'autant plus fâcheuse qu'elle a débuté dans un âge moins avancé et sous l'influence de l'hérédité ; qu'elle est accompagnée de vertiges ou d'absences; que les accès sont plus fréquents, et laissent un trouble plus profond dans les facultés intellectuelles. La mort subite n'est pas rare dans les attaques dont la violence est très grande, elle résulte alors de la congestion cérébrale.

Elle est moins terrible lorsque la maladie reconnaît une cause spécifique, comme la syphilis, ou une cause accidentelle, comme la frayeur et lorsque les attaques sont rares et que la maladie marche avec lenteur.

L'anatomie pathologique ne nous a rien appris sur les causes probables de l'épilepsie. Les altérations observées chez les épileptiques qui ont succombé n'ont rien de particulier et de caractéristique à cette affection. Casauvielh et Bouchet ont prétendu qu'il y a constamment des traces de phlegmasie chronique de la substance blanche du cerveau. Mais, lors même qu'on admettrait leur assertion, il resterait à savoir si la phlegmasie n'est pas plutôt l'effet des congestions produites par les attaques, qu'elle n'en est la cause. Aucune des lésions diverses, telles que tumeurs intro-crâniennes de nature variable, hydatides, épanchements, altérations des méninges, épaississement ou déformations des os du crâne, hypertrophie ou vice de conformation de l'encéphale, etc., qu'on a rencontrés chez les épileptiques, ne peut être considérée comme propre à cette maladie.

D'ailleurs, il ne serait pas aisé de comprendre comment des altérations si diverses et localisées dans les

parties les plus différentes de Tencéphale pourraient produire une affection aussi caractérisée et aussi uniforme dans ses symptômes que l'épilepsie.

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