‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 176 sur 217 · PHTHISIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

PHTHISIE PULMONAIRE

Les maladies pulmonaires, et spécialement la phthisie, se rencontrent de nos jours dans une proportion épouvantable, et élèvent horriblement le chiffre des statistiques mortuaires.

Cette question touche de trop près Tintérêt de l'humanité pour que nous ne fassions tous les efforts possibles pour en connaître la cause plus ou moins probable ; et après l'avoir suffisamment approfondie, il nous semble l'avoir trouvée en partie dans les désordres de l'équilibre des fonctions cutanées, mais principalement dans un ordre de causes dont nous n'avons pas encore pu calculer la participation, spécialement par rapport à la triste influence qu'elles peuvent exercer sur la santé générale des individus, et enfin de nations entières. Pour ce qui regarde les désordres de la sécrétion de la peau, que peut-on trouver de plus antihygiénique que de voir une jeune femme très délicate, avec la poitrine à moitié découverte, dansant toute une soirée entière dans des salons tellement chauffés qu'il vous donnent une idée de l'antichambre de l'enfer, puis en sortant avec les nerfs et le sang en ébullition et s'exposant tout à coup à cette brusque suppression de transpiration, à ces refroidissements soudains du corps de la manière que chacun peut connaître? Que devra-ton dire de certaines méthodes de traitement de maladies de la peau, telles que la gale, les effervescences herpétiques, au moyen de l'application des seuls remèdes

externes qui renvoient le principe humoral sur la membrane muqueuse des bronches.

Et des saignées dans les affections phthisiques qui, en affaiblissant la constitution du malade, détruisent la force de résistance de la nature qui ne pourra plus réagir contre le principe morbide, qui a une tendance à gâter, le tissu de Torgane pulmonaire ? Ajoutez encore à toutes ces causes l'influence désastreuse des traitements antivénériens, et spécialement l'usage prolongé et à trop fortes doses dîi sublimé corrosif : il est prouvé que les sels mercuriels et encore plus le mercure métallique affectent d'une manière toute particulière les tissus spongieux et que par conséquent ils choisissent de préférence le parenchyme pulmonaire : c'est pour cela que, sous l'influence des réactions chimiques vitales, le mercure se réduit à son état liquide comme on peut le voir dans un baromètre ordinaire, et comme partout se manifeste la loi de hausse ou de baisse suivant l'état de l'atmosphère, il peut produire, alors que ses oscillations sont trop fortes, l'apoplexie pulmonaire, ou, ce qui arrive le plus souvent, la phthisie.

Mais toutes ces causes, datant de longtemps, principalement les premières, réclament pour ce motif une hygiène mieux entendue et l'aide d'une médication plus prudente.

Une des causes assez répandues et qui obtient un excellent appui de tous les gouvernements civilisés, est le vaccin. C'est la destinée de notre pauvre humanité que les conquêtes qui ont fait un jour son plus beau titre

de gloire doivent bientôt se changer en instruments de malheur et de dégradation. L'immortelle découverte du grand bienfaiteur de l'humanité, Jenner, ne tarda pas beaucoup à devenir une arme homicide, tournée contre les générations de la race humaine, on retrouve ainsi le moyen de faire un véritable communisme de vice syphilitique, galeux, scrofuleux, tuberculeux, etc.

Quelques maladies comme la diatèse cancéreuse, tuberculeuse, qui étaient le blason pathologique de quelques familles, et dont on pouvait suivre la ligne généalogique dans les branches directes et latérales, frappent cruellement des victimes chez lesquelles ni le père, ni la mère, ni les vieux (nous supposons le cas où ces maladies épargnent une génération pour retomber sur la suivante), ne présentèrent jamais aucun des symptômes de cette diatèse. En outre, combien de fois ne voit-on pas, au milieu d'une nombreuse famille, un jeune homme dont la conformation thoracique et générale ne laisse pas supposer une seule tendance à la phthisie, et qui doit pourtant succomber à cette terrible maladie, tandis que ses frères et sœurs n'ont pas présenté la moindre trace de cette affection et ont suivi impunément leur mortelle carrière ? Des phénomènes si étranges, que Ton voit à chaque moment dans les grands centres, se sont déjà produits dans des pays auparavant vierges et qui conservaient l'empreinte des coutumes patriarcales. Les progrès de notre société moderne, les chemins de fer, l'armée, etc., font disparaître les distances, rapprochent les villes des villages et établissent d'étroits liens d'unions

entre ces deux différentes espèces d'habitants. Maintenant, malheureusement, Tensemble de lumières intellectuelles que rhabitant des villes échange avec celui des campagnes porte encore le tribut de leurs vices, et de cette manière la corruption physique gagne chaque jour du terrain.

On peut, en effet, assurer que certaines maladies humorales qui, autrefois, n'étaient propres qu'auxgrands centres de population, se trouvent aujourd'hui dans les endroits les plus retirés et qui jusqu'à présent avaient été inaccessibles, et à cause de cela tout le monde connaît l'influence que ces principes diatésiques exercent sur l'économie générale de notre corps, et combien puissamment ils tendent à laisser une empreinte scrofuleuse, rachitique, etc. Maintenant le pathologiste sait que les scrofules et la tuberculose se tendent la main et ne sont enfin qu'une même chose qui se revêt de mille formes.

Supposons maintenant que l'on vaccine un nombre d'enfants, quinze ou vingt, avec le pus vaccinal sorti de la pustule d'un enfant dont les parents avaient le sang infecté par quelques-uns des principes miasmatiques dont nous avons déjà parlé ; supposons toujoursqu'à leur tour quatre ou cinq de ces enfants vaccinés de cette manière fournissent leur pus pour vacciner dans la même proportion,

Il ne sera pas nécessaire de faire un bien grand effort d'imagination pour se faire une idée de l'épouvantable dégradation de la race humaine.

Eh oui, que l'on y réfléchisse bien. De nos temps les discrasies humorales sont trop répandues malgré la belle

apparence de prospérité, et en général la vaccination, au moyen du pus pris sur un enfant, devient un terrible moyen de propagation. Voilà la raison pour laquelle le médecin voit à chaque instant se ^ présenter en nombre aussi prodigieux ces maladies.

Que les médecins y réfléchissent bien, car l'importance de la question ne le mérite que trop, que les gouvernements secouent cette léthargie qui les enveloppe à ce sujet s'ils veulent de robustes soldats et des citoyens vigoureux et virtueux, car anima sana in corpore sano, La méthode de la vaccination au moyen du pus sorti d'un enfant, du moment qu'il peut être saturé de qualité humorale de nature naligne et par conséquent susceptible de transfuser sa propre nature, ne peut donc plus inspirer une aveugle confiance : l'humanité y gagnera beaucoup le jour que l'on adoptera exclusivement, ne serait-ce que pour quelque temps, la vaccination avec le cow-pox, c'est-à-dire avec le vaccin extrait de l'éruption qui se manifeste sur la vache. Qu'on n'aille pas pourtant croire que nous voulions blâmer la vaccination et les rendre coupables d'irréflexion ; ce n'est pas leur faute, car malgré toutes les précautions prises contre les discrasies, tous les jours de plus en plus nombreuses dans la race humaine, on n'aura que trop souvent affaire avec des constitutions attaquées de quelque mal physique.

La phthiiie pulmonaire est déterminée par le développement dans le poumon d'un produit appelé tubercule.

Symptômes Au début, froid aux extrémités, face pâle, petite toux

parfois avec crachement de sang, malaise général, inappétence ou appétit dépravé ; insomnie, légère fièvre, sueurs nocturnes, grande faiblesse, amaigrissement,

Puis les symptômes augmentent d'intensité et il s*y joint : crachats jaunâtres, puis verdâtres, épais, visqueux; la poitrine se rétrécit, les joues se creusent, il y a oppression, enflure des jambes.

Traitement

Tant qu'il n'existe que la toux et l'amaigrissement (sans sueurs) le traitement est S. ait. P.

Si l'oppression, les sueurs, les crachements de sang se déclarent on donne de suite : Dilution C. ait. A. ait. P. (premier ou deuxième verre), puis S. à sec, matin et soir pour relever l'appétit et assurer le sommeil, parce que la pulpe du poumon tuberculisée réclame l'emploi duC, les bronches étant également malades demandent le P. et le système veineux qui, comme les bronches, est engagé dans la pulpe du poumon, réclame l'action de TA. I"," La fièvre lente qui accompagne toujours cette maladie, ne cède presque] jamais aux fébrifuges, mais toujours à l'A. La dose qui réussit en général est celle du deuxième verre. Si les' crachats purulents augmentent, il faut diminuer le C. ; si c'est l'essoufflement et la fièvre nocturne, c'est] A. qu'il convient'd'affaiblir; 'si 'c'est la toux c'est P.

L'onction de C sur la poitrine enlève la douleur et augmente l'eflFet du traitement.

Application d'El. R. ait. El. J. au grand sympathique, au plexus solaire et à l'occiput.

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