RAGE
La rage où hydrophobie est une maladie virulente qui succède à la morsure des animaux enragés. On ne connaît aucun exemple authentique d'hydrophobie rabique développée spontanément chez Thomme. Elle est toujours communiquée par la morsure d'un animal atteint lui-même d'hydrophobie. Le principe de la rage, ou virus rabique, paraît résider exclusivement dans la salive, selon les uns, ou, selon les autres, dans le mucus bronchique. L'individu auquel ce virus a été inoculé par la morsure d'un animal atteint de la rage ne manifeste pas immédiatement les symptômes propres à cette ma-
ladie ; il s*écoule ordinairement trente à quarante jours avant l'apparition des premiers symptômes; cependant la période d'incubation peut être plus courte ou plus longue, et varier depuis dix ou douze mois.
Les premiers symptômes de l'afiFection sont la céphalalgie et l'insomnie ; la plupart des malades sont tristes et inquiets, d'autres sont vifs et verbeux ; chez tous Tappétit est diminué et le pouls accéléré. Ces troubles divers, dont la durée est de quelques jours, constituent la seconde période ou période des prodromes. La troisième ou période finale, s'annonce d'abord par un sentiment de constriction à la gorge et de suffocation, ainsi que par Thorreur des liquides. La figure des malades exprime la plus grande terreur quand ils voient de Teau et quand on leur propose de boire. Ils sont aussi péniblement impressionnés par le vent, par une vive lumière, et par la vue des objets brillants. Cependant leur soif est ardente, et lorsque, pour la satisfaire, ils veulent vaincre leur aversion, on les voit saisir en frémissant le vase qui contient le liquide, l'approcher de leurs lèvres, puis aussitôt le repousser avec effroi et en proie à une violente suffocation. L'ouïe est exaltée, le toucher très sensible, . la parole brusque ; quelques-uns sont furieux, mais ce n'est pas le plus grand nombre. A mesure qu'on approche du terme fatal, il survient des convulsions de plus en plus fréquentes : les troubles respiratoires augmentent, il se déclare un crachotement continuel, les yeux se cernent, les lèvres et les doigts bleuissent, enfin la vie s'éteint tout à coup, sans agonie, par la suppression des voies respiratoires. La durée de cette dernière
période est le plus souvent de deux à trois jours.
On n'a observé d'exemple du développement spontané de l'hydrophobie que chez les espèces qui appartiennent aux genres canis et f élis, et particulièrement chez le chien, le loup, le renard et le chat.
Le chien chez lequel cette terrible maladie est en voie de développement paraît d'abord triste et perd l'appétit. Bientôt il fuit la maison de son maître et court, la tête basse, le poil hérissé, les lèvres couvertes d'une bave écumante, mordant les hommes et les ani^ maux qu'il rencontre, mais sans paraître les rechercher. Chez lui, l'horreur de l'eau est un symptôme moins constant que chez l'homme. De temps en temps des convulsions se déclarent et arrêtent l'animal dans sa marche; enfin la mort arrive brusquement. Le chien est encore sujet à une sorte de rage modifiée qu'on appelle rage mtce, c'est-à-dire rage muette parce qu'il ne peut pas crier. Il est aussi dans l'impossibilité de mordre, car il ne peut rapprocher les mâchoires. L'animal est alors en proie à une grande anxiété, mais sans accès de fureur. La rage mue est souvent, à ce qu'on pense, le résultat de morsures faites par un chien enragé ; cependant on doute qu'elle soit transmissible par
inoculation.
Traitement
I globule à sec de S. toutes les dix minutes, matin et soir. 5 globules F. à sec. Onctions de F- aux hypocondres. Application d'EI. J. à toute la gorge, d'El. A. sur le cœur et d'EI. B. sur le crâne, au grand sympatique, au plexus solaire et au creux de l'estomac. -