‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 82 sur 217 · CHOLERA · texte numérisé non relu

CHOLERA

Il est une maladie marquée d'un cachet tout particulier, se présentant sous le plus effroyable des aspects, et qui, partie des bords du Gange, a visité déjà, à diverses reprises, presque toutes les contrées de l'Europe et du monde entier, répandant tout autour d'elle la terreur, la désolation et la mort ; ce mal est le choléra asiatique.

Bien que cet horrible fléau attaque d'un seul coup tout l'organisme, oii ne saurait cependant ne pas constater que le canal intestinal est l'endroit où il se développe le plus, où il porte les plus fortes atteintes et les désordres les plus alarmants; d'autant plus que les dangers imminents par lesquels s'annonce cette maladie et la nature même du mal n'ont rien de commun avec les maladies ordinaires du canal intestinal. La cause occa-

sionnelle n'est autre chose qu'un poison subtil répandu dans l'air, poison à la fois contagieux et épidémique, qui échappe à l'impression de nos sens et s'insinue dans l'organisme par l'appareil respiratoire, par les voies cutanées et peut-être même au moyen de l'appareil gastro-entérique.

Les horribles symptômes de cette maladie, les innombrables- victimes qu'elle fait, la façon même avec laquelle elle se développe, l'ont malheureusement rendue familière même aux gens du peuple; outre cela, son caractère épidémique et toutes les circonstances alarmantes qui l'accompagnent, n'admettent point l'ombre du doute sur son diagnostic.

Sans entrer dans des considérations physiologiques et pathologiques (ce qui nous contraindrait d'entamer une matière se prêtant à de longues et curieuses digressions, qui cependant seraient d'une grande nécessité pour le traitement) sans toucher à l'historique de cette maladie, travail qui ne serait certes pas superflu dans un livre pratique, nous ferons une description concise et fidèle des différentes périodes qu'elle peut traverser.

La marche de l'affection cholérique peut se partager en trois périodes : période des prodromes, période algide i

et période de réaction. ^

I® Prodromes. — Le plus souvent l'invasion du cho- |

léra asiatique est précédée de prodromes suffisants pour j

avertir l'homme de l'art et le sujet lui-même .

Ces phénomènes sont d'autant plus significatifs s'il existe alors une épidémie déclarée. Assez fréquemment

rapproche de la maladie est signalée par un empêchement gastrique, un état suburral qui dure quelques jours. Dans une foule de cas, les phénomènes prodromiques sont les suivants : Malaise indéfinissable et chute rapide des forces ; transpirations faciles et^ débilitantes ; sensation pénible vers l'épigastre et dans tout l'abdomen ; digestion longue et . difficile ; tension abdominale, diarrhée qui cède et se reproduit souvent ; coliques, nausées, hoquets et enfin vomissements. Toutefois, ces derniers sont rares et ne coïncident guère avec les déjections. On observe aussi de la soif avec désir de boissons acidulées, des appétits bizarres, des vertiges,de Tinsommie, de la tendance à la syncope. Quand la maladie se bornç là, la convalescence est lente et la rechute est facile.

Enfin, au moindre excès, il y a invasion brusque dans tout l'appareil de symptômes cholériques

2° Période algide ou de cyanose, — Soit après les symptômes ci-dessus, soit après une diarrhée prolongée, soit après un excès quelconque, et quelquefois sans la moindre circonstance de ce genre, le choléra proprement dit se déclare par un malaise subit, accompagné de syncope, coïncidant avec les vomissements et les premières évacuations alvines qui se succèdent d'abord avec beaucoup^de rapidité. Les matières rendues ressemblent à du petit-lait mal clarifié ou à une décoction de riz; elles sont formées d'un liquide séreux dans lequel nagent des flocons d'albumine coagulée. Bientôt après,crampes douloureuses dans les muscles des extrémités, surtout aux

mollets et qui s'étendent ensuite à l'abdomen. Le malade accuse de violentes souffrances,unevive ardeur à la région épigastrique, une pesanteur intolérable autour du cœur, une soif vive.

L'anxiété est extrême, la voix tremble, les paroles du patient sont plaintives et saccadées. Les sécrétions de l'urine, de la bile, de la salive, se suspendent entièrement; les évacuations deviennent très fétides, et la sueur prend cette odeur singulière qui annonce l'approche de la mort; en même temps la chaleur se supprime. A mesure que le pouls se ralentit, une teinte bleuâtre ou violacée (cyanose), qui a commencé aux extrémités s'étend par plaques marbrées à toute la surface du corps.

Les ongles sont livides, presque noirs, la peau des doigts se ride et s'applique sur le corps des phalanges, l'amaigrissement est bientôt tel, que le malade devient méconnaissable.

En même temps l'œil semble fixé au fond de l'orbite et la paupière supérieure n'en laisse voir qu'une partie.

La conjonctive est sale et pulvérulente ; la cornée est terne et plissée comme sur un œil vide. Une turgescence plombée envahit la face ; les lèvres grossissent et s'écartent, l'haleine et la langue sont froides, et le nez est si froid qu'il tombe quelquefois en gangrène. A la fin de cette horrible scène, la respiration se ralentit, les tendons des muscles s'agitent, la cyanose a envahi tout le corps, le malade ne peut plus avaler, et, après deux ou trois mouvements convulsifs, il meurt.

Jusqu'à la fin ses facultés intellectuelles sont conservées, cependant il semble tomber dans une apathie

extrême et désirer qu'on Tabandonne à son sort. Les attaques de ce genre sont généralement fatales dans Tespace de quatre à huit heures.

Dans les formes moins graves que celle-ci, on observe le même cortège général de symptômes, mais ils sont moins rapides dans leur succession, et on a plus de temps pour les combattre. L'accès commence par les vomissements et les diarrhées, puis viennent le malaise et Tardeur au creux de Testomac ; les matières rendues prennent peu à peu l'apparence de l'eau de riz, la physionomie se grippe, le thorax se resserre, les crampes et les spasmes sont intolérables, la pe^u perd tout ressort ; pincée, elle conserve le pli qu'on lui fait ; piquée, elle ne donne plus de sang et,en vingt-quatre ou trente-six heures, le malade, tout bleu, froid et sans pouls, expire dans le coma.

Période de réaction. — Lorsque le malade a échappé aux dangers de la période précédente, on voit les synjptômes les plus graves perdre de leur intensité ; les spasmes et la dyspnée diminuent, la chaleur naturelle du corps revient peu à peu et les pouls reprennent progressivement leur rythme naturel. Enfin, les évacuations se suspendent tandis que les sécrétions normales qui étaient supprimées reparaissent. Les traits s'améliorent, le malade prend quelques instants de repos et entre en convalescence.

Malgré ces signes favorables, il faut se tenir en garde, la réaction peut, ou avorter, ou donner lieu à quelque affection inflammatoire grave. Parfois le cholérique est alors emporté par une congestion cérébrale ou par quel-

que inflammation de voies respiratoires. Plus souvent il survient une fièvre lente ou continue, avec accélération du pouls et congestion de la face. Le malade tombe dans l'assoupissement et la stupeur ; la bouche devient mauvaise ; il y a des vomissements bilieux, enfin la maladie se termine fatalement, du quatrième au huitième jour, rarement plus tard, par une affection typhoïde.

Les indications de nos remèdes et de leurs diverses préparations à employer contre le choléra peuvent toutes se résumer dans les suivantes :

I** PRÉCAUTIONS DE PRÉSERVATION AU DÉBUT d'UNE

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