‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 87 sur 217 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

Les cavités du cœur, des artères et des veines, étant continuellement en contact avec le sang qui est, pour ainsi dire,, un des facteurs qui produisent l'inflammation, elles seront nécessairement accessibles aux processus inflammatoires, chose qu'il est aisé de constater chaque jour. Les antiangioïtiques détruiront prompte-

ment ces centres inflammatoires, de sorte qu'une fonction aussi importante que la circulation ne sera jamais troublée et suivra toujours son cours normal ; ce qui n'est pas à dédaigner, puisqu'une perturbation dans la circulation pourrait amener des désordres plus graves et compromettre la vie générale.

Les caractères marquants des maladies du cœur nous sont révélés par l'irrégularité des battements ou pulsations de cet organe ; c'est un accroissement d'activité dans la contractibilité motrice, que l'on observe dans la palpitation cardiacale, et parfois, au contraire, c'est une diminution, d'où provient un ralentissement dans les battements du cœur. De même aussi, la fonction du cœur pourra éprouver une altération dans les battements et produire des mouvements intermittents.

Les maladies inflammatoires de cet organe les plus remarquables sont : la péricardite (inflammation de l'enveloppe), la cardite, ou inflammation de la substance du cœur, l'endocardite ou inflammation de la membrane qui tapisse la cavité intérieure du cœur. Mais, à l'aide d'un diagnostic différentiel attentif, on pourra reconnaître ces affections et les distinguer les unes des autres. Cette distinction devient inutile si on emploie notre thérapeutique expérimentale, puisque l'ensemble de ces maladies exige l'usage des antiangioïtiques.

Voici d'ailleurs, en résumé, les différents symptômes des affections aiguës du centre de la circulation. Le malade accuse une douleur vive, presque brûlante, près de l'appendice xifoïde, plutôt à gauche qu'à droite; c'est-à-dire dans la région précordiale, d'où il prend

différentes directions ; dypsnée considérable, qui n'accuse nullement une affection pulmonaire, puisque la percussion et l'auscultation ne laissent deviner aucune trace de pulmonie ou de pleurésie ; décomposition du visage ; respiration brève, rapide, mais sans râle muqueux ; toux accompagnée d'expectorations muqueuses ; battements du cœur violents, souvent irréguliers ; pulsations à peine sensibles mais plus fréquentes et parfois intermittentes : le malade préfère être couché sur le dos et la tête haute ; il lui serait impossible de reposer sur le côté du cœur, et cette position rendrait la douleur plus intense ; il ressent le besoin d'un repos absolu, le moindre mouvement augmente ses douleurs. Outre ces symptômes on en constate d'autres, qui ne sont, pour ainsi dire, que la conséquence des premiers, tels que le délire, une anxiété intolérable, des soubresauts, le hoquet, grande difficulté à avaler les aliments, vomissements, enflure des articulations, syncopes fréquentes ; souvent désaccord, entre le pouls artériel et les battements du cœur. Le symptôme pathognomonique des affections cardiaques, qui consiste en une douleur névralgique, qui va du cou aux épaules et la partie interne du bras gauche, arrive au comble de son intensité.

Dans les affections pathologiques du ccteur, il est bon d'administrer A. à très petites doses, deuxième ou troisième dilution ; à de courts intervalles, une cuillerée à café tous les trois ou quatre minutes, en ayant ^oin d'ajouter de légères applications d'El. A. Quand on voit que les symptômes perdent de leur violence, on pourra augmenter insensiblement la dose.

L'action des antiangioïtiques se déploie puissamment contre Tangioïte, Tartérite et Taortite. Toutes les affections des grandes artères trouveront, dans les antiangioïtiques, des remèdes qui rendront inutiles saignées^ sangsues et toutes les doses énormes de digitale que prodiguent tous les médecins ordinaires, et dont les conséquences désastreuses sont connues de chacun.

Hahnemann, aux observations duquel rien n'échappait, avait déjà fait observer les tristes conséquences de Tabus de la digitale dans les maladies de cœur ; les nerfs de cet organe restent comme engourdis ou paralysés : l'action des valvules est plus faible, un désordre total s'empare des différentes fonctions de cet orgaile et il est difficile de pouvoir compter sur la guérison d'un malade qui aura employé longtemps la digitale pour le débarrasser d'une cardite lente, ou d'une palpitation cardiaque.

La péricardite, ou sécrétion excessive de sérosités dans le péricardique (hydropéricardite) exige l'emploi des antiangioïtiques à l'intérieur et à l'extérieur ; ils sont également d'une grande utilité dans les syncopes ou évanouissements pourvu, toutefois, qu'ils ne proviennent d'un vice organique du cœur ou des valvules ; en pareil cas, ils ne sont que palliatifs. Les antiangioïtiques sont également les remèdes que doit employer quiconque veut soigner une hypertrophie, des anévrismes du cœur ou de toutes les artères du corps ; ils sont efficaces contre les pulsations de l'artère céliaque ou épigastrique qui se font sentir dans le creux de l'estomac et qui, presque toujours, accompagnent la gas-

trite; contre la sténocardie ou névralgie du cœur; contre certaines névroses cardiaques produites par des douleurs morales et des malheurs successifs ; contre les réveils subits avec soubresauts, quand on est couché sur le côté gauche, si toutefois un pareil symptôme n'est point produit par un vice organique ; enfin contre toutes les maladies des veines, les varices, et les hémorragies des ulcères variqueuses. Non seulement ils sont souverains contre les inflammations des artères, mais aussi contre la phlébite ou inflammation des veines. Toutefois, quand la phlébite attaque Tutérus, il est bon d'alterner les antiangioïtiques avec les anticancéreux.

Le traitement externe, dans les affections du cœur, tient la première place. Se souvenir que le cœur malade ne doit être soigné qu'avec des doses faibles surtout quand il y a des symptômes d'enflure.

Traitement

Remède général aux affections du cœur : A. à doses très faibles (troisième verre) et seulement quelques cuillerées à café par jour au commencement.

Les compresses de A. (15 à 20 globules par verre) sont la partie essentielle et la plus efficace du traitement ; on la renouvelle souvent.

De légères applications d'El. A. (de deux à trois secondes seulement) enlèvent la palpitation. Dans quelques circonstances quelques grains de A. à sec ont produit de très bons résultats.

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