‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 132 sur 237 · TRANCHÉES OU COLIQUES · texte numérisé non relu

TRANCHÉES OU COLIQUES

Les tranchées ou coiiqnes sont souvent provoquées par un refroidissement, principalement après une suppression

de transpiration : voyez à cet égard le chapitre II de la première partie (Refroidissement), et consultez nux vom., chin., chamom., merc. viv.} puis. ; ou par un dérangement d'estomac : alors voyez ce qui a été dit au chapitre précédent, et aussi le chapitre IV, première partie. Elles résultent fréquemment aussi de l'usage des substances purgatives ou toxiques, comme du plomb : nous renvoyons naturellement au chapitre qui leur est consacré. Si elles sont dues aux souffrances menstruelles, voyez également ce qui est relatif à ce sujet.

Chamom. convient principalement aux enfants et aux personnes qui, indépendamment des symptômes propres au refroidissement, ont les yeux cernés de bleu, la bouche pleine de salive, éprouvent une douleur ombilicale déchirante et dont les reins sont comme brisés ; si chamom. ne suffit pas, donnez puis. Chamom. est très-utile dans les flatuosités qui se répandent dans différentes parties de l'abdomen, comme pour s'échapper ; lorsqu'on ressent des élancements qui traversent la poitrine ; quand sous les côtes et au creux de l'estomac il y a un gonflement; qu'il y a agitation, inquiétude et sueurs visqueuses ; qu'on éprouve en même temps des borborygmes et des grouillements avec envie de s'évacuer, mais pour rendre des selles petites, muqueuses et aqueuses.

Nux vom., quand les selles cessent tout à coup ou qu'elles sont très-dures; qu'il y a la sensation d'un poids énorme dans le ventre avec grouillements, borborygmes et chaleur inaccoutumée ; que les douleurs sont pinçantes, tiraillantes, compressées, comme si les intestins étaient pris et serrés entre deux pierres ; lorsqu'il y a pression dans le creux de l'estomac; que le ventre est douloureux au toucher, qu'il est tendu ; la respiration est courte et difficile, avec sensation de plénitude, et le dessous des côtes est comme s'il était bourré. Pendant le plus grand paroxysme dos douleurs, les mains et les pieds sont froids ; on perd quelque-

fois connaissance ; les vents et la colique se sont portés à la partie inférieure du ventre ; une douleur aiguë comme par des couteaux se fait sentir sur la vessie et le rectum, et Ton dirait que les vents vont sortir en forçant le passage; le malade se courbe, et à chaque pas il sent augmenter ses souffrances. (Voy. plus bas bell.) Le mal diminue par le repos, étant assis et couché. Généralement il y a céphalalgie et mal de reins. La plupart de ces douleurs sont attribuées vulgairement aux obstructions, et les ignorants croient que c'est alors le cas de donner des purgatifs. Voyez à cet égard ce qui est dit à l'article Constipation.

Merc. viv. convient dans les coliques violentes, venteuses et avec douleur de torsion ; lorsque la région ombilicale est tendue, qu'il se fait à la surface du ventre un mouvement spasmodique palpitant, avec gonflement et dureté de l'abdomen ; lorsqu'il y a fourmillement dans la gorge, avec hoquet, voracité et dégoût pour les douceurs; nausées, vomituritions avec grand afflux d'eau dans la bouche, pressant besoin d'aller à la selle; ou quand ces coliques ont lieu avec tension et brûlement à la région ombilicale ; quand il y a grande sécrétion de salive, renvois, diarrhée, évacuation de glaires par les selles et faiblesse considérable : ces souffrances s'aggravent sur le minuit; et si merc. viv. ne soulage pas promptement dans ce dernier cas, et qu'il y ait en même temps démangeaison au nez, donnez cin. ; et si cela ne réussit pas complètement, donnez sulph.

Puis, doit être administré dans les coliques aiguës, avec battement au creux de l'estomac et tension pénible du ventre comme s'il était trop plein ; grouillement et borborygmes, et rétention des vents ; chaleur générale ; les veines du front et des mains sont gonflées; le malade est obligé de quitter ses vêtements à raison de cette chaleur et de cette tension ; le bas-ventre est douloureux au toucher comme s'il était meurtri ; tous les symptômes empirent par le repos

et s'amendent par le mouvement ; en se levant, les reins sont douloureux comme s'ils étaient brisés ; pendant la durée des tranchées et des pincements, le mal s'aggrave par le toucher ; déchirement et élancement au-dessus du nombril; inquiétude/ pesanteur dans le ventre, avec tension douloureuse, qui empire par le toucher; vomituritions, affluence de salive blanche et écumeuse dans la bouche; diarrhée, évacuations jaunâtres et grises, avec douleurs violentes dans l'estomac ; figure pâle, cercle bleu autour des yeux (comparez avec chamom.) ; tout le corps est contracté (comparez avec nux vom.} bell.) ; mal de tête pressif et tensif. Si ces coliques proviennent d'une surcharge d'estomac, donnez d'abord du café noir, et plus tard, si c'est nécessaire, puis. ; si cela ne suffit pas, donnez bell.

Dans les cas analogues à ceux depuis., la vessie est quelquefois affectée, le malade éprouve des douleurs violentes, la région vésicale est comme contractée spasmodiquement, avec un besoin continuel d'uriner, sans pouvoir le satisfaire, accompagné d'anxiété et d'inquiétude, et d'une grande sensibilité de l'abdomen : dans cette circonstance, donnez acon. une ou deux fois, et plus tard, si c'est nécessaire, nux vom.

Coloc. est le remède capital dans toute colique intense. Lorsque les douleurs sont très-violentes, constantes, ou qu'elles ne cessent momentanément que pour reparaître plus violentes, commencez toujours par ce remède. Il convient surtout, lorsque la plus forte douleur se fait sentir sur un point fixe de la région ombilicale et récidive toutes les cinq ou dix minutes (comparez avec bell.) ; quand il commence par un tiraillement léger de côté pour se porter ensuite sur le ventre, augmente incessamment, et finit par des souffrances de serrement, dé pression, de griffement,de fouillement et de déchirement si intenses, qu'elles arrachent des cris au malade et qu'elles lui font repousser tous ceux qui l'entourent; il se tord comme un ver, il ruisselle

>2l MALADIES LES PLUS COMMUNES.

de sueur, presse son bas-ventre avec les mains, ou l'appuie avec rage sur les bords du lit ou sur une table, etc. ; il se couche sur le ventre en y appliquant les carrés, et dans cette position il finit par trouver du calme.

Pour les coliques qui proviennent d'une vive contrariété, donnez coloc, si chamom. ne s'est pas montré efficace.

Si quelqu'un a eu des attaques de coliques qui ont duré toute la journée ou par intervalles, et qu'il ait eu le malheur de recourir à l'opium, il doit s'attendre à une nouvelle attaque ; mais dès qu'il la sentira s'approcher, qu'il prenne tout de suite coloc, surtout si les attaques précédentes ont. laissé une certaine faiblesse dans les intestins, avec une sensation de meurtrissure, et comme s'ils étaient suspendus par des fils, et qu'à chaque pas il semble qu'ils aillent se rompre. C'est dans des cas pareils que convient essentiellement coloc, ; il faut s'y tenir. Si la première dose ne fait pas effet tout de suite, qu'on n'attende pas plus d'une heure ; si les souffrances s'aggravent, donnez, quelques minutes après, un peu de cofé noir, par cuiller à thé, qu'on répétera tant qu'il produira du soulagement ; si l'état s'aggrave de nouveau, revenez à coloc. et donnez de nouveau un peu de café, et continuez ainsi. Si le café reste sans effet, donnez encore coloc. jusqu'à ce que le mal cesse. Tant que le mal est supportable, abstenez-vous, et n'agissez que s'il vient à s'aggraver encore. Si, après l'administration d'un globule de coloc., il ne se manifeste pas d'aggravation, mais bien plutôt une amélioration progressive, cessez de donner du café et laissez agir, si c'est utile, le remède pendant deux ou trois semaines. Généralement la seconde dose est efficace, quelquefois cependant ce n'est que la troisième ; je n'ai jamais trouvé nécessaire, dans les cas les plus intenses, de faire davantage. Après la cessation de toute douleur, donnez causé., deux doses, une le soir, l'autre le malin.

Quand un malade en proie à des coliques a été assez mal

inspiré pour prendre du laudanum ou de l'opium (moyen généralement employé dans ce cas par l'allopathie), donnez d'abord du café et ensuite coloc.\ si cela ne réussit pas, essayez chamom., et revenez bientôt après à coloc. Il y a des coliques où coloc. ne suffit pas ; il faudra alors s'adresser à l'un des remèdes ci-dessous indiqués, et principalement à bell.

Bell, convient lorsque, pendant la douleur, il se forme transversalement sur la surface du ventre une tumeur oblongue ; quand la douleur diminue ou s'efface par la pression et par la position demi-fléchie du malade ; quand on éprouve un pincement et un tiraillement vers le bas, à croire que les intestins vont sortir, symptôme qui s'aggrave en restant debout et en marchant, et particulièrement lorsqu'il y a une selle mince et purulente. Dans ce dernier cas, on donne avec avantage merc. viv. qui dissipe le reste des symptômes. — En général bell. convient lorsque le visage est très-rouge, que le sang monte à la tête, que les veines se gonflent, et que les douleurs sont si violentes que le malade en devient comme fou. Ce remède est utilement employé lorsque les douleurs existent dans la région ombilicale, et avec un caractère de griffement. Quelquefois cet état s'accompagne de douleurs de reins qu'il faut pareillement traiter par bell.

Cocc. convient dans les cas analogues à ceux de nux vom. ; principalement lorsqu'on ressent un resserrement dans l'abdomen avec pression qui porte en bas et au dehors, accompagné de quelques nausées; ou lorsqu'on rend des vents sans amélioration, parce qu'il s'en forme toujours de nouveaux qui s'arrêtent çà et là dans le ventre (comparez avec chamom.) et y occasionnent des douleurs; lorsque les vents distendent la région supérieure du ventre et de l'estomac avec bruit et serrement dans l'épigastre, anxiété et pression sous les côtes, symptômes qui cessent dès que les vents ont trouvé une issue.

Chin, répond aux coliques produites par les vents;

comme dans le cas de cocc. et de chamom.; lorsque les intestins se contractent dans la partie inférieure de l'abdomen, et qu'ils sont poussés au dehors avec une douleur tensive et pressive, accompagnée de tension sous les fausses côtes et d'anxiété, principalement lorsque la crise arrive la nuit, chez les personnes affaiblies, ou après une transpiration excessive , ou chez les femmes qui nourrissent , avec perte de forces.

lgn. s'emploie dans les coliques qui surprennent pendant le sommeil, ou lorsque les douleurs lancinantes se font sentir dans la poitrine et dans les côtés ; que les vents sortent difficilement, et que leur sortie diminue les douleurs; il convient chez les femmes sensibles. — Si cette souffrance a lieu sur le soir , et que la flatulence cause des vomissements , donnez préférablement puis. — Les coliques qui sont précédées d'un goût amer de la bouche, avec langue sale et jaune, avec grande soif, et qui, comme on dit, sont produites par la bile, d'où il résulte quelquefois des vomissements bilieux ou des selles analogues , ces coliques demandent l'emploi de chamom., une ou deux doses; dans les cas les plus graves., coloc, et, si ces remèdes ne suffisent pas, sulph.

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