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INFLAMMATION DES INTESTINS ET DE ^ESTOMAC

Il est aussi dangereux de traiter cette maladie par les remèdes domestiques que par les procédés de l'allopathie. Elle constitue toujours une affection difficile à conduire, et pour laquelle il est impossible de donner ici des détails complets pour tous les cas ; il vaudra encore mieux se régler sur ce que nous allons exposer , que de recourir à un traitement violent. Si Ton peut s'adresser à un médecin homœopathe, cela est préférable.

On doit toujours croire à un état inflammatoire , lorsque le malade accuse dans Tune des parties du ventre une douleur brûlante, quelquefois lancinante : cette partie devient douloureuse à la pression , et la douleur augmente par le mouvement, par la moindre secousse, soit que Ton tousse , que Ton éternue, ou que l'on rie. Le lieu de l'inflammation peut être tendu et gonflé ; si c'est dans le voisinage de la poitrine, la respiration est difficile, surtout en prenant haleine; cet ensemble de souffrances s'accompagne presque toujours de vomissements ou de renvois, qui ne soulagent pas ; et en même temps il est rare qu'il n'y ait pas constipation. — C'est à cette complication qu'est due l'idée des purgatifs, véritable méthode d'empoisonnement, comme les vomissements ont donné l'idée du vomitif, qui peut être aussi considéré comme une autre voie de mort.— Ne tourmentez donc pas le bas-ventre; contentez-vous de prescrire de l'eau, et, tout au plus, de temps en temps, quelque boisson mucilagineuse, et rien autre chose : plus la constipation dure, mieux ça vaut. Lorsque le malade se rétablit et commence à manger, les fonctions reprennent leur cours. — J'ai vu

des cas plus graves dans lesquels la constipation a duré quinze jours, même davantage, et cependant le malade a guéri et repris ses forces.

A ces symptômes ajoutez les suivants : Face pâle, plombée, creuse; fièvre violente, mais avec un pouls petit; moral abattu et anxieux. Lorsque cet état arrive à son apogée, il se déclare des vomissements d'une grande violence, ainsi que des douleurs excessives , et une faiblesse qui s'accroît incessamment; les bras et les jambes se refroidissent, le hoquet survient, le ventre se ballonne à l'excès.

Si le siège du mal est dans l'estomac, le patient éprouve une douleur épigastrique, douleur qui s'étend sous les côtes, vers le dos et même jusque dans le ventre ; les aliments et les boissons provoquent des envies de vomir; une soif ardente s'accompagne quelquefois d'une aversion prononcée pour l'eau. Si le siège du mal est ailleurs, la douleur s'y fait péniblement sentir; le ventre devient chaud, et les vomissements ne surviennent que quelque temps après avoir mangé.

Dans ces divers cas , donnez dès les premiers moments acon,; répétez-le toutes les heures; aussitôt qu'il y a une amélioration, on attendrait l'on n'y reviendra qu'avec l'aggravation ; s'il ne se déclare pas d'amélioration , il faut alors choisir parmi les remèdes suivants :

Si les douleurs se font sentir le plus vivement sur le devant et s'étendent à gauche sous les côtes, d'où elles se propagent vers le dos et l'abdomen, avec gonflement de la région de l'estomac, grande anxiétéet vomissements fréquents, qui rendent l'état plutôt pire que meilleur, on peut calmer les vomissements par ipec, et s'il y a amélioration, on peut le répéter ; mais si la langue est chargée d'un enduit muqueux ou jaune , il convient alors de donner antim. crud. une ou deux fois.— Si la cause première a été un dérangement d'estomac , on peut donner puis, ou nux vom. — Lorsque les douleurs et la fièvre sont très-intenses et

qu'elles ont été provoquées par un refroidissement, particulièrement après avoir bu de l'eau froide étant en transpiration, donnez, immédiatement après acon., ipec. ou bryon., que l'on répétera aussi souvent que les symptômes s'aggraveront; mais si ces remèdes restent sans effet, revenez à nux vom. Lorsque le malade paraît hébété, ou qu'il déraisonne, ou qu'il ne s'explique pas sur son état, donnez kyosc, et répétez-le aussi souvent qu'il le faut; s'il ne réussit pas, donnez belL, et attendez-en l'effet pendant un jour, si c'est possible ; si les extrémités deviennent froides , que les forces diminuent, que le visage devienne pâle ou qu'il soit très-change, donnez verat. alb. à doses répétées; si cela ne suffit pas, ars., qu'on administrera rarement au delà de deux fois. Après ars. on peut répéter de temps à autre acon., et redonner ars.: on alterne alors ces deux remèdes. S'il y a aggravation après ars., donnez nux vom.

Lorsque les douleurs se font sentir principalement dans le côté gauche, sous les côtes, et s'étendent de là vers le bas, la maladie peut se compliquer d'un vomissement de sang. Si la fièvre est violente , donnez acon.; mais, avant que cet état empire, donnez chin., et un globule répété à mesure de l'aggravation des souffrances. On réussit ainsi dans la plupart des cas ; cependant dans ceux où il n'y a pas réussite, on donnera ara., particulièrement s'il y a une douleur pressive et lancinante qui gêne la respiration, ou que les accidents morbides ressemblent à ceux de la fièvre nerveuse; si le malade est apathique, ou qu'il reste couché et comme dans un état d'hébétude , s'il ne dit pas sentir son mal et prétend n'avoir besoin de rien. Dans la plupart des cas donnez nux vom., s'il y a constipation et que la pression à l'estomac persiste un certain temps sans amélioration. Lorsque la constipation s'accompagne d'une douleur aiguë qui augmente à chaque mouvement, donnez bry. en deux doses; mais s'il y a diarrhée sanguinolente sans amendement des douleurs, s'il y a brùlenient avec diminution des

forces , donnez ars. alb.; si le mal empire de deux jours l'un, donnez chin. une fois et le jour libre , et puis ensuite une seconde dose au commencement du jour suivant qui est le mauvais ; et si cela ne suffit pas, donnez, après quelques jours, ars.

Lorsque les douleurs sont placées plus sous les côtes du côté droit, qu'elles occupent un côté du front et s'étendent sur le devant, en haut ou en bas, donnez un des remèdes suivants :

Si les douleurs sont obtuses et pressives, si elles n'augmentent pas par la pression extérieure, ni en se tournant, ni par l'inspiration ; si elles s'accompagnent de pression dans l'estomac, avec tension dans les côtés, respiration difficile, langue jaune, goût amer, peau jaune et accès d'angoisses, donnez chamom. ; si ces angoisses deviennent plus fréquentes la nuit et s'accompagnent d'une diarrhée muqueuse verdâtre et de langueur d'estomac, donnez puis. ; mais au contraire, s'il y a constipation, si la peau est moins jaune, mais que la poitrine soit plus affectée, donnez bry. On administrera ces remèdes par deux ou trois globules à la fois; et si après une demi-heure ou une heure il n'y a pas d'amélioration, donnez un nouveau globule.

Dans la douleur pressive, qui ne permet pas au malade de rester couché sur le côté droit, qui s'accompagne de bouche amère, de plus de soif que de faim, de frissons continuels, d'un ictère très-prononcé de la peau et des yeux, donnez merc. viv. quelquefois alterné avec bell.} et, dans les plus mauvais cas, lac h. — Si les douleurs pressives gagnent l'intérieur de la poitrine et se portent jusque sous les épaules ; si le creux de l'estomac est gonflé, avec tension de la région ombilicale, qui prend en travers l'abdomen, avec respiration difficile et anxiété; lorsqu'en même temps il y a congestion sanguine vers la tête, éblouissements, vertiges jusqu'à la défaillance, souvent avec soif ardente, avec agitation continuelle et insomnie, donnez

bell., qui sera répété deux ou trois jours après, s'il n'y a pas d'amélioration. Si le lendemain le malade n'est pas mieux, donnez lach. en deux doses, de même que s'il y a aggravation; lorsque lach. cesse d'agir, donnez de nouveau bell. ou l'un des autres remèdes indiqués.

Dans les douleurs pressives qui s'accompagnent de battements, d'une sorte de palpitation et d'une sensibilité excessive des parties par attouchement ; s'il y a en même temps goût aigre ou amer, nausées, ou même vomissements, respiration courte et oppressée, comme si les vêtements étaient trop serrés, et qu'en les ôtant il s'ensuive une aggravation plus forte; si, en outre, il y a soif, urines rouges, céphalalgie pressive, donnez nux vom. ; si cela ne suffit pas et que les douleurs lancinantes continuent, donnez sulph. Pour le cas où ces remèdes ne seraient pas suivis d'une amélioration prompte dans l'espace de quelques jours, ou s'il y a amélioration sans progrès, donnez encore sulph.; et si elle ne se déclare pas dans six ou douze heures, donnez-en une nouvelle dose. Après cela, attendez-en les effets patiemment quatre à cinq jours; s'il y a intermittence, donnez chin., comme il vient d'être dit pour les douleurs fixées dans le côté gauche.

Lorsque la douleur occupe principalement l'abdomen, l'ombilic ou la partie inférieure, qu'elle s'aggrave par le mouvement ou par la pression, et que le point le plus douloureux est gonflé, donnez acon. , répété toutes les trois à quatre heures, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration, ou chaque fois que la douleur reparaît ; si ce remède reste sans effet et que l'abdomen continue d'être le siège du mal, devenu plus sensible au toucher, donnez lach., qu'on répétera une heure après; si lach. ne réussit pas, donnez belL Dans plusieurs cas on peut donner hyosc, bry., nux vom., ars., quelquefois aussi merc. viv. ; ce dernier, principalement, après lach. Pour ce cas, voyez ce qui a été dit un peu plus haut au sujet de l'indication de ce remède.

Qu'on se garde bien de faire usage des évacuants dans cette maladie, dont le caractère principal est une constipation opiniâtre ; car, plus elle dure, plus est prompte et complète la guérison du malade; si, au contraire, on adopte des purgatifs ou des vomitifs, il faut s'attendre à une aggravation mortelle ou à une affection chronique qu'il sera difficile de guérir. En sorte qu'il est vrai de dire que la constipation est un bon signe dans cette maladie, et que les selles claires, fréquentes et involontaires, constituent un signe défavorable. On peut encore espérer, même dans ce cas, sauver le malade par kyosc, qu'il faudra répéter s'il n'est pas soulagé après deux ou trois heures; et si la maladie ne s'aggrave pas, sachez attendre, et abstenezvous de tout médicament.

Les jeunes enfants sont sujets à ce genre de souffrance; lorsqu'ils ont l'abdomen douloureux, le creux de l'estomac et le dessous du côté enflés, donnez chamom. une ou deux fois, ou merc. viv. Voyez plus loin, 2e partie, le chapitre consacré aux maladies de l'enfance.

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