TRAVAIL OU PARTURITION
Les phénomènes douloureux qui président à la sortie de l'enfant s appellent travail ou parturition. La corvée de la gestation dure trente-neuf semaines. On peut la diviser en trois époques principales, si rien ne trouble la marche ordinaire de la nature ; et si l'on calcule correctement, on
peut arriver à fixer avec certitude le terme de la grossesse.
1° La dernière époque de la menstruation.
2° Le commencement des indispositions de la grossesse ; six semaines après la conception.
3° L'époque du mouvement du fœtus — cent trente-cinq jours de cette époque au travail. En outre, le ventre descend vers le huitième mois, et la femme, dans le dernier mois de la grossesse, est plus mince de la ceinture que dans les mois précédents.
Le travail s'annonce par des signes précurseurs. Le plus ordinaire et le meilleur est une légère diarrhée qui a lieu quelquefois deux ou trois jours avant. Divers symptômes nerveux, tels que de l'agitation sans cause sensible, une disposition à verser des larmes avec affliction; dans d'autres cas, c'est un certain découragement qui s'empare de l'esprit ; ce sont aussi des douleurs vagues qui traversent l'estomac, avec un relâchement fréquent des urines, et finalement la perte caractéristique de mucus teint en rouge. Alors commencent les douleurs d'une durée plus ou moins longue, et qui s'accompagnent fréquemment de frissons et de tremblements.
Tel est l'ensemble des phénomènes précurseurs de la parturition dans l'état le plus naturel, et comme ils doivent se passer sans danger et sans beaucoup de douleurs chez les femmes qui ne sont pas amollies par la civilisation. Sans qu'il soit nécessaire de revenir à la vie sauvage, nous ne saurions trop recommander une vie plus active et plus simple, le développement de nos facultés physiques et morales dans une mesure plus convenable, et de remplacer des mœurs et des coutumes énervantes qui communiquent à l'activité vitale, dans des moments de crise, un sentiment de terreur et de souffrance qui nous rend la vie amère. Si ces changements si désirables avaient lieu, on verrait disparaître dans les générations qui nous suivront, la plu-
il i MALADIES LES PLUS COMMUNES.
part des difficultés qui existent maintenant à l'accomplissement normal des fonctions.
« On n'a pas l'intention d'entrer ici dans les détails de la parturition, ni de donner des conseils qui puissent répondre à toutes les phases de l'accouchement ; on doit donc s'adresser à des personnes capables de ces soins spéciaux. Dans l'immense majorité des cas, la présence d'une sagefemme prudente et patiente sera mille fois préférable à la présence d'un homme, serait-il le plus sage et le plus éclairé de tous. Car après tout l'accouchement est un acte physiologique, une fonction naturelle, et la science n'a rien à faire là où les choses se passent régulièrement. Vart dit des accouchements est une sorte d'invention qui ne peut se justifier par quelques aberrations de la nature, où la science est alors obligée d'intervenir ; car elle est pour les écarts et non pour la règle. La science a ses vanités et ses prétentions, et l'homme d'un sens droit ne doit pas s'en laisser imposer par elle... Elle doit avoir aussi sa pudeur. »
DOULEURS VAINES DE l'aCCOUCUEMENT.
Lorsque ces douleurs sont trop violentes et portent au désespoir, donnez coff. en dilution, par cuillerées à café; si ses effets ne suffisent pas, ou ne sont que momentanés, donnez aeon. ; lorsqu'en même temps il y a besoin constant d'aller à la selle, donnez nux vom. ; s'il ne suffit pas, chamom. ; et si ce dernier n'amène pas de soulagement au bout d'une heure, helL
Lorsque les douleurs sont prématurées, c'est-à-dire lorsqu'elles ont lieu avant l'époque, et que l'accouchement ne s'effectue pas, donnez nux vom.
Si ces douleurs sont trop faibles, donnez puis. ; si elles s'arrêtent subitement, et qu'elles soient remplacées par des symptômes pires, comme tremblement , sommeil lourd avec ronflement, donnez op. ; dans les cas où cette gravité ne s'observe pas, on peut administrer un peu de cannelle,
ainsi que cela a été recommandé à Farticle Ménorrhagie. Gardez-vous de faire usage du seigle ergoté, qu'on donne ordinairement à fortes doses, qui tue quelquefois la mère et l'enfant, ou les livre à des maladies de langueur (1). Si, dans les faibles douleurs d'enfantement, puis, se montre inefficace, donnez alors sec. corn , préparé homœopathiquement. D'ordinaire, l'accouchement ne tarde pas à se faire; sinon, répétez le même remède une heure après.