ÉTAT DU LAIT, FIÈVRE ET ACCIDENTS CONCOMITANTS
Généralement la montée du lait se fait le troisième jour, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard. Avant la formation du lait, les seins se gonflent tantôt moins, tantôt plus, et ils prennent quelquefois un tel développement qu'ils en deviennent douloureux; cela arrive surtout après le premier enfant.
Qu'on ait soin de ne pas meurtrir les seins; de les tirer
ou de les frotter même dans un but louable; Fétat de la turgescence qui précède la sécrétion du lait, est bien différent de celle qui existe après sa montée. Donnez :
Acon., si les seins sont durs et bosselés ; la peau sèche et chaude; la face rouge ; la malade impatiente et découragée; il sera dilué, et administré toutes les quatre heures, jusqu'à amélioration.
Bry. après acon., s'il y a eu amendement, mais sans faire tous les symptômes; ou si quelques-uns restent et les autres non.
Bell, sera administré après bry. ou alterné avec, si une partie des symptômes continue encore.
Cale. carb. convient spécialement s'il y a un déficit dans la sécrétion du lait, s'il y a plénitude et engorgement des seins, avec lenteur dans la production du lait. — Ce remède est aussi très-important lorsque le lait coule trop facilement.
Chamom. s'applique principalement dans l'excessive sensibilité du système nerveux, avec impatience; tendreté des seins, et avec inflammation des mamelons, d'où le lait ne peut sortir.
Puis. , lorsque la sécrétion est interrompue ou entièrement supprimée ; avec menace d'accès de fièvre de lait. — Ce médicament exerce une influence très-salutaire sur le tempérament des femmes, dans presque toutes leurs indispositions. Il est très-efficace pour rétablir l'harmonie de l'organisme à l'époque du sevrage.
Rhus, dans la plénitude douloureuse des seins avec douleurs rhumatismales de toute l'économie; gonflement, chaleur et dureté des seins, donnant mal de tête, roideur des articulations et autres incommodités. — Rhus est utile pour prévenir les suites de la suppression du lait, et pendant le temps du sevrage. Comme applications locales, on peut se servir avec succès d'onction de saindoux chaud, et enveloppé d'une légère ouate.
Si la fièvre de lait est modérée, abandonnez-la à elle-
même ; mais si elle devient trop forte, on peut la tempérer par acon. et coff., alternés toutes les six heures. Plus tard, il convient aussi de donner bell., bry. et rhus toxic., et pour cela, voyez les symptômes qui leur sont propres. La plupart des accouchées n'ont pas de fièvre ; il n'est même pas décidé entre les médecins si cette fièvre existe réellement, ou si elle ne serait pas plutôt une fièvre traumatique par suite des lésions et souffrances inséparables du travail de l'accouchement : dans ce cas, on la traitera par arn.
La femme dont le lait est rare, clair et mauvais, doit faire usage de lentilles tous les deux jours, mais sans être épicées, et préparées simplement au beurre.