‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 176 sur 237 · PREMIERS SOINS A DONNER A L'ENFANT · texte numérisé non relu

PREMIERS SOINS A DONNER A L'ENFANT

i° Dans le cas où l'enfant naît avant l'arrivée de l'accoucheuse, la première chose à faire est de le placer dans une position où il puisse respirer librement; si le cordon est passé autour du cou, du corps ou des jambes, il sera dégagé pour assurer la circulation entre la mère et l'enfant, et il ne sera coupé que lorsqu'il respirera complètement. Enlevez l'enfant à toutes les saletés qui l'entourent; que la face, la bouche, les narines soient débarrassées du mucus qui les couvre, ce que l'on fera avec un morceau de linge fin dont on aura enveloppé le petit doigt. Ces choses étant faites, si l'enfant est robuste et bien portant, il criera avec force, et sa peau passera de la couleur blanchâtre et blafarde au rose. Dès ce moment il n'y a aucune raison de craindre pour la mère ou pour l'enfant; ils peuvent rester l'un et l'autre une ou deux heures dans cette situation sans danger. Toutefois, si l'enfant est arrivé faible ou qu'il ait été retardé au passage, ou qu'à raison de quelque négligence commise à l'égard des précautions que nous venons d'indiquer, la respiration n'a pas encore eu lieu, enveloppez le corps de l'enfant, ainsi que les membres, dans une flanelle ou un linge chaud, et appliquez sur la poitrine, avec la paume de la main, de l'eau fraîche ou de l'eaude-vie ; si cela ne réussit pas, appliquez votre bouche sur la bouche de l'enfant, et envoyez dans les poumons votre

({) Pour une élude approfondie des maladies des enfants, on consultera avec fruit l'ouvrnge du docteur Fr. Hartmann : Thérapeutique homœopathique des maladies des enfants, traduit de l'allemand, parie docteur Léon Simon fils. Paris, 1853, 1 vol. in-8.

souffle, ayant soin de lui fermer les narines avec les doigts. Si vous venez à sentir des pulsations dans le cordon ainsi que les battements du cœur, prenez alors patience et tout ira bien. Après que la respiration est complètement établie, il faut songer à lier le cordon. On y procédera de la manière suivante : on prendra un fil plié en plusieurs doubles, que Ton passera autour du cordon à la distance de deux pouces environ du nombril; on liera fortement. On placera une seconde ligature à un pouce au-dessus de celle-là, et puis on coupera avec une paire de ciseaux le cordon entre les deux ligatures, et l'enfant sera reçu dans une couverture chaude.

2° En arrivant au monde, le corps de l'enfant est plus ou moins couvert d'une couche de matière blanchâtre grasse qui adhère fortement. La meilleure manière de le nettoyer, c'est de commencer par enlever cette matière en frottant le corps avec un morceau de lard, ce que Ton continue jusqu'à ce que les deux substances soient complètement incorporées. Il suffit ensuite de nettoyer le corps avec un linge mouillé. Lorsque la peau est ainsi débarrassée de ce corps gras, on se servira d'un peu de savon fin pour enlever les restes. Cela fait, on séchera entièrement le corps avec un linge. Dans tous les cas, ilfaut s'abstenir de baigner l'enfant dans de l'eau trop fortement alcoolisée, pratique très-répréhensible.

3° Quant aux soins ultérieurs à donner au cordon ombilical, il faudra prendre un morceau delinge fin, long de six pouces sur trois de large, qui sera plié en cinq ou six épaisseurs, au milieu duquel on pratiquera un trou pour recevoir le cordon. Le cordon sera alors enveloppé, d'une autre compresse, à la manière dont on panse un doigt malade. La première pièce de l'appareil étant placée dans le sens de la longueur du corps, le bout du cordon, maintenant enveloppé, est renversé au-dessus du nombril; et la partie inférieure de cette première pièce étant ramenée sur le

cordon, le tout est assujetti par un bandage du corps. Le cordon ombilical tombe ordinairement du sixième au huitième jour.

4° Dans la très-grande majorité des cas, les intestins de l'enfant sont sollicités par le besoin de s'évacuer, ce qu arrive peu d'heures après la naissance. La matière qui s'échappe est d'un noir de bouteille mélangé de couleur verdàtre, et s'appelle méconium. Pour favoriser cette évacuation, ainsi que pour dégager la poitrine des mucosités qui la gênent, il suffira de donner à l'enfant deux ou trois cuillerées à café d'eau chaude édulcorée avec de la cassonnade. Le premier lait qu'il prend de sa mère remplit le même but; la couleur des selles change généralement et devient jaune après le cinquième jour.

Si cette évacuation ne se fait pas librement et aussi souvent qu'il est nécessaire pour la santé de l'enfant, donnez une dose de nux vom. le soir, et si c'est nécessaire, une dose de cham. le lendemain.

5° Après un laps de dix ou douze heures, si la mère a du lait, on peut présenter l'enfant au sein, après avoir ramolli avec soin le bout du sein. Il est reconnu, en effet, que dans la majorité des cas l'enfant prend d'autant mieux que le mamelon est plus souple et que l'afflux du lait arrive plus facilement. Le lait maternel est certainement l'aliment le plus nourrissant de l'enfant, mais lorsque la mère n'en a pas, il est nécessaire d'y suffire et d'imiter la nature autant que possible. Pour cela, prenez du lait fraîchement trait d'une vache, ajoutez-y un tiers d'eau chaude édulcorée avec un peu de sucre blanc ; donnez-en à l'enfant quelques cuillerées à café de temps en temps et aussi souvent que vous le jugerez nécessaire. Mais ne donnez jamais h l'enfant qui vient de naître aucune espèce de gruau, de panade ou autre nourriture cuite. On pourra lui donner deux ou trois cuillerées d'eau fraîche par jour, ou plus souvent, si l'eau paraît lui être agréable.

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