DIARRHÉE ESTIVALE DES ENFANTS
Dans la crainte d'une pareille maladie en été, tenez les enfants au frais; — donnez-leur à boire frais; — qu'ils soient souvent à l'air ; — surveillez leur régime, et qu'avant leur seconde année on ne leur donne ni thé, ni café, ni bière, etc., rien d'aigre, de salé ou de haut goût, et que la mère sache s'en priver. Ne lui donnez pas de fruit qui ne soit bien mûr; et dès que la diarrhée commence, il faut les sevrer complètement de fruits. Point de gâteaux, point de pâtisseries faites au beurre ou à la graisse; point d'œufs ni de volaille, mais donnez de la viande de mouton et beaucoup de beurre frais. Avec de pareilles précautions on leur épargnera la diarrhée ; si elle ne s'arrêtait pas , on la guérira par quelques doses d'ipec. Si cela ne suffisait pas, donnez matin et soir une prise de nux vom. Si la diarrhée reparaît toutes les fois que la chaleur devient excessive, et s'accompagne de soif, donnez bry.\ quelquefois il est nécessaire de le répéter. Si les effets de ce remède ne sont que momentanés, donnez carb. veg. — Quand la diarrhée revient chaque fois que le temps se refroidit, donnez didc; si la langue est blanchâtre ou jaune, donnez ont. crud.\ si l'enfant est faible et pâle, rend des matières brunâtres, donnez-lui une fois ars. alb. D'après des témoignages dignes de foi, on a guéri des enfants qui avaient été à la dernière extrémité, par du beurre frais et non salé, qu'on faisait fondre au feu, et dont on donnait une cuillerée à café de temps en temps. Si l'enfant est sevré, on portera la plus grande attention à observer le régime dont il est question
dans cet alinéa. On pourra même lui donner, pour son déjeuner, quelque peu de hareng saur, deux ou trois fois par semaine. On ne doit pas non plus négliger les lavements d'amidon ou de pain bouilli ; ils ont été d'une très-grande utilité, administrés toutes les cinq ou six heures. — On s'attachera à priver les enfants de poissons ou de viandes fumées et salées dont ils sont quelquefois si friands ; on les privera également d'un lait suspect, celui surtout qui provient des vaches qui se nourrissent dans les marais, où elles rencontrent des plantes vénéneuses. Pour le lait ordinaire, il faudra s'assurer de sa qualité, et, à défaut, il vaudra mieux prendre du lait de chèvre.
Quant à la diarrhée ordinaire, on la guérira avec les remèdes suivants :
BelL3 si l'enfant dort beaucoup, avec agitation et inquiétude ; pâleur de la face ; si chaque fois qu'on le change de linge il a rendu des matières diarrhéiques verdâtres.
Chamom., si les évacuations sont aqueuses et verdâtres ou semblables à des œufs battus, avec aggravation pendant la nuit ; si les selles sont rendues avec épreintes et rougeur de la face; si elles sont fréquentes, petites, verdâtres, accompagnées d'insomnie.
Rheum, dans la diarrhée acide, avec cris, coliques et épreintes ; pression sur le fondement sans selle ; si les évacuations sont écumeuses, quelquefois glaireuses et d'une odeur aigre ; si l'enfant sent l'aigre malgré tous les soins de propreté.