‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 21 sur 237 · ÉMOTIONS SUBITES · texte numérisé non relu

ÉMOTIONS SUBITES

Elles s'accompagnent souvent de suites fâcheuses , de souffrances qui se manifestent ou immédiatement ou plus tard. Il sera toujours bon d'y remédier. Si la cause produit une agréable surprise, la joie, qui, malgré la satisfaction qu'elle donne, provoque une grande excitation, un tremblement, un état de syncope ou la perte de connaissance, comme cela a lieu fréquemment chez les femmes et les enfants, donnez cofjf., et, s'il ne suffit pas, répétez-le, mais en dilution.

En cas de frayeur ordinaire , produite par un bruit soudain ou toute autre impression, donnez de suite op. ; mais s'il y a déjà quelques moments de passés , même une heure , depuis cette émotion , acon. convient mieux. S'il reste sans effet , donnez op. une heure après; puis , attendez une demi-heure et même une heure entière; alors donnez alternativement ces deux remèdes.

Si la frayeur s'accompagne d'un sentiment de peur, op. est le moyen qu'il faut préférer ; et quant aux autres remèdes, il en est question plus bas au paragraphe peur. — Si la frayeur est suivie de contrariété, c'est acon. qui convient; si elle produit de la tristesse ou du chagrin, préférez ign.

Mais la frayeur peut avoir des suites beaucoup plus

graves : comme de s'accompagner d'une douleur frontale, de renvois ou vomissements acides, de faiblesse avec sueur froide; d'engourdissement avec chaleur interne, agitation et pesanteur du ventre ; ou froid général avec tremblement ou tiraillement nerveux , resserrement de la poitrine , roideur des membres, état de somnolence avec ronflement et difficulté de respirer , etc. : dans ce cas , donnez op. dilué, une cuiller à café tous les quarts d'heure; si, une heure après, il n'y a pas de soulagement, samb. nig.o. Si, encore une heure après, l'amélioration ne s'est pas prononcée , donnez acon. plusieurs fois , en le répétant toutes les deux ou trois heures.

Si la frayeur est suivie de tiraillement des membres et de convulsions , et que le malade perde connaissance, momentanément la vue, tremble , respire difficilement , ou ait des évacuations involontaires , donnez op. cici; s'il n'y a pas une prompte amélioration après une demi-heure , administrez ign. CiCiC*.

Lorsque chez les enfants, la frayeur provoque des cris , tremblements , un accès de spasme avec quelques convulsions , des tiraillements dans les bras et les jambes , qu'ils ontla tête chaude et rouge , quelques convulsions et la figure couverte de sueur , donnez op. , puis bell. s'il n'y a pas d'amélioration. S'ils pâlissent, donnez ign.; s'ils deviennent froids et qu'ils aient des évacuations involontaires, donnez verat. alb. Dans le cas de simple vomissement et de mal d'estomac, acon. — Dans la diarrhée causée par suite de saisissement, de peine ou de joie, donnez op. ; en cas de rechute , si le petit malade reste surexcité par l'effet de la crainte , acon. ; et s'il ne suffit pas , administrez, une demiheure après , verat. alb. — Dans les évanouissements produits par la frayeur, op. Si le malade devient froid, jetezlui de l'eau froide à la figure, et lavez-lui également les pieds avec de l'eau froide; — s'il s'évanouit de nouveau , faites-lui sentir le camphre à courts intervalles.

DES ÉMOTIONS MORALES. '

Quand, à la suite d'une grande frayeur, le sang congestionne fortement la tête, donnez d'abord op. ; s'il ne suffit pas, acon. Si cet état se renouvelle à quelques moments de h y le lendemain ou le surlendemain , donnez bell. , mais une seule prise. — Si quelqu'un , après une frayeur, reste dans une longue anxiété , et que les autres moyens n'aient pas réussi , administrez bell. une fois seulement- Si la frayeur ou tel autre sujet d'affliction produit l'aliénation mentale, donnez bell. — Si bell. reste sans effet ? ou se montre insuffisant pour enrayer le mal , et surtout si le patient tombe dans un état d'indifférence ou dans une profonde tristesse, interrompue par des éclats de rire, ou s'il montre de l'orgueil et du mépris pour les autres, s'il témoigne une grande anxiété et la crainte d'une mort prochaine, dans ce cas , chez la femme , donnez stramon. , si les règles fluent trop abondamment , donnez plat. ; et si le flux menstruel est peu de chose, donnez puis. — Si , après avoir administré bell., le malade continue à être inquiet , et que la moindre occupation le fasse trembler , lui agite le sang et trouble son sommeil par d'effrayantes visions , s'il souffre plus la nuit que le jour, ne peut supporter la chaleur du lit, veut s'enfuir, devient querelleur, se plaint de sa famille et de ses amis, alors donnez merc. viv. La peur est assez souvent liée à la frayeur : c'est pourquoi les remèdes dont il vient d'être parlé conviennent ici. Lorsque les enfants sont naturellement craintifs ou peureux, on leur donne avec succès , acon. le soir , ou bell. le matin. — Dans la diarrhée causée par la peur, donnez verat. alb. Si le ventre est chaud et les membres froids, c'est puis, qui convient. — Lorsque les autres symptômes ont lieu et que, particulièrement , il y a hébétude , difficulté d'avaler (dysphagie), convulsions, rire pendant le sommeil , soubresauts , crainte continuelle et désir de s'enfuir, donnez hjjosc.

CHAGRIN ET TRTSTESSE.

Les peines morales , telles que le chagrin et la

tristesse, ont des suites bien plus fâcheuses que les autres affections de l'âme; ces suites sont ou immédiates ou subites, ou elles se déclarent à la longue et deviennent souvent dangereuses. On peut toujours les enrayer dans le premier cas , mais il est rarement possible d'en arrêter le cours dans le second. Si Ton n'est aidé dans ce traitement par une action toute morale, on doit peu compter sur les autres moyens; et celui qui ne trouvera pas ce levier moral se flatterait en vain d'obtenir des effets salutaires par les remèdes que nous avons à conseiller. — Pour un chagrin profond et morne où l'amour-propre s'est trouvé blessé ; pour un dépit concentré , suivi d'une grande affliction et dont on ne peut se rendre maître; pour les peines qui naissent d'un amour malheureux; pour les soucis qui proviennent d'un revers de fortune ; enfin, pour une tristesse profonde qui ronge l'esprit, prenez ign. que, dans quelques cas, vous pouvez répéter deux ou trois jours de suite ; c'est presque un spécifique. Le chagrin, à la suite de reproches , se guérit par op. — Quand , par suite de ces chagrins, il y a vomissement, indisposition de l'estomac, mal de tête et vertige , donnez encore ign. ; s'il reste sans effet, acid. phospk. — Dans l'épilepsie produite par de semblables causes, administrez d'abord ign. S'il ne suffit pas , donnez op. pendant l'attaque, et puis acid. phospk. , que vous répéterez après chaque accès , et chaque jour durant une semaine, dilué dans un demi-verre d'eau. — Le chagrin concentré réclame ign. ou lycop.

Dans les peines d'amour donnez d'abord ign., et quelques jours après, acid. phospk., s'il y a lieu , et que le malade soit taciturne, concentré en lui-même, ou qu'il ait une petite fièvre lente. — Si le malade souffre par l'effet d'une vive et profonde sympathie, qu'il en ait perdu le som-

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meil et les forces, donnez acid. phosph., même à l'état de teinture-mère, une ou deux fois par jour. S'il déraisonne, s'il est jaloux et emporté, hyosc. o. convient.

Dans les aliénations mentales causées par d'autres peines morales, il faut préférer bell., et puis acid. p/iosph. Employez même merc. viv. et plat., si l'altération des facultés intellectuelles se présente dans les circonstances indiquées à l'article frayeur. — Dépend-elle du mal du pays (nostalgie), et y a-t-il insomnie avec rougeur et chaleur de la face, donnez hyosc. Si, après quelques jours, il n'y a pas de soulagement, donnez caps. Si ces moyens ne suffisent pas, et que le malade tombe dans une sorte d'épuisement, qu'il ne parle pas, transpire beaucoup le matin, et reste somnolent et hébété, administrez alors acid.phosph. Quand il est dans une grande faiblesse, qu'il tremble, qu'il est inquiet et agité, principalement la nuit, qu'il a des frissons et une transpiration nocturne, donnez merc. viv.

Dans les affections chroniques par suite de chagrins et de soucis, et si le malade est irritable, inquiet, peureux, triste, craintif pour l'avenir, se préoccupe toujours et se chagrine, surtout s'il dort le jour et veille la nuit, qu'il transpire presque continuellement, qu'il perde ses cheveux et que sa voix s'affaiblisse, donnez staph. ; s'il ne parle pas par obstination, s'il maigrit et est agité par la fièvre, donnez acid. phospli. Devient-il querelleur, contrariant, irritable, et quelquefois est-il saisi d'un sentiment de crainte et en proie à l'anxiété, administrez merc. viv.

Si le flux menstruel est produit par le chagrin, la frayeur, l'anxiété ou la peur, avec une grande variation dans la quantité, et s'accompagne d'autres indispositions, donnez plat.

vexation.

La vexation, le tourment d'esprit ou la contrariété

sont des impressions de Pâme liées souvent h des peines

Ci CAUSES LES PLUS COMMUNES DES MALADIES.

cachées, soit honte, soit souci, ou chagrin : dans ce cas, donnez ign. Si, par suite de cet état, Ton éprouve du froid ou des frissons, et que l'on devienne irascible ou emporté, donnez bry. ; et nux vom. si bry. ne suffit pas. Quand la vexation provoque une juste irïtiignation avec un sentiment d'horreur pour ce qui en est la cause, quand le malade devient furieux et s'irrite à jeter tout ce qui se trouve sous sa main, repousse tout ce qui est à sa portée devant lui sur la table, donnez staph. Quelquefois ce remède est insuffisant, et n'est salutaire qu'alterné avec coloc. Quand on comprime son dépit, qu'il se déclare des coliques, surtout si elles se manifestent ou s'aggravent après le repas, donnez coloc. Quand le dépit «'accompagne d'une grande exaltation suivie d'emportement et de chaleur, préférez chamom.y qui convient toujours après un accès de colère. Si les contrariétés sont telles qu'elles provoquent la toux, des palpitations de cœur et une grande oppression accompagnées de spasme et de resserrement de la poitrine, avec imminence de suffocation, prenez chamom. ; alors il est également bon de plonger les mains dans l'eau froide pendant quelques minutes, et si cela ne suffit pas, de mettre les bras dans l'eau chaude jusqu'à ce que cet état de souffrance se soit amélioré.

Si, à la suite d'une vive contrariété, la bouche devient amère; s'il se déclare des nausées ou des vomissements bilieux accompagnés de mal de tête, pression précordiale, coliques, diarrhée, fièvre avec chaleur et soif vive; si le visage et les yeux sont rouges, et qu'une fièvre bilieuse avec couleur ictérique (jaunisse) ait lieu, donnez chamom. Après six, huit, douze heures, on peut répéter une seconde dose, mais c'est rare. Cela dépend des circonstances. Mais si le malade ressent au contraire du froid et des frissons, donnez bry. Si après huit heures il n'y a pas d'amendement, administrez verat. alb.

Si après avoir bu d'une infusion de camomille on vient

DES ÉMOTIONS MORALES

à éprouver une vexation, ou qu'on en ait pris mal à propos pour faire cesser la fièvre, donnez coff.; s'il ne suffît pas, prenez nux vom. Si, après cela, il reste encore quelques souffrances , donnez coloc. Si le malade est d'un caractère doux, et que coloc. n'ait produit aucun soulagement, administrez puis.

Si, après une vive contrariété, on se met à manger ou à boire, et qu'il en résulte un mauvais goût de la bouche, renvois amers, vomissements bilieux, douleurs d'entrailles, chaleur à la tête, inquiétude, sommeil agité, etc., donnez chamom. une ou deux fois. Si cet état se renouvelle, sans être amélioré par chamom., recourez à puis, nux vom. ou coloc.

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