IV AVERTISSEMENT
Héring a écrit son livre, lequel n'est en réalité que le résumé pratique , que la clinique nette de rhomœopathie. — Les indications à remplir dans une maladie commençante, dans une affeclion habituelle, ou dans une simple indisposition, y sont précisées avec tant de netteté et de simplicité, et le remède qui lui convient est si résolument désigné, qu'il ne peut, à l'égard du choix, en résulter aucun embarras pour celui qui se charge de l'administrer. Et si, après s'être déterminé avec sécurité, on obtient un résultat prompt et satisfaisant, on n'est plus libre de croire ou ne pas croire ; la foi est faite. Il n'en faut pas davantage pour la propagande.
Quant à ceux auxquels la foi ne suffit pas, et ceci s'adresse principalement aux médecins allopathes , nous n'avons pas à les blâmer ; ils ont raison de ne vouloir croire qu'à la condition d'être convaincus. Nous les renvoyons, en conséquence, aux livres de la doctrine, et ils doivent commencer par Y Organon de Vart de guérir, par le Traité de matière médicale ou De l'action pure des médicaments homœopathiques, et par la Doctrine et le Traitement des maladies chroniques de S. Hahnemann. C'est seulement là qu'ils puiseront aux sources pures. A part quelques ouvrages, parmi lesquels il faut ranger celui de C. Héring, tous les autres pèchent en général par des manquements à l'orthodoxie.
Cependant, écoutant des conseils éclairés et bienveillants, nous avons compris qu'un mot d'exposition aurait ici son importance. Ceux entre les mains de qui est tombé ce livre ont signalé une lacune. Ils se sont nalurellement demandé pourquoi ils ne seraient point initiés d'une manière sommaire à l'évolution historique de rhomœopathie et aux principes généraux qui lui servent de base. Cette demande était fondée. C'est dans ce but que nous avons essayé d'écrire quelques pages. Il était difficile de dire beaucoup en peu de mots. L'idée homœopathique y est-elle suffisamment indiquée ? y est-elle nettement déduite?... Si la courte exposition qu'on va esquisser donne à réfléchir, c'est assez. Le lecteur ne tardera pas à comprendre une loi qui n'est destinée à gouverner définitivement l'art de guérir que parce qu'elle touche par ses profondes racines et par ses rameaux spacieux à toutes les lois de la nature et qu'elle s'y mêle