‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 7 sur 237 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

à préparer par transition les voies d'une conversion volontaire? Peut-on exiger de prime abord une foi absolue de la part d'un laïque? Non. S'il consent à transiger avec ce qu'il sait de médecine (et chacun croit avec plus ou moins de prétention s'y connaître un peu), sachons lui tenir compte d'un bon mouvement et de ses intentions de progrès; ne lui imposons pas un sacrifice qui se consommera à son insu. Qu'on lui laisse donc la liberté de recourir encore une fois à ces innocents remèdes, innocents préjugés du foyer domestique, les seuls auxquels il est fait allusion dans ce Manuel homœopathique. Il fera sa conversion par sa propre expérience, et il saura mettre de côté une pratique illusoire pour s'attacher définitivement et irrévocablement à des médicaments dont il ne pourra plus nier la puissance.

Voilà peut-être le sens qu'il faut attacher à cette recommandation que le docteur G. Héring a faite de ces prétendus remèdes domestiques , et dont on a pris prétexte pour une première et facile censure, du reste sans importance.

Quant aux dilutions employées, à la répétition des doses, et au changement fréquent de remèdes, ceci est un reproche plus sérieux, s'il est réellement fondé ; il y a là, en effet, des difficultés aussi délicates qu'épineuses, que l'expérience et le temps seuls peuvent résoudre... Jusqu'à ce jour, du reste, l'observation semble avoir consacré que dans les souffrances aiguës, on doit donner la préférence aux basses dilutions ( 6 ou 12) sur les hautes, soit de 30 à 100 et au delà, qui conviennent généralement dans les affections chroniques , c'est ce qu'on établira plus loin avec un peu de détail. Quand la théorie homœopathique sera complète , il restera encore beaucoup à faire à l'art pratique. Chez les grands savants comme et même chez les demi-savants, l'expérience passe science. L. M.

Bordeaux, juin 1855.

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