UN MOT DISPOSITION. XIII
pour que le quinquina soit choisi entre tous les remèdes propres à combattre cette fièvre.
Ce serait peut-être ici la place de dire le dévouement de quelques hommes généreux, premiers disciples d'Hahnemann, qui, à l'exemple du maître, surent risquer leur repos, leur santé, leur vie pour jeter les fondements de cette œuvre immortelle , clef de voûte de l'homœopathie , du livre de la matière médicale pure. Et ce n'est pas sans émotion qu'on lit le récit touchant qu'ils font de ce qu'ils eurent à souffrir. Il fallait être animé d'un amour bien désintéressé de l'humanité pour ne pas perdre courage au milieu de toutes les persécutions dont Us furent abreuvés. Parmi eux, il faut citer Franz et Hornburg, qui ont payé de la vie leur persévérance en s' offrant en holocauste à l'étude des effets purs des médicaments et à la haine des persécuteurs de l'homœopathie. — La vérité seule inspire le dévouement surhumain ; Terreur n'exige, ni n'impose jamais de pareils sacrifices.
La loi des semblables une fois formulée demeurait frappée de stérilité, si les agents de curation n'étaient pas mis dans des conditions propres à solliciter la force vitale dans un but de réaction à l'effet d'annuler complètement, promptement et sans douleur les symptômes du mal, et cela sans crainte d'une aggravation quelque peu redoutable.
Ce problème, le plus important après la découverte de la loi de similitude, a été résolu par Hahnemann ; et c'est par la dynamisation des remèdes, c'est-à-dire par le développement dans chacune de leurs propriétés spéciales, à l'aide de procédés fort simples qu'il serait hors de propos de détailler ici, et qu'on peut rendre par un mot, en disant qu'ils consistent dans l'atténuation du remède par la trituration, le frottement, la dilution et la succession, opérations qui se font successivement et dans la mesure des besoins. La matière médicamenteuse est ramenée par ces procédés à l'état atomistique le plus subtil, et perd ainsi sa forme dite primitive; elle contracte alors d'autres propriétés par la mise en liberté des forces vives de la matière, jusque-là retenues esclaves dans les corps à l'état brut. — 11 se crée par là une nouvelle source de vertus purement dynamiques qu'on ne soupçonnait pas et dont l'application est utilisée par le médecin selon les circonstances d'appropriation thérapeutique. De là sort le dynamisme médicamenteux, et c'est sur son rapport d'analogie avec le dynamisme vital qu'est fondée sa vertu
XIV UN MOT DEXP09ITION.
curative. — Dans son application, les efiets ea sont aussi sûrs qu'étonnants.
Mais on cesse de s'étonner 4e l'énergie des médicaments réduits presque à néant par la dynamisation, quand on songe à la manière dont se produisent certains effets qui, devenus puissances impondérables, restent sans rapports sensibles avec leur origine matérielle. Telle est; en. réalité, l'électri- -cité- Est-il plus extraordinaire de comprendre la force du fluide électrique sorti du frottement de deux corps, que Faction d'un médicament se développant par un procédé analogue? Le bâton de cire auquel je donne la vertu d'attirer à lui la barbe d'une plume, me paraît un fait aussi merveilleux et aussi inexplicable ; et cependant, il ne Tient à l'idée de personne de mettre en doute un pareil phénomène. En quoi consiste cette force, cette vertu de la cire frottée ; de ce frottement rotatoire de deux disques 4e verre ; de cette tige de fer aimantée? Quelle quantité de matière y a-t-on ajoutée. eu olée? Et l'arôme des fleurs, qui porte sur la sensibilité des effets si incompréhensibles, quelle est la déperdition de substance qui s'est faite pour affecter une personne et la rendre malade ? etc. On n'en finirait pas si l'on voulait, par de pareilles citationsv prouver le mauvais vouloir des incrédules en homœopathie; c'est donc par mauvaise grâce quMls allèguent ne pas concevoir l'action des remèdes qu'elle met en usage, lorsqu'ils acceptent sans réflexion, d'emblée, des faits tout aussi incompréhensibles. — Toutes ces choses sont si connues qu'il y a, en vérité, de la trivialité à les rappeler. On ne les comprend pas, on y croit pourtant, et on a raison d'y croire. Mais quand il s'agit pour les médecins d'idées qui ne sont pas dans leurs préjugés scientifiques, alors ils nient absolument et sans merci. Lorsqu'on leur dit d'interroger l'expérience, source de toutes les connaissances de la nature, ils prétendent qu'ils l'ont consultée, et qu'elle n'a pas répondu à leurs espérances. Or, pour que l'expérience donne les résultats annoncés par ceux qui ont profondément examiné la matière, il faut de toute nécessité expérimenter dans la rigueur des conditions établies à l'avance. L'ont-ils fait? —Et jusque-là quel inconvénient y a-t-il à accepter comme acquis à la vérité, le sentiment de ceux qui font autorité en pareille circonstance ? — En dehors des questions médicales, on admet, les médecins admettent eux-mêmes aussi l'autorité compétente d'autrui, pour ce qui touche aux faits qui échappent aux sens. On ne