SUPPRESSION DES RÈGLES
Par suppression des mois ou des règles, on entend la suspension ou la cessation temporaire de l'évacuation périodique du sang, une fois bien établie, par une cause quelconque. Le froid est la cause la plus commune de cette affection, parce que, en effet, les femmes y sont trèssujettes, à raison du peu de soin qu'elles prennent d'ellesmêmes pendant leur dérangement. Les émotions soudaines et fortes de l'âme, principalement le chagrin et le désespoir, peuvent aussi la produire, mais surtout lorsqu'il vient s'y joindre l'usage pernicieux des aliments salés, des boissons acides, et le refroidissement des pieds par l'eau pen-
dant les règles. Diverses affections, celles de la poitrine, du foie, le rhumatisme et la plupart des inflammations locales deviennent autant de circonstances propres à favoriser cette suppression. Et ces maladies, considérées comme causes, peuvent se comporter de manière à produire ce fâcheux résultat (la suppression), soit pendant, soit avant ou après l'écoulement du flux menstruel. Si le flux s'arrête brusquement pendant son état, ou juste au moment de paraître, surtout par reflet du froid, les symptômes de ces maladies en deviennent beaucoup plus violents que si la cause avait agi dans l'intervalle. Dans les cas les plus graves, il se manifeste des accidents très-intenses, comme des spasmes douloureux de l'estomac et des intestins qui s'accompagnent souvent d'efforts de vomissements et de mal de tête; alors il y a aussi face rouge, délire, convulsions, hystérie, palpitation de cœur, difficulté de respirer, etc. Cet état de choses se complique quelquefois de fièvre et d'inflammations locales. Lorsque la suppression des mois a eu lieu dans l'intervalle par les mêmes causes, les suites n'en sont ni aussi soudaines, ni aussi alarmantes; toutefois, après un laps de deux ou trois mois, la santé s'est affaiblie et le résultat prévu n'en est pas moins certain. Le sujet devient pâle, languissant et faible ; il perd son appétit et son animation ; sa physionomie est maladive et abattue ; les pieds et les articulations sont gonflés ; les symptômes nerveux se manifestent : palpitation de cœur, oppression de poitrine, flatuosités, etc., et la leucorrhée marche grand train. Chez les personnes prédisposées à la consomption et à d'autres maladies graves, la suppression des règles est un accident funeste qui demande sans retard une attention sérieuse.
Les remèdes généralement employés dans cette affection sont acon.) bry.y puis., sep. et sulpk.Wm sont aussi nécessaires quelquefois, chamom., graph., kali carb.% lycop., plat, et verat.
Acon., si ta suppression est le résultat de l'impression directe du froid, et si elle s'accompagne de congestion de la tête ou de la poitrine, rougeur des joues, douleur, évanouissement ou vertige en se relevant d'une position couchée; douleurs lancinantes et battantes de la tête avee délire ou stupéfaction; plénitude du pouls; impatience; aggravation dans le mouvement; le froid soulage, le chaud augmente les souffrances.
Bry.> s'il y a des vertiges tournoyants, avec pesanteur et pression vers le front, pires en restant debout ets'aggravant par le mouvement ; saignement de nez ; toux sèche ; frissons durant les douleurs; chaleur de la tête; douleur au creux de l'estomac après avoir mangé ; éructations amères et aiguës; régurgitation des aliments après avoir mangé avec un bon appétit; constipation; douleurs tiraillantes dans la région inférieure de l'abdomen ; douleur dans le dos; ces diverses souffrances sont augmentées par le mouvement et le toucher. Ce remède convient particulièrement aux femmes non mariées.
Puis, est le remède principal dans cette maladie, surtout par suite de l'humidité ou de l'air froid, et si le sujet est doux et enclin aux larmes et à la tristesse; le mal de tête se fait sentir généralement d'un seul côté, avec douleurs tiraillantes, s'étendant à la face, aux oreilles et aux dents ; palpitation de cœur ; suffocation ; froid des mains et des pieds; bouffées de chaleur; nausées et vomissements; tendance à la diarrhée ; pression dans la région inférieure de l'abdomen ; urines fréquentes et leucorrhée de couleur laiteuse.
Sep. est aussi un remède très-important, notamment chez les femmes d'une constitution délicate avec pâleur de la peau; les symptômes sont souvent amendés par k l'exercice et aggravés par le repos; grande facilité à prendre froid ; prédisposition à la mélancolie ; céphalalgie le matin; vertiges; battements dans la tête; sensation
d'un poids qui porte sur l'hypogastre, avec chaleur ; leucorrhée de couleur jaune ; coliques ; douleurs dans les membres comme s'ils étaient meurtris ; douleurs dans les reins.
Sulph., si la femme a été sujette aux éruptions ; disposée aux endolorissements de toutes les parties du corps; manque de forces; abattement ; épuisement après la conversation; grande susceptibilité à l'action de l'air frais; disposition au sommeil ; la chaleur du lit aggrave les douleurs dans la nuit; obnubilations ; vertiges en se levant; mal de tête d'un seul côté, ou au-dessus des yeux, ou dans la partie postérieure de la tête dans la direction de la nuque; chaleur et pesanteur de la tête; obscurcissement de la vue; aigreurs d'estomac ; écoulement d'eaux par la bouche ; pression de l'estomac ; appétit vorace ; constipation avec efforts impuissants pour la selle ; douleurs abdominales; leucorrhée avec démangeaisons; douleurs dans les reins ; lassitude et fatigue des membres.
Si les règles ont été supprimées par suite d'une frayeur, d'inquiétudes ou autres mouvements de l'âme, donnez acon., coff. ou lycop.
Si la suppression est liée à des douleurs rhumatismales des épaules et de la poitrine, et que la femme soit prédisposée à la consomption, adressez-vous sans retard à un médecin.