‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 157 sur 232 · VARICES · texte numérisé non relu

VARICES

Cette maladie consiste dans la dilatation et la distension des veines ; elle n'est point exclusive à l'état de grossesse ; elle existe en tout temps chez la femme , et quelquefois aussi chez l'homme. Mais comme cette maladie se rencontre fréquemment chez la femme enceinte, on doit considérer qu'elle est presque particulière à cet état. Elle se montre rarement dans la première gestation, mais on la remarque beaucoup plus souvent dans les grossesses subséquentes. Les veines variqueuses se font remarquer généralement vers les chevilles et peuvent s'établir à la jambe, et de là se porter au genou, mais quelquefois aussi ces veines couvrent toute l'extrémité. L'affection peut être limitée à une seule jambe, comme aussi occuper les deux. L'état variqueux existe avec ou sans l'œdème, ou gonflement général des pieds et des extrémités inférieures.

Les veines variqueuses sont généralement superficielles, et prennent d'abord une couleur rougefttre; plus tard, elles

prennent une couleur bleuâtre plombée et sont plus gonflées; elles deviennent bosselées, nouées. Elles acquièrent plus de grosseur lorsque la malade se tient debout ; elles diminuent lorsqu'elle reste couchée.

Quand cette affection est légère, elle n'est point douloureuse ; mais si elle augmente, elle le devient, et enfin les veines peuvent se crever et le sang s'épancher sous la peau, et même se faire jour extérieurement.

Comme la maladie est produite par une cause en quelque sorte mécanique, elle disparaît après la délivrance : la pression exercée sur les veines n'existant plus, tout rentre dans l'état naturel.

Si la distension est très-prononcée et que la maladie soit très-douloureuse, il devient nécessaire que la femme reste étendue. Si elle est obligée de se tenir sur ses pieds, on pourra lui apporter quelque soulagement en lui .appliquant à la jambe un bandage ou en lui faisant prendre un bas lacé. Si le bandage ou le bas lacé ne suffisait pas, il conviendrait d'appliquer le matin un bandage plus serré en commençant par l'orteil, et progressivement jusqu'à la partie la plus supérieure de la jambe, jusqu'au genou.

Eu aide aux moyens mécaniques que nous venons de faire connaître, on pourra employer avec succès les remèdes suivants : Arn.j lycop., nux vom. et puis.

HÉMORRHOIDES.

Quoique cette maladie ne soit, en aucune façon, particulière à la grossesse, cependant il arrive souvent que certaines femmes en sont atteintes à cette époque à cause de la pression qui s'exerce sur l'utérus et de l'état de torpeur où sont tenus les viscères abdominaux.

Les hémorrhoïdes consistent dans une ou plusieurs tumeurs vasculaires situées à l'anus. Lorsqu'elles sont établies depuis quelque temps, elles ont acquis alors une certaine grosseur, et forment à l'anus des bourrelets en forme de

grappes. Elles ont une couleur bleuâtre, et elles sont trèsdouloureuses, surtout au toucher. Lorsqu'elles occupent la

' partie la plus inférieure du rectum et qu'elles sont dans

1 Fanus, on les appelle hémorrhoïdes internes, et lorsqu'elles

sortent, on les appelle hémorrhoïdes externes. Si elles ne laissent échapper aucun liquide, si ellessont sèches, ellessont

1 dites borgnes. Dans le cas contraire, elles sont dites fluentes.

i Celui qui est sujet à cette affection et qui en souffre de

temps en temps, ne devraresternilongtemps assis, nilong-

! temps debout ; il prendra un grand exercice, boira de

l'eau fraîche avec profusion, et devra s'abstenir des aliments trop riches en sucs nutritifs et des boissons stimulantes. Pendant les douleurs paroxysmales des hémorrhoïdes, la femme restera étendue, et choisira la position qui lui conviendra le mieux.

Comme application locale, la femme usera avec avantage d'une serviette pliée et trempée dans l'eau froide, application qu'elle renouvellera selon le besoin. Elle pourra également se servir, en forme d'embrocations, d'huile douce ou d'un mucilage quelconque. C'est le moyen de se donner un soulagement passager. Mais elle ne peut espérer un bénéfice plus durable qu'en s'adressant aux remèdes suivants, qui

i seront administrés selon la convenance des symptômes :

i Accn.ybelL, ign.,nux www., sulph.

Acon. convient lorsqu'il y a hémorrhagie avec douleur sécante ou piquante et pression à l'anus, plénitude de l'abdomen avec pesanteur et colique, et douleur dans le dos

I comme par contusion.

i Bell., lorsque l'hémorrhagie continue plusieurs jours

I avec démangeaison à l'anus et souffrances en marchant ;

i tumeurs considérables avec pression sur les parties inférieu-

res; douleur dans le dos comme s'il était brisé. Bell, est

| principalement indiqué chez les malades qui ont fait abus du

| soufre à hautes doses pour prévenir une nouvelle attaque,

I ainsi que le prescrit la vieille école.

Ign. , constipation avec efforts impuissants d'aller; descente du rectum ; sortie des bémorrhoïdes pendant une évacuation avec perte de mucosités sanguinolentes; douleur pressive après la selle; contraction spasmodique de l'anus ; démangeaison et cuisson à l'anus.

Nux wm. convient soit dans les hémorrhoïdes borgnes ou fluentes; accompagnées de constipation et de fréquents efforts impuissants pour la selle, avec sensation comme si l'anus était contracté ou fermé; douleur brûlante et piquante dans les tumeurs, démangeaison à l'anus, épreintes douloureuses de l'abdomen ; tête congestionnée ; urines fréquentes et douloureuses ; aggravation après tout travail d'esprit et après le repas. Ce remède est particulier aux personnes qui mènent une vie sédentaire et qui font un très-grand usage du café.

Sulph., lorsqu'il y a alternativement constipation et diarrhée, sensation d'excoriation avec démangeaison et brisement à l'anus, descente fréquente des tumeurs; plénitude de la tête, aigreurs d'estomac; dyspepsie; urines douloureuses; diarrhée le matin, avec pression, et descente du rectum. Dans les cas opiniâtres, donnez nux vom. et sulph. alternativement le soir et le matin.

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