‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 198 sur 232 · BÉGAIEMENT · texte numérisé non relu

BÉGAIEMENT

Quand les enfants commencent à bégayer, c'est le moment de corriger cette infirmité, parce que plus tard il est très-difficile d'y remédier. Il faut se garder de gronder les enfants, si l'on ne veut pas l'augmenter. On devra les faire approcher de soi tous les jours, pour leur apprendre à respirer lentement, et tenir par conséquent l'haleine aussi longtemps qu'ils peuvent; comme aussi de la rendre avec lenteur, en battant les mains en cadence. Après cela, on leur fera prononcer quelques mots pendant l'expiration, et l'on se gardera bien de l'exiger pendant le temps de l'inspiration. L'enfant sera tenu à cet exercice pendant plusieurs mois et tous les jours, et il finira par perdre ce défaut. On peut aussi, dans ce cas, user utilement de quelques doses de bell., et ensuite merc. viv. ou plat., euphr. plusieurs fois, et plus tard sulph. et bovist.

Préserva tlon on prophylaxie des maladies héréditaires.

e II est bon, je crois, d'ajouter dans cefovre de propagation homœopathiqne, à la suite des tnatadies des femmes et des enfants, un appendice qui enseigne la préservation ou prophylaxie des maladies héréditaires^ maladies qui s'établissent plus tard à rétat chronique et préparent une mort prématurée.

a Si ce livre tombe, ce qu'il faut espérer, dans les mains d'une tendre mère, elle n'hésitera pas, en commençant par elle, à employer le traitement prophylactique sur lequel nous allons donner les indications principales (1). La femme sait mieux que l'homme, que les enfants ne sont que la continuation de son propre sang, de sa propre vie, et qtfe celui qui a mis au fond de son cœur un amour inépuisable pour le fruit de ses entrailles, leur inspire en même temps un dévouement sans limites. Vivre pour son enfant, ce n'est donc pas absolument mourir, puisque ces êtres aimés sont une modification de nous-mêmes. — La loi de l'instinct conservateur doit adopter la voie de préservation.

ta Où donc est cette voie de conservation ? Tâchons de ^indiquer.

« C'est' une croyance universelle, acceptée de tous les temps, à savoir : que l'homme est né pour une existence heureuse, et que néanmoins en venant au monde, il est en butte à la douleur et aux maladies. Sa vie est un long travail ; il ne mérite de vivre- d'une manière tôlérable qu'au prix de ses sueurâ.

(1) Pour plus amples détails, voir l'ouvrage du docteur Gastier, intitulé De la Prophylaxie eh général et de son application aux maladies épidémiques et aux affections chroniques héréditaires, Paris, 1862.

« Au point de vue des croyances religieuses, il faut voir là un effet du péché originel ; les médecins disent que c'est le résultat d'un miasme ou virus contagieux transmissible, véritable instigateur des maladies héréditaires. — L'enfant le plus pur à sa naissance, souffre ; à toutes les crises d'âge, à la première dentition comme à la seconde, quoique moins; à la puberté; à l'époque critique où la vie va en décroissance d'activité et d'aptitude ; dans la vieillesse où les énergies vitales s'épuisent, il se passe une lutte plusou moins douloureuse, qui accuse en nous un principe nuisible. Il n'y a que l'âge adulte, âge de l'amplitude des forces, où l'homme, s'il est prudent, peut résister avec avantage et sans souffrance dans cette lutte du bien contre le mal. -*- Si les organisations les moins imparfaites n'échappent pas à ces évolutions d'épreuves, celles qui sont moins bien partagées la subissent avec plus de difficultés encore. C'est là le lot de l'humanité. •*- Les animaux sont à cet égard mieux dotés: sauf le mal accidentel qui les atteint comme l'homme, ils n'ont pas généralement de maladies héréditaires. Et l'être qui est fait à l'image du Créateur, lui qui exerce sa toute-puissance dans l'univers, est plus fragile que les animaux qu'il assujettit, dompte, gouverne ou détruit selon la nature des nécessités que lui impose sa propre existence.

«Il est admis que le virus principal qui trouble de la sorte l'organisme est la gale. Ainsi nommé à l'état aigu, il prend le nom de psore à l'état chronique. Il arrive à ce second état par les modifications successives qu'il subit dans la profondeur des organes, où il a été refoulé par suite de médications inconsidérées, que l'ancienne médecine emploie. — Il suit de là que la plupart de nos maladies héréditaires ne sont en définitive que des gales rentrées, qui se manifestent diversement selon les parties du corps sur lesquelles le virus s'est retiré. Établi au milieu de notre substance, il s'y mêle, on le conçoit, à tous les élé-

APPENDICE Al CHAPITRE XII. 453

ments de la vie; il y séjourne plus ou moins longtemps et s'y perpétue par l'hérédité. L'harmonie des fonctions et des sensations n'est pas d'abord sensiblement troublée; mais elle est travaillée lentement, jusqu'à ce qu'il arrive un moment où un concours de causes dépressives de la force vitale rendant au virus en quelque sorte sa liberté, il fasse explosion, et qu'il en sorte les souffrances caractéristiques des maladies chroniques. — On pourrait voir là un phénomène analogue à celui qui se passe dans la germination tardive d'une graine végétale que des circonstances fortuites auraient soustraite à son milieu, et qui a été ramenée par des circonstances favorables.

a Voilà comment nous pouvons être sujets sans causes appréciables à ce cortège de misères humaines que les médecins nomment scrofules, vers, phthisie, dartres, hémorrhoïdes, névroses, rhumatismes, etc. C'est donc dans ce sens que la gale a reçu en homœopathie le nom de psore, et les médicaments propres à la combattre, celui d' ont ipsoriques.

« II existe un second miasme ou virus qui sert d'origine à des affections d'un genre particulier, mais qui sont beaucoup moins nombreuses que celles qui sont fomentées par la psore. C'est la sycose, ou principe générateur de taches ou excroissances qui naissent à la peau ou à la surface des membranes muqueuses, telles sont les verrues, les loupes, les polypes, etc.

a Enfin, il est un troisième principe producteur de prédispositions morbides ; c'est le virus connu sous le nom de syphilis. Depuis trois cents ans il infecte l'organisme. Il s'attaque d'abord aux organes qui sont la source de la vie, et s'étend ensuite au reste de l'organisme. Sa transmission par hérédité est un fait universellement connu. Sa présence dans l'économie animale est trop récente pour que le temps lut ait fait perdre complètement sa forme caractéristique; il est généralement facile à reconnaître.

« Ces trois viras se. .combinent et se confondent pur la marche du temps : et cet alliage arrive à un tel point, que chacun y perd sa manifestation particulière; d'où 8 soit qu'il devient presque impossible de les attaquer isolément. L'œil le plus exercé, l'observation la plus attentive n'y peut rien pour établir la moindre distinction entre eux. Et d'ailleurs, à l'état latent où ils sont, lorsqu'il s'agit de les neutraliser* il n'y a pas à songer à faire à cet égard la plus petite reconnaissance. — C'est par une série de moyens propres à tous et à chacun qu'il faut procéder pour remplir le but qu'on se propose en prophylaxie.

« Ce n'est pas tout : indépendamment de l'infection de l'organisme par ces virus, il s'y fait d'autres combinaisons qui ajoutent encore au dommage que la force vitale éprouve déjà, et avec lesquelles la prophylaxie doit compter. Ce sont les altérations profondes qu'occasionne l'abus à outrance que la vieille médecine fait des remèdes dont elle se sert. Ces altérations sont de véritables incarnations qu'on ne détruit pas toujours facilement. — Pour ne citer que les plus en usage, ce sont le soufre, le mercure, le fer, l'iode, l'opium, le quinquina, la rhubarbe et le sainbois.

« Or, les substances dont la prophylaxie se sert contre les virus primitifs se trouvent heureusement les antidotes de ces médicaments, dont l'abus amène une désorganisation lente et infaillible.

a C'est donc pour remédier aux effets nuisibles produits par les virus et les remèdes dosés par l'allopathie qu'on a dû songer à leur opposer des agents propres à les neutraliser, afin de faire prévaloir la force vitale dans toute sa pureté. C'est là le but où tend la prophylaxie, — qui doit conduire à une sorte de restauration physiologique.

« Trois principaux remèdes répondent spécifiquement à chacun des virus. Ce sont le soufre pour la psore; le thuya pour la sycosc; le mercure pour la syphilis. Il y a plus : à

APPENDICE AU CHAPITRE Xll. 455

raison de l'existence plus prononcée d'un des virus sur l'autre, des alliages plus ou moins intimes entre eux, on leur a associé d'autres médicaments que nous nommerons plus bas avec leurs attributs les plus essentiels; ils ont été choisis parmi ceux qui s'adaptent le mieux à la tendre organisation des enfants, chez lesquels la force vitale est facile à émouvoir, et par conséquent propre à recevoir et à garder l'impression qui lui est communiquée.

« Nous commençons par les trois remèdes cardinaux ; et -donnons ensuite le dénombrement des autres dans l'ordre qui sera adopté pour leur emploi, pourvu toutefois qu'il n'y ait pas lieu à intervertir cet ordre par suite d'une contreindication formelle, soit qu'elle vienne d'une intoxication allopathique récente venant du père ou de la mère, ou par suite dé toute autre circonstance majeure :

4° Le merc. : il agit principalement >sur le système de la lymphe et sur la peau; c'est un des remèdes de l'enfance. Il s'antidote par hep. sulph.,bell., iod., lycop., thuy., siL, cale, sulph.

2° Sulph. : c'est le premier des antipsoriques, son emploi est presque universel. Aux sources thermales sulfureuses s'opèrent, en effet, des guérisons d'affections en apparence dissemblables par la forme, c'est-à-dire par les symptômes. Il trouve des antidotes dans merc, silic. et campk. '

3° Thuy. : il est apte à détruire les dispositions de la peau aux- affections sycosiques. En temps épidémique, il est préservatif de la petite vérole. Il est antidote par camph., hep. sulph., phosph. et sulph. ' '

° Cale. e. est un remède de l'enfance ; il est propre à combattre la lenteur des fonctions diges tires (carreau), notamment les arrêts du développement organique, osseux surtout. — 11 s'antidote par campk. et sulph.

5° Lycop. Bon antimycosique qui s'adapte heureusement aux tempéraments lymphatiques, aux femmes d'un caractère

doux et portées à la mélancolie ; il compte parmi les remèdes de l'enfance, et convient particulièrement dans les excroissances à pédoncule ; son antidote est campk.

6° Silic. jouit d'une action élective sur le système osseux qu'il régénère ; il est excellent dans les déviations de la colonne vertébrale; c'est aussi un remède de l'enfance. Ses antidotes sont campk. et hep. sulph.

7° Iode : remède de l'enfance, il convient dans les tempéraments qui passent à l'état scrofuleux, et altérés par des antécédents dus au mercure avec lequel il a de grandes analogies. Il trouve ses antidotes dans campk., bell., hep. sulph., phosph. et sulpk.

8<> Bell, excite la vie nerveuse générale et augmente l'expansibilité du dedans au dehors; c'est pour cela que ce remède constitue un remède spécial de l'enfance. Il s'antidote par campk., kep. sulpk. et merc.

9° Hep. sulph. possède des effets analogues à ceux de helL Il exerce une action puissante sur les fonctions de la peau et par cette raison convient dans les maladies héréditaires de la peau, et s'adapte parfaitement aux affections équivoques, psoriques et syphilitiques, et même sycosiques. Ses antidotes sont campk. et tell.

10° Enfin, phosph. : parce qu'il touche par son action à la trame dynamique et aux systèmes fondamentaux de l'économie; il agit profondément et avec ténacité sur les nerfs et les vaisseaux sanguins, notamment sur les fonctions digestives, c'est-à-dire qu'il convient aux enfants nés de parents porteurs d'affections nerveuses et gastriques; son antidote est campk.

a Avons-nous besoin d'ajouter, ce que le lecteur a pu remarquer, à savoir que le camphre remplit ici le rôle d'antidote principal à, l'égard de dix remèdes prophylactiques? Il trouve son emploi dès qu'il se déclare des aggravations médicamenteuses intempestives. Nous complétons ceci en faisant connaître les antidotes spéciaux qui conviennent à

chacun des médicaments dont l'allopathie use innocemment et opiniâtrement, et dont nous avons donné la liste plus haut :

Le soufre reconnaît pour antidotes : Merc. et camph.

Le fer : Bell., hep. sulpk. et merc.

Le mercure : Hep. sulph., iod., belL.sulph., $il.,lycop., thuy.

L'iode : Bell., hep, sulph., phosph., sulph.

L'opium et ses préparations : Merc, ,calc. c, camph. ,sulph.

Le quinquina et ses dérivés : Sulph. , bell., merc., cale. c. * La rhubarbe : Merc, camph.

Le daphne mezereum (sainbois) par la pommade de sainbois, merc. y camph.

a Cette indication tirée des antidotes n'est pas sans utilité pour le choix des remèdes prophylactiques. Lorsqu'il y aura lieu de croire que l'un de ces médicaments donné à l'excès par la vieille médecine peut avoir une grande part dans le vice organique, il faudra choisir et insister sur son antidote; comme aussi, lorsque l'hérédité se prononcera par une lésion particulière, on devra donner la préférence à l'antipsorique qui répond le mieux à cet écart de la force vitale ; comme, par exemple, cale. c. et sil.9 dans les déviations osseuses. Tout ceci demande un grand discernement et une appréciation réfléchie des choses. Un médecin homœopathe éclairé ne saurait être appelé plus à propos.

a Quanta l'opportunité dans l'administration cle cesdivers prophylactiques, il faut éviter l'arbitraire; l'homœopathie ne peut en souffrir. Il-y a une considération à prendre entre plusieurs; c'est à l'égarddel'influenceque lesdiversesphases de la lune exercent sur les aptitudes physiologiques. L'a* griculteur en tient compte, le médecin doit le faire aussi. — Si la lune dans ses évolutions septénaires marque son influence sur les flots de la mer et sur la vie végétale, l'homme ne saurait s'y soustraire; il n'y a pas dans la création un être plus facilement impressionnable , le médecin ne

mettra donc pas cette considération à l'écart. — 11 sait, en effet, que l'étude des effets purs des. médicaments a démontré dans quelques-uns une action plus prononcée sur l'impressionnabilité vitale :

4° Au changement de lune, par cale, e., $ilic, thuy.y sulpk., lycop.

2° A la lune croissante, par thuy.

3° A la nouvelle lune, par lycop. , cale, c, silic.

4° A la pleine lune, par sulph^ silic., cale. c. et merc.

«D'où il suit que lorsqu'il n'y aura pas de contradiction à d'autres égards, il faudra administrer préférablement le médicament dont l'action peut être heureusement influencée par l'une des phases de la lune. C'est ainsi, par exemple, que si l'on avait à combattre la psore dans sa manifestation vermineuse, on donnerait metc. à la pleine lune, et sulpk. à la lune décroissante, parce que ces deux remèdes sont en parfaite situation à l'égard de l'enfance, de la psore, de l'état vermineux et de l'influence que peut exercer le satellite de la terre.

« Queconcinre de ce qui précède? que la marche de l'application méthodique des prophylactiques est toute tracée.

a On débutera par l'emploi du merc., et puis on passera à sulph.j après le septième jour ou époque lunaire, et ainsi de suite de septénaire en septénaire , si dans l'intervalle d'un médicament à l'autre, il ne se produit rien qui puisse faire changer cette marche. Maissi l'un des antipsoriques venait à donner une aggravation quelconque, soit l'apparition à la peau d'une éruption, ou à donner lieu à une amélioration notable, il ne faudrait pas se hâter de passer au remède suivant : on attendrait que l'effet produit eût cessé. Ce n'est qu'alors qu'on reprendrait la série des antipsoriques, mais avec le soin de faire cette reprise à chaque évolution septénaire, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait épuisé la série. — Arrivé à ce terme, il y aura à examiner

s'il faut en resterlà pour une première fois, ou s'il convient de recommencer, après un temps donné, le traitement de préservation.

a Maintenant, quel est le mode à préférer dans l'administration des médicaments? Faut il donner le médicament en globules à Fétat sec, ou délayé dans une cuillerée d'eau, ou bien par la voie de l'olfaction?... Par olfaction, l'effet est trop prompt, trop pénétrant, trop fugace, et quelquefois produit des aggravations qu il faut éviter. — En dilution, ce moyen serait préférable.... Peut-être vaut-il mieux donner le remède en globules à Fétat sec. De cette manière, la pénétration médicamenteuse, quoique prompte, agit plus lentement, elle atteint Forganisme avec moins de brusquerie, et y réveille la réaction vitale salutaire avec une sorte de lenteur qui concorde à la chronicité des vices incorporés.

a Quelle heure faudra-t-il adopter pour la prise du préservatif? Est-ce le matin, le soir ou la nuit, — quelques heures après le dernier repas de Fenfant ? Pendant le sommeil rien ne trouble l'installation, pour ainsi parler, du remède dans l'économie animale. Â Fétat de veille, mille et une petites causes pourraient contrarier, chez un enfant surtout, la prise de domicile.

« Et quel âge faut-il choisir? L'âge où Fenfant se trouve naturellement au régime, celui où il n'a pas encore contracté des habitudes alimentaires qui soient capables de troubler Faction prophylactique.

« La mère pourra même anticiper sur cette époque. Si, indépendamment de l'infection de Fun des trois virus cardinaux, elle se sent prédisposée à une maladie héréditaire, et qu'elle veuille consulter un médecin homœopathe, elle recevra le conseil de commencer le traitement par ellemême, et cela pendant son état de grossesse.

« Pour faire emploi du camphre à titre d'antidote, il conviendra d'être muni d'un flacon de teinture alcoolique de

camphre ; il suffira de faire sentir le bouchon, en ie présentant une fois sous chaque narine, pour obtenir la cessa* tion de l'aggravation provoquée, »

Page 1