PETITE VÉROLE
C'est l'affection la plus dégoûtante de toutes celles auxquelles l'homme est sujet. Comme les maladies éruptives, elle se communique par contagion et attaque rarement plus d'une fois la même personne durant sa vie. — La période d'incubation, qui est comprise entre le moment où il y a eu contagion et celui où se manifeste la fièvre, dure dix ou douze jours en général ; les termes extrêmes de cette période se trouvent entre le septième et le vingtième jour. — La fièvre débute par un frisson et s'accompagne de tous les symptômes connus, douleurs dans le dos, dans les os; lassitude générale ; chaleur et sécheresse de la peau ; soif; toux ; douleur épigastrique ; photophobie; céphalalgie intense avec délire; prostration de forces, etc.; quarante-huit heures après la fièvre, se déclare l'éruption, qui commence
toujours par la figure et le front. Le premier jour, l'éruption nY$t point caractérisée, ce n'est que le Suivant qu'elle se dessine nettement par la forme et l'élévation des bou^ tons. Le quatrième jour, ils se remplissent. D'abord pleins d'une sérosité transparente, ils se dépriment au centre et ne tachent pasà devenir d'un bleu mat, puis d'une couleur jaune plus «on moins, prononcée. La suppuration s'établit Je bui<tièwe jour. — De ce moment, la fièvre est déjà tombée, et avec elle les symptômes aigus du mal; elle est remplacée par le travail de la dessiccation des pustules, qui a une durée de quatorze jours, lorsque la maladie a marché régulièrement. — Lorsque la maladie règne à l'état épidémique, les cas se compliquent et prennent une gravité dans lés détails de laquelle nous ne devons pas entrer ici.
La varioloide est une maladie qui n'est autre chose qu'une atténuation de la petite vérole, contre, laquelle a échoué là vaccine ou l'inoculation. Elle est bénigne dans sa marche et dans sa durée;, et laisse rarement des cicatrices. Son traitement est celui de la variole, seulement il doit être moins énergique.
Traitement. — La chambre du malade sera ventilée avec soin, et ne sera pas trop chaude ; on n'admettra qu'un petit jour, surtout pendant l'éruption. Les remèdes à employer sont: • ' ,: •; t . ^ ." - • ■
Acon.y dans les symptômes inflammatoires et au débat ; avec mouvements congestionnées sur divers organes, sa^ gnement de nez, yeux injectés, plénitude de la poitrine et battement de cœur, engourdissement et insomnie; — bell.y s'il y a délire avec céphalalgie et photophobie, pendant l'éruption des boutons ; — bry., si le mal de tête et la douleur dorsale continuent, avec irritation de l'estomac, toux, constipation ; — coff., s'il y a grande excitabilité et insomnie; — merc. viv., avec mal à la gorge, ulcérations des yeux et du nez; haleine fétide, diarrhée; — rfat*, important sur la fin de la période fébrile et pendant le travail de
l'éruption; — sulph., lorsque les pustules se remplissent et qu'il y a de vives démangeaisons ; — stram., dans le délire loquace, et quand ^éruption se fait difficilement; tort, émet, avec assoupissement, avec bâillement ; froideur et viscosité de la peau, ou douleur de l'estomac au moiftent de l'éruption.
vaccine. • *.
C'est un moyen purement homœopathique pour prévenir la petite vérole. On ne peut mettre en doute son efficacité, si elle est pratiquée dans de bonnes conditions. — On peut vacciner à tout âge; mais on vaccine les enfants généralement à six mois. — L'important est dans le choix du vaccin ; il sera pris sur un enfant bien portant, sans vice scrofuleux et exempt d'affections héréditaires, et notamment de maladies de la peau. C'est là la très-grande difficulté. — Lorsque la vaccine a réussi, a suivi sa marche régulière, le meilleur moyen de prévenir des éruptions ultérieures, c'est d'administrer une dose de sulph. dans la soirée du huitième jour.
Thuy. à haute dynamisation est le préservatif par excellence. On peut aussi employer vacc. et merc, et sulph. alternés à longue distance. — De cette façon, on peut se dispenser de vacciner les enfants ; ils ne seront plus dès lors exposés à contracter des vices morbides, qui s'inoculent si inconsidérément aujourd'hui avec le pus du virus-vaccin, en circulation depuis plus de cinquante ans, sans qu'il soit prouvé qu'on l'ait renouvelé ou pris à sa source primitive.
ÉRYSiFÈLE.
C'est en vertu d'une règle antique qu'on dit que rien de gras ni d'humide ne peut convenir dans cette affection. Toute fomentation ou cataplasme est dangereux, et un médecin de la vieille école, pour peu qu'il soit rationnel, les proscrira. On ne doit appliquer que des topiques secs ; la
farine de seigle convient seule. L'amidon en pondre calme les démangeaisons. Si la fièvre est violente, donnez acon.; si l'exanthème rayonne et s'étend, belL ; et quelques jours après, une seconde dose, si c'est nécessaire. — Si l'érysipèle occupe les articulations, donnez bry.y et plus tard, sulph. Si ces moyens ne réussissent pas promptement, donnez lach.; s'il se forme des bulles petites ou larges, rhus tox. — Les cas les p'us graves d'érysipèle sont ceux de la tête et du visage ; ils seront quelquefois guéris par V huile de térébenthine, surtout s'il y a douleur brûlante; on remploiera aussi à l'extérieur, mai? avec la plus grande modération, et seulement sur quelques points. — Dans l'érysipèle chronique avec suintement et démangeaisons, il faut s'abstenir de la térébenthine : ce serait dangereux.
Toute affection chronique de la peau, telle que dartres, ulcères sanieux, etc., ne peut être traitée fructueusement que par un médecin homœopathe.
Les remèdes externes doivent être rarement employés, parce qu'ils sont souvent nuisibles. On doit toujours commencer par le traitement interne, et avoir égard surtout au genre de vie, car la cause de ces affections se lie ordinairement à des habitudes vicieuses de régime qu'on a contractées.
On devra se baigner et se laver souvent, et boire beaucoup d'eau ; car cette eau, sortant ensuite du corps, entraîne toujours quelque chose d'impur ; il ne faut jamais manger rien de fort, ni de trop cuit; usez du sel avec ménagement , et du sucre à discrétion.