INDISPOSITIONS PAR LES EFFETS DE LA GLACE OU DE L'EAU FROIDE
L'eau est la boisson la plus naturelle; tout le monde doit donc être en état de la supporter sans inconvénient;
t)U DÉRANGEMENT DE L' ESTOMAC. 37
mais les personnes adultes peuvent faire usage de la bière et même du vin pur ou coupé avec l'eau, surtout si elles sont livrées à des travaux pénibles. Si, après avoir bu de i'eau, on se sent indisposé, cela prouve que l'estomac ou quelque autre partie de l'organisme est malade. Alors il faut avoir recours aux moyens suivants :
Si Ton se trouve dérangé après l'usage de Veau en boisson, et qu'il en résulte un embarras de la tête avec nausée et chaleur, prenez cocc. ; — mal de tête et toux, aeon. ; toux, vomissement et frisson , ars. alb. — Si elle laisse un mauvais goût dans la bouche, comme si l'eau était pourrie, et provoque la sensation du froid dans le ventre, coliques et frisson, administrez chin. — S'il y a nausée et douleur de ventre, employez puis.; — et si cela ne suffit pas, rhus toxic.
Des nausées continuelles produites par l'usage de l'eau se guérissent quelquefois avec une légère pincée de sel. Si f eau produit le hoquet, prenez ign.; — pression dans l'estomac, ferr. acet. — Si le ventre est fortement ballonné, comme par des flatuosités, avec pression sur l'épigastre, oppression de la respiration, frisson, donnez nuxvom. — Contre le ténesme et la diarrhée, caps. ; — contre la douleur de la poitrine et frisson, verat. alb. — Pour combattre le mal aux dents occasionné par l'usage de l'eau, employez bry.y ou, selon les circonstances, merc. viv., ou stàph. — S'il y a seulement irritabilité des dents sans douleur fixe, merc. viv., ou sulph.
Celui dont l'estomac est alangui par suite de l'habitude qu'il a contractée de boire de l'eau froide, et qui, à raison de cela, s'est accoutumé à y mélanger un peu d'eau-de-vie et qu'il veuille cesser de faire ce mélange sans inconvénient pour sa santé, doit essayer des remèdes que nous venons de recommander. Si cela ne suffit pas, il pourra encore mettre une goutte d'acide sulfurique pur dans un demilïtre d'eau, en faire un mélange parfait en le transvasant plusieurs fois d'un verre dans l'autre, et il prendra une ou
deux cuillerées le matin, à jeun. Par ce moyen, l'estomac se réchauffera et retrouvera la faculté de supporter de l'eau pure.
Le dérangement de l'estomac qui se déclare après avoir bu avec trop d'avidité, se guérit par sil.
Si le dérangement est la suite de l'eau bue froide, on aura recours à nux vom., staph., ou cale. carb.
Si par suite de l'usage de l'eau de glace ou d'eau froide bue durant la forte chaleur, il se déclare des souffrances subites et qui s'annoncent dangereuses (i), elles seront immédiatement combattues par op., surtout s'il y a congestion du sang vers la tête, perte de connaissance, convulsions dans les muscles de la face et vertige jusqu'à tomber. — Chez les buveurs de liqueurs fortes, il faudra nux vom. — Si la face est pâle, qu'il ait été fait des efforts pour vomir et s'il y a faiblesse extrême, on pourra administrer quelques gouttes d'eau-de-vie camphrée sur un morceau de sucre. — Contre l'indisposition consécutive, et surtout contre le mal de tête avec un commencement de congestion cervicale, donnez belL — Si la douleur est fortement lancinante, bry. Pour des souffrances de l'estomac avec fièvre et autres, carb. veg., ou ors. alb., comme on va le voir dans ce qui suit.
Dans les souffrances chroniques de cet organe par suite de l'usage de l'eau glacée en été, accompagnées de grande faiblesse, de défaut d'appétit; si, en outre, la nourriture, quelle qu'elle soit, reste sur l'estomac comme un poids, ou si elle est rejetée avec un goût acide ; qu'il y ait douleur épigastrique aggravée par la pression ; que l'estomac et le ventre soient remplis de vents et que ces souffrances s'aggravent à l'air libre, donnez carb. veg.
(l) Voy. un bon mémoire de M. le docteur Guérard sur les Accidents qui peuvent succéder à l'ingestion des boissons froides, lorsque le corps est échauffé, dans les Annales d'hygiène publique. Paris, 1842, . XXVII, p. 43.
Quand l'estomac est douloureux et que les autres symptômes viennent à se manifester après avoir avalé des morceaux de glace, ce que font les enfants, ars. alb. convien* dra, ou quelquefois puis.
Ars. alb. conviendra encore si l'estomac est le siège d'un sentiment de pression, surtout sll y a sensation d'ardeur sur un point, et de brûlement dans tout l'estomac et dans le ventre, accompagnée d'angoisse, d'inquiétude et d'anxiété ; quand il y a, en outre, sécheresse de la langue, grande soif, saveur salée de tout ce que l'on prend, nausée par le mouvement et après avoir bu, jusqu'au vomissement, qui est quelquefois bilieux.
Puis, sera mis en usage quand il y a pression en quelque sorte crampoïde au centre épigastrique et dans l'estomac, qu'elle est plus forte après le repas, et qu'elle va jusqu'à provoquer le vomissement des aliments; quand la figure est triste, que la langue est muqueuse, et conserve un goût fade de paille ; que la soif est nulle, et qu'il y a nausée après avoir mangé ou bu, avec exacerbation après midi et le soir, suivie de renvois acides ou rapportant le goût des aliments ingérés.
Les mêmes moyens seront également utiles dans les dérangements de la digestion par suite de l'usage des fruits froids, ou autres choses froides, glacées, etc.
Le lait est toléré par presque tous les individus d'une bonne santé, et il faut que l'estomac ne soit pas dans son état normal pour qu'il ne puisse être supporté. Dans ce cas, on doit y remédier. S'il produit un goût aigre dans la bouche, donnez nux vom.; des coliques et la diarrhée, bry. ou lycopr, s'il y a renvois et vomissement glaireux, avec autres souffrances gastriques, et que ces remèdes soient restés sans effet, employez, sulph. ; si, après avoir, pris du lait, on sent des nausées continuelles, donnez cale. carb.
Si l'usage de ia Mère fatigue, on fera bien de s'en abs^
tenir, et surtout si c'est de la bière forte, de celle qu'on assaisonne ordinairement avec des substances vénéneuses, afin de la rendre plus amère et plus active. Hais si la bière est bonne et qu'on n'ait pas autre chose à boire, prenez le matin, si elle porte à la tête, rhus toxic. ; s'il n'en résulte aucune amélioration, bell. une seule fois ; et si la bière provoque constamment des vomissements, ferr. acet.; des nausées, ors. alb. ; des coliques du ventre, coloc. La bière réellement bonne doit être préparée avec de la dréche modérément desséchée et du houblon pur. Toutes les additions et mélanges artificiels sont plus ou moins nuisibles, plusieurs même éminemment dangereux. — Si, après avoir bu de la bière le soir, on éprouve le matin du mal de tète au réveil, ou lorsqu'on s'est levé, cela indique que cette boisson ne convient nullement.
Si l'usage de l'eau-de-Yie produit des souffrances, celui qui les éprouve doit s'en féliciter; car le meilleur moyen de les éviter et en même temps le plus rationnel, c'est de n'en plus boire.