‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 49 sur 232 · ABUS DES BOISSONS SPIBITUEUSES, DU TABAC, ETC · texte numérisé non relu

ABUS DES BOISSONS SPIBITUEUSES, DU TABAC, ETC

ses sens,, afin qu'on puisse plus facilement le déplacer.

Le remède principal est l'application de l'eau froide à l'extérieur. — Ainsi, si un ivrogne est couché sur la voie publique, arrosez-le avec de l'eau aussi froide qu'elle puisse être; si cela ne suffit pas, faites la tomber sur lui, en douche, d'une certaine hauteur, afin qu'elle puisse le heurter violemment

Si un individu est ivre, et qu'il ait des nausées et des vomissements, donnez-lui du café noir, très-chaud, autant qu'il pourra en boire.

Si l'état d'ivresse n'est pas arrivé à ce point, il suffit souvent, pour la dissiper, d'appliquer des linges trempés dans de l'eau fraîche sur le ventre et sur les parties voisines.

Si elle est produite par de la bière, administrez du thé vert au lait ; par le vin, donnez des amandes amères à manger (excepté aux enfants) ; par de Teau-de-vie,- employez l'eau salée, et si cela ne suffit pas, mettez dans la bouche de l'ail broyé.

Si un homme en état d'ivresse a le visage pourpre, les yeux fixes et hagards ; s'il né peut recouvrer ses sens et que l'eau froide ne produise qu'un soulagement momentané; s'il y a tremblement et contraction du visage et de la bouche, ou une crampe (trismus) telle qu'il lui soit impossible d'ouvrir la bouche, c'est le cas d'employer des aflusions d'eau froide sur la tète et des serviettes mouillées ; on donnera en même temps tous les quarts d'heure op., jusqu'à ce qu'il se trouve mieux ; si l'on aperçoit que op. a cessé d'agir favorablement, que l'on administre, selon les circonstances, acon. ou bell.

Quant aux enfants enivrés par des personnes imprudentes ou coupables, ou qui auraient bu de l'eau-de-vie par mégarde, qu'on leur lave la lête et les parties inférieures du tronc avec de l'eau froide, et qu'on leur donne tous les quarts d'heure une cuillerée à thé d'eau chaude, dans laquelle on aura fait infuser une amande amère.

S'ils ne tombent pas aussitôt dans un bon sommeil, donnez-leur nux vom. Sont-ils pris d'un sommeil comateux avec ronflement, le visage est-il rouge et la tête chaude, donnez-leur op. ; sont-ils trop surexcités» trop gais, et ne peuvent s'endormir, donnez-leur coff. ; ont-ils une forte fièvre, donnez-leur acon., et si cela ne les soulage pas en deux heures, donnez belL £*j s'ils ont des crampes, donnez d'abord op. O. j si cela ne les soulage pas, nux vom. O. * et si ce remède reste sans effet; chamom.

Beaucoup de femmes en couches, soit par ignorance ou par un sot usage, ou même conseillées par des sagesfemmes ignares, boivent des spiritueux pour se donner le sommeil et en procurer à leur enfant. C'est une habitude horrible et abominable, qui les expose, ainsi que leur nourrisson, à un danger immédiat; et s'il n'en arrive rien, cela peut encore prédisposer l'enfant à devenir plus tard un ivrogne. Que l'on applique, dans ce cas, à la mère et à l'enfant, les moyens indiqués plus haut. .

Outre les ivrognes d'habitude, il y a des hommes qui peuvent s'oublier une fois, mais qui en ressentent du moins de la honte; nous conseillons à ceux-là de jeter un globule de nux vom. dans un verre d'eau, de le laisser dissoudre complètement et de le boire avant de se coucher. Le lendemain on emploiera les moyens indiqués contre les

Battes de l'ivresse.

En descendant au fond de leur conscience, les ivrognes qui le sont devenus par dépit, par chagrin ou par inquiétude, doivent trouver combien est abominable et absurde le moyen qu'ils emploient pour s'étourdir. Nous leur conseillons de prendre aussitôt la résolution de ne plus toucher à aucune liqueur forte, sous aucun prétexte, et de prendre l'obligation avec eux-mêmes de boire tous les jours de l'eau froide, jusqu'à ce que leur estomac en soit complètement affaibli ; en outre, de faire usage des remèdes indiqués contre les suites de l'excès des boissons,

ABUS DBS BOISSONS SPIR1TUBUSES, DU TABAC, ETC. 43

de même que de ceux qui détruisent les effets du chagrin et du dépit. Une fois redevenus hommes, puissent-ils se tourner avec ardeur vers celui qui nous enseigne à supporter tous les chagrins, qui assure à chacun le repos de Tàme, pourvu qu'on le supplie avec persévérance et sincérité de le détourner d'une habitude si laide et si vicieuse.

Il y a des ivrognes enchaînés, pour ainsi dire, à ce vice, par quelque disposition fatale de l'organisme, par une maladie, ou par une àcreté particulière de l'estomac. Nous pouvons volontiers leur pardonner et les plaindre, mais ils ne doivent pas trouver d'excuse à leurs propres yeux; car, si l'un est poussé par sa maladie à la colère, un autre est porté à la paresse, comme un troisième à la dissolution, ce n'est une excuse ni pour les uns ni pour les autres, car, de cette manière, chacun pourrait s'imaginer quelque maladie particulière pour atténuer une faute par une autre. Quand un homme colère donne un libre cours à ses emportements, un voluptueux à ses désirs, un ivrogne à sa soif, leur maladie ira toujours en empirant. Non, ils doivent essayer de résister à leur penchant. L'homme emporté doit se maîtriser, et se laisser contrarier sans mot dire ; le voluptueux doit chasser de son esprit toutes les pensées dissolues, il doit éviter même jusqu'aux occasions les plus innocentes; le paresseux doit se forcer au travail, jusqu'à l'épuisement de ses forces ; et l'ivrogne doit fuir et ne pas respirer l'odeur de l'eau-de-vie, du vin et de la bière, dûtil se consumer dans la privation. Chacun doit dire en son âme : Dieu a permis qu'une si terrible maladie ait son siège dans mon corps, non pour que je cède au mal, mais pour que je puisse exercer mes forces, pour, que j'apn prenne à résister à la tentation; car celui qui saura la surmonter, aura certainement deux fois plus de forces pour, marcher ensuite vers le bien ; la bénédiction du ciel ne peut lui manquer. Il en fut ainsi de Job, qui sut résister.

Celui qui est animé par ces bonnes pensées trouvera

dans les moyens suivants une ressource pour s'aider à vain* cre ce penchant pernicieux.

Il prendra sulph. m. tous les matins, pendant sept jours. Si le penchant faiblit, mais revient, il prendra, huit ou quatorze jours après la dernière dose de sulph., fiux vom. le soir ; si le désir s'éveille encore, après deux ou trois jours, sulph. ; et après une pause de sept jours, il renouvellera dans le même ordre les mêmes moyens. S'il n'est point guéri, il prendra ars. alb. ; et si cela même ne réussit pas et que le mal revienne, nous lui conseillons un jour nux vom., et quatre jours plus tard ars. alb.

Ces moyens suffisent pour l'ordinaire ; il y a cependant des cas où ils ne produisent aucun résultat. Il faut alors étendre une goutte A' acide sulph. dans un verre d'eau, et après que la solution en est faite, il faut la boire le matin à jeun ; on peut y revenir tous les deux ou trois jours, jusqu'à ce que Ton commence à ressentir quelque douleur. Le meilleur antidote alors est de respirer le camphre. Si le malade ne se trouve pas mieux, qu'il s'adresse à un médecin homœopathe, et il saura le conseiller.

Si un homme est enclin à l'ivrognerie et qu'il ne veuille se soumettre à aucun traitement, nous conseillons à sa malheureuse femme, à ses enfants ou amis, d'employer à son insu le moyen suivant : ce sera de délayer quelques gouttes d'acide sulfurique dans de l'eau jusqu'à une agréable acidité, et de lui en servir dans tout ce qu'il mange et dans tout ce qu'il boit, notamment dans les substances préparées au vinaigre ou au citron, autant et aussi souvent que possible. Si cela affaiblit son estomac, donnez-lui une infusion d'écorce d'orange amère ou de racines amères, et toujours un peu d'eau acidulée, jusqu'à produire du mal dans la bouche ; cessez alors. SU ne se déclare pas d'accident fâcheux, abstenez-vous de tout antidote ; mais si le remède occasionne un long dévoiement, des faiblesses d'estomac, des vomissements, des vertiges, donnez puis. ; s'il

Page 1