‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 62 sur 232 · DU MERCURE · texte numérisé non relu

DU MERCURE

Le principal moyen des médicastres dans le traitement de presque toutes les maladies est le mereue* ils ne savent pas qu'ils empirent l'état de leur malade au lieu de le guérir. — Tenez-vous donc en garde contre les ordonnances où vous voyez figurer calomel, mere.y subi, corros., mère, precip., chloretum hg.9 bit kl. hydrarg., argent. viv.} et surtout contre l'usage extérieur de Yunguentum neapolitanum (pommade mercurielle ou onguent gris), qui produit tant de mal ; méfiez-vous également des pilules laxatives mercurielles. On trompe souvent les malades en leur faisant croire que, pour se débarrasser du mercure, ils n'ont qu'à prendre un purgatif. L'homme qui prétend être médecin et tient des propos semblables, prouve ou son ignorance des plus complètes, ou la plus insigne mauvaise foi : car, même en admettant qu'il fût aussi facile d'expulser du corps le mercure qu'il est aisé de l'y introduire, l'impression qu'il a exercée sur tout l'organisme ne peut s'eftacer immédiatement; elle y restera comme l'ouverture que laisse dans une jambe le clou qui vient d'en être

retiré immédiatement. La blessure, il est vrai, pourra se cicatriser plus tard, mais ii faut du temps, et, en outre, un traitement rationnel, car autrement il résulterait des conséquences des plus graves. Donner des laxatifs contre lés suites du mercure, serait aussi peu raisonnable que de farfouiller un morceau de bois dans une blessure faite par un clou de fer, et de prétendre qu'il n'en faut pas davantage pour en obtenir la guérison.

On ne se débarrasse pas facilement ainsi du mercure, et encore moins par la voie des selles. — Il se répand subitement dans tout le corps, se mêle à toutes les humeurs, et gagne par là les glandes et les os. D'où il suit que ces lents empoisonnements par les remèdes mercuriels sont beaucoup plus difficiles à guérir que toute autre maladie naturelle : il faut presque toujours un temps infini, et, dans un grand nombre de cas, on ne peut qu'en alléger les souffrances.

En général, soit immédiatement après l'usage interne ou externe du mercure, soit longtemps après, on pourra employer avec avantage hep. sulph., surtout contre les souffrances suivantes : maux de tête nocturnes, chute des cheveux, boutons douloureux sur la tête, inflammation des yeux avec douleurs dans le nez par la pression, éruption autour des lèvres, salivation abondante et ulcération des gencives avec accumulation de mucosités dans l'arrièregorge; si, en outre, les amygdales sont gonflées, et les glandes du cou indurées ; si l'on éprouve des douleurs lancinantes, en respirant, en toussant, ou en tournant la tête. Il conviendra contre les tumeurs inflammatoires et suppurantes placées dans les aines, sous les aisselles ou sur la poitrine; contre les selles diarrhéiques avec ténesme, quelquefois sanguinolentes, muqueuses, vertes; si l'urine est rouge, foncée, chaude et acre ; contre la toux par suite du refroidissement des mains ou des pieds, ou contre la toux, après avoir bu, suivie quelquefois d'une exspuition de sang ;

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contre le panaris ou le gonflement rouge et chaud qui se * voit à la main et aux doigts, même sur le genou, simulant alors la goutte ; si la peau est maladive, que la cicatrisation s'y fasse difficilement, et s'ulcère à la moindre cause, suppure et se corrode; si les téguments des mains et des pieds se crevassent; si les ulcérations, qui saignent facilement, sont "brûlantes la nuit, et deviennent le siège de douleurs pulsatives ou lancinantes; si Ton est trop impressionnable au grand air, au froid, pendant la nuit, avec aggravation des douleurs des membres ; contre cette espèce de fièvre nocturne qui s'accompagne d'une sueur visqueuse et acide, et enfin contre la sur-impressionnabilité et la douleur qui va jusqu'à l'évanouissement.

On fera bien d'attendre quelques jours les effets de hep. sulph., et, si Ton s'aperçoit d'une légère amélioration, on attendra au moins quatorze jours; alors, si l'amélioration n'avance plus, on pourra répéter la dose ; si elle ne durait pas, et qu'il fallût absolument donner quelque remède, bell. alors sera le plus convenable ; et Ton pourra également le donner lorsque hep. sulph., pris deux ou trois fois à la distance de quatorze jours, cesse de produire son effet.

Contre les souffrances de la bouche et du gosier, lorsque les moyens précédents cessent d'agir favorablement, donnez êtaph.y après avoir employé sans succès hep. — et bell. que l'on pourra de nouveau employer avantageusement contre le gonflement des amygdales et la surdité.

En cas de grande sensibilité à l'impression de l'air, des douleurs intenses qui se font sentir surtout la nuit, et qui augmentent par l'attouchement ; en cas de l'allanguissement des forces, suite inévitable des fréquentes purgations ou d'une longue salivation mercurielle, donnez chin.; et si ce remède, administré deux ou trois fois tous les quatre ou cinq jours, cesse d'agir favorablement, surtout si l'état de l'atmosphère aggrave de nouveau la maladie, donnez carb. veg.

Si, après l'emploi de tous ces moyens, il y a persistance des souffrances, telles que tiraillements dans les os, gonflements arthritiques, donnez dulc.y et plus tard, acid. sulph. phosph. ; contre les exostoses, employez acid. phosph., et plus tard stapk. Ce n'est que lorsque ces remèdes ne produisent plus d'effet que cale. carb. en olfaction convient.

Le mal résiste-t-il à ces moyens employés avec persévérance, donnez une fois sulph., et quelque temps après revenez à un des médicaments mentionnés; ou, si sulph. produit des résultats satisfaisants, attendez quelques semaines pour donner cale. carb. O. ou en dilution, et plus tard un autre remède convenable, peut-être lach.

Au malade qui a consommé beaucoup de mercure et pris ensuite du soufre, vous ferez bien d'administrer merc. viv., et ensuite bell. ou puis. Lorsqu'on a fait usage de fortes doses de mercure et qu'on n'a point employé le soufre après, et que hep. sulph. ne répond pas exactement aux symptômes susmentionnés, donnez suif.

Dans les maladies chroniques occasionnées ou empirées par l'emploi du mercure, choisissez de préférence un des remèdes suivants : hep. sulph., bell., chin.y phosph. acid., carb. veg., dulc.f stapk., lach. Souvent, là où une médicamentation rapide est désirable, on pourra avoir recours à op., puis. , ou à un des moyens indiqués dans l'article empotamnement! dans les cas les plus rares, on aura recours à ars. alb., ferr.acet., rhus tox. ou silic.

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