‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 3)Chapitre 79 sur 232 · RÉGIME ET TRAITEMENT COMPLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

RÉGIME ET TRAITEMENT COMPLÉMENTAIRE

Indépendamment des moyens qu'on emploie pour arrêter l'hémorrhagie, et du pansement de la plaie, il est nécessaire, pour en compléter la guérison, d'accompagner ces moyens d'un traitement et d'un régime convenables. Dans le cas d'une vaste blessure, il faut que le malade se tienne dans une grande tranquillité d'esprit et de corps, qu'il boive beaucoup d'eau fraîche ; qu'il évite tout ce qui est chaud, salé, épicé, fumé, etc.

Si Ton s'aperçoit que le premier pansement est trop serré, on le lâchera un peu dès qu'il deviendra incommode, ce qu'on pourra faire le lendemain. Si ce pansement a été convenablement fait, on le laissera tel quel pendant deux ou trois jours, pourvu que la plaie ne soit pas entrée en suppuration ; c'est le moment de donner un peu de liberté.

Quand on enlève le Sparadrap, il faut s'y prendre de manière à le détacher à la fois, en le saisissant par les deux bouts, et en le relevant sur le centre. On le remplacera immédiatement par un autre, de telle façon que la plaie ne

reste pas entre baillée. Si elle est en un bon état, on n'y toucher» pas ; qu'on laisse la plaie se fermer d'elle-même. En été, il conviendra de renouveler souvent le pansement, et surtout à regard des plaies qui suppurent beaucoup. Quant aux fils des sutures, ils finissent par tomber d'euxmêmes.

L'eau froide ne sert p^s seulement à calmer le mouvement du sang et à nettoyer la plaie, elle contribuera aussi plus tard à la guérison. En conséquence, qu'on arrose comme il faut et fréquemment les compresses, surtout s'il y a de l'engorgement, de la douleur et de la rougeur. On aura soin de remettre ensuite par-dessus une enveloppe de papier huilé ou de toile cirée, afin de garantir les autres parties de l'humidité. Au début de la maladie, on renouvellera ces ablutions trois fois par jour; plus tard, deux fois; quand l'inflammation commence à tomber et la plaie à guérir, on les éloignera, et on les cessera tout à fait quand l'inflammation aura disparu en totalité.

Quand une plaie aura suppuré longtemps et beaucoup, il n'en faudra pas moins continuer le traitement, en mettant en usage celui qui convient aux ulcères, comme il sera dit plus tard, et, au lieu d'eau froide, on emploiera l'eau chaude.

Mais toute plaie déchirée, contuse, et dont on ne peut rapprocher les bords, sera ramassée sû^' elle-même autant que possible, et sera traitée à l'eau fraîche, sauf, plus tard, à lui appliquer l'eau chaude, si elle dégénère en ulcère.

Toute plaie qui porte sur les os^ soit sur les os de la tête, sur le sternum, sur ceux du cou, des articulations, des doigts, des yeux, sur le tibia, etc., ne sera jamais traitée qu'à l'eau froide, à l'exclusion de tout pansement par compression, de tout emplâtre, om d'applications balsamiques, etc. Seulement, au début, s'il s'agit d'arrêter le sang, on appliquera un appareil suffisant de compression, et, bientôt après, une simple bande roulée pour faire obstacle

à Faction de F air. Hais qu'on soit bien convaincu que toute autre chose, quel que soit son nom, est très-nuisible; qu'on sache qu'il en résulte quelquefois des ulcères qui peuvent s'étendre jusqu'à la substance osseuse. On se contentera d'employer ici à l'extérieur, des remèdes qtae nous avons indiqués au sujet des fractures, en ayant soin de les étendre dans une solution aqueuse.

On doit favoriser la guérison des blessures par des médicaments appropriés, et on les mettra en usage dès que le malade sera revenu d'une première émotion, qu'il sera plus tranquille.

Si la fièvre se déclare, que la peau soit sèche, et le malade inquiet, donnez acon.; si son inquiétude est accompagnée d'une grande surexcitation, donnez coff.^ s'il a perdu beaucoup de sang, chin., toutes les six, sept dùïruit heures, ou môme plus souvent. Si l'amélioration *h*à pas lieu, donnez un des médicaments appropriés aux divers cas de blessure.

Arn. convient mieux dans les blessures par écrasement que par incision, ainsi que lorsque la partie lésée est devenue brune ou bleue (ecchymosée), quand on a pu fermer facilement la plaie, qu'elle est simple et superficielle.

Calend. convient quand la blessure est faite par dilacération, qu'elle est grande, ouverte et profonde, qu'elle est difficile à fermer; quand, après chaque pansement, le moindre mouvement donne lieu à une douleur vive ; quand il y a des fragments de peau détachés, et que la plaie est «régulière et en zigzag.

Staph. convient quand c'est une blessure faite par un instrument tranchant, et qu'elle pénètre profondément dans les chairs, par suite d'un coup de couteau ou d'un éclat de verre, ou par suite d'une opération chirurgicale^

Hyperic. est bon quand la blessure provient d'un coup de pointe, d'une déchirure, d'un écrasement ou coupure; quand les douleurs sont très-violentes, et surtout si elles

durent longtemps et ressemblent à une douleur de dent ; quand elles sont rayonnantes et se propagent le long du membre. Ce médicament convient aussi aux enfants, quand, à la suite d'une légère blessure, ils ont des crampes ou convulsions.

Si la lésion a porté sur l'os, on n'oubliera pas les moyens que nous venons d'indiquer.

Ces remèdes seront administrés à l'intérieur à l'état de globules, et, à l'extérieur, à l'état de teinture étendue dans j

l'eau où l'on trempera les compresses.

Chez les personnes d'une santé délicate et dont la peau est mauvaise, ces plaies suppurent beaucoup et sont lentes à guérir : alors on donne chamom. ; si cela ne suffit pas, hep. sulph. ; quand il se forme des abcès, silic.

Si les accidents se présentent de manière à donner lieu à

des serrements OU contractions spasmodiques de la mâchoire (trismus, tétanos), il ne faut pas hésiter un instant à appeler un médecin ; mais, le cas échéant, gardez- vous d'avoir recours à un médecin ordinaire, parce qu'il ne pourrait y remédier ; et si dans cette grave circonstance il n'y a pas moyen d'avoir un médecin homœopathe, que Ton tâche d'y suppléer tant bien que mal. Si le blessé se plaint d'une douleur dans la nuque, et d'une roideur extraordinaire, qui se fasse sentir dans toute l'épine dorsale ; s'il éprouve un resserrement léger de mâchoire ; s'il s'étonne pour rien, et devient très-irritable à la moindre occasion; s'il ne peut ouvrir la bouche et qu'il ait la respiration difficile, que l'on donne dans ce cas ign., trois ou six globules toutes les deux heures, jusqu'à ce qu'il se déclare une amélioration. Si cette position s'aggrave, et que les mâchoires deviennent le siège d'un véritable trismus avec roideur et tension des muscles du dos, donnez alors merc. ; si cela ne réussit pas, surtout si le blessé a la figure rouge, donnez bell. ; si le visage est alternativement pâle et rouge, acon. Dans les cas où le malade devient froid, on y remédie

par bry. ou verat. Si la chaleur donne de l'aggravation, donnez sec. Toutefois on conçojj qu'une personne étrangère à la médecine doive éprouver de l'embarras à saisir ces diverses indications. Si au moindre contact ou impression le patient éprouve une crise, le principal remède est ign. ; s'il y a lésion du nerf, hyperic. ; s'il se déclare une rougeur autour de la plaie, rut. ; si Ton a déjà pris beaucoup de mercure, angust. On trouvera ainsi dans rhus toxic., hyosc, stram., camph., etc., des moyens fort utiles, mais il faudra savoir les choisir au moment opportun.

Dans le cas de tétanos, on a recommandé dernièrement comme remède efficace, bruc.

Les blessures par suite d'arrachement de dents saignent d'ordinaire très-longtemps. Le vinaigre est toujours nuisible ; que Ton tâche d'arrêter le sang avec de l'eau fraîche; si cela ne suffit pas, que l'on porte sur la mâchoire un petit tampon de linge ou un morceau de bouchon, et qu'on le tienne ferme jusqu'à ce que le sang ait cessé de couler. Si cela ne fait rien encore, que l'on se serve de l'eau de suie, comme il a été dit plus haut, que Ton y trempe un linge qui sera placé sur la plaie alvéolaire; s'il s'y développe beaucoup d'engorgement et de douleur, que Ton donne arn. ; avec fièvre, acon. Quelquefois il sera utile d'alterner ces deux remèdes. Quand le patient ressent du refroidissement, et que ces moyens sont restés insuffisants, rhus tox. et bry. pourront servir avantageusement. En présence d'une douleur pulsative et insupportable de l'os qui peut s'accompagner de fièvre, que l'on donne hyosc. ; si la gencive reste engorgée et suppure longtemps, silic, tous les sept jours, jusqu'à complète guérison.

Quand un enfant éprouve, par suite d'une chute, une

forte commotion à la tête, qu'il vomit, qu'il crie peu ou pousse des cris étouffés, s'il dort d'un sommeil long et pénible, qu'on lui donne toujours arn. et qu'on ne le tienne

pas trop chaudement, mais qu'il n'ait pas froid ; qu'on ne lui donne à boire ou à manger rien de chaud ; qu'on ne le laisse pas dormir trop longtemps; et s'il survient des convulsions et de la fièvre, donnez bell., si cela ne suffit pas, hyosc; s'il porte fréquemment le doigt dans le nez/ ci n. j s'il éprouve du malaise, s'il agite sa tête sur l'oreiller, et s'il a de fréquents éblouissemerits et des frayeurs, nonseulement dans la nuit, après le réveil et dans l'obscurité (ce qui est naturel), mais aussi pendant le jour, donnez bell. Si cela est insuffisant, même après une seconde dose, donnez, quatre à cinq heures plus tard, hep. sulpà., qu'on laissera agir pendant quelques semaines ; si, malgré cela, il reste quelques symptômes de cet état, si la tête grossit peu à peu, et qu'entre les sutures la peau se gonfle, et qu'en y touchant elle laisse sentir une légère pulsation, donnez cale. carb. Dans ces divers cas, il est encore mieux d'envoyer chercher un médecin homœopathe.

Les blessures de la tète, qui se compliquent de fracture des os, comme celles du visage, du cou, de la poitrine, du bas-ventre, ainsi que celles où il y a luxation ou écrasement, doivent être traitées par un médecin.

Si un membre a été partiellement écrasé» on peut quelquefois le conserver en faisant des applications de compresses à l'eau froide ou à la glace; et en donnant à l'intérieur arn.y et quelquefois acon., alternativement; même dans le cas où il se déclare un commencement de gangrène, il est encore possible de le sauver en donnant chin., et plus tard, quand la peau devient d'un noir bleuâtre, lach. Cependant il n'appartient qu'à un médecin de juger de l'opportunité de ce qu'il y a à faire, et nous ne faisons ici que proposer les moyens qui conviennent lorsque le malade se refuse à l'amputation, et qu'il n'y a pas de chirurgien assez expérimenté pour pratiquer cette grave opération, ou que le moment favorable d'amputer est passé.

Quant aux vastes bic«mre« de l'abdomen, si elles consistent dans une large ouverture par où sortent les intestins, qu'on ne laisse pas le blessé sans secours ; et bien que ce grave accident paraisse présenter le plus grand danger, on peut encore avec un peu d'attention y remédier facilement. Que l'on s'attache tout de suite à mettre les intestins en place, mais non sans les avoir nettoyés, dans le cas où ils se seraient salis; que l'on fasse ce lavage avec de l'eau tiède, sans frottement, et avec le soin dé ne pas laisser s'introduire de l'eau dans le bas-ventre ; que l'on ne touche pas le paquet intestinal avec les mains nues, mais à travers un linge de toile ; qu'on ne donne rien de fort à flairer ou à prendre par la bouche ; seulement, quand le blessé paraît tout à fait indifférent et étourdi, donnez op. ; s'il est hors de lui, coff. ; s'il commence à avoir des crampes, des convulsions, ign. ; s'il devient plus pâle, avec nez effilé, et extrémités froides, çhin. ; mais, dès que la première émotion est passée, arn. bu calend. S'il n'y a pas de médecin, que l'on couse la blessure avec un fil ciré, mais avec le soin de laisser dans la partie la plus déclive une petite ouverture, que l'on pansera soigneusement avec l'attention d'empêcher l'air de pénétrer, et qu'on la traite comme il a été dit plus haut, sans faire autre chose. Si plus tard, comme cela arrive quelquefois à la suite de cette opération, il se déclare de violentes coliques, donnez coloc., et, plus tard encore, s'il y a aggravation, staph. On peut continuer à administrer ces deux médicaments alternativement, jusqu'à ce que l'état du malade soit rassurant. Dans les cas les plus graves, lach. et phospfu ont produit de bons effets après quelques jours.

§ II. — DES BRULURES OU ÉCHAUBOULURRS.

Quand on s'est brûlé ouéchaudé, le meilleur moyen pour y remédier est d'exposer la partie au feu , et le pire de tous

est l'immersion dans l'eau froide ou l'application de substances froides, telles que pommes de terre, betteraves, etc. Tout le monde sait qu'à la suite d'une brûlure, il se forme des vessies ou phlyctènes et des plaies. La chaleur ôte en peu de temps l'inflammation et ses effets consécutifs. — Il n'est peut-être pas inutile qu'on sache que, lorsqu'on se brûle le bout des doigts, il est bon de les appliquer au lobule de l'oreille. — L'emploi de la chaleur sèche est souvent inapplicable dans les brûlures à grande surface, parce qu'il est impossible que son rayonnement porte uniformément. Ce procédé, douloureux pour les enfants, doit être employé avec ménagement ou pas du tout. Il est également contreindiqué dans le cas où la peau est détruite, et que la lésion porte sur le visage. C'est pour cela qu'on a pensé à d'autres moyens qui sont d'une application plus facile, et dont les effets se rapprochent de ceux d'une chaleur modérée.

Dans les brûlures partielles, on emploiera quelquefois avec avantage l'huile de térébenthine ; mais elle, s'accompagne souvent de souffrance , et si elle est appliquée à trop forte dose, elle peut devenir nuisible.

Le meilleur moyen est l'esprit-de-vin, Y eau-de-vie forte, ou le rhum, etc. , surtout quand on les applique chauds. A cet effet, on mouille la partie brûlée jusqu'à ce que la douleur s'affaiblisse , sans s'inquiéter de son exacerbation momentanée. Ce procédé s'emploie également dans les brûlures étendues, à l'aide de compresses trempées dans un peu d'alcool. Cependant si la brûlure occupait une trop grande surface, comme la moitié du corps , et que les parties fussent trop profondément atteintes , on s'en abstiendra ; il en sera de même si la brûlure a atteint un organe délicat, j comme l'œil, ou tout autre également susceptible. Il restera

! sans effet, si , dans les premiers moments d'angoisse et de

trouble, on a eu recours à des applications d'eau froide.

Dans ce cas, on peut utiliser le marc provenant de la distillation des eaux-de-vie de grains , dans les localités où

cette industrie s'exerce. On l'emploiera en bain d'une température un peu élevée. On le renouvelle quand les douleurs recommencent. Du reste , ce moyen n'est pas sans inconvénient et sans difficulté.

Un moyen qu'on recommande depuis quelques années dans les brûlures assez étendues, est le coton cardé. On l'applique par couches superposées sur la partie souffrante. On commence par percer les phlyctènes, et puis on lave avec de l'eau chaude. Si la plaie vient à suppuration , on changera les couches supérieures en laissant en place la première. On procédera à ce pansement avec soin. Plus cette application est promptement faite , mieux on s'en trouve. Si déjà on a employé des applications froides, ce dernier moyen (le coton cardé) devient presque inutile.

Dans beaucoup de cas , il est un autre bon moyen à employer : c'est le savon. Il conviendra surtout dans les brûlures graves et profondes , et dans les cas où l'on aura eu recours à des moyens sans efficacité, et dont on a compromis la guérison. On râpe du savon ordinaire dans de l'eau tiède ; on lui donne la consistance d'un Uniment, et on retend sur des compresses qui seront appliquées directement sur les parties brûlées, compresses qui seront assez grandes pour les couvrir complètement , parce que là où elles ne porteraient pas, la guérison ne s'opérerait pas. Si les phlyctènes se sont déjà formées, qu'on les crève et qu'on enlève fépiderme détaché de la peau. C'est alors qu'il faut faire le pansement , qu'on laissera en place pendant dixhuit ou vingt-quatre heures ; au bout de ce temps, on lèvera l'appareil avec une précaution extrême, sans essuyei ni laver , et on le remplacera par un autre. Ce pansement provoque d'abord une sensation de brûlure , qui ne dure pas. Si les douleurs qui se sont apaisées recommencent encore une fois , il faut panser de nouveau. — D'après cela , on conçoit qu'il convient de faire une certaine provision de ce Uniment, qui alors sera plus homogène que celui qu'on aura

fait à la hâte. — Où procédera aîtisi jusqu'à ce que les plaies soient cicatrisées , ce qui aura lieu beaucoup plus vite dans les cas simples que dans lès cas compliqués , et dans ceux-ci beaucoup plus vite que si on les avait traités avec l'eau froide, l'eau 'de Goulard, etc., etc. Dans les brûlures simples, la guérison a lieu au bout de deux jours ; dans les brûlures compliquées, il faut en général huit jours. — Ce procédé est également bon lorsque la brûlure a détruit la peau jusqu'à l'os. D'ordinaire, la guérison s'opère sans suppuration , et il n'en reste pas la moindre trace, si le pansement a été fait avec tout le soin nécessaire.

Veau de chaux, qu'on peut fabriquer soi-rhême en faisant | éteindre de la chaux vive dans de l'eau de pluie, ou qu'on ! pourra prendre dans une pharmacie, afin qu'elle soit plus claire et limpide , cette eau , mêlée avec de l'huile, forme un Uniment très-bon et très-convenable , qui s'étend facilement sur la toile et adhère parfaitement à la peau. En employant ce moyen, on aura soin de garantir la plaie de l'impression de l'air : aussi ne faites pas ce pansement trop souvent, ne laissez pas la plaie à découvert plus longtemps qu'il ne faut; couvrez exactement et avec précaution toutes les parties lésées ; veillez à ce que des plis ne se forment pas sous la compresse , et qu'en l'enlevant aucun débris de la plaie ne la suive, ni que rien du Uniment n'y reste appliqué. On coupera donc avec soin toutes les phlyctènes qui se forment, on étendra la peau si elle tendait à faire des plis, et le pansement sera fait d'une manière solide , mais cependant sans avoir trop d'épaisseur et sans être fatigant.

Il est un moyen qui agit sur la peau à la manière d'un caustique , et qui , par cette raison , est très-bon dans les brûlures. Ce moyen, c'est la créosote.. II 'convient dans le cas où le Uniment oléo-calcaire donne une mauvaise odeur que ne détruit pas le renouvellement du pansement; il ne convient pas quand l'emploi de ce Uniment commence à devenir incommode, soit parce que le bandage, rie tenant pas

en place, glisse; soit pqrce que le malade ne peut garder la tranquillité convenable. La créosote est efficace dans les brûlures légères comme dans les cas les plus graves; on peut, employer ou immédiatement &grès ^accident, ou plus tard, et même après .l'emploi de tout autre moyen , à l'exception toutefois du Uniment oléo- calcaire. — On trempe dans une solution aqueuse de créosote un pinceau avec lequel on bassine la plaie, et que Ton couvre ensuite de compresses trempées daijs la solution. Le pansement sera simple et hermétique , de manière à empêcher l'action de l'air. Si la plaie devenait plqs vive , on répéterait ce panse* ment jusqu'à trois fois par jour.

Lorsqu'on n'a pas sous la main des moyens plus efficaces pour calmer les douleurs violentes des brûlures , on emploiera avec avantage la poudre à poudrer ou la fleur de farine, dont on couvrira la plaie par. couches épaisses; cela constituera un pansement sec , qu'on renouvellera aussi souvent que les douleurs reviendront ; on n'enlèvera jamais la dernière couche: il faut que la poudre finisse par former une croûte d'une certaine épaisseur.

Un autre moyen, qui ne manque pas d'efficacité, est la teinture d'ortie qu'o» .obtient facilement en exprimant le suce des sommités fraîches de cette plante dans de l'espritde- vin par égale quantité; on en prendra une cuillerée à thé qu'on mélangera à une cuillerée d'eau , on trempera dans ce mélange des compresses qui seront appliquées sur la brûlure, et Ton ne tarde pas à obtenir un prompt soulagement. On peut également, dans les cas les plus graves, en prendre à l'intérieur à la dose de deux ou trois gouttes pures sur un morceau de sucre.

Mais , de tous les moyens le plus efficace, et qui donne une amélioration presque instantanée et favorise le mieux la guérison, est caust. qu'on emploie dans tous les cas de brûlure , et ainsi qu'il suit : à l'intérieur , on se sert de la neuvième ou trentième dilution, une goutte dans

un demi-verre d'eau fraîche, et Ton prend une cuillerée à bouche de cette solution toutes les quatre heures; à l'extérieur on se sert de la troisième , sixième dilution, trois gouttes étendues dans un peu d'eau; on imbibe des compresses qu'on applique sur la brûlure.

Dans le cas où ce moyen ne soulagerait que momentanément, et si son action se faisait trop attendre, donnez à l'extérieur ars. 3 en solution, et à l'intérieur 1 globule.

Dans les brûlures produites sur les parties internes,

comme la bouche, la gorge ou l'estomac, ou encore dans le rectum, par suite de lavement trop chaud, il faudra faire dissoudre quelques globules de caust. dans une tasse d'eau : on prendra une gorgée de cette solution si la bouche est le siège de la brûlure; ou bien on en avalera une cuillerée à café de temps en temps, si c'est l'estomac; et on le donnera en lavement, si c'est l'intestin. Si caust. ne suffit pas, qu'on essaye alors ars.

Dans d'autres cas, on a obtenu de bons effets du savon, derhusetdecarb. veg. L'important est de savoir quelles sont les parties qui ont été brûlées, comment et dans quelle étendue; si c'est par le feu, par le charbon, la vapeur, le fer rougi, l'eau bouillante, ou autres liquides en ébullition. Hais malheureusement on ne sait presque rien sur ces points essentiels; l'expérience ne s'est pas encore prononcée à ce sujet, sur lequel elle ne saurait trop s'exercer.

Quand la brûlure est le résultat de l'action de Y acide sulfurique ou de tout autre acide, employez l'eau de chaux ou de la craie dissoute dans l'eau. Si elle dépend de l'action de substances alcalines, employez alors le vinaigre ou des pommes râpées.

Contre les brûlures par le phosphore, il n'est pas de moyen préférable à l'huile, surtout l'huile d'olive, dont les onctions se renouvelleront souvent, et toutes les fois que les douleurs augmenteront.

Si, par suite de brûlures violentes, il se déclare de la

DBS BLESSURES OU LÉSIONS MÉGANIQUES. 157

fièvre, donnez accm., Yarn. ne sera jamais employé dans ce genre d'ustion. Si Ton vient à éprouver des spasmes et des convulsions, donnez chamom. Il arrive d'autres fois qu'on a de la diarrhée ou de la constipation : on n'a dans cette double circonstance rien à faire. Seulement, dans le dernier cas, si la constipation se prolongeait quatre à cinq jours, on donnera un lavement d'eau tiède. Mais si, par suite de la diarrhée, on ressent des coliques, donnez d'abord puU.y et plus tard wlph. — Toutefois, comme la diarrhée est un accident favorable au malade, il ne faut pas la combattre. Si elle durait après la guérison complète, il faut l'arrêter; donnez alors ipec., et deux jours après bry.; s'il y a débilité, ars. Dans les cas les plus ordinaires, cette diarrhée disparaît d'elle-même quand le malade a eu le soin de prendre souvent de l'eau froide et de se promener au grand air : ces deux choses sont indispensables à la guérison des brûlures à grandes surfaces.

Les emplâtres de plomb et l'eau de Goulard sont des moyens dont on n'a jamais eu à se louer. Les suppurations abondantes, les ulcères, les cicatrices difformes qui en résultent n'auraient pas amené un état pire si l'on eût abandonné les brûlures à elles-mêmes. — Qu'on reste donc bien convaincu que tout individu qui aie malheur de se brûler, et le malheur plus grand d'employer des préparations de plomb, subit un véritable empoisonnement, ainsi que le prouvent les expériences de tous les jours. Cet accident est encore plus prompt, plus funeste chez les enfants, puisqu'ils ne peuvent manquer de succomber, et non pas, comme on dit, par suite de brûlures, mais bien par suite du poison, ce dont il est facile de se convaincre par le relevé des symptômes. — On recommandera donc d'une manière expresse de ne faire jamais usage de ce remède dangereux.

(Plus loin, dans la seconde partie de cet ouvrage, on traitera des effets partiels du froid sur le corps à l'article Engelures, comme aussi on parlera de ce qui convient

dans les cas de congélation générale, dans l'asphyxie par immersion et par strangulation, comme pouvant donner lieu à la mort réelle ou apparente.)

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