CHAPITRE XII
Premiers soins à donner à l'enfant.
Dans le cas où l'enfant vient au monde avant l'arrivée de l'accoucheur, la première chose à faire est de le placer dans une position où il puisse respirer librement; si le cordon est passé autour du cou, du corps ou des jambes , il sera dégagé pour assurer la circulation entre la mère et l'enfant, et il ne sera coupé que lorsqu'il respirera complètement. Enlevez l'enfant à toutes les saletés qui l'entourent ; que la face, la bouche , les narines soient débarrassées du mucus qui les
couvre , ce que l'on fera avec un morceau de linge fin dont on aura enveloppé le petit doigt. Ces choses étant faites , si l'enfant est robuste et bien portant , il criera avec force , et sa peau passera de la couleur blanchâtre et blafarde au rose. Dès ce moment il n'y a aucune raison de craindre pour la mère ou pour l'enfant; ils peuvent rester l'un et l'autre une ou deux heures dans cette situation sans danger. Toutefois, si l'enfant est arrivé faible ou qu'il ait été retardé au passage , ou qu'à raison de quelque négligence commise à l'égard des précautions que nous venons d'indiquer , la respiration n'a pas encore eu lieu , enveloppez le corps de l'enfant , ainsi que les membres , dans une flanelle ou un linge chaud, et appliquez sur la poitrine, avec la paume de la main, de l'eau fraîche ou de l'eau-de-vie ; si cela ne réussit pas, appliquez votre bouche sur la bouche de l'enfant, et envoyez dans les poumons voire souffle , ayant soin de lui fermer les narines avec les doigts. Si vous venez à sentir des pulsations dans le cordon ainsi que les battements du cœur, prenez alors patience , et tout ira bien. Après que la respiration est complètement établie , il faut songer à lier le cordon. On y procédera de la manière suivante : on prendra un fil plié en plusieurs doubles , que l'on passera autour du cordon à la distance de deux pouces environ du nombril ; on liera fortement. On placera une seconde ligature à un pouce au-dessus de celle-là, et puis on coupera avec une paire de ciseaux le cordon entre les deux ligatures, et l'enfant sera reçu dans une couverture chaude.
En arrivant au monde , le corps de l'enfant est plus ou moins couvert d'une couche de matière blanchâtre grasse qui adhère fortement. La meilleure manière de l'enlever consiste dans des frictions universelles, pratiquées sur le corps avec un morceau de couenne, que l'on continue jusqu'à ce que les deux substances soient complètement incorporées.
Il suffit ensuite de nettoyer le corps avec un linge mouillé. Lorsque la peau est ainsi débarrassée de ce corps gras , on se servira d'un peu de savon fin pour enlever les restes. Cela fait, on séchera entièrement le corps avec un linge fin. Dans tous les cas , il faut s'abstenir de baigner l'enfant dans de l'eau trop fortement alcoolisée, pratique très répréhensible.
Quant aux soins ultérieurs à donner au cordon ombilical, il faudra prendre un morceau de linge fin , long de six pouces sur trois de large, qui sera plié en cinq ou six épaisseurs, au milieu duquel on pratiquera un trou pour recevoir le cordon. Le cordon sera alors enveloppé, d'une autre compresse, à la manière dont on panse un doigt malade. La première pièce de l'appareil étant placée dans le sens de la longueur du corps, le bout du cordon , maintenant enveloppé , est renversé audessus du nombril ; et la partie inférieure de cette première pièce étant ramenée sur le cordon , le tout est assujetti par un bandage de corps. Le cordon ombilical tombe ordinairement du sixième au huitième jour.
Dans la très grande majorité des cas , les intestins de l'enfant sont émus et s'évacuent peu d'heures après leur naissance. La matière qui s'échappe est d'un noir de bouteille mélangé de couleur verdâtre , et s'appelle méconium. Pour favoriser cette évacuation, ainsi que pour dégager la poitrine des mucosités qui la gênent , il suffira de donner à l'enfant deux ou trois cuillerées à café d'eau chaude édulcorée avec de la cassonnade. Le premier lait qu'il prend de sa mère remplit le môme but ; la couleur des selles change généralement et devient jaune après le cinquième jour.
Si celle évacuation ne se fait pas librement et aussi souvent qu'il est nécessaire pour la santé de l'enfant, donnez une dose de nux vom. le soir, et si c'est nécessaire, unie dose decham, le leudemaiu.
Après un laps de dix ou douze heures, si la mère a du lait, on peut présenter l'enfant au sein , après avoir ramolli avec soin le bout du sein. Il est reconnu , eu effet , que dans la majorité des cas l'enfant prend d'autant mieux que le mamelon est plus souple et que l'afflux du lait arrive plus facilement. Le lait maternel est certainement l'aliment le plus nourrissant dé l'enfant, mais lorsque la mère n'en a pas il est nécessaire d'y suffire et d'imiter la nature autant que possible. Pour cela, prenez du lait fraîchement trait d'une vache, ajoutez-y un tiers d'eau chaude édulcorée avec un peu de sucre blanc; donnez-en à l'enfant quelques cuillerées à café de temps en temps et aussi souvent que vous le*jugerez nécessaire. Mais ne donnez jamais à l'enfant qui vient de naître aucune espèce de gruau , de panade ou aulrc nourriture cuite. On pourra lui donner deux ou trois cuillerées d'eau fraîche par jour, ou plus souvent si l'eau paraît lui être agréable.
Les nouveaux-nés arrivent quelquefois dans un état de mort apparente. Dans la plupart des cas , ils peuvent être rappelés à la vie, si le travail de la parturition n'a pas élé trop long. Que l'enfant devienne bien portant ou presque mort , on ne doit jamais faire la section du cordon ombilical tant qu'on y sent par la pulsation la circulation du sang. On nettoiera la bouche avec le doigt enveloppé d'un linge, pour en sortir les mucosités qui s'y trouvent ; le nez sera nettoyé avec plus de soin encore. L'enfant à l'état de mort apparente sera enveloppé dans des linges chauds; on frictionnera la poitrine et les mains avec une laine douce ou avec une flanelle. Si le cordon ne commence pas à battre bientôt après , on le coupera comme chez l'enfant bien portant ; il sera mis dans un bain chaud; tout le corps sera immergé, excepté la face. Uans le bain, on continuera à frictionner la poitrine cl les
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membres en les pressant doucement avec les mains, par une sorte de massage. — Si après cinq à dix minutes il ne donne pas signe de vie , on prendra sur la pointe d'un ciseau un peu de lartre émélique qu'on dissoudra dans un verre plein d'eau, et, sans attendre que la dissolution soit complète , on en mettra avec le doigt une seule goutte dans la bouche de l'enfant. Si après un quart d'heure il n'y a rien de changé, recommencez. Après un autre quart d'heure , mêlez à une tasse d'eau tiède un cuiller à bouche de cette solution émétisée, et donnez-en un lavement à l'enfant. Durant ce temps, il faut s'abstenir de tous autres moyens, tels que frictions, olfactions, etc. Plus on précipite l'emploi de ces divers moyens, ou qu'on le fait sans ordre et sans méthode, moins on est sûr de réussir et de rappeler l'enfant à la vie. Si, après avoir procédé ainsi qu'il vient d'être dit , il n'y a pas de changement au bout d'une demi-heure , donnez op. , si la face est bleue ; chin.y si elle est pâle ; faites-en dissoudre également quelques globules dans une tasse d'eau que vous administrerez en lavement. — Si cela n'a pas réussi après une ou deux heures , essayez lach. Deux à trois gouttes d'eau où l'on aura dissous un globule de lach., portées sur la langue, peuvent être utilement employées au moment où va commencer la dégluti-' lion. C'est alors le cas de mettre en pratique les moyens qui sont indiqués pour faciliter la respiration [voy. p, 122). Dans l'intervalle, on peut faire couler sur la poitrine, et principalement sur le côté gauche, une petite douche d'eau froide qui tombera de la hauteur d'un mètre environ ; on y reviendra de temps en temps. Après cette manœuvre, on reprendra les frictions et le massage avec les mains chaudes, et Ton alternera ces deux moyens pendant quelque temps. Les personnes âgées sont moins propres à faire cela que les jeunes, fortes cl bien portantes. Dès que les signes de vie se manifestent, ce
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qui n'arrive quelquefois qu'après deux ou trois heures, il faut cesser tout de suite les frictions et les douches ; on laissera l'enfant immergé dans un bain chaud jusqu'à ce qu'il commence à respirer et à crier ; on l'enveloppera ensuite dans un drap bien chaud, et on le placera à côté de sa mère ou d'une jeune fille bien portante. Si la face de l'enfant est rouge et bleue , c'est le cas de donner acon.; si elle est pâle, chin.
Les tuméfactions de la tête, qui surviennent après la naissance, soit par suite des souffrances subies par l'enfant en naissant, ou autres causes, disparaissent ordinairement très vile en les mouillant et les frottant avec une solution de quelques globules ftarn. dans une cuiller à thé. Ceci n'est donc ordinairement qn'accidenlel , et c'est ce qui donne à la tête la forme allongée qu'on lui voit quelquefois. Un ou deux jours après, on donnera, s'il y a lieu, rhits toxic, intérieurement et extérieurement. Si encore après deux jours l'état ne change pas, ponctionnez légèrement le point de la tumeur déclarée , et donnez de nouveau arn. Si par suite d'un traitement mal entendu il se forme des ulcères, donnez silic.
Qu'on ne se laisse pas aller trop facilement à opérer les petits enfants qui naissent difformes ; qu'on attende , à cet égard, le plus de temps possible. Il faut regardera deux fois avant de tenter d'opérer sur la langue, à moins que cela n'empêche l'enfant de teter, même avec le petit bout du doigt. Qu'on ne touche pas non plus aux excroissances, aux naevus (envies) , aux doigts multiples ; qu'on les laisse jusqu'à ce que l'enfant ait plus de force, car la plupart de ces excroissances ou tumeurs congéniales tombent d'elles-mêmes. Les taches de naissance disparaissent souvent aussi d'elles-mêmes, si l'on place intentionnellement les piqûres vaccinales sur ces taches. Les doigts surnuméraires des pieds ou des mains ont quelquefois une articulation commune, et, si l'on en fait l'ablation ,
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• le voisin ne peut qu'en souffrir. Les petits enfants succombent facilement à la suite des mutilations qu'on peut leur faire subir. On en a vu mourir consécutivement au simple percement d'oreilles.
Dans le cas où les os de la tête rentrent l'un sur l'autre, et qu'ils restent dans cette situation jusqu'au troisième jour, que l'enfant prend un air tout étranger, qu'il boit beaucoup et crie également; qu'il ne profite pas, qu'il maigrit, qu'il dépérit et se flétrit comme un nain arrivé à l'état de vieillard, donnez op. 30.
Le gonflement du sein est souvent occasionné par une compression accidentelle du mamelon de l'enfant; alors donnez tout de suite arn. Si le mamelon est rouge, chamom.; plus tard , belL ; si cela ne suffit pas , bry. ; le tout à l'intérieur. S'il s'y forme un abcès contenant du pus, donnez hep. sulph., et quelques jours après, silic; si c'est sur le côté droit de la poitrine, belL et hep. sulph. conviennent mieux; si c'est sur le côté gauche, bry. et silic.
Le hoquet, chez les enfants, disparaît ordinairement par l'effet de la chaleur que ces petits êtres trouvent sur le sein de leur mère, et en leur donnant une ou deux fois une demicuillerée d'eau froide, ou bien en leur mettant dans la bouche une pincée de sucre ou un peu d'eau sucrée, et jamais de sirop : il pourrait occasionner des aigreurs et des flegmes.
Dans l'encliifrcneincnt des enfants, qui les empêche de respirer lorsqu'ils tettent, on leur oindra extérieurement le nez, soit avec la graisse de volaille ou l'huile d'amandes douces ou de la crème de lait; on fera bien aussi d'en mettre un peu dans l'intérieur, avec la barbe d'une plume ; donnez nux vom. Si cela n'a pas remédié le lendemain , donnez samb. nig. toutes les six heures et même plus souvent; s'il y a écoulement du nez, chamom.; si l'affection augmente, tous
les soirs, carb. veg.; si elle s'aggrave h l'air, donnez dulc. inOammatioa des yeux des nouveaux-nés. Il faut les soustraire à l'action de la lumière; donnez acon. , et s'il n'y a pas d'amélioration après six heures , ign. ; s'il n'y a pas encore d'amendement après dix à douze heures, dulc. Quelquefois chamoni. et merc. viv. sont indiqués. (Voy. , à cet
égard , Inflammation des yeux.)
Mai derrière les oreilles. Celte affection est une espèce d'excoriation et doit être traitée de la même manière. Abstenez-vous autant que possible d'y toucher avec de l'eau ; seulement lavez-les avec de l'eau chaude sans savon et par propreté ; nettoyez-les et séchez-les avec un linge.fin , et saupoudrez-les <rvec la poudre d'amidon simple.
Donnez à l'enfant cale, carb., graph. ou sulp/i. alternativement, une seule dose, administrée le soir, deux ou trois fois, et attendez alors trois ou quatre jours; s'il n'y a pas de mieux , donnez l'un des autres remèdes de la même manière..
Écoulement des oreilles. Quelques enfants sont sujets à des abcès et à un écoulement intérieur des oreilles. Ces phénomènes sont généralement précédés par une grande souffrance : l'enfant crie et agite sa tête ; il a des sursauts dans son sommeil, et quelquefois une forte fièvre; il porte involontairement sa main aux oreilles, et ne prend aucun repos.
Chain., puis, et sulph. sont les remèdes appropriés. — Puis, convient pareillement après que l'écoulement s'est établi.
Aphthes, muguet. La propreté suffit dans la plupart des cas ; il faut laver souvent l'enfant. Il vaut mieux lui éponger le corps que de lui nettoyer la bouche jusqu'au sang, comme le font quelques nourrices. Du reste, cela n'y peut rien, puisque les aphlhes reviennent, et que les débris s'engagent dans
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le fond de la gorge, où l'on ne peut atteindre. On s'abstiendra de l'usage, au surplus, de toute espèce de suçons dont une mère attentive saura se passer. Il vaut encore mieux laisser crier l'enfant que de lui remplir la bouche avec ces petites poupées. — Les apbthes se guérissent promptement par merc. viv., suivi , cinq ou six jours après, de sidpk. On peut aussi se servir avec avantage d'une légère solution de borax, avec laquelle on louchera Iesaphlhes à l'aide d'un pinceau. Si l'enfant a le teint jaune, on lui lavera la bouche aussi avec la solution d'une goutte d'acide sulfurique étendue dans une bouteille d'eau.
Rétention d'urines. V olfaction du camphre, ou acon.% répétés plusieurs fois, réussissent généralement dans ce cas; quelquefois aussi nux vom., ou puis, (Voy. à cet égard l'article Maladies urinaires , au chapitre X , pag. 376.) Sulpk. 1/1 convient dans beaucoup de cas; dans d'autres, c'est hyosc. ou ign. 1/6.
incontinence d'urines. 11 arrive occasionnellement que les très jeunes enfants ont des urines fréquentes et copieuses, qui n'ont ni odeur ni couleur. Ils sont pâles et inquiets; phosph. acid. , et silic. sont les remèdes appropriés.
Pissenicnt au lit. Cette affection est généralement la conséquence d'un état ordinaire de souffrance, quoique dans quelques cas il faille l'attribuer à une mauvaise habitude de malpropreté. Le fouet est un moyen qu'on a fréquemment employé, mais je ne sache pas qu'il ait jamais fait une cure.
Sep. convient quelquefois, mais de très petites doses de sil. opèrent généralement une guérison durable , lorsque le pissementau lit ne dépend pas d'une maladie organique.
Leucorrhée des petites filles. De très petites filles, SOl't
négligence, soit toute autre cause accidentelle, sont sujettes a
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des écoulements d'un mucus blanchâtre , qui , venant du vagin , ressemble à la leucorrhée de filles adultes. De fréquentes ablutions d'eau légèrement chaude suffisent généralement pour le faire disparaître en peu de temps; sinon , donnez une dose de cale. carb. deux soirs successifs, et continuez les ablutions.
La constipation, chez les enfants, provient souvent de la manière défectueuse dont la mère vit ; il faut qu'elle en change. On n'attendra pas plus de vingt-quatre heures, et on leur donnera un lavement de lait tiède et d'eau ; si cela ne suffit pas la première fois , mettez un peu de sucre dans un second lavement, et en même temps faiies usage des remèdes indiqués au chapitre X, pag. 372. Si bry., nux vom. ou op. ne suffisent pas , il convient alors d'administrer ces remèdes à la mère ou à la nourrice , et point à l'enfant ; il devra en recevoir les effets par le lait maternel.
Coliques. Les enfants, et notamment ceux qui sont d'une faible constitution , sont sujets aux coliques dans le mois de leur naissance. Quelle que soit la cause, elles sont quelquefois si intenses qu'elles épuisent presque la mère et l'enfant. Souvent la diarrhée vient à la suite.
Il y a une autre espèce de coliques qui attaque les enfants bien ponants et les plus robustes. Elles sont périodiques et ont lieu habituellement à cinq ou six heures après midi. Cette espèce s'accompagne de constipation , et souvent rien n'est changé dans l'état des selles. Celte indisposition ne nuit généralement pas à l'accroissement et à la santé de l'enfant, et cesse d'elle-même vers l'âge de trois mois.
Cham., si les douleurs s'accompagnent de dévoiement; matière d'un vert jaunâtre et aqueuses; distension de l'abdomen, douleur de torsion; cris continuels, tiraillements des membres avec froid aux pieds. Ce remède sera donné en di-
lulion dans l'eau, et répété jusqu'à ce que l'enfant soit soulagé.
Chin. , lorsque les douleurs surviennent tard dans l'aprèsmidi, avec dureté de l'abdomen ; l'enfant crie et rit immédiatement après ; les intestins sont en bon état ou les selles sont blanchâtres et caillebottées.
Ipec, , lorsque les cris de l'enfant sont déchirants, comme si on lui déchiquetait la peau; selles fermenlées d'une odeur putride : ce remède est très convenable dans la plupart des souffrances de l'estomac et des intestins , chez les petits enfants.
Puis. , très utile dans les coliques flatulenles, spécialement si elles se font sentir le soir, ou toute autre partie du jour, si elles sont accompagnées de frissons , de pâleur de la face ; grondement de vents dans les intestins avec sensibilité de l'abdomen.
La jaunisse est de plusieurs espèces : quelquefois elle dure longtemps sans aucun danger; d'autres fois , elle s'accompagne de fièvre , ce qui , dans quelques cas, est un bon signe, et dans d'autres est une dangereuse complication : ce que l'on peut apprécier par l'état général du malade. — Fréquemment la couleur jaune de la peau est la suite de l'usage du mercure, du china ou delà rhubarbe; et dans ce cas, il faut administrer les antidotes. — Si elle provient d'une violente contrariété, donnez chamom.; et si le malade est d'une irritabilité telle, qu'à la moindre occasion il éprouve des attaques de jaunisse, on s'adressera alors à d'autres remèdes, lesquels devront toujours concorder avec les symptômes restants; les plus importants sont suljj/i. cl lach.
Les petits enfants sont sujets à la jaunisse, mais elle n'a jamais de gravité; qu'on leur administre rnerc. viv. Ce remède convient pareillement aux adultes, pourvu qu'ils n'aient pas déjà abusé du mercure. Dans ce dernier cas, donnez
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d'abord chin. , et ensuite rnerc. viv.; si cela ne suflit pas, hep. sulph., et ensuite merc. viv.; après cela, sulph. et lach. Dans beaucoup de cas, ipec. est très utile, répété toutes les trois ou quatre heures.
Hernie ombilicale. Si le nombril sort , établissez autour du corps de l'enfant un pelitappareil décompression. Si la compresse qui est appliquée sur le nombril ne peut être maintenue, il faut la fixer avec un emplâtre adhésif. Le pansement sera soigneusement fait; la compresse, qu'on changera souvent, sera remise exactement a sa place. Cela demande de la patience et une mère ne doit jamais en manquer. En enlevant la compresse à chaque pansement, on ne négligera pas de contenir l'exomphale avec l'autre main.
Hernie inguinale. Dans ce cas, on s'abstiendra de mettre un bandage; il serait nuisible. On obtiendra presque toujours une guérison facile par nuxvom., ou, plus lard, verat. alb. ; quelquefois aussi par chamom.; si ces remèdes ne suffisent pas, par sulph.; et quelque temps après , par un des remèdes précités. Si l'on ne réussit pas, appelez un médecin homœopathe.
Diarrhée des enfants pendant l'été. Tenez les enfants
au frais; — donnez-leur à boire frais; — qu'ils soient souvent à l'air; — surveillez leur régime, et qu'avant la seconde année on ne leur donne ni thé, ni café, ni bière, etc., rien d'aigre, de salé ou de haut goût , et que la mère sache s'en priver. Ne lui donnez pas de fruit qui ne soit pas bien mûr; et dès que la diarrhée commence, il faut les sevrer complètement de fruits. Point de gâteaux, point de pâtisseries faites au beurre ou à la graisse; point d'oeufs ni de volaille, mais donnez de la viande de mouton et beaucoup de beurre frais. Avecde pareilles précautions on leur épargnera la diarrhée ; si elle ne s'arrêtait pas, on la guérira par quelques doses à1 ipec.
Si cela ne suffisait pas, donnez matin et soir une prise de nux vom. Si la diarrhée reparaît toutes les fois que la chaleur augmente , et s'accompagne de soif, donnez bry. ; quelquefois il est nécessaire de le répéter. Si les effets de ce remède ne sont que momentanés, donnez carb. veg. — Quand la diarrhée revient chaque fois que le temps se refroidit, donnez clulc. ; si la langue est blanchâtre ou jaune, donnez antcruel. ; si l'enfant est faible et pâle, donnez-lui une fois ars. alb. Dans les cas les plus opiniâtres, sec. corn, et nuxmosch. seront indiqués. D'après des témoignages dignes de foi, on a guéri des enfants, qui avaient été à la dernière extrémité, par du beurre frais et non salé, qu'on faisait fondre au feu, et dont on donnait une cuillerée à café de temps en temps. — On ne doit pas non plus négliger les lavements d'amidon ou de pain bouilli; ils ont été d'une très grande utilité, administrés toutes les cinq ou six heures. — On s'attachera à priver les enfants de poissons ou de viandes fumées et salées dont ils sont quelquefois si friands; on les privera également d'un lait suspect , celui surtout qui provient des vaches qui se nourrissent dans les marais, où elles rencontrent des plantes vénéneuses. Pour le lait ordinaire , il faudra s'assurer de sa qualité, et, à défaut, il vaudra mieux prendre du lait de chèvre.
Quant à la diarrhée ordinaire, on la guérira avec les remèdes suivants :
Bell., si l'enfant dort beaucoup, mais avec inquiétude; pâleur de la face; si chaque fois qu'on le change de linge il a rendu des matières diarrhéiques verdâlres.
Chamom., si les évacuations sont aqueuses et verdâlres ou semblables à des œufs battus, et aggravation pendant la nuit; si les selles sont rendues avec épreintes et rougeur de la face ; si elles sont fréquentes, petites, verdâlres, accompagnées d'insomnie.
Itheum , dans la diarrhée acide , avec cris , coliques et épreinles; pression en bas sans selle; les évacuations sont ècumeuses, quelquefois glaireuses et d'une odeur aigre; l'enfant sent l'aigre malgré tous les soins de propreté.
Descente du rectum. Celle affection est généralement la suile d'une autre maladie. Elle succède souvent à une longue diarrhée ou à une attaque aiguë de dyssenterie ; la constipation peut aussi lui servir d'origine, ou dépendre simplement d'un relâchement de l'organisme.
Lorsque le gros inteslin est descendu , il est facile de [le réduire en plaçant l'enfant sur les genoux, et en exerçant une pression sur la portion qui est sortie avec une petite compresse de linge Cm légèrement huilée.
Lorsque cet accident dépend d'une aulre maladie, il faut la faire cesser avant que la descente soit opérée. — Mais lorsque cette affection existe par elle-même , ign. ou nux vom. la guérissent fréquemment.
Des cris des enfants sans cause apparente. Si la mère veut se donner la peine de faire, à ce sujet, une recherche attentive, elle la trouvera dans l'une des circonstances suivantes : ou l'enfant est piqué par une épingle, ou il est trop serré, n'importe où (faute assez ordinaire aux nourrices); ou il eslgtMié dans une position quelconque, par un pli ou par toute autre chose; ou il a la jambe ou le bras engourdis, et, dans ce cas, il faudra le frotter doucement; ou il éprouve quelque part des démangeaisons ou des cuissons, et, dans ce cas, qu'on le gratte légèrement, et en particulier sur la tête, ce qui procure un certain plaisir aux enfants; ou il est froid ci doit être réchauffé, ou il a trop chaud et doit ôlre rafraîchi. Il suffira , le plus souvent, de donner quelques gouttes d'eau fraîche 'a l'enfant pour le calmer. Quelquefois aussi, il a pu tomber quelque chose dans l'œil ou l'oreille voy. à la p. 1 76),
ou il a mal d'oreille (p. 175) , ou il ne'peut dormir [voyez plus bas). Ce n'est qu'avec de la patience qu'on trouvera la cause de ces cris. — Mais si l'enfant crie jour et nuit et à tout propos , c'est un tort qu'on a de le croire méchant et capricieux, et de le maltraiter. A cet égard, les animaux et les sauvages sont plus raisonnables, car il n'y a pas d'enfant au-dessous d'un an qui crie sans une cause réelle, et il est du devoir de ceux qui sont chargés de les surveiller et de les soigner de faire tout ce qu'il faut pour les calmer. Ce n'est que par un mauvais sentiment qu'on peut agir de rigueur contre un petit être qui n'a pas la conscience de son existence. Sa volonté ne commence à se manifester qu'à la dentition seulement , et c'est à celte époque , et lorsqu'il commence à aller seul, que l'on peut s'occuper de l'élever et d'agir sur ses volontés.
Ce qui est un crime, c'est de donner de l'opium ou d'une décoction de pavot aux enfants qui crient. H vaudrait encore mieux les laisser crier jusqu'à extinction de force que d'en faire des mangeurs d'opium. Ces pauvres enfants ne viennent jamais vieux; ils ne sont ni bien portants, ni robustes, comme ils le seraient devenus sans cela. La plupart restent imbéciles ou vicieux. C'est donc aux mères à prendre leurs précautions pour que les bonnes des enfants ne leur donnent pas de ces substances abrutissantes qui étouffent momentanément leurs cris, pour se ménager un sommeil paisible et non interrompu ; elles devraient comprendre tout ce qu'il y a de cruel et de malheureux pour des enfants traités de la sorte.
Quand les cris reconnaissent pour cause le mal de tête ou d'oreille, ou toute autre cause, donnez chamom.; ce remède convient aussi quand les enfants, en criant, se foidissent et soulèvent le centre , en portant la tête en arrière ; s'ils sont agités cl brûlants, donnez coff.f et, plus lard, acon.; belL
convient lorsque les cris se prolongent trop longtemps ; si les cris s'accompagnent de ténesmes et d'évacuations aigres , donnez rheum; s'il y a des vents, des flatuosilés, jalap.
Si les enfants crient de colère (ce qui est héréditaire pour quelques uns), donnez acon. ou chamom., et voyez à l'article Colère; si c'est par suite de crainte ou de frayeur, voyez aux articles respectifs : la cause reconnue vous indiquera le remède qui convient.
Donnez tart. émet, dans les cris très violents ï:< accompagnés d'une sorte de rage qui porte les enfants à se ^battre comme de petits fous, ce qui est quelquefois la suite dtane maladie à laquelle ils viennent d'échapper ; s'ils ont la face rouge et courent ça et là, acon.
insomnie. Cet état reconnaît généralement pour cause une mauvaise alimentation prise par la mère , L'usage de choses échauffantes, comme , par exemple , du café , de l'infusion d'anis, de toute infusion aussi peu convenable : il lui faut une nourriture bien adaptée à son état. L'insomnie dépend aussi de ce que l'enfant est couché peut-être la tête trop haute, car tous les petits enfants doivent avoir la tête basse. On donnera cofj.; s'il ne suffit pas, et que la face soit rouge , donnez op.; s'il y a des vents et des coliques, cham.; si l'insomnie dépend du sevrage, bell. Si les enfants, sans être surexcités, restent seulement éveillés, qu'au lieu de dormir ils s'amusent ou veulent qu'on les amuse, donnez ranunc. bulb.
Excoriations, particulièrement entre les 'cuisses. Lavez l'enfant chaque jour avec de l'eau tiède, séchez-le et ne le frottez pas en l'essuyant. Tout ce qui vient de la pharmacie est nuisible, soit baumes, suit eaux aromatiques. Ces moyens les font disparaître momentanément, mais elles occasionnent souvent une maladie pire. Les enfants ne succombent jamais
à celle affection ; il suffit de prendre patience, et de ne vouloir pas les en débarrasser trop promptement. Dès qu'or s'aperçoit des premiers feux, il faut donner chamom.; si cek empire, carb. veg.; si l'enfant est jaune, et que la partie excoriée soit comme rouge, et que l'excoriation s'étende jusque derrière les oreilles donnez merc. viv. ; et quelquefois , quatre à cinq jours après, sulph. ou carb. veg. Lorsqu'elle est accompagnée d'inflammation miliaire , donnez sulph. ; si ce mal tient à la diarrhée, voyez l'article Diarrhée. Dans le? cas où sulph. ne suffit pas, donnez silic. Il est utile de donner le même remède à la mère et à l'enfant. Quelques sagesfemmes ont la mauvaise habitude de saupoudrer , dans les premiers jours, le nombril non encore cicatrisé avec du tan qu'elles se procurent chez les tanneurs. Il faut empêcher cela, car il s'y trouve des parcelles de chaux, et l'on a observé que les enfants auxquels on a fait une pareille application sont morts de crampes dans les mâchoires. Sulph. et silic. seront bons dans ce cas.
Asthme, spasmes de la poitrine. Les nouveaux-nés
éprouvent quelquefois une espèce de crampe de poitrine, qui les empêche de respirer régulièrement , et donne a leur face une teinte violacée; dans ce cas, donnez ipec, et répétez-le s'il le faut. Lorsque l'enfant s'éveille en sursaut et pousse un cri comme s'il allait étouffer, si cette anxiété s'accompagne d'une toux sourde, creuse et sèche, suivie de beaucoup d'agitation , il suffira alors de quelques passes magnétiques, faites, comme elles doivent l'être, par quelqu'un de fort et de bien portant, pour faire cesser immédiatement cet élat. Des gens pleins de science et de malice prendront cette pratique pour une véritable superstition, et les niais pour une sorcellerie. Ce phénomène est cependant très naturel , et l'expérience ne manque pas à sa démonstration; il est
prouvé d'une manière péremptoire. Que celui qui n'y croit pas s'en abstienne. Si un pareil accès revenait, et que l'action magnétique ne suffise pas, donnez samb. nig. o. une fois, et, s'il le faut, deux fois.
Cardiaigic. Dans cette affection, les enfants sont agités, inquiets, considérablement oppressés, se jettent ça et là, étendent et rapprochent spasmodiquement les jambes, ils crient; quelquefois la respiration s'arrête; il y a gonflement de l'épigastre et élévation des côtes, au point qu'on peut à peine les affaisser : ces symptômes dépendent ordinairement d'un refroidissement ou d'un courant d'air, etc. — On guérira cet état par chamom. On pourrait encore employer utilement les passes magnétiques; mais elles sont généralement plutôt nuisibles qu'utiles, parce qu'on ne sait pas les faire.
Spasmes ou convulsions des enfants. Lorsque la cause est connue, il est facile de choisir le remède. Qu'on ne se montre pas trop préoccupé, trop empressé de ce qu'il y a à faire : il ne faut pas vouloir faire tout à la fois. Si ces attaques ne sont pas des signes avant-coureurs de la mort (et dans ce cas tout secours est inutile), elles ne durent pas; il vaut mieux les laisser passer. — Mais si elles se prolongent trop de temps, ou qu'elles se succèdent rapidement, ou lorsque l'attaque actuelle est plus forte que la précédente, il faut donner tout de suite le médicament approprié, môme pendant l'accès. La violence de l'attaque est fréquemment calmée par l'olfaction de camphre. Les autres remèdes seront administrésquelquc temps après l'accès, ou sur son déclin. Si apr^| l'administration du remède il y a aggravation, attendez le résultat. Lorsqu'il ne se produit pas de changement prompt après la première dose, et que l'état reste le même, répétez le remède dès que l'accès reparaît. S'il y a un changement en mieux, alors qu'on attende pour s'assurer que l'amélioration se con-
tinuera ; mais s'il y a changement de caractère dans les souffrances, changez aussi de remède. Coff. , ign. et chamom. sont les remèdes principaux.
Aux enfants faibles et cacochymes qui sont sujets à ces attaques ou à d'autres souffrances, donnez coff.
Lorsqu'un enfant éprouve des secousses convulsivesdans les membres ou dans d'autres parties, ou si ses chairs palpitent çà et là spasmodiquement, avec de fréquentes chaleurs, accompagnées d'un sommeil léger, d'où il sort en sursaut, qu'il crie et s'agite dans tout son corps; si ces paroxysmes arrivent en général sans cause connue, et qu'on croie vaguement que ce sont les vers, la dentition, etc. ; s'ils se présentent tous les jours à la même heure, suivis de chaleur et de transpiration, ou seulement tous les deux jours', "tantôt plus lot, tantôt plus tard , donnez ign. , et répétez-le après chaque accès. Dans le dernier cas, merc. viv. est aussi indiqué.
Lorsque les convulsions sont dans les bras et les jambes, et que les enfants agitent leur tête à droite et à gauche, qu'ils restent couchés les yeux à demi fermés , sans connaissance; qu'ils ont une joue rouge et l'autre pâle, qu'ils gémissent et veulent toujours boire, donnez chamom. , qui, selon les circonstances, sera répétée deux fois. Si les enfants sont oppressés, qu'ils éprouvent des souffrances de l'estomac avec des renvois et des vomissements ; s'ils ont la diarrhée, s'ils roidissent spasmotliquemenl leur corps, avant, pendant et après l'accès, donnez alors ipec, et répétez-le s'il y a aggravation.
Lorsqu'un enfant ressent dans tout le corps un grand tremblement, qu'il agite ses bras et ses jambes, qu'il crie fort pendant les accès, sans qu'il en ait connaissance; s'il est couché comme abattu, stupéfait, ou que le ventre est gonflé; que depuis quelque temps il n'y a eu ni selles, ni urines; si la mère a eu une violente frayeur ou un accès de colère (dans
lequel cas on donnera plus tard charnom.), et que les attaques viennent de celte cause, donnez op., et répétez-le tant que l'enfant sera dans cet état.
Lorsque l'abdomen est dur et distendu, et que les autres symptômes ne correspondent pas au remède précédent ; qu'il y a plutôt renvois, accumulation d'eau dans la bouche, fièvre et grande faiblesse après les accès, donne merc. viv.
Dans les mêmes cas, et si merc. viv. ne suffit pas , ou que l'enfant se frotte beaucoup le nez, ou qu'il y a des vers, donnez cin. Quelquefois, on s'est bien trouvé de l'emploi d'une bande trempée dans l'huile de térébenthine , appliquée le long de la colonne vertébrale.
De la dentition. Elle commence lorsque les enfants doublent les gencives , lesquelles démangent, deviennent blanchâtres, et parliculièrement sur les bords; en même temps, ils ont la bouche chaude, ils sont inquiets, agités, principalement la nuit; ils éprouvent une chaleur fugace, et plus tard ils sont pâles; dans cet état, ils portent tout à la bouche pour y mordre, ils mordent même en tétant, et tettent quelquefois difficilement ; les gencives se gonflent, deviennent chaudes et douloureuses.
Les incisions sont un fort mauvais moyen ; on ne doit y recourir, comme palliatifs, que chez les enfants dont les parents sont atteints de scrofules ou de syphilis, et s'ils sont maladifs. Et encore on ne devra les mettre en pratique qu'après avoir essayé les remèdes que nous allons indiquer, parce qu'il vaut toujours mieux que la dentition se fasse d'ellemême. Si l'on en vient à l'incision, qu'elle soit très légère et faite d'un trait superficiel , et seulement lorsqu'on sent très distinctement la dent sous le doigi, — Si on le fait avant et trop tôt, l'incision se ferme, et laisse une cicatrice qui rend la sortie de la dent encore plus difficile.
Dans la salivation et la diarrhée que les enfants éprouvent pendant la dentition, il n'y a rien à faire, à moins que cela ne devienne trop fort ; et alors, dans ce cas, on donnera merc. vio. et sulph.; également ipec. à plusieurs reprises, mais seulement une par jour.
Si les signes précurseurs de la dentition durent trop longtemps , et que les gencives ne se gonflent pas comme il convient , qu'elles ne deviennent pas d'un blanc opalin , ou que cet établissement ne se fasse pas régulièrement , ou que le travail ne soit pas assez avancé pour l'éruption des dents, donnez alors pendant trois à quatre semaines, et une fois tous les huit jours , cale. carb. Chez les enfants faibles , il suffira de l'olfaction de ce remède ; s'il survient d'autres souffrances, faites flairer le camphre, ou l'esprit de nitre dulcifié.
Lorsque l'enfant est trop agité, qu'il ne dort pas, qu'il est tantôt inquiet, tantôt trop gai, et qu'il n'a pas de fièvre, donnez coff.; si cela ne suffit pas , répétez- le ou donnez ign.; si cela est encore insuffisant, donnez acon.; enCm, si rien de cela ne suffit, chamom.
Lorsque l'enfant a une forte fièvre, s'il a chaud, soif, qu'il crie fréquemment, et s'il porte toujours la main à la bouche, s'il s'éveille en sursaut, donnez successivement coff., acon. et chamom. Si le premier ou le second suffisent, attendez; si l'état s'aggrave, répétez le môme remède; et ce n'est que lorsqu'il reste sans effet qu'il faut recourir au troisième; lorsque cet état est accompagné de constipation et d'une toux sèche, nux vom. convient mieux que chamom.
Chamom. est particulièrement indiqué lorsque les enfants ont en même temps une toux sèche et nerveuse, qu'ils sont agités la nuit, qu'ils se jettent çà et là, qu'ils boivent souvent, qu'ils éprouvent de la chaleur avec ardeur à la peau; s'ils ont les yeux injectés de rouge, s'ils sont anxieux et gémissants,
si leur respiration est courte , précipitée et bruyante , avec forte oppression de poitrine; s'ils tremblent dans leurs membres et éprouvent des tressaillements isolés dans les extrémités, tantôt l'une, tantôt l'autre : si chamom. ne suffit pas, donnez belL
Les convulsions ou attaques sont ordinairement précédées des symptômes que nous avons déjà indiqués •> ou de la diarrhée, ou de la pâleur delà face; les yeux sont ternes, l'appétit manque, l'enfant a une certaine faiblesse qui fait qu'il veut rester sur les bras, et laisse tomber sa tôte sur l'épaule de sa nourrice. — On peut prévenir l'attaque par ign. Chamom. la préviendra aussi , si les symptômes qui lui sont propres l'indiquent.
Si, après avoir toussé souvent, et que la fièvre s'ensuive, l'enfant se met à retousser et à bâiller alternativement beaucoup, et que, dans l'intervalle, il cric presque sans discontinuer ; si la matière diarrhéique est verte, et la figure anxieuse; s'il est assoupi et s'il se déclare dans les traits de la face de petits mouvements spasmodiques, donnez tari. émet. 3. ou un grain , tel qu'on se le procure dans une pharmacie ; on le dissoudra dans un grand bol d'eau pour l'administrer par cuillerée à café. Toutes les fois que l'accès revient accompagné de cris violents, et que les mouvements spasmodiques se déclarent de nouveau , répétez la solution émétisée.
Lorsque les convulsions éclatent brusquement, avant qu'on ail pu administrer un autre remède , ou qu'il soit impossible de faire le choix du remède d'après les symptômes actuels , laissez d'abord passer le plus haut degré du paroxysme , et donnez alors ign. h flairer. S'il survient un nouvel accès aussi fort que le premier, donnez encore à sentir; mais si l'accès est plus faible, attendez. S'il ne résulte aucune amélioration de l'emploi de ce remède, administrez chamom. une ou deux
fois, et ensuite cale, carô., qui ne manque presque jamais son effet.
Bell, réussit quand ign. ou chamom. n'ont pas suffi. Ce remède convient aussi quand un sommeil profond succède à la crise el dure longtemps, même jusqu'à la prochaine attaque. On le donnera immédiatement avant tout autre remède, dans le cas surtout où l'enfant vient à sortir subitement de son sommeil avec frayeur, qu'il regarde d'un air anxieux et avec une expression étrange; que la pupille est dilatée, que le regard est Çixe et qu'il s'effraie de tout ; qu'il devient roide et contracte tout son corps , particulièrement s'il a les mains et le front brûlants, et qu'il laisse fréquemment échapper ses urines au lit. (Comparez avec cin.)
Cin. convient surtout aux enfants qui, avant même d'être malades, pissaient habituellement au lit, ou qui étaient précédemment atteints d'une toux sèche, déjà ancienne et assez semblable à la coqueluche, ayant de fréquentes aggravations, et qui a été remplacée par des spasmes de poitrine et des mouvements convulsifs des membres. — Cin. convient aux enfants arrivés à la seconde dentition, accompagnée de crampes, surtout s'ils se frottent le nez avant et après les accès. — On pourra également consulter ipec. , que l'on donnera en plusieurs fois; hyosc. , cale. carb.9sulph.,cup. , acet. méritent aussi d'être employés lorsque, en l'absence des accidents nerveux, le cerveau paraît être affecté , et si les enfants ont les yeux vitrés et ternes, s'ils dorment beaucoup, trop ou point du tout ; s'ils enfoncent la tête sous l'oreiller ou la remuent, s'ils sont tantôt pâles , tantôt colorés, et qu'ils mordent le verre en buvant.
Claudication ou luxation spontanée du féniur. Chacun
sait qu'il est des enfants qui ne peuvent marcher, parce qu'ils ont une jambe plus courte l'une que l'autre. A la partie su-
périeure de la cuisse, il se forme autour de l'articulation une tumeur qui donne lieu plus tard à un ou plusieurs abcès. Cette maladie est fort difficile à guérir; quelquefois elle est incurable, quand elle dure depuis longtemps, parce que l'articulation a subi un changement de position organique, qu'on ne peut plus la faire rentrer dans les conditions normales. Voilà pourquoi les parents doivent faire la plus grande attention, afin qu'ils puissent appeler à temps un médecin homœopalhe, pour qu'il ait à traiter celte affection à son début. On s'assurera, en questionnant l'enfant, s'il y a luxation ou fracture de l'articulation , ce que du reste la douleur et l'engorgement feront également connaître. Dans ce dernier cas, on donuera arn.y et Ton confiera l'enfanta un bon chirurgien. Maissi le mal arrive sans cause externe, s'il n'y a pas de douleur, et que l'enfant boite en marchant, et particulièrement de la cuisse, donnez tout de suite merc. viv.; s'il n'y a pas d'amélioration au bout de deux ou trois jours, bell. , et, quelques jours après , on donnera de nouveau merc. viv., et puis encore bell., s'il n'y avait pas d'amélioration la première fois. — Qu'on se hâte de confier le malade à un médecin homœopalhe : s'il n'y en a pas dans le voisinage, qu'on lui écrive; et s'il n'en existe pas , essayez d'abord de donner rhus toxic. deux ou trois fois, étendu dans l'eau et par cuillerée à bouche, une par jour, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration. Plus lard, on donnera suljjh. , cale. carb. , et si cela ne suffit pas, coloc.
Bégaiement. Quand les enfants commencent à bégayer, c'est le moment de corriger celte infirmité, parce que plus lard il est très difficile d'y remédier. Il faut se garder de gronder les enfants, si l'on ne veut pas l'augmenter. On devra les faire approcher de soi tous les jours, pour leur apprendre à respirer lentement, et tenir par conséquent l'haleine aussi longtemps qu'ils peuvent ; comme aussi de la rendre avec
lenteur, en ballant les mains en cadence. Après cela, on leur fera prononcer quelques mois pendant l'expiration, et l'on se gardera bien de l'exiger pendant le temps de l'inspiration. L'enfant procédera à cet exercice plusieurs mois et tous les jours, et il finira par perdre ce défaut. On peut aussi , daus ce cas, user utilement de quelques doses de belL, et ensuite merc. viv. ou plat.; evphr. plusieurs fois, et plus tard sulph. et bovist.
Vaccine. C'est un moyen purement homœopathique pour prévenir la pelite vérole. On ne peut mettre en doute son efficacité, si elle est pratiquée dans toutes les conditions d'un bon effet. — On peut vacciner les enfants à tout âge ; mais on les vaccinera préférablement a six mois.
L'important c'est le choix du virus vaccin ; il sera pris sur un enfant bien portant, sans vice scrofuleux et exempt d'affections héréditaires, et notamment de maladies de la peau. Lorsque la vaccine a réussi , le meilleur moyen de prévenir des éruptions ultérieures est d'administrer une dose homœopathique de sulph. dans la soirée du huitième jour.
Thur., donné à haute dynamisation , est considéré aujourd'hui comme préservatif de la variole. De cette façon on n'exposera plus les enfants h contracter des vices psoriques, inoculés si fréquemment aujourd'hui avec le pus du virusvaccin.