‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 5)Chapitre 8 sur 58 · C. Des poisons alcalins · texte numérisé non relu

C. Des poisons alcalins

/>. De quelques autres substances nuisibles ti.

£. Des substances métalliques 131

F, Des poisons végétaux 134

G, Des poisons du règne nimal 138

X TiBLB DBS CHAPITRES.

Chap. VIII. Des empoisonnements par lésions externes, ou par

inoculation ikà

Chap. IX. Des blessures ou lésions mécaniques . 153

S I. Des commotions id»

S IL Des corps étrangers introduits dans Forganisme 173

S III. Des brûlures 186

SECONDE PABTIE.

hH UMlMUeê Ici I^IÉU 4Mlttatref «

Chap. Î. Des maladies de la tête* . • • * • . < 19A

Chap. II. Maladies des yeux • 214

Chap. III. Maladies des oreilles 288

Chap. IV. Maladies du nex.- • • 2AS

Chap. V. Maladies de poitrine. ••••...• • . 2&8

Chap. YI. Maladies de la gorge. . • • . • . 293

Chap. VII. Maladies des dents* 300

Chap. VIII. Maladies de la bouche 321

Chap. IX. Maladies de Testomac. 325

Chap* X. Maladies du bas-Tentre« • •.•• 342

Chap. XI. Maladies des femmes « 387

Art. I. De la menstruation • id*

Art. II. De la leucorrhée. • • A03

Art. m. Chute de matrice • Â06

Art. IV. De la grossesse, de ses suites et des souflirances de Tac-

co^chement anormal 408

Chap. XII. Maladies des enfants • 436

Premiers soins à donner à Tenfant id,

Chap. XIII. Maladies delà peau avecGèTre • 461

Chap. XIV. Des maladies chroniques de la peau 467

Chap. XV. De quelques maladies générales 481

Table alphabétique des matières # 510

HOMOEOPATHIOUE

Pour q«l ee livre eftt»il faltT

Ce livre enseigne la manière de se soulager dans ôii grand nombre de maladies, soit par des moyens domestiques innocents ; soit, lorsque ceux-ci sont insuffisants, par des remèdes homœopathiques qui ne nuisent jamais, et sont toujours utiles lorsqu'ils sont convenablement administrés.

C*est pour cela qu'il s'adresse à tous; d'al>ord à ceux qui se sont convaincus par leur propre expérience des avantages réels des principes hahnemanniens, et puis à ceux qui n'ont pas eu occasion d'acquérir cette conviction , de même aussi qu'à ceux qui n'ont entendu que mal parler de l'homœopatiiie.

Il suffira de quelques essais dans ces maladies qui se présentent journellement et de peu d'importance, telles que maux de dents, céphalagie, douleurs rhumatismales, pour lesquelles on n'appelle pas d'ordinaire le médecin, ou dans des cas graves en attendant son arrivée, comme croup, pneumonie, etc. ; il suffira de ces essaie, disons-nous, pour se convaincre de l'action douce, prompte et vraiment extraordinaire des médicaments homœopathiques.

Celui qui a été témoin une seule fois des effets de ces rcmè-

2 INTBODUCTION.

des , celui-là renoncera désormais à Thabilude vulgaire de prendre des doses massives de médicaments, tels que purgatifs, pilules, teintures et autres préparations; il évitera également les saignées, les ventouses, les vésicatoires, les emplâtres de toute espèce, toutes choses qui font peu de bien, toujours souffrir, et aggravent souvent la maladie.

En outre» ce livre servira à ceux qui sont déjà convaincus des avantages et de la supériorité de la nouvelle médecine, mais qui n'ont pas dans leur voisinage un médecin qui la pratique. Complètement édifiés sur les mauvais effets des drogues ordinaires, ils ne veulent plus, ni pour eux, ni pour leurs proches, d'autre médecin, ni d'autre méthode de traitement; ils préfèrent encore se passer de secours, et, en cela, ils ne font pas plus, mal, que d'appeler un allopathe. — On conçoit, dès lors, qu'il est indispensable d'avoir à sa disposition une espèce de vade-mecum, ainsi que tes remèdes propres à donner du soulagement en cas de besoin.

Ce sera un guide utile à celui qui se met en voyage et aux familles qui vont séjourner à la campagne, lorsqu'on ne veut pas se confier aux soins d'un médecin qu'on ne connaît pas ; on est sûr ainsi d'avoir auprès de soi un conseiller et une pharmacie.

Il est finalement destiné à toutes les familles qui ont un médecin homœopathe, mais qui ne veulent pas le déranger pour une bagatelle, ou qu'à cause de la distance on ne peut avoir à un moment donné, comme, par exemple, en cas de mal de dent pendant la nuit, ou pendant le séjour à la campagne, ou même lorsque le malade court risque de souffrir toute la nuit en attendant l'arrivée du médecin. Avec un pareil guide, chacun peut obvier à ces inconvénients, el s'épargner de longues et d'inutiles souffrances.

De la manière de s'en aerwlr.

Pour tirer un parti utile de cet ouvrage , il faudra se conformer aux indications suivantes :

Lorsqu'on aura à traiter une indisposition, on commencera par consulter le sommaire qui est placé en tête de ce livre, et puis la table des matières qui est à la fin : là se trouve la pagination qui doit vous guider.

Dans la disposition des matières, on fait connaître d'abord ' les cames les plus fréquentes des maladies; à chacune de ces causes, se trouve indiqué le moyen curatif qui lui convient. QUe la cause soit bien connue ou qu'on ne fasse que la présumer, il sera toujours bien de consulter avant tout le chapitre qui lui est relatif; ensuite on passera à l'examen de la maladie elle-même. £t pour faciliter les recherches concernant les divers états morbides, on a dû prendre le parti de les classer selon un ordre anatomique , en commençant par la léte, afin d'arriver successivement à chaque organe et à la maladie qui lui est propre ; enfin, l'ouvrage se termine par les affections qui attaquent l'ensemble de l'organisme : ce sont les maladies générales , celles du système nerveux, les fièvres intermittentes, etc.

Expliquons-nous par un exemple. Ainsi, si à la suite d'un refroidissement, quelqu'un est atteint de mal de tête et de diarrhée, on cherchera d'abord l'article Hef raidissement, et puis Mal de tête et Diarrhée: et si vous ne pouvez assigner à cette affection sa véritable cause, interrogez successivement chaque organe, car elle se manifeste dans plusieurs points de l'organisme à la fois. Se plaint-on de mal de tête, du cou et d'une douleur au côté droit , portez votre attention sur ces trois parties. De cette façon, vous vous donnez plus de facilité à trouver le remède approprié à cet ensemble de souffrances.

Règle générale : — Ne dooocz qu'un remè4e à la fois, ci n'ayezyecoiirs à uu second que lorsque le premier a cessé d*agir. Si vous êtes appelé auprès de quelqu'un un peu indisposé ou qu'il soit sérieusement malade, ou encore si raffection intéresse plusieurs; organes à la fois, il est bon de prendre note de tous les syniptônies avant de consulter le livre ; car, interroger ua malade d'après le livre, c'est s'exposer ï ne pas avoir le tableau fidèle de ses sensations, de ses souffrances. Guidé ou pressentj par l'interrogatoire, il dira plutôt ce qu'il semble éprouver que ce qi^'il sent réellement. Ses réponses peuvent vous induire ea erreur sur le choix du médicament. — Ainsi, écrivez auparavant tout ce que le malade raconte ; puis adressez des questions sur chaque point en particulier, et vous complétez ainsi vos premiers renseignements.

Dans ce tableau , on notera : 1" l'endroit précis de l'organe en souffrance ; 2" quelles sont les manifestations et le caractère de cette souffrance? avec quoi la comparer? est-ce avec une sensation de tiraillement, d'élancement, de battement, de brûlement, de coupure , etc. ? 3» quand et par quelle influence la douleur s'aggrave ou s'améliore; d'après l'heure du jour, est-ce le matin , le soir ou la nuit? d'après l'état de l'atmosphère, est-ce par un air humide, sec , froid ou chaud? d'après la situation du corps , est-ce pendant le repos ou pendant le mouvement, est-ce assis ou couché, avant ou après le repas, après le sommeil, ou bien encore par l'effet du contact ou l'attouchement des choses du dehors , etc. , etc.? li"" les symptômes qui coïnc^eijt ,tQiyoqrs ensemble, par e^^emple, la toux avec malde.i^te,, pi^i^atjlaiéteavec envie de vomir, ou bien nausée avec fri^pps, jçl^v, .

Après avoir pris note de tout cela avecle plus grand soin , on se mettra à chercher dans ce fflanudcha^ini^ symptôme caractéristique; eu faisant ainsivOu; ne pe^^tipauquer de

trouver le remède le plas convenable. -— Qu'on ne se laisse pas décourager par la difficulté de choisir aussi promptement qu'on le voudrait le remède approprié ; cet embarras s'évanouit lorsqu'on s'est rendu ce livre familier.

Si vous ne trouvez pas le remède qui réponde complètement à l'ensemble des synlptftmes du mal , prenez alors celui qui couvre le plus grand nombre , et que ce soit toujours celui qui s'adapte le niieux aux souffrances aiguës du malade.

En donnant un remède qui ne correspond pas à la maladie, il est sûr qu'il n'y aura aticune amélioration produite , mais il est certain aussi qu^il ne surviendra rien de fâcheux pour le malade, comme cela a lieu si souvent dans la médecine allopathique. La méthode homoeopathique est ainsi faite, qu'elle soulage , si elle est bien appliquée , et ne nuit pas essentiellement, si elle l'est mal. Dans ce cas, la maladie reste la même; mais souvent aussi elle subit une certaine modification. Mettez-vous alors à la recherche du moyen plus analogue aux souffrances qui restem.

On peut cependant nuire avec les remèdes homœopachiques : 1^ quand on en donne beaucoup; 2^ quand on les répète souvent ; 3* et quand on les change sans avoir attendu l'épuisement total de leur action. Pour éviter cela , il faut laisser aux médicaments le temps nécessaire pour l'entier développement de leurs effets. Cette remarque est importante ; voilà pourquoi on a le soin de la rappeler plusieurs fois dans ce livre. Respectez une amélioration commencée , et , quelque peu prononcée qu'elle soit^ restez avec fermeté dans l'inaction; attendez le moment opportun pour donner un autre médicament , s'il y a lieu.

Oe la nuuitère d'employer le» médleameato.

Les médicaments homœopathiques s'emploient différentes

ô INTBOIHICTIOK.

manières: l°en olfaction; 2*" en un ou plusieurs globules; 3** en solution dans l'eau ; k" en friction et en lotion , le mé • dicamenl étant dissous également dans l'eau.

l"" Fn olfaction , lorsque les souSrauces sont très violentes» sans cependant offrir le moindre danger, comme dans les maux de tête , de dents , dans les coliques et les affections de poitrine, et notanament chez les enfants et les personnes très, sensibles, et qui s'impressionnent facilement par l'action des médicaments. Dans ces divers cas , on se contente de fitre flairer le flacon débouché renfermant le remède approprié : il $u£Bt d'une ou deux inspirations nasales; chez les enfants, on choisit le temps du sommeil ;

2'' £n globules dans toutes les maladies de longue durée , chez les individus forts, dans le cas où les souffrances ne sont pas trop aiguës , dans les accidents occasionnés par des chutes, dans les dérangements de l'estomac , accompagnés de vomissements fréquents et violents. Dans ces diverses circonstances , on administre un ou plusieurs globules médicamenteux i l'état seo. — Pour cela, on fait tomber du flacon où ils sont contenus autant de globules que l'on se propose d'en donner ; reçus dans sa main , le malade les ramasse avec la langue , ou bien encore on les met dans uQe cuiller bien nette et bien sèche , et on les fait tomber dans la bouche du patient;

3° Fn solution f dans les souffrances aigués ou dans les maladies chroniques , traitées précédemment par les remèdes allopathiques, et profondément aggravées par l'abus qu'on en a fait , ainsi que dans les circonstances où l'olfaction et les globules secs n'ont pu être supportés. —Pour que la solution soit convenablement faite, prenez des verres qm n'aient servi qu'à Fusage de l'eau ou du lait ; si vous n'en avez pas , prenesç-en deu^i^ autres que vous laverez avec le plus gran4

INTBOMJCTIOIi. 7

soia dans l*eau froide, pois daos raao chaude; et après les avoir bien essuyés , placez-les dans un four chaud , autant que le verre peut le supporter, et ensuite laissez refroidir pour rusage« — L'eau ordinaire potable peut toujours servir. Après avoir mis les globulea dans Tun des verres, on le rem* pilt jusqu'à moitié ; alors on prend un second verre égale* ment propre , et on transvase l'eau du premier dans le se«« coud , et successivement jusqu'à cinq oa six fois. De cettft manière, il se fait mi parfait mélange do médicament et dft l'eau , la solution est complète. — Dans le cas od il n'y aurait qu'un verre de la prc^reté exigée , on opère le mélange m faisant tournoyer dix à douze fois la solutioo avec une cuiller en bois , ou même avec un simple morceau de bois , ou seulement avec le tuyau d'une plume ; — on en donne ensuite au malade par cuillerée à bouche , et à café , si l'on a aSaire à de tout petits enfants;

4° En friction et en lotion ^ dans les affections purement locales et occupant les partie; extérieures du corps» et sur« tout lorsqu'elles durent dq)uis longtemps et qu'elles ont ré** sisté à l'administration de plusieurs moyens. On prépare la solution aqueuse ainsi qu'il est dit plus-haut ; et oa l'emploie en lotion , selon que le cas est grave , toutes les d^ux heures, tous les jours ou tous les trois k quatre jours , une seule fois.

Dans le cours de ce livre, nous avons eu soin de désigner chaque fois par des signes la forme qui a été adoptée pour le médicament employé. Ainsi,

O signifiera olfaction;

ÇsciG fixera le nombre de globules à donner â l'état sec;

H voudra dire $olution aquetise.

Là où il n'y aura aucun ^gne , il est sous-entendu qu'il est fait usage d'tm ou deux globules à l'état $ec. — Quant mx.

tritaratioDs , elles seront employées par doses de la grosseur d'une lenliilc (1).

Dans les circonstances les plus importantes , nous nous ferons une obligation de mentionner le meilleur moment et le meilleur mode d'administrer le médicament.

En général*, nous établissons comme règle de répéter les médicaments le plus rarement possible et d*en donner le moins piossible. — L'ottactioa eft les globules à l'état sec seront administrés aux distances les plus éloignées; la solution le sera plus fréquemment. — Sous quelque forme que s'emploie le médicament , Il est essentiel de faire la plus grande attention aux changenieulk ou modifications qui peuvent s*opérer dans Tétat du ita'alade. On doit rester en expectation , dans les maladies chroniques , un jour. Ce temps suffit pour amener, ou de l'amélioration , bu de l'aggravation , ou enfin pour voir si ta maladie teste stationnaire.

S'il y a une amélioration quelconque , abstenez-vous de répéter le médicament tant que durera cette amélioration ^ mais , dès qu'elle s'arrêtera ^ j*éVeiie2 au même médicament. — Si la maladie s'est aggravée, soyez assuré qu'il y a ou éxacerbation dans les symptÀmes mênies, sans aucun changement dans leur natui^e, ou bien' <^\]ë l'aggravation s'est aug-* mentée de nouvelles souffrances, étrangères à la maladie elle-même.

En cas d'aggravation avec changement dans la nature des symptômes , changez de médicament. — Par contre , s'il y

(0 Les médicanaents à l'état Uqaide sont tirés en grande partie du régne végétal et animal ; les médicaments à l'état de trituration proviennent sênh dn tègne minéral. — Ceai - ci ne sont tolubles dans l'eau on l'alcool <|U'après avoir été triinrés à plasieurg degrés. (Vpy. Jatir , iVouf ^/« PlMrmacopie ei Posologie homœopa^ thiquef ou de la Préparation des médicaments homœopathiques cl iff Vadministvanon des doses. Taris ,1841, în-l2.)

lNTR0Bi;CT10N. 9

a sealement exacerbation dans l'état priwitif du mal , sans qu'il y ait de aouveaux symptômes, attendez. — Arrive-t-il qu'aussitôt après la prise du remède , l'état du malade s'exaspère? c'est un bon signe : c'est la preuve que le médicament a touché juste et qu'il développe son action. Gardez-vou3 de troubler ce travail , car il esi suivi ordinairement de l'amélioration tant attendue. Si cependant l'aggravation se prolongeait trop ou se montrait trop intense « donnez à flairer le camphre ou l'éther nitrique.

Si la maladie ne perd pas de son inten3i(é^ répétez le mé* dicamcnt après un certain t^mps ; dans les cas de maladie aiguë, on le répète touies les bei^r.e^s^ et» dans les maladies chroniques , tous les trois à guatre ou cinq jours. -<- La solution aqueuse s'administre ordinairement dans les maladies aiguës , toutes les heures, dans les affections de longue durée, tous les matins, par cuillerées , jusqu'à ce que l'amélioration se manifeste ; mais aussitôt qu'elle paraît, ne faites plus rien, dût-elle être aussi lente et aussi longue que possible. £n inte;rrompant le cours d'une amélioration commencée par la répétition intempestive d'un médicament ^ on risque souvent de compromettre la plus belle guérison.

Pendant la durée du traitement, et surtout tant que se continue l'amélioration, il faut observer un régime convenable. Ainsi, évitez les aliments trop fortement épicés, renoncez au café; abstenez>vpus suftout de l'usage interne et externe de tout médicament étranger à l'homœopatbie : sans cela vous gâterez tout.

Si , dans le cours de Tamélioration , une cause accidentelle vient interrompre l'action du médicament» par exemple, une odeur trop forte qu'on ne peut éviter» un refroidissement qui est survenu , etc., etc. Pour parer à cet accident, choisissez un remède propre à le neutraliser, et puis revenez au

10 INTAOmiCTlON.

premier médicavoeot qui vous a été utUe , el répétez-le au

besoin,

Wu réglaM p^ndaat le traitement honMBoptitlilqtie.

Aux quelques mots que nous venons de dire dans l'avantdernier alinéa au sujet du régime , il n'est pas sans utilité d'ajouter certains détails.

Alimenti permis,

l"" Dans les maladies aiguës , Tappétit est nul la plupart du temps, et à peine si la nourriture la plus légère convient ; la nature elle-même prescrit dans ce cas une diète nécessaire. En conséquence, ne permettez au malade que ce qui suit :

L*eau pure préférablement à toute autre boisson; Feau panée , sucfée ou édulcorée avec le sirop de fram* boises ou de fraises , et le sirop d*orgeat exempt d'amandes amères^ l'eau d*orge, de riz , de gruau » de gomme arabique; le petit-lait , l'eau coupée avec du lait, les préparations d'arrow-root , de sagou et de tapioca, sans autre assaisonnement qu'un peu de sel ou un morceau de sucre , ou même encore avec les sirops indiqués plus haut.

Les diverses espèces des meilleurs fruits , bien mûrs, sans acidité, frais ou cuits, pris en petite quantité et de temps en temps, tels que raisins, melons ; les fruits secs, tels que figues , raisins de Corinihe, prunes, et autres; puis viennent les pommes, pêches, fraises, framboises el cerises douces. — On devra s'en abstenir s'il y a ou coliques ou diarrhée.

2° Après que les symptômes de l'état aigu ont cédé, et que l'appétit est revenu et demande une nourriture quelque peu substantielle, il faut élargir le cercle des aliments à choi-

iKTHÔDOCtîON. H

sir, n Toti poârn tes prendre dans les choses suivantes :

Toutes sortes de pain léger et de biscuits sans (tre trop frais, mais exempts d'ingrédients trop salés; les gâteaux faits avec du miel, des œufs, du sucre et un peu de beurre ; toutes espèces de farines ou fécules converties en aliments friands, mais pourvu qu'ils ne soient pas assaisonnés avec des substances aromatiques, pénétrantes ou parfumées ;

Pommes déterre, navels, carottes, épiuards, choux, choux-fleurs, pois verts ou secs, haricots; bien entendu qu*on ne fera pas usage de ces diverses substances si le ventre était relâché ou atteint de coliques ;

L« lait de vache pas trop récemment trait , le beurre , lait cuit, cacao cuit au lait oq à Teau, chocolat sans arôme un peu clair, infusion légère de thé noir;

Beurre frais, crème de lait, fromage doux, caillé et autres laitages; Œufs frais à la coque ou au lait;

Soupes et bouillons gras légèrement assaisonnés avec le sel ; l'eau de veau et de poulets;

Poulets, pigeons, poules-dindes, venai:sons, gibiers, bœuf, mouton, le maigre du jambon, langue four-, rée. — Toute espèce de poissons frais, excepté le saumon ;

Sel, sucre, glace, divers sirops, pourvu qu'ils n'aient pas un parfum trop prononcé.

Aliments strictement défendus.

Toute viande fu«iée , le poisson sa*é , le veau , Vme , le canard ; le foie, le cœur, les poumons et les entrailles des animaux;

Le beurre rauce, le vieux frooiage fort, le lard, le porc gras, tortues, moules, huîtres fraîches ou cuites, œub durs, bouillis, omelettes ;

Poisson sans écailles, comme Fauguille, la lamproie; le homard, la[Iangousie, etc. ;

Toutes sortes de noix ; café et thé vert ;

Les mets préparés avec du sang et de la graisse, tels que boudins;

Les côtelettes de veau ; toutes sortes de salaisons , et surtout celles qui sont trop fumées ;

La viande des jeunes animaux ;

Toutes préparations culinaires de haut goût;

Les gâteaux trop gras ou aromatisés; toute pâtisserie coloriée. (Les joujoux coloriés dont la couleur no tient pas ne doivent pas être laissés entre les mains des enfants.)

Le cidre, vinaigre, salade ou concombre assaisonnés, saumures, marinades ;

Artichauts, panais, betteraves, champignons , céleri, raifort, ail, oignons, poivre, huile ronce, moutarde, safran, muscade, gingembre, écorce d'orange amère, vanille, feuilles de laurier, amandes amères; ainsi de suite pour toutes les plantes ou substances de haut goût et fortement aromatiques;

Toutes sortes de liqueurs ou boissons alcooliques et acides ou acidulés ; — les eaux minérales artificielles.

Dans tous les cas possibles , le malade ne fera usage que des choses qni conviennent parfaitement à son tempérament; il ne faudrait pas le forcer à prendre un aliment qui lui répugnerait. Ainsi, il n*est pas question de lui faire une obligation absolue des aliments qui sont permis ou défendus.

Quand il aara un remède à prendre, il ne devra pas avoir Testotnac surchargé. S'il se s^nt de Tappétit pour des substances solides, il pourra en faire usage, mais à des heures réglées et invariables : la régularité des repas est d'une haute importance.

Le régime diététique des enfants à la mamelle ne doit pas être changé durant la maladie ; mais la nourrice on la mère devra se conformer aux recommandations précédentes.

On écartera du malade toute influence qui pourrait troubler Taction des remèdes homœopathiques. Nous l'avons presque dit, et nous le répétons : point de médicaments empiriques, point d'infusion théiforme de plantes simples, point de cataplasmes ou de topique irritant ou médicinal appliqués à la peau. — Nous ne reviendrons pas sur la nécessité qu'il y a d« s'abstenir des évacuations sanguines , de quelque manière qu'elles soient faites. — Écartez toutes les odeurs fortes dont on fait usage pour la toilette, les eaux de Cologne, de Luce ; tous les objets de parfumerie d'un effet pénétrant, les poudres dentifrices, etc. — Quant à l'usage du tabac, s'il tient à une habitude invétérée, il n'y a pas à s'en abstenir, mais le restreindre seulement; dans tous les cas , pour ce qui est de le fumer, il ne convient pas que les lèvres touchent le tabac ; on fumera avec un porte-cigarre.

Le traitement homceopalhique est troublé par l'usage des bains chauds, surtout s'ils sont aromatisés , comme aussi par les bains sulfureux et médicamenteux : il faut donc s'en priver.

La toile, le coton, les peaux mégissées doivent être préférés aux tissus de laine.

Lorsque la nature des souffrances le permettra, le malade prendra un exercice 4nodéré, en plein air, durant une heure ou plus par jour, ou dans sa chambre, dont on aura soin de renouveler l'air de temps en temps.

là INTRODUCTION.

Toules choses égales d'ailleurs , la liberté et la sérénité d'esprit placent un malade dans les conditions les plus favorables pour son rétablissement.

Le travail , qui distrait l'esprit et met en même temps le corps en mouvement , est fort utile dans les maladies chroniques; lorsque c'est possible , usez-en : vous entretiendrez et développerez vos forces.

Les remèdes honiœopathiques doivent être pris à jeun , et deux heures avant de manger ou de boire , ou de faire usage du tabac , si l'habitude en est prise ; comme aussi , il faut attendre au moins trois heures après avoir bu ou mangé , pour prendre les remèdes. Il serait utile que le malade fût alors affranchi de toute préoccupation morale et intellectuelle. — Ces remèdes seront pris dans (une chambre), un lieu clairj frais et sec, libre de toute odeur. — Dans une alcôve ou dans une petite chambre où l'air n'est pas pur, n'est pas renouvelé, les remèdes perdent de leur efficacité.

De la provision de» médleameiits.

Le plus grand embarras qui se soit présenté , lors de la première publication de ce livre , se trouva dans la quantité numérique des remèdes horaœopathiques. Il importait dé les mettre à la portée de toutes les fortunes ; c'est pour cela que le nombre ne fut d'abord porté qu'à 30. Pendant l'impression, on l'augmenta de 15 comme aussi indispensables que les premiers. En Allemagne , on renchérit ; on ajouta plusieurs médicaments également utiles, et le nombre en est porté aujourd'hui à 60.

Et d'un autre côté , comme quelques remèdes agissent mieux à hautes dynamisations , d'autres à basses dilutions , et que certains autres réussissent aussi bien à basse qu'à haute puissance, le nombre de tous ces agents thérapeutiques

s*est trouvé doublé ; c'était là le mal : ils devenaient trop chers. Pour remédiera cet inconvénient, il fallait trouver un expédient.

Toutefois , nous rapportons ici la liste de tous les médicaments cités dans cet ouvrage. Mais ceux dont le nom ei»t imprimé en lettres grasses sont regardés comme indispensables, il faut se les procurer ; et ceux dont le nom est en lettres ordinaires ne sont pas rigoureusement utiles. — Il est bien entendu que je ne parle que des remèdes dont il est question dans ce livre.

On a eu le soin d'indiquer par un chiffre le numéro de la dilution qui convient à chaque cas ; quand c'est un t, cela veut dire teinture; et lorsqu'il n'y a pas de signe, il est sousentendu qu'il s'agit au moins de la 30*" dilution , et mieux encore des hautes puissances de Jenichen.

Ainsi, la liste ci- après contient, entre autres,' une série de 30 remèdes à haute dilution en globules, et 20 à basse dynamisation : c'est une provision suffisante. Quant à celui qui veut et peut se procurer toute la collection , qu'il le fasse ; il n'y a nul empêchement à cela ; mais*dans le choix qu'il aura à en faire , il consultera son médecirï , qui le fixera sur le nombre et la puissance des médicaments nécessaires : c'est prudent, parce que ce que nous nommons expérience n'est souvent qu'une opinion. '

Aconitum. Arnica. — T.

Aconitum. — 6. Arsenlmn.

Agaricus. Belladona.

Agnus castus. — 3. Bryonla.

Alnmlna . Bry onia . — 42.

Antimonium cradam. Calcarea carbonlca.

Antiroonium crudum. — 3. Calendula. — T.

Arniea. Capsicum.

Arnica. •— 6 . Cap^icani . -^ 6 .

Carbo weg etaMIia.

Carbo vegetabilis. — 3.

Caïuitlcapii.

Causticum. — 3.

Chamomllla.

Chamomilla. — 6

China.

China. — 3.

Cina.

Cina. *-6.

Cocculus.

Coffea.

Cofféa. — 6.

Colcbicum.

ColGcynthlfl.

Colocynthis. — 6. ^

CoBlam. Ç,. t^^KJu

Groccus. '^

Croccus. — 3.

Capram aeeticnni,

Gyclamœ.

Drosera.

Dnlcamara.

Dulcamara. — 3.

Euphrasia.

Euphraaia. — 3.

Ferrnm aceticnm^

Hepar sulfurlti calé.

Hepar sulfurla cale.

Hydrophobin.

Hytfseiamna.

Hypericum.

Hypericam. — T.

Ignatia.

Ignatia. ~ 3.

lodium.

Ipecacuanha.

Ipecacnanha. — 3.

Lachesla.

Lycopodium.

Marum veram Teacrium.

Merevrloia Ytva».

Mereorinii •olnblll».

Mercnrina «olabllla. — 3.

Mercnrinii anbllmatns.

Natrum muriaticum.

Nux moscbata. — 3.

IVnx Yomlea.

Opium.

Opium. -- 6.

Petroleum.

Pbosphorus.

Pbosphorus. — T.

Phoaphoricaai acMnai.

Phospboricum acidum. — 6.

Piper niger. — G.

Platina.

PalaatiUa.

Pulsatilla. — 12.

Rheum.

Rhenm. — 3.

Rhododendron.

Rhus toxIcodendroB.

Ruta.

Rata. — T.

Sambacna.

Sanguinaria.

Secale.

Seeale. — 3

Sepla.

SIlicea.

Spigelia.

Spongla. ~ 3.

Staphysagria.

Stramonium.

Sulphur.

INT&ODUCTfON. 17

Sulphur. — 3. Urtica Dioica.

Sjmphytiun. — T. Vaccinin.

Tartarus emeticus. Vaccinin. — 3.

Tartarus emeticus. -^ 3. Veratrum.

Theridion. Veratrum. -- 6. Thuya.

. On doit se procurer ces médicaments chez des pharmaciens homœopathes ; ils les délivrent dans des flacons ou dans des boîtes convenablement confectionnés : on en trouve à Paris , chez MM. Catellan frères , Weber et Uzac; à Lyon, chez M. Pelletier; à Marseille, chez M. Trichon ; à Bordeaux. — MM. Catellan sont aujourd'hui les seuls, à Paris, qui s'occupent exclusivement de préparations homœopathiques.

Nous recommandons de ne pas confondre dans la même boîte les médicaments à basses et à hautes puissances ; il faut les tenir séparément. Il faut aussi avoir en réserve des flacons vides et bien propres, ainsi que des globules purs. — Il n'est pas indiflerent de boucher soigneusement les flacons toujours avec le même bouchon ; une confusion à cet égard gâterait infailliblement les médicaments ; il n'y aurait plus moyen de s'en servir avec fruit. Il ne faut pas non plus négliger de tenir la petite pharmacie dans un lieu 9ec , et à l'abri de toute odeur ou vapeur forte, etc.

Du choix dn médecin (1).

Puisqu'il est parlé souvent dans cet ouvrage de la nécessité de s'entourer des soins et des lumières d'un médecin, il n'est pas hors de propos de dire quelques mots sur le choix qui doit en être fait.

(i) Ce sujet a été traité au point de vue moral pur Habnemann ; voy, son ouvrage: éludes de médecine howœopaihique , traduit de rallemand par Schlesinger. Paris, 1850.

18 INTROBtICTION*

Je n'exposerai pas ici le grand art de choisir un médecin : il y aurait h dire là-dessus des choses que beaucoup de monde ne serait pas bien aise d'entendre ; mais du moment qu'il est établi qu'il existe parmi les homœopathes des subdivisions et des sectes, il n'est pas mal d'en causer un peu.

Comme toutes choses, les homœopathes se divisent en différentes espèces :

l"" Ils se divisent en homœopathes purs ou entiers , et en demi-homœopathes. Il ne faut pourtant pas l'entendre de ceux>ci comme pour le système monétaire, où deux demiécus font un écn entier; non. Les demi-homœopathes se trouvent, il est vrai , sur la moitié de la bonne route ; et là , ou ils avancent et deviennent progressivement homœopathes entiers, ou ils se réduisent à rien. — Laissez ces derniers de côté.

2<> Parmi les homœopathe$ purs, il y en a de bons et de mauvais. Les premiers doivent avoir la préférence, sans doute ; et en cela, on se conduira comme dans le choa d'une femme. . . Mais comment les juger par avance ? Si l'on écrivait un gros livre là-dessus, qui le lirait ? Et même si on le lisait, qui en suivrait les conseils?... En fait de mariage, comme dans le choix d'un médecin, les hommes les plus raisonnables font souvent d'étranges bévues... Que chacun choisisse donc son médecin comme il l'entend , c'est-à- dire conformément à son caractère et à sa manière de voir. — Vous comprenez que , dans ce conseil , je désintéresse les mauvais : ils ne peuvent donc pas m'en vouloir.

3* Parmi les bons , on en compte encore trois espèces. — Ceux de la première donnent volontiers beaucoup de médicaments , et même par plusieurs gouttes : ils croient par là montrer beaucoup de courage ; aussi prétendent-ils obtenir beaucoup de guérisons , et il y a mieux, c'est qu'un grjind

nombre de gens les croient. Ils se dirigent d'après la condailo qu*Habnemann a tenue depuis 1790 jusqu*en 1810, et méma jusqu'en 1820. — A partir de cette époque, leur vieux maître, pour lequel ils montrent le plus griad respect depuis s* mort , passe , à leurs yeux , pour être tombé dans Tenfance , ou pour avoir eu un trait d'innocente folie. -^ Ceux de la seconde espèce donnent peu de remèdes : quelques gMiules par-ci , par-là , et voilà tout. Ils soutiennem qu'en eela ils montrent plus de courage, paitant plus de seteace, et qu'on est d'autant plus sûr de son fait qu'on sait mieux attendre l'effet du remède. Ils prennent pour règle ce que faisait Habnemann dans les dix dernières années de sa vie. Ils croient que leur maître était alors dans toute la maturité de sa raison ; et si l'on en excepte quelques petites bizarreries, vieux restes de certaines idées du siècle passé, ils trouvent qu'il a conservé ce coup d'oeil droit et sûr, qui lui a fait faire les guérisons les plus étonnantes , encore à la veille de sa mort. Ils veulent , de tout leur pouvoir, l'imiter et même aller plus loin ! L'un d'eux s'est même élevé si haut , qu'il a eu l'audace de dépasser le point où Habnemann s'est arrêté : il a découvert les hautes puissances; et c'est ainsi que cette seconde espèce s'est accrue d'une nouvelle branche qui se distingue, elle , par l'emploi des hautes dynamisations. Mais , pour cela , il s'agit de savoir bien faire son choix parmi les médicaments, et l'on n'y parvient que si l'on est parfaitement versé dans la connaissance de la matière médicale , ce qui n'est pas chose facile. -^ Les homœopatbes de la troisième espèce font comme partie de la seconde ; ils prétendent qu'il y a des circonstances particulières et déterminées où l'emploi des teintures ou des gouttes et des triturations doit être préféré , et que, dans la plupart des cas , les hautes puissances

seront d'an meillear usage pour ceux qui sauront s'en servir.

Au surplus, il est bien conrenuqu'entre ces différentes sectes, qui ont encore leurs subdivisions et leurs genres transitoires, iljy a des discussions souvent très inutiles. Voilà pourquoi nous conseillons prudemment aux laïques de ne pas s'y mêler; ils doivent laisser ces docteurs se débattre entre eux : cela ne doit pas les empêcher de choisir leur médecin ; mais qu'ils le fiissent toujours d'après leurs opinions propres , d'après leurs convictions particulièresr

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