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ENTORSES. 2C

Entorses. — Un membre a reçu une entorse lorsque, après une chute ou toute autre violence, l'articulation est tiraillée , endolorie , ne peut pas être remuée sans douleur, enfle, tandis que la peau devient rouge.

Au début du traitement de cette lésion, on applique de l'eau froide sur le membre, ou Ton fait des lotions d'Arnica; en même temps on tient le malade au repos relatif, lui permettant de remuer, mais sans faire le moindre effort. Si la partie devient bleue, il faut prescrire Arnica, et Symphytum si elle tire au jaune et se ramollit. On peut aussi prendre Arnica à l'intérieur. Après la disparition des symptômes les plus aigus, il peut être nécessaire d'avoir recours à Bryonia, Rhus ou Ruta, pour faire disparaître la roideur et la sensibilité qui pourraient rester. Il est utile alors de faire subir au membre de légers mouvements. Si la place tuméfiée est si molle qu'elle conserve l'empreinte du doigt, Sambucus sera eflîcace.

Luxation». — La sortie de la tête d'un os de sa cavité articulaire s'appelle une luxation.

Cette lésion est caractérisée par une vive douleur qui survient au moment même de l'accident, la suppression des mouvements, la tuméfaction, le raccourcissement, la déformation et la déviation du membre. De plus, on peut sentir une cavité ou une saillie anormale auprès de l'articulation lésée, et le membre prend une rigidité particulière. Pour constater la déformation avec certitude, on n'a qu'à comparer le membre malade avec le membre sain.

La première cbose à faire est, après avoir relevé le malade, de donner Arnica à l'intérieur, en même temps qu'on l'applique à l'extérieur, comme je l'ai indiqué plus haut (p. 260) ; puis, dès que la rougeur et l'inflammation arrivent, on donne Aconit, et on ne se sert plus que de

compresses trempées dans l'eau froide. Le grand point est de remettre les choses en place ; mais, comme les tentatives infructueuses de réduction sont très-dangereuses, le mieux est de faire venir le plus tôt possible un chirurgien expérimenté. Les applications d'eau froide et l'emploi d'Arnica à l'intérieur feront toujours beaucoup de bien en l'attendant. Il n'est pas non plus nécessaire de donner autre chose après la réduction de la luxation. Les cataplasmes, les onguents, les saignées, etc., sont nuisibles ; mais il faut appliquer un bandage approprié, ce que le chirurgien seul peut faire. Dès que l'inflammation diminue, ce qui ne tarde pas à arriver sous l'influence d'Arnica ou d'Aconit, il faut souvent mouvoir le membre avec précaution pour éviter l'ankylose.

Fractures. — Il y a fracture quand un os a été brisé. On reconnaît cette lésion à la vive douleur qu'éprouve le malade en tombant, et surtout à la crépitation, bruit et sensation que produit le frottement des surfaces des fragments de l'os, quand on leur imprime un mouvement en sens inverse. Je dois ajouter que ce signe est difficile à reconnaître pour tout autre qu'un homme de l'art. Dès qu'on le constate en remuant le membre blessé, on est sûr que la fracture existe ; mais elle peut exister aussi sans qu'une personne étrangère à la chirurgie sache la reconnaître. Aussi, dès qu'il y a : déformation, douleur, enflure de la partie, impossibilité de remuer le membre, qui eet raccourci, il faut craindre que l'os ne soit brisé.

Dans tous les cas où l'on soupçonne une fracture, il faut donc envoyer chercher un chirurgien, expérimenté ; car toute fausse manœuvre, dans de semblables circonstances, conduit souvent à des dangers irrémédiables. Si le malade est un enfant, il faut déployer plus d'activité encore. Mais, dans les circonstances ordinaires, on peut laisser passer deux jours sans courir grand risque, car un os cassé ne se soude pas aussi promptement. En attendant le chirurgien,

FRACTURES. 271

il faut tenir le membre dans une immobilité aussi complète que possible, appliquer sur les parties douloureuses des compresses imbibées d'eau fraîche souvent renouvelée avec addition de teinture d'Arnica. Si l'ébranlement a été considérable, on commence par donner Aconit à l'intérieur, et, quelques heures après, Arnica. Aconit est surtout utile si le malade s'affaiblit ou s'évanouit. Si les douleurs deviennent intolérables et occasionnent des mouvements convulsifs, il faut essayer de les calmer avec Chamomilla, une cuillerée d'heure en heure, et, quand la Camomille ne suffit pas, avec Hypericum.

Dans les cas très-rares de douleurs atroces, accompagnées de quelques autres mauvais symptômes, on soulagera le malade en lirant^ur le membre ; mais cette délicate opération réclame l'aide d'un chirurgien qui puisse appliquer ensuite les bandages nécessaires.

Lorsque la réduction a été opérée, mais que la consolidation tarde à se faire, ce qui arrive souvent chez les vieillards, on peut donner Acidum phosphoricum, une cuillerée matin et soir pendant 8 jours, laisser reposer pendant 8 autres jours, et faire prendre ensuite Calcarea carbonica. Ces médicaments seront prescrits, à la trentième dilution, 6 globules pour 8 cuillerées d'eau ; Symphytum officinale peut être utile après ces deux médicaments. Quand il s'agit d'un enfant, on peut employer les mêmes médicaments ; pour tous, il faut prescrire un bon régime: des bouillons, des gelées de viande, etc.

[Il est facile de voir par ce qui précède que l'intervention des gens du monde est toujours momentanée quand il s'agit de traiter une luxation ou une fracture ; c'est surtout au moment de l'accident, et peu après, que leur secours peut être utile ; mais le succès dépend souvent des premiers soins donnés.

La grande difficulté est toujours ici de relever le malade et de le ramener chez lui.

27 2 LESIONS MECANIQUES.

Fractures des membres supérieurs. — Si la luxation

ou la fracture occupent les membres supérieurs, l'épaule, le coude par exemple, une personne soutient le bras malade, tandis que d'autres aident le patient à se relever ; puis, comme tous les mouvements causent une vive douleur, on fait asseoir le malade, on le déshabille en coupant les vêtements qu'on ne peut enlever autrement, et on applique le bandage suivant.

Fig. 79. — Écharpe de l'avant-bras.

On passe sous Tavant-bras un grand mouchoir plié en cravate, en le plaçant de façon que la corne du milieu soit dirigée vers le coude, on relève les deux cornes latérales et on les noue derrière le cou de façon que l'avant-bras

FRACTURES

fasse presque un angle droit avec le bras, le poignet étant cependant plus élevé que le coude. On relève ensuite la corne du milieu et on la fixe en avant avec une épingle. Si le mouchoir n'est pas assez long, on en passe un autour du cou, et on attache le premier au second (fig. 79).

Ce bandage doit être employé aussi pour les fractures de la clavicule.

Si l'avant-bras est fracturé, ce que l'on reconnaît à la déviation de la main (fig. 80), on agit autrement. On prend deux petites planchettes aussi longues que l'avant-

Fig. 80. — Fracture de l'avant-bras, côté de la. face palmaire. La main est déjetée en dehors.

bras, et qu'on appelle attelles, on les garnit de linge ou de ouate, on les applique, une sur la difformité, l'autre

Pansement provisoire de l'avant-bras fracturé.

dessous, et on les fixe avec des mouchoirs liés par-dessus ou avec de larges rubans (fig. 81). Puis, quand le maladedoit se lever et marcher, on soutient l'avant-bras et son

appareil avec un mouchoir attaché derrière le cou, comme dans la figure 82.

Fîg.

— Écharpe de la main et du poignet.

Ce handage suffit pour les blessures du poignet et de la main.

Fractures des membres inférieurs. — Elles exigent

encore plus de précautions. D'abord elles entraînent toujours la chute du malade, ce qui oblige avant tout à le relever, opération délicate en raison des douleurs qu'elle excite, en raison aussi de ce qu'elle peut aggraver le mal en augmentant le déplacement des deux fragments.

Aussi, avant de bouger le malade, faut-il s'assurer de l'état des parties et poser un appareil provisoire. On mettra donc la. jambe à découvert; s'il y a une plaie, on la

FRACTURES

lavera avec de l'eau fraîche additionnée, s'il est possible, de teinture d'Arnica. Puis on se procurera quatre lattes ou planchettes semblables à celles dont je viens de parler et un peu plus longues que le membre blessé, on les enveloppera de linge (serviettes, mouchoirs, etc.); soulevant ensuite le membre avec précaution, on glissera une de ces attelles entre lui et le sol, et par-dessous deux mouchoirs

Fig. 83. — Pansement provisoire du membre inférieur fracturé.

plies en cravate, l'un qui sera un peu au-dessus de la fracture, l'autre un peu au-dessous. Une autre planchette sera placée sur le membre, parallèlement à la première, et

Fig. 84. — Brancards. A, brancard monté. B, hampes du brancard. C, traverses.

les deux autres sur les côtés, puis on lps retiendra toutes en

^7 6 LESIONS MÉCANIQUES.

liant les mouchoirs (fi g. 83). De cette manière, la partiefracturée sera maintenue immobile, et tout danger sera évité.

Pour emporter le malade, on se servira d'un brancard (/?<7.84).Sironne peut se procurer ce brancard, on pourrase contenter d'une échelle sur laquelle on placera un matelas.

Quatre personnes seront nécessaires pour soulever le

Fig. 85. — Un blessé dans la rue.

blessé : trois se placeront du côté opposé à la fracture, la quatrième du même côté. Le malade en prendra une par le cou, tandis que la seconde placera ses bras sous le bassin, et la troisième saisira la jambe saine. La quatrième prendra le membre fracturé en le remuant aussi doucement que possible.

A un signal convenu, le blessé sera soulevé doucement etposé sur son brancard (fig. 85). Ramené à sa demeure, on prendra les mômes précautions pour le glisser du brancard

FRACTURES

sur son lit; mais avant, on le déshabillera, coupant les vêtements qu'on ne pourrait ôter sans imprimer au patient de grands mouvements.

Fractures des côtes. — Elles sont fréquentes et difficiles à reconnaître. Il faudra cependant les soupçonner lorsqu'à la suite d'un coup ou d'une chute, le malade se plaindra d'une vive douleur fixe en respirant, et lorsqu'au toucher on reconnaîtra que cette douleur existe sur le trajet d'une côte.

Il faut ici avoir encore en vue de rendre immobile la partie malade. A cet effet on entoure la poitrine d'une

Fig. 86. — Bandage de corps.

serviette ou d'un bandage de corps (fig. 86) aussi serré que possible et qu'on retient avec des bretelles en linge

HjSring. — Méd. honi. \Q

attachées par derrière et ramenées en avant en passant sur chaque épaule.

Fractures du crâne. — Elles amènent des accidents tellement graves, que le médecin seul doit intervenir. L.S.F.]

Plaies.

Il y a plaie chaque fois que les tissus se trouvent divisés. Les unes peuvent se cicatriser d'elles-mêmes ; d'autres nécessitent un traitement et un secours immédiats; il est donc utile de connaître les moyens capables de hâter la guérison, et savoir ce qu'il y a à faire dans les cas dangereux en attendant l'arrivée du chirurgien.

Toutes les blessures, quand elles ne sont pas mortelles, peuvent guérir d'elles-mêmes, sans médicaments externes, sans onguents, ni emplâtres, ni pommades. Ces applications externes sont presque toujours nuisibles.

Il n'est pas nécessaire de faire autre chose que d'appliquer un bandage approprié et de le mouiller de temps en temps avec de l'eau froide additionnée de teinture d'Arnica. Si cela est nécessaire, on peut donner un médicament à l'intérieur; de plus, il faut faire grande attention au régime du malade.

[Pansement des plaies. — Le point essentiel est de bien panser la plaie, et, quand elle est récente, il faut mettre tous ses soins à en rapprocher les bords, parce qu'il arrive souvent qu'ils se réunissent sans suppurer, comme on le dit en chirurgie, par première intention.

La conduite à tenirenpareil cas varie en raison de la gravité de la blessure, surtout de son étendue et de sa profondeur ; mais, quelles que soient ces dimensions, il faut toujours se servir des mômes objets ; je les ferai connaître tout d'abord.

Objets nécessaires aux pansements. — Ils se COmpOr sent de charpie, de linge et de bandes.

Charpie. — La charpie doit être faite avec du vieux linge de toile; on la dispose en plumasseaux ou en boulettes.

Dans le plumasseau {fîg. 87), on place les brins de char-

Fig. 87. — Plumasseau.

Fig. 88. — Boulettes de deux grosseurs différentes.

pie parallèlement les uns aux autres. Les boulettes (fig. 88), se font,, au contraire, en roulant une petite masse de charpie entre le creux des deux mains.

Compresses. — Elles se composent de linges plies en

Fig. 89. — Compresse carrée. Fig. 90. — Compresse triangulaire.

plusieurs doubles; elles peuvent être carrées (fig. 89), trian-

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Fig. 91 . — Compresse longue ou longuette.

gulaires (fig. 90), ou oilongues, suivant la forme de la

Fig. 9Î. — Compresse en cravate.

plaie {fig. 91 et 92). Parfois on les perce au milieu d'un trou rond ou carré ; elle est alors dite fenestrée (fig. 93).

Linge troué. — Souvent aussi on place sur la plaie un

Fig. 93. — Compresse fenestrée en lunette.

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