‹ Médecine homoeopathique domestique [electronic resource]Chapitre 106 sur 270 · MAL DE TÊTE · texte numérisé non relu

MAL DE TÊTE

C'est une des maladies les plus communes, mais qui a de nombreuses nuances; c'est pourquoi on doit se conduire selon la cause et; selon les symptômes coïncidents. 11 est donc utile de distinguer avec soin les diverses espèces de maux de tête, car souvent ce qui convient dans un cas est nuisible dans un autre.

1° Mal de tête par §uite d'une habitude congestion-

neiie.— Lorsque le mal de tête provient d'une habitude congestionnelle du cerveau ou d'une inflammation, il s'accompagne des symptômes suivants : il y a rougeur et chaleur, battement visible des artères du cou ; la douleur augmente et provoque le vomissement; elle s'aggrave par la moindre secousse, par le mouvement de la tête, et soit que l'on se couche ou que l'on s'arrête, comme aussi elle s'améliore en restant tranquille. — Parmi les moyens domestiques à employer dans ce cas, le meilleur est le vinaigre, dans lequel on fait tremper une croûte de pain qui sera appliquée sur les tempes ; prenez en même temps un lavement chaud : si cela ne suffit pas, mettez les pieds dans un bain chaud, auquel vous aurez ajouté un filet de vinaigre; après quoi

• i (WtP7-les avec de la Uanelle. On doit,

Sfête toi e matins avec une serviette trempée dans 1 eau frotd pa ticuhèrement le front et le nez, et de prendre X; s'r un bain de pieds froid qui ne durera que quel-

^rTeÎels cas, on a l'habitude dans la vieille école diquev lagliesurlatête^quelquefoisàraided'une veïie - S'il est utile d'employer l'eau froide, faites-la refroidir' avec la glace; trempez des compresses qui seront appliquées sur le front; le soulagement qui en résultera «era l'effet du froid et non de la glace proprement dite. Il serait absurde de croire que des morceaux de glace qui pressent désagréablement la tête fussent plus utiles par cela même; on ne doit jamais justifier une pareille pratique.

Lorsque la douleur est très-intense et s'accompagne d'une forte chaleur de toute la tête, surtout du front; si la face devient rouge et bouffie, les yeux injectés de sang; s'il y a du délire ou des emportements presque furieux, il faut, dans ce cas renoncer au vinaigre, et donner aconitum; s'il fait du bien, laissez-le agir longtemps; si le mal empire, répétez aconitum; s'il n'en résulte aucun soulagement, donnez belladonna; ou, selon le cas, administrez aconitum et belladonna alternativement.

Si le mal de tête est profondément situé, que la douleur soit sourde et pesante, la face pâle et étirée, avec perte de connaissance, délire, murmure, somnolence, donnez tout de suite belladonna et attendez plusieurs heures.

Si la douleur est gravative et pressive sur un côté de la tête, fatigante et affaiblissante; si, occupant le front audessus de la racine^du nez, elle se porte sur le derrière de la tête; si elle s'améliore par la pression des mains ou par l'effet d'unbandeaU; d'un mouchoir fortement attaché; si elle s'aggrave étant assis ou si elle diminue en marchant;

si la tête est lourde, le visage pâle, qu'il y ait des vertiges, de l'anxiété, avec envie de pleurer, donnez pulsatilla.

Administrez rhus dans les cas où la douleur est brûlante et battante, avec sensation de plénitude et pesanteur de la tête, avec sensation d'un ballottement d'eau à l'intérieur, comme si elle allait s'échapper, surtout si ces divers symptômes se déclarent après avoir mangé.

Glonoine pour le mal de tête battant dans les tempes, avec sentiment de constriction du cœur, pouls très-rapide, quand la céphalalgie s'aggrave par le plus léger mouvement et s'améliore momentanément par l'application de l'eau froide.

2° Mal de tête par l'effet île la pléthore. — Lorsque le

mal de tête dépend du sang et qu'il se produit dès le matin ou après le repas, accompagné d'une grande faiblesse, et s'il y a somnolence, roideur et douleur dans la nuque, que la parole devient embarrassée, ou si la face se dévie et la bouche oblique, si les membres s'engourdissent, donnez belladonna ou nux vornica. S'il n'y a pas de prompte amélioration, mettez les pieds dans un bain chaud, envoyez promptement chercher le médecin, et soignez le malade comme étant dans un état d'apoplexie.

3° Mal de tête par suite de catarrhe. — Le mal de tête

qui dépend d'un état catarrhal se caractérise par des douleurs frontales, compressives et brûlantes; le matin, elles sont moins violentes, mais le soir l'état est pire; il y a larmoiement, éternument, chaleur sèche du nez, frissons fréquents, et quelquefois accompagnés d'une petite toux: dans ce cas, il est bon de renifler de Veau chaude, et de boire de l'eau froide avant de se coucher.

Aconitum sera administré avec succès contre ce genre de mal de tête, si l'on se trouve mieux au grand air, et qu'il y ait de l'aggravation en parlant.

S'il y a au contraire augmentation au grand air, si en pensant ou lisant on éprouve la sensation d'un poids et

d'un tiraillement, donnez cina; mais si le nez coule et donne une matière âcre et brûlante, s'il y a enrouement, manque de sommeil, bourdonnement d'oreilles, battements dans le front, nausées, et que le malade se trouve mieux à l'air ou dans un appartement chaud, donnez arsenicum; et cepa, s'il y a aggravation la nuit et dans la chambre, amélioration à l'air libre, avec étincelles devant les yeux, plénitude et pesanteur de la tête, et particulièrement derrière la tète. Pour les autres remèdes, voyez « iodure. »

4° Mal «le tête rhumatismal. — Chamomilla sera le remède préféré dans ce cas-ci, spécialement si l'on est en présence des symptômes suivants : douleurs déchirantes et tiraillements changeant souvent de place.

Si chamomilla ne réussit pas peu d'heures après, donnez pulsatilla, le matin, ou nux vomica le soir; si la douleur se porte à la nuque, aux oreilles et aux tempes ; si la tête se sensibilise au moindre attouchement ou mouvement; si elle s'aggrave vers minuit étant couché , transpiration fréquente, etc., dans ces circonstances, on prend des bains de pieds fréquents, on se brosse la tête chaque soir, et l'on se met à respirer la vapeur d'eau chaude ; spécialement s'il se déclare de petits et de légers engorgements dans différentes parties du corps, ou si à la suite de vomissements, il y a de l'amélioration.

Donnez ipecacuanha avec espoir de succès si les douleurs ont quelque caractère delà goutte, c'est-à-dire si les rangements et les tiraillements sont plus intenses, et qu'elles soient amendées par la chaleur et les vomissements.

IgnatiaconxienldipvèsipecacuanhajSi celui-cin'a été suivi que d'un faible soulagement, mais particulièrement lorsque la douleur est pire dans la région du nez, si elle est perforante, lancinante, déchirante, profonde dans la tête, améliorée en Arrêtant ou restant couché; mais si les douleurs sont saccadées et battantes dans un côté de la tête, pire à l'air ou en s'arrêtant, donnez nux vomica.

Colocynthis servira à calmer la douleur rhumatismale de la pire espèce, après l'insuccès du remède précédent. — Si rien n'y fait, prenez du café pur.

Dans le mal de tête goutteux où les douleurs sont battantes et déchirantes dans tout le cerveau, comme si .le crâne allait éclater; quand elles sont accompagnées d'agitation et d'insomnie, avec nausées et renvois à vide, donnez alors ipecacuanha, ou plutôt nux vomica ou bryonia.

5° Mal de tête par suite du dérangement de l'estomac et des intestins. — La plupart des maux de tête proviennent de Y estomac ou du bas-ventre. S'ils tiennent à une indigestion, le café pur est fort utile; s'ils viennent d'un dérangement de l'estomac, employez les remèdes indiqués au chapitre relatif aux souffrances de cet organe. S'il y a constipation, donnez des lavements d'eau chaude.

Cet état se reconnaît à l'état de la langue, qui est chargée; à l'amertume de la bouche, au manque d'appétit, aux nausées et vomissements, et si ces derniers symptômes augmentent avec le mal de tête; si, au contraire, le mal de tête a un caractère névralgique, les nausées et les vomissements ne se déclarent qu'après que les douleurs de tête sont arrivées au plus haut degré. — Si le mal de tête est la cause directe dudérangement de l'estomac, employez les remèdes indiqués contre la céphalalgie; si, au contraire, c'est le mal d'estomac qui produit la céphalalgie, employez les remèdes appropriés aux souffrances de l'estomac.

6° Mal de tête prorenant de la constipation. — La

constipation qui donne lieu à la congestion du cerveau et au mal de tête se guérit généralement par nux vomica, principalement si la céphalalgie augmente par la marche^ ou en remuant la tête, en comprimant les tempes; s'il n'y a pas de soulagement étant assis ou couché; si les yeux sont troubles et se ferment sans le besoin de dormir; si la tête est lourde, surtout en remuant les yeux; si, par le travail d'esprit, elle semble vouloir éclater; s'il y a aggravation par la promenade en plein air, le matin, ou après avoir

mangé, et surtout après une prise de café, ou qu'il donne du dégoût pour les aliments.

Pukatilla convient si les douleurs occupent un seul côté de la tête, si le sang se porte modérément au cerveau; c'est surtout aux personnes d'un caractère doux que palsatilla convient, surtout si elles sont frileuses et ont rarement soif, si elles sont naturellement portées aux larmes et à la tristesse.

Bryonia, si la tête est comprimée des deux côtés, ou si, en s'arrêtant, on a la sensation que tout va sortir par le front; s'il survient une hémorrhagie nasale, sans être suivie d'amélioration; si les yeux sont brûlants et larmoyants.

Opium, si les douleurs sont violentes, déchirantes dans la région du front, battantes vers les tempes, avec une grande affluence de sang, regard inquiet, soif intense, bouche sèche, rapports acides, envie de vomir, et vomissements putrides et repoussants; s'il soulage, répétez-le toutes les deux ou trois heures, et même plus souvent, tant qu'il sera nécessaire, ou donnez un autre remède s'il est plus convenable.

Mercurius sera souvent utile si la tête est pleine et qu'il semble qu'elle va éclater, ou qu'elle soit entourée et serrée comme par un bandeau; lorsque les douleurs sont pires la nuit, et qu'elles sont déchirantes, brûlantes, perforantes et lancinantes.

Si les nausées coïncident avec la céphalalgie, si de toutes parts la tête est comme meurtrie et la langue comme paralysée, etqu'il survienne des vomissements ou des efforts d^ vomissements, donnez ipecacuanha, et, plus tard, d'autres remèdes. Si une constipation habituelle occasionne les congestions du sang à la tête, et s'accompagne d'une douleur semi-latérale avec des battements par accès ; en outre, si le cerveau était meurtri et serré comme par une corde; si on éprouvait à la gorge une sensation de strangulation suivie de maux d'estomac, raideur et douleur de la nuque,

niiniNG. 10

avec urines claires et fréquentes, nausées et vomissements, donnez veratrum ou lycopodium.

7° Migraine. — Sanguinaria est le meilleur remède dans la plupart des cas de migraine, avec nausées ou vomissements. Ce remède convient surtout lorsque les douleurs se présentent par accès, ou qu'elles commencent le matin et ne finissent que le soir; quand la tête paraît être pleine et sur le point de s'ouvrir, ou qu'on dirait que les yeux vont sortir de leur orbite ; ou bien encore, quand les douleurs sont fouillantes, et qu'elles traversent subitement la tête, qu'elles sont picotantes et pulsatives, au front surtout et au vertex, mais plus fortes au côté droit; quand on éprouve des frissons, des nausées, des vomissements, et la nécessité de se coucher, parce que chaque mouvement augmente les douleurs.

Belladonna vient après, et c'est le remède le plus approprié quand les douleurs prévalent dans le côté droit. Belladonna est également bon quand la tête est très-sensible a l'extérieur, quand les veines de la tête et des mains sont gonflées, quand on éprouve dans le cerveau une sorte de bouillonnement, qu'il y a des bourdonnements d'oreilles; quand les yeux s'obscurcissent, que les douleurs sont arrivées au plus haut degré d'intensité, qu'elles occupent une moitié de la tête et descendent sur les yeux et le nez, avec sensation de pression et d'éclatement, de bouillonnement Pt de fluctuation; quand chaque mouvement les aggrave, ou même par celui des yeux ; surtout quand le malade ne neut supporter la moindre lumière, ni le plus petit bruit, ni les pas des personnes à l'entour, ni la moindre commotion ; quand, à chaque pas que fait le malade et orsqu il monte l'escalier, il ressent dans la tête et dans le front un mouvement de saccade et de fluctuation, surtout si les douleurs ont lieu après midi et durent jusqu'à minuit, avec aggravation par la chaleur du lit ou en se couchant ou en Msant un effort, quand les douleurs se réveillent en res-

pirant fortement ; qu'elles traversent avec des élancements la moitié de la tête, et qu'elles sont fugitivement poignantes, avec une telle force et si profondément, que Ton perd connaissance.

Aconitum fait cesser souvent de pareilles douleurs quand elles occupent le côté gauche, et si elles n'ont pas complètement disparu, une heure après avoir donné aconitum., administrez sulphur ou silicea, dont les symptômes doivent être rapprochés de ce qui va être dit plus bas (mal de tête nerveux). Apiurn virus est préférable, si la tête est comme trop pleine et élargie avec pesanteur et pression, spécialement en changeant ou non de place, aggravation constante dans un appartement chaud, mais amélioration en la comprimant entre les deux mains; également, si les yeux sont affectés; pendant la nuit, si l'on éprouve des frissons après le plus petit mouvement, si la figure et les mains sont chaudes; avec éruption d'une urticaire, avec secousses lancinantes et perçantes, ou si l'éruption a disparu soudainement, ou si les différentes parties du corps sont impressionnables au moindre attouchement.

Spigelia est employé dans les douleurs les plus graves du côté gauche, si elles sont accompagnées d'un battement intolérable dans la tempe, avec endolorissement de tout le côté gauche de la tête, et quelquefois avec douleur de la face et des dents, qui s'accroît à mesure que le soleil s'élève dans le ciel, ou augmente en s'arrêtant ou en s'agitant en plein air, avec une très-grande sensibilité au bruit, et si elle s'accompagne d'une mauvaise odeur de la bouche.

En résumé, dans le choix du remède guidez-vous sur les indications suivantes :

Belladonna, si le malade est très-sensible à l'action de la lumière ;

Spigelia, — au bruit;

Sanguinaria, — aux pas des personnes qui marchent autour de lui;

Sulphur ou aconitum, — à toutes sortes d'odeur.

8° Mal île tête nerveux. — Dans la céphalalgie qui reconnaît pour cause une souffrance nerveuse, la tête est ordinairement froide, et la face pâle ; dès l'invasion, les urines sont claires; le vomissement est suivi de soulagement; les douleurs se reproduisent fréquemment et toujours de la même manière; elles n'occupent souvent que la moitié de la tète, ou bien elles se fixent sur un point comme par un clou, et elles s'aggravent par l'attouchement. On les calme par le silence et l'obscurité; on les prévient quelquefois en se lavant la figure à l'eau froide, en se frictionnant avec des brosses sèches, et en prenant un des remèdes suivants, et point d'autre médicament. Le café est très-nuisible dans cette sorte de mal de tête, quand même il devrait soulager momentanément; aussi faut-il y renoncer complètement.

Coffea est un remède efficace contre les douleurs semilatérales qui sont violentes, tiraillantes et pressives, comme si l'on avait un clou planté dans la tête , comme si le cerveau était broyé, meurtri et déchiré ; elles reparaissent à la moindre occasion, à la suite d'une contention d'esprit, d'une contrariété, d'un refroidissement, d'un repas copieux, avec aversion pour le café ordinaire, avec excessive sensibilité au bruit et à la musique; ces douleurs sont intolérables et portent aux larmes; le malade est tout à fait hors de lui, il gémit et crie, il s'agite, éprouve une grande anxiété, craint le froid et ressent des frissons. Coffea sera répété souvent, si c'est nécessaire; et plus tard on pourra donner nux vomica, quelquefois aussi ignatia ou -pulsatilla.

Aconitum remédie souvent aux douleurs les plus violentes, à celles qui obligent le malade à rester couché, sans qu'il ait conscience de lui-même; par intervalles il éprouve des envies de vomir : il se plaint et craint la mort; le moindre bruit ou mouvement lui est insupportable; le pouls est faible et petit, et s'arrête quelquefois, surtout quand la douleur est pulsative et battante, ou fixée au-dessus du nez, et s'aggrave par la parole. Aconitum convient aussi dans le

mal de tête par refroidissement, accompagné de coryza, bourdonnement d'oreilles et de coliques, ainsi que suivi d'une sensation pénible, et semblable à l'effet d'une balle traversant la tête, et y produisant comme un courant d'air.

Ignatia est approprié aux douleurs, avec compression au-dessus du nez, qui s'améliorent en s'inclinant; qui sont pressives du dedans en dehors, tressaillantes et pulsatives; déchirantes au front, comme si un clou y était implanté, et piquantes et perforantes dans l'intérieur du cerveau ; avec nausées, éblouissement de la vue, aversion de la lumière, face pâle, urines abondantes, claires : ces douleurs cessent quelquefois pour un moment, quand on change de position, mais elles reparaissent fréquemment avec le repos, le soir après le coucher, et le matin après le lever; le malade est très-nerveux, versatile, taciturne et abattu.

Aconitum sera donné pour les symptômes mentionnés après belladonna, dans le précédent article «migraine», et si aconitum n'a pas eu un bon effet, donnez, quelques heures après, belladonna, et laissez-le agir de six à douze heures; si les symptômes qui précèdent persistent avec une tension pressive comme si le cerveau était plein d'eau jusque dans le front; s'ils ne disparaissent pas graduellement, administrez platina, surtout s'il y a sensation de froid aux oreilles, aux yeux, ou sur un des côtés du visage, ou autour de la bouche. — S'il y a tremblement, scintillement et trouble de la vue, et que tous les objets paraissent plus petits qu'ils ne sont en réalité, on donnera mercurius après que belladonna aura épuisé son action, ou lorsque la douleur se porte jusque dans les dents et la nuque, qu'elle gagne avec violence les oreilles, seulement celle du côté gauche, ou qu'elle devient plus intense la nuit, accompagnée d'une sueur qui ne soulage pas. — Après mercurius ou belladonna, il est quelquefois utile d'employer hepar quand la douleur fait l'effet d'un clou implanté d ans la tête, avec une sensation perforante, et des souffrances noclur-

nés ; comme aussi si le front allait éclater, et s'il se forme des tumeurs douloureuses dans la tête.

Veratrum album, souvent employé dans le mal de tête nerveux, convient lorsque les urines sortent avec une douleur brûlante, qu'il y a en même temps diarrhée, et que les douleurs deviennent tellement violentes, que c'est à en perdre la raison, ou qu'on tombe dans une grande faiblesse ou en syncope, que les douleurs augmentent en se levant, ou en se couchant, qu'on est pris de sueurs froides, de frissons et de soif, enfin lorsque les cheveux deviennent trèssensibles. {Voy., pour le reste des symptômes, ce qui est dit précédemment à l'article « mal de tête », par suite de constipation.)

Pulsatilla apaise les douleurs déchirantes qui s'aggravent le soir, ou qui sont pulsatives et lancinantes le matin après s'être levé, et le soir après s'être couché; battements, avec élancement et déchirement dans les tempes; quand il y a envie de vomir, pesanteur de tête, obscurcissement de la vue et photophobie, bourdonnement dans les oreilles; la figure est pâle et les larmes sont faciles; appétit nul, soif nulle ; frissons, anxiété , quelquefois hémorrhagie du nez, battement du cœur. Ces divers symptômes s'aggravent en se tenant tranquille ou étant assis, et s'amendent à l'air frais ; la céphalalgie diminue en comprimant la tête avec les mains ou un bandeau. Ce remède convient surtout aux tempéraments lymphatiques et aux caractères doux.

Bryonia remédie aux douleurs brûlantes et pressives de la tête , ou quand on éprouve en s'arrêtant une sensation comme' si tout voulait sortir par le front, et que le mal s'aggrave en marchant ; ou lorsqu'on ressent à l'extérieur undéchirement qui s'étend à la face et jusqu'aux tempes, ou un déchirement partiel compressif et fouillant, notamment chez les personnes sujettes au rhumatisme ou d'un caractère [irascible et pétulant. Souvent, après bryonia, il convient de donner rhus.

Nvx moschata, quand dans le cerveau on sent comme du vide et qu'il semble vaciller en branlant la tête ; aggravation après chaque repas, et surtout après déjeuner; insomnie; impossibilité de supporter la moindre pression sur les tempes; si la douleur se déplace et va de droite à gauche; s'il y a amélioration par la chaleur, aggravation par le froid, particulièrement par le froid humide, durant un temps froid, et pour les personnes sensibles et inconstantes.

Nux vomica convient, comme il a été dit plus haut, dans le mal de tête par suite de constipation, de l'usage du café ; il convient aussi lorsque la douleur ressemble à un clou implanté dans la tête, ou avec une sensation de mouvement saccadé, lancinant , suivi de nausées et de vomissements acides; si l'on éprouve sur un côté des élancements avec pression; si cette douleur commence le matin et s'aggrave incessamment jusqu'à perdre connaissance, ou à vous rendre moitié fou ; le cerveau est douloureux comme s'il était déchiré ; le visage est pâle et abattue, la tête lourde avec bruissement, vertige et tremblement en marchant; la douleur s'aggrave par le moindre mouvement, même par celui des yeux, à l'air frais du matin, ou après le repas ou en s' arrêtant; et aussi lorsque la tête est douloureuse à

l'extérieur, et que cette douleur augmente par un temps

froid.

Chamomilla remédie aux douleurs de tête qui sont occasionnées par un refroidissement ou par l'usage du café; lorsqu'elles sont déchirantes et tiraillantes d'un seul côté jusqu'au menton; aiguës dans les tempes, avec pesanteur au-dessus du nez ou avec battements très-sensibles, surtout si une joue est rouge et l'autre pâle, ou que la face est bouffie, que les yeux font mal ; lorsqu'on ressent une sorte de froid au cœur ou à la poitrine, que le goût est amer et putride. Ce remède convient souvent aux enfants et aux personnes qui supportent difficilement la douleur et sont intraitables.

China est approprié aux personnes sensuelles, lorsque la douleur est pressive et empêche de dormir, ou lorsqu'elle est lancinante et pulsative dans les tempes ; qu'elle est térébrante et pressive au sommet de la tête, comme si le cerveau était meurtri; lorsqu'elle est tressaillante, déchirante et éclatante; qu'elle s'aggrave à chaque pas que l'on fait, à chaque mouvement, en ouvrant les yeux; quand il y a amélioration en se couchant et étant couché ; lorsque la peau est sensible au moindre attouchement; chez les personnes chagrines ; chez les enfants rétifs, désobéissants et gourmands, qui ont le visage pâle, et seulement quelquefois rouge et chaud; et ils deviennent alors très-babillards ou sont agités toute la nuit. Souvent, après, il convient de donner coffea.

Antimonium crudum se donne par suite d'un dérangement de l'estomac (embarras gastrique), ou par suite d'un refroidissement ou d'une éruption rentrée, qui donnent, lieu à des douleurs sensibles principalement dans les os, ou dans les tempes et le front, avec sensation perforante, éclatante et déchirante; lorsqu'il y a amélioration à l'air frais ou aggravation en montant les escaliers. Précédé de pulsatilla, antimonium crudum est d'un meilleur effet, si l'estomac est dérangé, la langue chargée, et que, consécutivement à la céphalalgie, il y ait eu une perte abondante de cheveux.

Colocynthis est efficace dans le mal de tête le plus intense, le plus cruel, dans lequel la douleur estdéchirante, unilatérale, tiraillante, pressive et serrante; avec pression sur le front, qui s'aggrave en s'arrêtant ou en se couchant sur le dos • lorsque les accès reviennent toutes les après-midi ou vers' le soir, dans le côté gauche, avec grande inquiétude et anxiété ; particulièrement s'il y a des sueurs d'une odeur urineuse, ou que les urines sont rares et puantes, tandis que, pendant la durée des douleurs, l'émission en est abondante et très-claire.

Capsicum est employé quelquefois contre le mal de lète, extensif, éclatant, battant avec une sensation d'effort excentrique; s'il s'aggrave par la marche ou le mouvement, ou que les douleurs soient déchirantes et lancinantes pendant le repos; lorsque parle mouvement de la tête ou des yeux, ou en s'arrêtant, elles empirent, comme aussi si l'on s'expose à l'air et au froid; chez les personnes flegmatiques, nonchalantes et susceptibles, ou chez les enfants trèsobstinés et difficiles à conduire, surtout lorsqu'ils craignent de sortir et redoutent le mouvement, s'ils sont frileux, et que leur mal s'aggrave principalement après avoir bu.

Lorsque les remèdes dont il vient d'être question n'agissent pas promptement et d'une manière favorable, on peut essayer les suivants :

Sulphur sera employé contre les douleurs pulsatives, déchirâmes et gloussantes, avec sensation de chaleur au cerveau, principalement le matin ou le soir; avec nausée; aggravation à l'air frais et amélioration dedans; avec déchirements assourdissants et pression qui revient incessamment; avec chute de cheveux à la suite d'éruptions et d'ulcères supprimés ou de sueur rentrée.

Arsenicum réussit dans le même cas, pourvu qu'il y ait aggravation en restant dedans et amélioration à l'air frais.

Silicea convient lorsque les douleurs sont pulsatives et battantes, accompagnées de chaleur et de congestion à la tête; lorsqu'elles sont provoquées par des efforts intellectuels, en lisant à haute voix, ou en se baissant, avec douleurs nocturnes et déchirantes qui se portent de la nuque au vertex, et surtout avant midi; lorsque la douleur se porte sur le front et sur les yeux; s'aggrave par la pression du chapeau; lorsque la tête se couvre d'élévations tubéreuses, se dépouille de cheveux, que la peau devient extrêmement sensible; que la douleur gagne le nez et le visage, et que la tète entre facilement en transpiration.

Un violent mal de tête, suivi de grande faiblesse, d'indifférence et de découragement, est l'indice de quelque maladie prochaine grave, qu'on peut prévenir par veratrum album el arsenicum, pourvu que ces remèdes soient adaptés aux souffrances dont il s'agit; sinon on donnera phosphoric. aeid.

9° Mal rte tête causé par 1« déplacement «l'affections

rhumatismales, goutteuses, éi-uptivcs, etc. — Lorsque,

par suite du déplacement à'affuctions rhumatismales, goutteuses ou cutanées, on éprouve un mal de tête intense, il ne faut pas le négliger. Donnez, dans ce cas, les remèdes appropriés à ces maladies d'où il dépend, et voyez dans les pages précédentes ce qui s'y rapporte.

Il n'y a pas de temps à perdre quand, à la suite de la rétrocession de la fièvre scarlatine, de la rougeole, de la fièvre rniliaire, du pourpre, il se déclare une céphalalgie qui est suivie bientôt après de délire, ou après une fièvre catarrhale supprimée brusquement ou pendant un travail difficile de la dent i' ion chez les enfants, alors :

Prenez cuprum métal licum (ire trit.) ; dissolvez-en ce que peut en contenir la pointe d'un canif dans un verre d'eau, et donnez-en à un adulte une cuillerée à dessert, à un enfant une cuillerée à café tous les quarts d'heure; s'il survient du mieux, éloignez les doses. Quand on a un médecin homœopathe, on l'envoie chercher en une telle circonstance.

Quand le mal de tête est situé dans le globe des yeux, ou au fond des orbites, avec des élancements à travers le cerveau, accompagné de la faiblesse des yeux, il faut voir là un présage de cécité. Si belladonna ni sulphur dilué n'améliorent pas promptement, qu'on s'adresse à un médecin homœopathe.

Lorsqu'une douleur reparaît toujours sur le même côté , qu'elle atteint profondément Je cerveau , et que l'autre côté du corps est presque paralysé, avec fourmillement, spasmes et autres souffrances analogues, la guérison est fort difficile; cependant ne négligez pas de réclamer les secours de l'art.

Lorsque chez les vieillards le mal de tête est continuel, qu'ils ont peu d'urines, qu'elles sont épaisses, troubles et puantes, c'est un signe de mauvais augure. Qu'ils boivent beaucoup d'eau, qu'ils se fassent frictionner la peau, et qu'ils appellent le médecin.

Voyez plus loin le chapitre concernant les « maladies de la peau », pour la teigne et les exanthèmes de la face.

Page 1