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MAL DE GORGE OU ESQUINANCIE

On entend généralement par mal de gorge, plusieurs maladies différentes qui ont leur siège dans la gorge, et où la douleur se fait aussi sentir. On devra donc tenir compte des différences. Aussi faudra-t-il toujours examiner avec soin le fond de la gorge, ce qu'on fera', ainsi que cela se pratique ordinairement, en faisant ouvrir la bouche et en abaissant la langue avec l'extrémité d'une cuiller. Si le malade, comme cela doit cire , est exposé au plein jour d'une fenêtre, on distingue clairement tout l'intérieur de la bouche, la voûte du palais, l'entrée du gosier et les amygdales dans le fond et des deux côtés. — A l'égard des enfants, on aura la précaution de mettre entre les mâchoires un bouchon de liège, avec l'attention de ne pas comprimer la langue avec trop de force, dans la crainte de la blesser.

Alors comparez tout ce que vous dit le malade, et ce que vous offre votre examen avec les symptômes propres aux remèdes. Si , dans le cas actuel, il y a enrouement avec d'autres souffrances, consultez au chapitre V, ce qui y est relatif.

Si l'on tient à mettre en pratique l'un de ces moyens domestiques que l'usage a consacrés, on peut le faire ; il consiste dans l'emploi de deux ou trois bandes de linge, trempées dans 1 eau froide dont on enveloppe le cou, et sur lesquelles on enroule ensuite une pièce de flanelle. Le malade se couche avec cet appareil de pansement, et le lendemain il est fort agréablement surpris d'être délivréde son mal de gorge. — Les hommes qui sonl sujets aux atteintes d'esquinancie n'ont qu'à bien envelopper le menton de leur barbe; qu'ils la laissent pousser; — les femmes feront bien aussi de porter leur boa pendant les temps froids-humides, mais dans les beaux jours cette fourrure ne montera pas assez haut. Nous voulons dire par là qu'il n'est pas prudent d'avoir habituellement le cou trop et trop longtemps enveloppé, parce qu'on n'en devient pas pour cela moins sujet aux maux de gorge. Que l'on s'habitue, au contraire, à avoir le cou libre, et qu'on ne porte qu'une simple et légère cravate ou un simple fichu.

La pratique de se gargariser est une antique et mauvaise méthode, qui a été même entièrement délaissée par les médecins les plus habiles de la vieille école. Quand la gorge est sèche et gonflée, que le mal est violent, faites bouillir des figues dans du lait et respirez-en la vapeur. Et plus simplement encore, la vapeur d'eau chaude suffira dans ce cas.

Aconitum s'emploie fréquemment ici ; il sera répété de temps en temps, s'il y a nécessité; il convient lorsque le malade éprouve de l'embarras et de la douleur en avalant, de même qu'en parlant; lorsque la gorge est plus rouge qu'à l'ordinaire, avec brûlement, élancements et une sorte de constriction, ainsi qu'avec fièvre, irritabilité, impatience et un grand malaise.

Charaomilla convient principalement chez les enfants, ou lorsque le mal de gorge se déclare après avoir pris un refroidissement ou qu'on s'est trouvé exposé à un courant d'air dans un état de transpiration; quand il y a, outre les symptômes qui viennent d'être mentionnés à aconitum, soif et sécheresse de la gorge; lorsqu'en avalant, le malade éprouve la sensation d'un obstacle incommode, de même qu'en baissant le cou ; lorsqu'il lui semble que quelque chose s'est arrêté dans la gorge et qu'en faisant effort pour

DEs MALADIES LES PLUS COMMUNES.

l'expulser il n'y réussit pas, ou qu'il sent comme s'il v avait une cheville d'engagée; lorsque les glandes de la mâchoire inférieure sont gonflées, avec endolorissement pulsatif et avec un état fébrile qui se déclare ordinairement vers le soir, tantôt en chaud, tantôt en froid; s'il y a coryza et chatouillement au gosier avec provocation à la toux; comme aussi des picotements au sommet de la trachee-artère et raucité de la voix. Après avoir pris chamomilla, .1 faut s'attendre à un mouvement de transpiration qu il ne faut pas interrompre, ce qui arriverait infailliblement si on donnait d'autres remèdes.

lgnatia convient dans les mêmes circonstances que chamomilla, mais surtout lorsque, sans avaler, on éprouve une sensation qui fait l'effet d'un bouchon arrêté dans la gorge et qu'en avalant on ressent une douleur d'excoriation; c'est une douleur aiguë , lancinante , que le malade éprouve quelquefois même sans avaler; mais il avale avec plus de difficulté les liquides que les solides. Ce remède répond au gonflement et à l'inflammation des amygdales, qu'elles soient ulcérées ou indurées. Cependant, avant de se décider pour ce remède, comparez avec beliadonna, mercurius, hepar et sulphur. — Quand ces glandes sont le siège d'ulcères plats, donnez d'abord ignatia, et ensuite lycopodium. j.

Nuxvomica s'administre dans les cas semblables à ceux de chamomilla eïà'ignatia, spécialement lorsqu'on éprouve la sensation que causerait la présence d'une cheville ou d'un bouchon, principalement en avalant; lorsqu'il y a une douleur plutôt pressive que lancinante, aggravée par la déglutition de la salive; que le gosier semble rugueux et excorié, avec sensation de grattement; si l'air froid impressionne douloureusement le gosier, si la luette est rouge et enflée.

Pulsatilla, comme dans nux vomica, lorsqu'on ressent les mêmes effets^en avalant , ou que le gosier semble trop

étroit et obstrué par un gonflement; qu'il y a rougeur et même grattement, sécheresse du gosier sans soif, douleurs lancinantes aggravées par la déglutition; en outre, il y a tension dans la gorge; les glandes du cou sont douloureuses au toucher; l'intérieur du gosier est d'un rouge bleuâtre plus prononcé ; fièvre sans soif ; le soir, frissons, et puis chaleur.

Bryonia, lorsque le gosier est douloureux au toucher ou en détournant le cou; que la déglutition est difficile et pénible, comme s'il y avait quelque chose de dur dans la gorge; douleur d'élancements et d'excoriation, mais suivie de sécheresse ou d'une sensation, comme si la gorge était sèche, et s'il y avait gêne dans la parole. Ces souffrances ont lieu ordinairement après s'être échauffé ou après avoir mangé une glace ou bu à la glace, souvent aussi il y a de la fièvre avec ou sans soif, et une grande irritabilité.

Rhus, presque toujours comme dans bryonia; surtout si les douleurs se portent plus bas, s'améliorent par le mouvement, et si l'on est plus enclin aux larmes, ou que bryonia n'ait pas suffi.

Capsicum, comme dans les symptômes susmentionnés • on le donne quand les autres remèdes n'ont pas réussi' lorsque la fièvre continue avec frissons et soif, et puis avec chaleur. Les douleurs oppressent d'une manière particulière; le gosier se contracte avec spasmes; il est ainsi que la bouche, excorié et ulcéré, avec sensation de'brûlement ; il y a en même temps toux avec une violente douleur dans la gorge, principalement lorsque le malade veut rester couché et dormir, et qu'il craint l'air et de se retroidir.

Jntltn * 16 maladG 6St t0ujours fl'ileux et craint le gland a,r,qu d ne peut supporter une chambre fermée paricu herement s',1 a chaud ; s'il n>a pas chaud et s'il nVpas soif, s ,1 a 1 urticaire; s, la langue et la bouche sont comme

échaudées; des traces brûlantes sur le bord gaucbe de la bouche; sécheresse et rougeur de la gorge et de la bouche ; salive épaisse ; amygdales rouges et gonflées avec douleurs brûlantes et picotantes. Ce gonflement des amygdales doit faire saillie à l'extérieur du cou; en buvant, il se produit un état de spasme.

Coffea, lorsque le mal de gorge s'accompagne de coryza avec prédisposition à la toux, et s'aggrave à l'air; si le malade est sans sommeil, brûlant, porté aux larmes et d'une grande impressionnabilité. On peut le répéter deux ou trois fois. Il convient surtout lorsque la douleur passe du palais dans le gosier, qu'elle est incessante, et devient pire en avalant ; lorsque la luette est enflée et qu'elle est plus longue; que le malade sent dans la bouche s'accumuler des phlegmes et fait effort pour en opérer la déglutition ; qu'il y a en même temps chaleur et sécheresse dans la gorge.

Belladonna convient presque dans le même cas que coffea, mais avec cette différence qu'ici la boisson est rejetée par le nez; il y a une disposition continuelle à avaler, avec douleur lancinante, qui s'augmente par l'attouchement ; la déglutition est difficile, provoque des spasmes ou devient tout, à fait impossible; le malade éprouve une sensation comme si la gorge était rétrécie, et qu'une cheville s'y fût arrêtée ; il y a sensation de sécheresse, de brûlement, et disposition au renâclement; sans avaler il ressent un déchirement qui s'étend dans la mâchoire inférieure et dans la tête ; il se forme promptement dans le fond de la gorge des ulcères qui s'étendent au loin ; les amygdales et la luette sont enflées et d'un rouge vif et souventjaunâtre, ou cette rougeur existe sans engorgement; douleur violente en avalant et en renâclant, quelquefois même en parlant; élancements dans les amygdales comme si elles allaient crever, les glandes extérieurement, sont engorgées, avec fiYvre 'violente, souvent aussi avec grande soif; salive abondante dans la bouche, céphalalgie frontale et langue

ehargée. — Pendant le règne de la fièvre scarlatine, ou de ses pareilles, bel /.adonna convient contre la plupart des maux de gorge, qu'on alterne quelquefois avec mercurius, et peut même servir de préservatif.

Mercurius vivus, comme belladonna, convient dans les maux de gorge avec ulcération ; on le donne là où belladonna ne suffit pas ; surtout si le gosier reste très-rouge, mais principalement s'il y a des ulcères et que ces ulcères soient indolores et se soient formés lentement. Dans ce cas, mercurius est parfaitement indiqué ; il faut l'alterner quelquefois avec hepar. Au début du mal, ce dernier remède (hepar) convient mieux que les précédents, lorsque les douleurs lancinantes sont très-violentes durant la déglutition, qu'elles s'étendent presque aux oreilles ou aux glandes de la gorge et jusque dans la mâchoire inférieure ; si le brûlement permet à peine d'avaler, et qu'il y ait des douleurs lancinantes dans les tonsilles et un goût désagréable de labouche : les gencives etla langue dans la partie inférieure sont enflées et accompagnées d'une salivation abondante; le soir, tantôt frissons, tantôt chaleur, et puis transpiration qui ne soulage pas; la nuit,inquiétude ou aggravation de tous les symptômes, qui s'augmentent par l'air froid; il y a en même temps mal de tête et tiraillement dans la nuque. Après belladonna et mercurius, on aura le plus grand soin d'éviter le froid.

Hepar convient après mercurius, particulièrement à la suite d'un refroidissement; après hepar, on peut donner mercurius, s'il n'y a pas d'amélioration.

Lachesis se donne lorsque belladonna, mercurius ou hepar ne réussissent pas ; particulièrement si le palais est gonflé autour de la luette, avec disposition continuelle à avaler; salivation abondante; ulcères d'un mauvais aspect ; accumulation de glaire dans la gorge ; état de spasme qui empêche de boire ; le gosier est d'une trèsgrande sensibilité du vlus léger attouchement, même par

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les draps de lit ; tous ces symptômes s'aggravent après avoir dormi; il est convenable surtout chez les individus qui ont pris du mercure.

Veratrum album convient lorsque la gorge est sèche et brûlante, qu'elle est rude avec sensation de grattement et de pression, comme si elle était enflée, avec douleur et spasmes en avalant.

Cocculus, lorsque le mal est profondément situé ; et qu'il y a douleur en avalant les aliments solides, ou que la partie inférieure est très-sèche, ou quand, en buvant, il se produit comme un bruit de glouglou.

China, lorsque le gosier est sec et picotant et que la déglutition est douloureuse ; s'il y a aggravation par le courant d'air; s'il y a des alternatives dans les douleurs, qu'elles troublent le sommeil, et qu'à chaque refroidissement les souffrances reparaissent.

Sulphur convient ordinairement dans les maux de gorge qui récidivent fréquemment et sont d'une longue durée, surtout si la gorge, les tonsilles et la luette sont enflées : lorsque la déglutition est empêchée ; et qu'en outre de ces douleurs, il y a des élancements et la sensation d'un bouchon qui s'est arrêté et rétrécit le passage avec sensation d'excoriation et de sécheresse. — Si l'un des côtés de la gorge devient le siège d'une tumeur qui passe à l'état d'abcès, il faut s'empresser d'arrêter cet engorgement, siège d'une grande douleur, en faisant des applications de compresses émollientes et de cataplasmes de farine de graine de lin ; en tenant aussi dans la bouche du lait chaud ou de l'eau de gruau. Les malades, surtout parmi les enfants, seront surveillés et pansés avec soin pendant toute la nuit; il s'agit de prévenir la suffocation qui pourrait survenir par l'ouverture spontanée de l'abcès.

Les médicaments qui conviennent le mieux dans ce cas sont : Silicea, hepar, mercurius et lachesis.

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