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SCORBUT DE LA BOUCHE

Dans cette affection, les gencives deviennent très-chaudes, rouges et très-sensibles ; elles s'engorgent, se ramollissent, se détachent des dents, et deviennent le siège de petites ulcérations qui exhalent une très-mauvaise odeur. Les aphthes, c'est le mot, se produisent sur les lèvres, dans l'intérieur des joues, dans le palais et sur la langue même; il s'exhale une odeur putride dégoûtante; des crachats glaireux et sanguinolents tombent de la bouche avec une puanteur repoussante; les glandes sous-maxillaires s'enflent souvent; les dents s'ébranlent, et la déglutition, ainsi que la mastication, devient difficile; le. malade s'affaiblit et finit par tomber dans la fièvre lente.

Mercurius se montre efficace dans la généralité des cas de scorbut; on débute par ce remède, à moins que le malade n'en ait déjà pris à Fétat de calomel ; dans ce cas, on donnera comme antidote carbo vegelabilis , qui sera suivi, si c'est nécessaire, de hepar ou de dulcamara.

Si les désordres morbides dépendent de l'usage excessif de sel ou de salaisons, on emploiera utilement carbo vegetabilis ou arsenicum, et s'il n'en résulte pas de changement favorable, on administre avec succès une goutte d'esprit de nitre dulcifié une ou deux fois par jour.

Capsicum est indiqué tout d'abord, lorsque le mal se déclare chez les personnes flasques et corpulentes, et qu'il dépend de la malpropreté et du défaut d'exercice en plein air.

Arsenicum. lorsque les ulcères ont atteint un grand degré de virulence et de brûlement; si le malade est déjà trèsappauvri et faible , ou lorsque mercurius s'est montré inefficace. — Il sera alterné avec china s'il y a menace de gangrène.

Dulcamara, peut s'administrer dès le début de la maladie, lorsque le mal provient d'un refroidissement et que les glandes du cou sont gonflées et indurées; et aussi après mercurius s'il n'a pas réussi.

Carbo begetabiîis, en outre des cas qui proviennent de

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l'abus du mercure ou des salaisons, est d'un grand usage lorsque les gencives saignent beaucoup et donnent une odeur puante; s'il ne suffit pas, on doit recourir à d'autres remèdes.

Natrum muriaticum réussit lorsque les ulcérations gagnent lentement l'intérieur de la bouche, et qu'elles n'ont pas été amendées sous l'influence des remèdes employés jusqu'à ce moment , surtout lorsque les gencives, engorgées et saignantes, sont très-sensibles à l'action du froid et du chaud, des aliments et des boissons, et principalement aussi lorsqu'il se forme sur la langue de petites phlyctènes et de petites ulcérations, qui donnent lieu à une sensation de morsure et de brûlement qui empêche de parler.

Parmi le grand nombre de remèdes domestiques qui sont en vogue dans cette affection, on peut recommander, sans inconvénient , le suivant, dans le cas où l'on n'aurait ras réussi par les moyens que nous venons de faire connaître : il consiste à frictionner les gencives avec une tranche de citron, des le début de la maladie, en été et à bord des navires. - Dans quelques cas, on trouvera utile de faire usage delà sauge, et l'on aura soin de se rincer la bouche de bonne eaude-vie.

Aconitum, pour son inflammation intense avec fièvre, douleurs, lancinantes, aiguës, etc.

Mercurius après aconitum ; ou tout d abord, s U y a douleur violente, gonflement, dureté et salivation; et aussi ulcération de l'organe.

Belladonna, lorsque mercurius ne suffit pas et que 1 inflammation s'étend à tout le reste de la bouche ; lorsqu il se déclare une grande quantité de petits ulcères sur la langue et les gencives, etc. Il peut être alterné avec mercurius dans l'induration de la langue.

Arnica et aconitum, donnés alternativement toutes les

cinq ou six heures, conviennent heureusement dans les inflammations causées par des blessures.

Arsenicum et lachesis dans les cas dangereux avec menace de gangrène, avec un aspect brunâtre, grisâtre ou noirâtre de la langue.

Phosphoric. acid., dans l'inflammation produite par la morsure de la langue durant le sommeil.

Apium virus, si la langue semble échaudée , avec vésicules brûlantes, sur les bords, brûlement, picotement, rougeur brillante et sécheresse.

Dans quelques cas, lorsque le gonflement de la langue prend des proportions énormes, à faire craindre la suffocation, il faut, même avant l'arrivée du médecin, ne pas hésiter à faire des incisions longitudinales, pour sauver la vie.

Pour la déviation de la langue, donnez belladonna, hyoscyamus, ou nux moschata, selon les symptômes et les dispositions du malade.

Si les enfants ne veulent pas apprendre à parler, donnez natrum muriaticum, une dose, et laissez agir plusieurs semaines.

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