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CHOLÉRA ASIATIQUE OU ËPIDÉMIQUE

Pendant le règne du choléra épidémique, il y a des gens qui disent bravement qu'il ne faut pas avoir peur, puisque quoi que l'on fasse, on n'en est pas moins pris du choléra, et qu'on peut très-bien on mourir; ils répètent donc : bannissez toute crainte, car par la peur le mal est rendu pire. — Moi je dis : craignez ; un peu de peur est salutaire, elle rend prudent, attentif et soigneux. Celui qui a quelque crainte et vit sagement ne sera pas facilement atteint, ou le sera sans gravité; tandis que celui qui fait le bravo, et vit sans réserve, est plus tôt pris et court du danger; mais il peut encore être sauvé.

Le préservatif le plus sûr est le 80Ufl.c. mettcz une de

mi-cuillerée de fleur de soufre dans vos bas, et allez à vos affaires; ne sortez pas l'estomac vide, ne mangez pas de pain tendre, ni rien d'acide. — Cela n'est pas seulement utile dans le choléra, mais aussi dans toute épidémie. Plusieurs milliers d'individus ont suivi cet avis; pas un n'a été atteint du choléra.

Si dès l'invasion l'on est pris de diarrhée, une dose de sulphur prise le matin suffira pour l'arrêter; s'il faut y revenir, il faudra en faire dissoudre quelques globules dans un verre d'eau et en prendre une cuillerée après chaque évacuation. — Si l'on est surpris dans son sommeil par une violente diarrhée, accompagnée de vomissements, de crampes dans les jambes, pâleur et froid, prenez sulphur et restez tranquille ; le lendemain ne mangez que du pain rassis, et le jour suivant vous serez bien.

J'ai eu la confirmation de tout cela dans plus de cinq cents cas durant l'épidémie de 1849. A l'égard d'un petit nombre, il devenait nécessaire de recourir à d'autres médicaments, et cela seulement lorsque le malade avait violé la règle; mais aucun ne fût mort, s'il avait eu la précaution de prendre sulphur dès le commencement.

Dans une attaque brusque, et en général au début, si la maladie s'aggrave rapidement, camphora, dissous dans l'eau ou l'alcool (teinture de camphre), est le principal remède. Si le malade est pris de crampes, de nausées, avec prostration excessive de forces, froid et couleur bleue de la face, donnez-en de suite une goutte toutes les quinze, dix ou cinq minutes, jusqu'à ce qu'il se fasse un mouvement de transpiration. Ce remède a été découvert et donné au monde par Hahnemann ; le camphre est devenu depuis un agent populaire dans toutes les contrées et a sauvé la vie à des milliers de personnes. 11 ne faut cependant pasen abuser ; il faut s'en abstenir dans les cas légers de diarrhée , il pourrait donner un choléra artificiel, ce que tout médecin a pu constater, et lequel se guérit avec une tasse de café pur.

Les remèdes en usage contre la diarrhée, désignée quelquefois sous le nom de cholérine, qui se montre pendant le règne du choléra ou prélude à ses attaques, sont sulphur comme nous venons de le voir, ipecacuanha , phosphoric. acid., nux vomica, chamomilla. (Voyez « Diarrhée ».j

Ipecacuanha, lorsqu'il y a des nausées et quelques souffrances de l'estomac, un peu de diarrhée, qui n'est souvent que l'avant-coureur des formes les plus graves du mal. Phosphoric. acid. est regardé par plusieurs comme le spécifique de la diarrhée qui précède le choléra, particulièrement si les selles sont fréquentes, déliées et glaireuses, ou d'une couleur d'un gris clair, et si elles amènent des aliments non digérés.

Pour les atteintes réelles du choléra: camphora comme il a été dit plus haut; arsenicwn, lorsque les selles et les vomissements sont très- fréquents; avec évacuations alvines claires, aqueuses, d'une couleur brune ou noirâtre, et d'odeur putride, ou légèrement colorées et presque sans odeur, spécialement accompagnées de douleurs excessives et bridantes, ou de crampes dans l'estomac et les intestins avec soif violente, et grande prostration des forces, de brûlernent à l'anus et au rectum ; ténesme. — Ces symptômes existent généralement dans la dernière période de la maladie.

Veratrum est, toutefois, le remède sur lequel il y a le plus à compter, lorsque le choléra est pleinement développé. Les évacuations sont presque constantes et se caractérisent par des selles aqueuses troubles comme de l'eau de riz; il y a en même temps crampes dans les rnol-

ets, les doigts des pieds et des mains, et quelquefois dans les muscles de l'abdomen et de la poitrine; le malade est dans une agitation et une anxiété inexprimables ■ les ex-

remuessont froides, etc. Ce remède sera administré toutes lesqumzc ou vingt minutes; il en sera donné plusieurs doses, tant qu d ne sera survenu aucun changement dans

les symptômes. Il est quelquefois avantageux de l'alterner avec arsenicum, spécialement lorsque les douleurs sont brûlantes; la soif inextinguible, et les évacuations augmentées par la boisson d'eau froide.

Cuprum, après ou alterné avec veratrum, lorsque celui-ci n'a pas suffi pour calmer les crampes qui sont trèsviolentes et s'étendent à tout le corps, ou se convertissent en spasmes ou convulsions, avec constriction de la poitrine et difficulté de respirer.

Carbo vegetabilis convient fréquemment clans la dernière période de la maladie, lorsque le malade est réduit à un état de collapsus ou d'asphyxie ; le pouls est presque éteint; la surface du corps est glacée et bleue; la respiration froide ; ou quand les évacuations ou les crampes ont cessé et que la poitrine se congestionne. S'il se fait une réaction sous l'influence de carbo vegetabilis, et que les évacuations, les vomissements et les crampes reparaissent, il faut revenir à veratrum ou aux autres remèdes selon l'état des symptômes.

Dans les congestions, qui sont fréquentes dans le choléra, celle de la lêle sera amendée par aconilum, belladonna et opium; celle de la poitrine par phosphorus, bryonia, aconitum et autres remèdes recommandés dans « les congestions de la poitrine ».

Voyez cet article.

Pendant le traitement du choléra, le malade occupera une chambre chaude, et la chaleur du corps sera entretenue autant que possible à l'aide des frictions avec la main qui sera préalablement enfarinée pour éviter les abrosions de la peau ; on enveloppera les membres et le corps entier de sachets remplis de son chaud, ou avec telles autres choses analogues propres à réchauffer le malade. On apaisera sa soif qui est si violente, avec de petits morceaux de glace qu'on lui mettra dans la bouche de temps en temps; on donnera aussi à boire de Teau froide, mais en petite quantité; il ne faudrait pas pour mieux faire aggraver

le mal. .

Dès que le patient commence à se remettre, et s il veut manger, donnez-lui avec prudence une nourriture légère et

progressivement plus forte, peu et souvent. - Des malades ont paye de leur vie leur trop grand empressement à manger.

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