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APPARITION TARDIVE DES RÈGLES

S'il arrive que le flux menstruel vienne à éprouver du retard, ce ne sera pas pour cela une raison de donner des mé-

(I) Consultez l'ouvrage du docteur Jahr, Du traitement homœopathique des maladies des femmes. Paris, 1856, in-12.

dicaments. Il faut, avant tout, éviter avec soin d'avoir recours aux remèdes secrets, aux infusions, aux huiles essentielles, aux opiats et aux divers autres moyens que l'ancienne médecine préconise dans ce cas. — Mais lorsque les signes sensibles de la puberté se manifestent, ce qui arrive le plus ordinairement vers l'âge de 14 à 15 ans, et que le sang ne vient pas, malgré les douleurs périodiques éprouvées dans les hanches, dans les reins et dans les cuisses, et bien que ces signes soient accompagnés d'une sensation de pesanteur et de plénitude dans la région inférieure" de l'abdomen, qui pousse en bas, on peut, dans celte circonstance, faire usage des remèdes appropriés, avec la certitude d'un prompt soulagement. Ici se rapporte un long dénombrement d'autres symptômes avec une valeur particulière, qui réclame pour chacun un remède spécial. Tels sont : modification particulière dans l'état moral et intellectuel, plénitude vers la région de la tête, vertige, face rouge ou pâle, saignement de nez, bruissement des oreilles, palpitation de cœur, resserrement de la poitrine, respiration courte s'aggravant en montant les escaliers ; difficulté et douleur dans la respiration, tiraillement et engourdissement des membres inférieurs; lassitude, faiblesse du pouls, défaillance, symptômes hystériques, froid des membres, gonflement des articulations et de l'abdomen, nausées, coliques, constipation, leucorrhée, etc.

Les causes qui peuvent empêcher la menstruation sont éloignées ou obscures, ou immédiates et sensibles. Mais les détails relatifs à tout ce qui concerne cette maladie doivent êlre bornés et circonscrits dans ce livre, et il ne peut y être mention que des cas les plus ordinaires, les plus fréquents, les plus simples. Nous recommandons d'avoir recours à l'expérience d'un médecin homeeopathe pour les affections qui sont liées à des causes cachées ou à \me altération profonde de l'organisme.

Lorsque la santé générale est légèrement atteinte par suite d'un retard apparent dans cette importante fonction, il sufGra souvent d'un simple changement de régime pour amener un état favorable. Ainsi, les aliments seront simples et nutritifs; ils seront pris en proportion convenable dans le règne animal et végétal : on mettra de côté les mets composés, où il entre généralement des condiments de haut goût, ainsi que l'usage du thé et du café, et toutes les boissons excitantes, telles que cidre, porter, bière, vin, liqueurs alcooliques, etc. On prescrira

un exercice régulier, tel que. la promenade en plein air, sans trop consulter le temps, soit à pied, soit à cheval ou en voiture découverte; on devra charger la jeune malade de lapai lie du ménage qui exige l'emploi des forces corporelles, etc., mais toujours en évitant la trop grande fatigue, et de l'exposer à un courant d'air en état de transpiration. Une vie sédentaire et des habitudes studieuses trop renfermées sont très-nui-sibles. Il convient d'entretenir l'enjouement propre à la jeunesse, en choisissant des passe-temps qui occupent le corps et égayent l'esprit. Siryez attentif à la manière de s'habiller; il faut changer de vêtement selon le temps et la saison; protéger les pieds et les extrémités contre le froid, et éviter avec soin de se mouiller et de rester dans l'humidité.

Les principaux médicaments employés dans ces diverses circonstances sont : apium virus, arsenicum, belladonna, bryonia, coccvlus, cvprum, nux moschata, phospliorus, pulsatilla, sulphur et veratrum.

Pulsatilla convient généralement aux femmes d'un caractère doux et facile, s'il y a douleur abdominale etmaux de reins, vertige, plénitude de la tête et gonflement des yeux, pâleur de la face avec bouffées de chaleur passagères ; bruissement d'oreilles ou surdité incomplète ; froid des pieds et des mains, avec une grande disposition aux refroidissements; symptômes hystériques avec rires et cris; nausées et vomissements; goût amer de la bouche après le repas; découragement et tristesse ; palpitation de cœur; douleur dans la poitrine; perte d'appétit, avec désir pour les acides, et répugnance pour les aliments trop gras, avec aversion pour le mouvement, l'exercice. Ces diverses souffrances changent souvent de place, ou sont ressenties sur un seul côté en même temps. La malade éprouve de l'amélioration pendant qu'elle prend de l'exercice, et de même qu'au grand air; elle ressent en général de l'aggravation le soir et avant minuit, et éprouve de la fatigue dans la matinée. — Donnez le remède sur les quatre heures de l'après-midi, deux jours de suite, et s'il se dé-

clare du mieux, attendez tant que dure l'amélioration; mais si les symptômes reviennent, et que les mois n'aient pas reparu, répétez pulsatilla une fois de plus. S'il ne s'opère aucun changement favorable donnez sidphur.

Cocculus, s'il y a quelque complication d'affections nerveuses; douleurs constrictives avec pincements de la partie inférieure de l'abdomen, et oppression de poitrine et gémissements; si le sang des règles est noir et coule peu; lorsque la patiente est faible, agitée, gémissante, et peut à peine parler. Donnez-le deux ou trois fois successivement le soir.

Belladonna, s'il y a saignement de nez, rougeur de la face, injection des yeux, sensibles à une vive lumière, ou si le pouls est plein avec rougeur foncée de la face, et vertige, surtout en s'arrêtant. — Il sera bien quelquefois de donner aconitum alterné avec belladonna.

Bryonia, si au lieu des règles, il survient une épistaxis; dans ce cas, répétez le remède deux matins de suite : lachesis et lycopodium conviennent aussi en pareille circonstance.

Cuprum est indiqué lorsque la malade est menacée de spasmes, ou lorsqu'elle a des crampes dans les jambes, avec cris perçants, nausées et vomissements ; convulsions.

Apium virus, si les règles s'arrêtent, soit brusquement, soit qu'elles cessent de couler deux ou trois jours pour recommencer ensuite, et ainsi de suite; si le côté droit, de la hanche au nombril, est très-sensible ; douleurs violentes, crampoïdes, se portant sur les reins ; douleurs semblables à celles d'accoucher, écoulement menstruel pauvre et d'un sang noirâtre; ou si les femmes se prennent alors à parler sans cesse quoiqu'elles en aient peu envie.

Nux moschala, pour les femmes d'une humeur changeante, avec règles irrégulières, pauvres et noirâtres

Phosphorus, chez les femmes de forme délicate, blondes et ga.es, avec poitrine étroite et prédisposéee aux affec-

lions pulmonaires, avec expectoration de sang, mais en petite quantité, ou avec des symptômes de dyspepsie alternant avec des douleurs rhumatismales. Ce remède ne sera donné, dans ce cas , qu'une ou deux fois dans la semaine.

Arsenicum, si la face est pâle et gonflée le matin en sortant du lit, avec engorgement des pieds le soir, et sensation de chaleur ou de brûlement dans les veines, suivie de prostration de forces.

Veratrum, si l'on a les mains et les pieds froids, avec tendance à la diarrhée.

Sulphvr, si aucun des remèdes dont nous venons de parler, surtout apYèspidsatilla, ne remplit le but qu'on se proposait, et si la malade ressent une sensation de chaleur dans l'intérieur de la tête; grande disposition aux rêveries religieuses; amaigrissement; défaut d'appétit avec faiblesse après avoir mangé; vertiges; palpitations de cœur, et courte respiration en montant les escaliers ; fièvre dans le repos. Il sera administré le soir, de la même manière qu'il est dit pour les autres remèdes.

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