DENTITION
Comme la dentition a sur les maladies de l'enfance sa grande part d'influence, et qu'elle peut être la cause de la plupart d'entre elles, il est utile, pour comprendre cette influence, de connaîtrela durée de la sortie des dents. — C'est vers le.sixième mois que commence l'évolution dentaire. Elle met un peu'plus de deux ans à s'accomplir. Les premières dents qui sortent sont les incisives, celles du devant. Elles sont au nombre de huit. Ensuite viennent les quatre canines ou dents de l'œil pour les deux d'en haut, et dents de l'estomac pour celles de la mâchoire inférieure. Puis sortent successivement les grosses dents, les huit mâchelières : en tout vingt dents. — Cette éruption se fait graduellement et dans l'ordre qui vient d'être indiqué. Mais tous les enfants ne sont pas assez heureux pour voir le travail dentaire se poursuivre d'une manière régulière. Pour la plupart, la dentition se dévie de sa marchenaturelle. — C'est précisément cette déviation qui donne lieu aux maladies qu'on observe fréquemmentà cetteépoquede l'enfance, etqui ne manque pas de présenter quelquefois des phénomènes morbides qui ne sont pas sans danger.
On vient de dire que la dentition commence ordinairement vers les six premiers mois. Elle s'écarte quelquefois de la règle. 11 y a des enfants qui doublent leurs dents peu de temps après leur naissance; il y en a même qui en ont en naissant, d'autres dont les dents ne poussent qu'après une année.
Quoi qu'il en soit, la dentition s'annonce au moment où les enfants doublent les gencives, lesquelles démangent, deviennent blanchâtres, particulièrement sur les bords ; en même
temps qu'ils ont la bouche chaude, ils sont inquiets, agite's, principalement la nuit; ils éprouvent une chaleur fugace; ils deviennent rouges et puis pâles; dans cet état, ils portent tout à la bouche pour y mordre, ils mordent même en tetant, et tettent quelquefois difficilement; les gencives se gonflent, deviennent chaudes et douloureuses.
L'incision est un fort mauvais moyen ; on ne doit y recourir, comme palliatif, que chez les enfants dont les parents sont atteints de scrofules ou de syphilis, et s'ils sont maladifs. Et encore on ne devra la mettre en pratique qu'après avoir essayé les remèdes que nous allons indiquer, parce qu'il vaut toujours mieux que la dentition se fasse d'elle-même. Si l'on en vient à l'incision, qu'elle soit faite légèrement et d'un trait superficiel; mais avant qu'on s'assure que la dent est très-distincte sous le doigt. Si on le fait avant et trop tôt, l'incision se ferme, et laisse une cicatrice qui rend la sortie de la dent encore plus difficile. — Quand on n'a pas de lancette, on peut au besoin se servir d'un canif.
Pendant le travail de la dentition, la mère ou la nourrice doivent porter la plus grande attention au régime. Rien d'irritant, nourriture d'une digestion facile ; exercice convenable en bon air ; ahslenlion de café et de liqueurs ; tranquillité d'esprit.
Aconitum, lorsqu'il y a fièvre avec beaucoup d'agitation, d'insomnie et de douleur, ce que démontrent les cris de l'enfant et la défense qu'il oppose.
Belladonna dans les convulsions causées par les dents ; la convulsion est suivie d'un profond sommeil, qui dure longtemps, ou jusqu'à ce qu'une autre ait lieu. L'enfantsort brusquement de son sommeil, comme s'il était effrayé, et regarde autour de lui avec une expression de terreur, avec une profonde altération dans l'expression des traits ; les pupilles sont dilatées, et l'enfant tressaille pour la moindre chose; tout le corps est roide, avec chaleur brûlante dans la paume de la main et aux tempes.
Calcarea, lorsque la dentition se fait lentement chez les enfants d'une faible complexion et qui ont une tendance à devenir gras. Donnez un globule toutes les deux ou trois